Le BHD N° 71 : Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (4)

Un ami psychothérapeute m’a dit un jour, il y a des années : « Dans la vie, soit on EST, soit on FAIT ». Ce n’est que maintenant que je prends la pleine mesure de cette phrase et de son sens profond.

J’ai passé une bonne partie de ma vie de mère à « faire ».

Aujourd’hui, ce sont ces faits qui sont sur le banc des accusés.

J’ai fait avec amour, avec tendresse, avec bienveillance. J’ai fait par amour, par dévouement, par conviction. J’ai fait pour lui, pour eux. J’ai fait avec plaisir, avec regret, pieds et poings liés, délibérément. J’ai fait en long et en large, j’ai fait comme j’ai pu, j’ai fait en temps et en heure. J’ai fait ce que font toutes les femmes, toutes les mères. J’ai fait ce que ni homme ni enfant n’aiment faire. J’ai fait grise mine, j’ai fait des pieds et des mains. J’ai fait dans la dentelle, dans la semoule. J’ai fait feu de tout bois. J’ai fait malade, épuisée, enceinte, allaitante. J’ai fait et refait, j’ai fait comme j’ai pu, j’ai fait de travers, j’ai mal fait. J’ai fait en colère, résignée, stoïque, en râlant. J’ai FAIBLIS, j’ai FAILLI, j’ai ECHOUE.

J’ai désespérément tenté d’envoyer des signaux qui n’étaient ni les bons, ni audibles, ni compréhensibles. Je n’ai fait que crier mon désespoir et l’histoire ne retient que mes « coups de gueule » et « pétages de plombs ».

Moi, la mère, j’ai « fait » sans y « être » vraiment et certainement que les enfants retiennent que leur père y « était », mais ils ne voient pas que c’était sans « faire ». (Une aspirine, peut-être ?).

Bref, après la mort symbolique devrait arriver la phase de résurrection que j’attends patiemment. Je ne sais quand elle interviendra, peut-être quand ils seront plongés eux-mêmes dans le rôle de parent ? Qui vivra, verra.

« De bons parents ne préparent pas le chemin pour leurs enfants. Ils préparent leurs enfants pour le chemin ». (Anonyme)

Au final, que retenir du plaidoyer de la mère vivant le rite de passage de sa progéniture à l’âge adulte ?

Je préfère choisir l’hypothèse suivante : plus le lien est fort, plus il a besoin d’être malmené, broyé, dénigré pour être rompu et leur permettre de se jeter à corps perdu dans le grand bain de la vie. Ils sont comme des navires quittant leur port d’attache pour leur première traversée en solitaire. Ils vont prendre la haute mer, faire leurs propres choix, prendre des décisions qui ne les mèneront pas forcément où ils avaient prévu d’aller, laissant derrière eux le monde sécurisant de l’enfance. Pour y parvenir, ils ont besoin de savoir que du côté de la mère, le lien ne sera jamais rompu, qu’elle sera toujours là, tel un phare, leur indiquant les écueils, que ce soit par temps clair ou en pleine tempête.

Parfois, pour mieux partir, c’est mieux de penser que rien ne vous retient, enfin peut-être…Et moi, c’est ce que je retiendrais, n’en déplaise à mes détracteurs…

 

« Toutes les vérités sont faciles à comprendre une fois qu’elles sont découvertes, à nous de les découvrir ». Galilée.

VVB

Le BHD n°70 : Mon père ce héros (3)

Tandis que j’assiste au rite de passage à l’âge adulte de ma couvée, tous unis pour l’occasion, j’assiste également et parallèlement à une hypervalorisation du rôle du père qui me chiffonne. On croirait la lecture d’une thèse dont le titre pourrait être « Maman versus Papa, étude randomisée en double aveugle » (j’adore ces titres pompeux de médecine). Je me retrouve, bien malgré moi dans le tourbillon d’une expérience comparative dont je suis « sujet ». Et en cette qualité, j’aimerais apporter des éclaircissements. Je sais, on pourra dire que je ne peux pas me prononcer car il y a conflit d’intérêt, mais je le ferais tout de même. En tout premier lieu, je dirais qu’il est inutile de hisser leur père au sommet de l’Everest pour m’entraîner au fond de la fosse des Mariannes car je peux, au minimum rester au niveau de la mer (de la mère). Ou si vous préférez : il n’est pas nécessaire de déshabiller Paul pour Habiller Jacques.

Le système de notation mis en place ne tient pas compte de tous les paramètres.

1 : J’ai donné de mon temps. C’est une unité mesurable. J’ai fait face à de multiples déplacements professionnels de leur père s’étalant de quelques jours à des plus de six mois. Durant ces périodes fastidieuses, je traînais et poussais mon chariot de charge mentale seule. A certaines périodes, j’éprouvais tellement de difficultés spatio-temporelles que j’avais pensé militer pour la journée de 36 ou 48h.

2 : Il semble que le dicton qui dit que « les absents ont toujours tort » ne s’applique pas le cas présent puisque ce serait plutôt « moins tu es présent, moins tu commets d’erreurs ». De même, si les enfants n’ont pas souffert de ces absences répétées, c’est que j’ai bien fait mon boulot puisque j’ai lu quelque part qu’  « un bon parent est celui qui laisse l’autre exister ». Je ne peux donc que me féliciter pour ce point.

3 : Je ne sais pas si le divorce intervient dans mon phénomène de mort symbolique, néanmoins l’attitude de leur père qui consiste à nier mon existence et à renier notre histoire est peut-être à prendre en compte. Je ne suis pas là pour juger, j’ai dépassé ce stade il y a bien longtemps. Je pense que par commodité ou par culpabilité c’est la seule solution qu’il a trouvé à mettre en œuvre pour faire son deuil. Chacun sa manière de se protéger. Il enterre pour oublier, j’écris pour ne pas disparaître. Seulement, je m’interroge sur cette invisibilité mise en place : entraîne-t-elle une majoration du phénomène de mort symbolique de la mère ? Je n’ai pas la réponse à cette question et, d’ailleurs, ce n’est pas à moi d’y répondre.

4 : il m’apparaît que les mères se coltinent souvent les tâches ingrates tandis que les pères se réservent les côtés ludiques et valorisant. Pendant que papa parcourait le monde, Dobby l’elfe de maison se tapait le ménage, les courses, son boulot (enfin, je vous la fait courte, vous voyez le tableau). A lui l’exotisme des voyages, les parties de chasse au trésor, les parties de jeux, la confection de crêpes et autres merveilles, à moi les contraintes, beaucoup moins glamour, mais nécessaires.

5 : Notre fichue éducation patriarcale nous laisse à croire que les pères sont là pour aider. C’est faux ! Ils sont là pour endosser à 100% leur rôle de père et de compagnon, et à temps plein, s’il vous plait. ! Je repense souvent à la petite phrase fétiche et assassine : « Moi, j’ai un métier ! », ce qui pourrait assez bien résumer la considération à l’égard, d’une part de ma profession et d’autre part à l’égard de mon rôle de mère…

Je ne suis pas la mère que mes enfants avaient espérée, semble-t-il, mais j’ai fait de mon mieux à chaque instant. La suite au prochain épisode…

VVB

Le BHD n°69 : Matador (2)

Je viens de lire les résultats d’une expérience réalisée aux Etats-Unis et j’ai été bluffée. Des scientifiques ont fait écouter des battements de plusieurs cœurs à des adultes, parmi eux, il y avait celui de leur mère (bien entendu, ils ne le savaient pas). Seul le cœur de leur mère a eu le pouvoir de faire diminuer leur stress et leur propre rythme cardiaque. Je trouve cela fascinant cette mémoire du corps…Et ça me donne de l’espoir…

En effet, depuis plusieurs semaines, l’ambiance à la maison est tendue comme un string !

Il semble que les enfants aient décidé de faire leur rite de passage tous en même temps. J’ai l’impression d’être un taureau un jour de grande corrida, attaquée de toute part par la fratrie en costume de lumière. Je me sens comme dans la chanson de Mickey 3D : « Mais j’ai  peur de t’attraper la main, et que tu ne m’esquives encore, je ne sais pas si cet amour est fort, ou s’il ressemble à la chasse au trésor, si t’en veux pas sache que je le déplore, et que je m’excuse encore. Je n’ai pas peur de la mort, mais que tu m’évites encore, je te préviens matador qu’un jour je t’aurais alors. On a vu des taureaux aimer des toreros. On a vu des taureaux aimer des toreros ».

C’est ainsi que j’assiste impuissante à ma mort symbolique : dénigrement de ma personnalité, déconstruction de mes valeurs et croyances, manque de respect envers moi et envers les règles établies dans ma demeure, refus du moindre geste de tendresse (perçu comme une agression),rappels consciencieux et méthodiques de mon « obsolescence programmée », irritabilité devant le fait que je puisse produire des mouvements respiratoires…Je me retrouve dans une immense partir d’Othello version grandeur nature, travelling arrière sur ma vie de mère et tous ses manquements réels ou supposés. J’ai fait noir et dit blanc, j’aurais du faire blanc et dire noir, tout en sachant que si j’avais fait blanc et dit noir, j’aurais du faire noir et dire blanc (ça va ? Vous me suivez ?). J’ai bien compris que je ne suis pas la mère qu’ils auraient souhaité avoir…Vraisemblablement, mon mieux n’était pas assez ! Mais de là à croire que j’aie pu délibérément ou intentionnellement agir à l’encontre de leurs intérêts, j’en suis consternée et profondément chagrinée !

Attaquée et piétinée comme un taureau un jour de grande féria, je cherche des solutions pour échapper à l’arène ! Ma première hypothèse était de rendre coup pour coup tel un fougueux taureau, mais se mettre au niveau de ses « ennemis », c’est une solution dégradante et qui manque de noblesse. La deuxième, toute aussi insatisfaisante consistait à se rouler en boule par terre en attendant l’estocade finale, les « Deux oreilles et la queue », la foule en liesse et la douleur au ventre. Finalement, la troisième et de loin la meilleure : quitter l’arène, tout simplement. Revêtir un magnifique costume de Super Canard (c’est comme un canard, mais avec une cape). A savoir, s’imperméabiliser, laisser glisser les mots et les actes jusqu’à ce que ça passe !

« Peu importe que le vent hurle, jamais la montagne ne ploie devant lui » (Empereur de Chine dans Mulan).

 VVB

Le BHD n°68 : Les rites de passage (1)

Proust était « à la recherche du temps perdu », je suis quant à moi à la recherche du mécanisme qui fait qu’un adolescent devient adulte. Depuis plusieurs semaines, je ne ménage pas ma peine : je farfouille, je lis, j’étudie, je compulse !

En tout premier lieu, je me suis interrogée sur mon propre cas. Quand me suis-je sentie adulte ? Quand je suis devenue autonome financièrement, que j’ai eu et assumé des responsabilités et mes  propres choix, bons ou mauvais. J’ai interrogé ma mère. Pour elle, ma sœur et moi sommes devenues adultes quand nous avons « volé de nos propres ailes ».

Ma pêche aux infos s’est révélée riche d’enseignements. Dans de lointaines contrées d’Afrique, d’Asie, d’Océanie, d’Australie, et j’en oublie, les rites de passage à l’âge adulte existent toujours de nos jours. D’un point de vue anthropologique, dans les sociétés traditionnelles dîtes primitives, le rite comporte 3 étapes symboliques : mort, gestation, renaissance. Je simplifie à l’extrême. Les ingrédients d’un rite sont la coupure d’avec la vie quotidienne, le partage d’une expérience en équipe, l’exposition au danger, une épreuve forte qui fait grandir et permet de réintégrer le groupe avec un statut social supérieur (dans le sens noble du terme).

Dans nos sociétés occidentales postmodernes en mal d’identité, les rites de ce style n’existent pas. Néanmoins, différents phénomènes sont considérés comme tels. Je vous livre pêle-mêle ce que j’ai retrouvé au gré de mes lectures. Certains psychologues prétendent qu’un ado devient adulte le jour où il fait lui-même sa lessive et qu’il ne possède plus les clefs du logement familial. Les épreuves nécessaires à l’entrée dans un gang, les conduites sexuelles dangereuses, la prise de risque, la vitesse au volant, la prise de substances illicites, les tatouages, les piercings. Certains auteurs évoquaient le service militaire, à l’époque où il était réservé aux hommes (du coup, les femmes ne devenaient pas adultes ?), d’autres évoquaient le baccalauréat (mais dans ce cas, que dire de ceux qui ne le passent pas ?). J’ai même déniché une étude qui affirme que certains hommes ne deviendraient adultes qu’après 43 ans (ça fout la trouille !).

J’ai adoré ce que dit Fabrice Hervieu-Wane : « A la différence du bizutage, qui humilie et avilie la confiance en soi, le rite de passage bien compris procure au jeune initié un bagage irremplaçable. L’épreuve du rite renforce en effet l’identité et l’ancrage dans sa culture redonne un sentiment de fierté et offre la reconnaissance du groupe. Autant de fruits qui viennent enrichir l’estime de soi ».

Ce qui fait que devenir adulte, c’est aussi développer sa propre estime de soi, venant de soi et non plus celle insufflée par ses parents.

Pour autant, nul ne fait mention de dézinguer l’estime de soi de quelqu’un d’autre…Parce qu’à ce tarif là, je pense que je vais bientôt être cotée en bourse… (La suite au prochain épisode)

VVB

Le BHD n°67 : Le plus beau métier du monde

Invariablement quand on dit à quelqu’un « je suis sage-femme », il vous répond « le plus beau métier du monde »…mais pourquoi ? C’est bien mal connaître notre profession. Je sais qu’au début de mes billets, j’ai dit que je n’évoquerais pas le boulot, mais là, au sortir d’une garde difficile, j’en ai besoin !

Etre sage-femme, c’est ne jamais savoir ce qu’on va trouver derrière la porte (comprenez « on ne sait jamais sur quoi on va tomber »). C’est être humaine tout en prenant soin de laisser ses problèmes personnels au vestiaire. Etre sage-femme, c’est devoir s’adapter en un temps record à ce qu’une patiente attend de nous : de la douceur, de la fermeté, tout en étant bienveillante, empathique, compétente. C’est savoir jauger en un coup d’œil les constantes de la mère, celle du fœtus, la situation médicale, et prendre les mesures qui s’imposent. C’est jongler entre les désirs des parents tout en vérifiant que l’état de santé du bébé le permet sans oublier les protocoles médicaux en vigueur et nos obligations médico-légales.

Etre sage-femme c’est ce qu’on fait pour nos patientes en dehors de leur présence : remplir des papiers, être sur l’ordinateur, prendre en pleine face la colère d’un médecin qui ne gère pas son stress sur une situation, mais qui trouve plus simple de s’en prendre à nous pour se défouler, c’est dépenser une énergie folle pour faire sortir un anesthésiste récalcitrant de son lit pour qu’elle puisse bénéficier de la péridurale. Etre sage-femme, c’est pouvoir compter sur son aide-soignante, véritable binôme, qui prédit ce que nous allons faire d’un simple regard.

Etre sage-femme, c’est s’occuper indistinctement des femmes quelque soit leur couleur de peau, leur religion, leur pays d’origine, leurs états émotionnels, psychologiques et parfois psychiatriques ou bien encore leurs pathologies et les germes qu’elles portent

Etre sage-femme, ce sont des gardes exténuantes, des situations dramatiques : des fausses couches, des morts fœtales, des interruptions thérapeutiques, des grands prématurés, des constats de viols, un enfant confié à l’adoption. C’est passer d’une salle où l’on donne la vie à une salle où des parents auront un enfant sans vie…

C’est être marquée au fer rouge et pour toujours par des patientes, des situations, des émotions, des naissances, des miracles, des décès. C’est savoir que l’expérience ne permet qu’une meilleure « digestion » des drames, mais qu’elle ne nous rend pas amnésique.

Etre sage-femme, c’est finir sa garde avec une tenue qui pourrait satisfaire plusieurs équipes de la police scientifique : sang, urines, vomi, matières fécales, liquide amniotique. C’est pouvoir parler de tout ça à table sans sourciller.

Etre sage-femme, c’est aussi avoir vu plus de vulves que tous ses copains masculins réunis, c’est supporter, sans pouvoir le dire, des hygiènes plus que douteuses : pleins feux sur la vulve, les pieds en stéréo. Ce sont aussi des fous rires, des motifs de consultations improbables (on pourrait écrire un sacré bouquin), ce sont des cafés, des cigarettes, des discussions à n’en plus finir sur nos plannings, la sacro-sainte relève et le petit déjeuner qui la suit et surtout, la vie qui continue…

VVB

Le BHD n°66 : Marraine la bonne fée

Le mot du jour. « Bibbity Bobbity Boo ! ».

C’est un mot qui me parle du plus profond de mon être.

Mon héroïne depuis toujours, c’est Samantha Stevens, la gentille sorcière de la série culte « ma sorcière bien aimée » : elle n’a qu’à remuer son nez pour rendre sa maison luisante de propreté ou répondre aux souhaits de ceux qu’elle aime.

Petites recherches. Je ne le savais pas mais le personnage de la Fée prend sa source dans la Mythologie, plus exactement des Parques, ces divinités qui coupaient le fil des vies.

C’est devenu par la suite un personnage de conte de fées et du folklore. C’est un personnage secondaire qui vient du légendaire féminin et qui possède presque toujours des pouvoirs magiques. Elle symbolise la « mère », la fécondité et l’abondance. Dans nombres d’histoires, la Fée est une marraine, elle a le pouvoir de décider du destin de son filleul. Elle peut lui attribuer des qualités, elle veille sur lui et essaie le lui épargner certaines épreuves.

Etant sage-femme, je peux donc dire que je suis un peu cette marraine qui se penche au-dessus des berceaux pour octroyer telle ou telle vertu à un nouveau-né puisque mon rôle consiste à faire en sorte que la naissance se déroule le mieux possible.

Il existe une autre version de la Fée, il s’agit de la fée amante. Elle est souvent très belle et entretient des relations amoureuses avec les humains. Elle incarne la féminité. Elle possède un pouvoir d’attraction et érotique puissants. Mais elle peut se révéler jalouse et colérique.

Je n’y avais jamais songé, mais il suffit qu’un  partenaire sexuel pose une main sur moi pour que je me sente devenir la plus belle femme au monde. Comme par magie, exit le surpoids, les petits bourrelets et la cellulite. Je suis la fée Morgane et je l’entraîne vers le plaisir et la séduction…

Finalement, la Fée, c’est toute la complexité de la femme : tantôt mère, tantôt femme, tantôt à l’écoute des autres tantôt à sa propre écoute. La louve instinctive, primaire ou la femme érudite et pleine de ressources, de talent. C’est sûrement pour cela qu’on prétend que les femmes sont compliquées, parce que nous ne nous limitons pas à un seul rôle.

 

VVB

La revue de presse de Valérie du 12/06/2017

Tondeuse !

Pourquoi de plus en plus de femmes se rasent le crâne :

http://mobile.lesinrocks.com/2017/05/23/style/le-crane-rase-est-il-une-coupe-de-cheveux-comme-une-autre-11947720/

Infographie érotique

Fantasmes sexuels des femmes : une infographie pour tout savoir :

https://www.buzzwebzine.fr/infographie-savoir-fantasmes-sexuels-femmes/

Toutes les deux secondes

En Floride, une fillette de 11 ans forcée d’épouser  son violeur qui l’a mise enceinte :

http://www.slate.fr/story/146328/monopole-mariages-mineurs

Enquête sur le mariage d’enfants en Géorgie :

http://www.nationalgeographic.fr/photographie/2017/05/enquete-sur-le-mariage-denfants-en-georgie

« On ne mendie pas pour un juste droit, on se bat pour lui »

La méthode Karman, une histoire oubliée de l’avortement illégal en France :

https://www.slate.fr/story/146337/avortement-histoire

Un pas en arrière

Pologne : la « pilule du lendemain » seulement sur ordonnance :

http://www.leparisien.fr/societe/pologne-la-pilule-du-lendemain-uniquement-sur-ordonnance-25-05-2017-6984627.php

Environnement

Puberté précoce : les perturbateurs endocriniens sont-ils en cause ?

http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20170531.OBS0098/puberte-precoce-les-perturbateurs-endocriniens-sont-ils-en-cause.html

Coup de gueule

L’homophobie d’état, un crime contre l’humanité :

http://www.masexualite.ch/

Le changement, c’est maintenant

La montée en puissance de la communauté de la Cup :

http://www.slate.fr/story/146289/cup-protection-hygienique-regles

Pierre philosophale

Faire jouir une femme : une science…presque exacte :

http://mobile.lemonde.fr/m-perso/article/2017/06/04/faire-jouir-une-femme-une-science-presque-exacte_5138587_4497916.html?xtref=http%3A%2F%2Fm.facebook.com%2F&utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook

Commencer par soi-même

« Eduquons les filles au plaisir sexuel » :

http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/les-eclaireurs/segments/chronique/26325/sexualite-jeune-fille-sexe-des-adolescentes-parler-de-plaisir-plutot-que-des-its-influence-de-la-porno-sur-sexualite-des-filles

Bête noire

Syphilis : le Royaume-Uni enregistre le plus grand nombre de cas depuis 1949 :

http://www.bfmtv.com/sante/syphilis-le-royaume-uni-enregistre-le-plus-grand-nombre-de-cas-depuis-1949-1181239.html

Le BHD n°65 : Sardinade

 

Adolescente, j’ai lu toute la saga de « L’esprit de famille » de Janine Boissard. La maison s’appelait « le Terrier ». Cette famille, et cette maison, étaient pour moi l’idéal du bonheur. Je viens de passer tout un week-end au « Terrier », enfin, c’est le sentiment que j’ai eu.

La genèse de cette aventure est partie de l’arrivée tant attendue d’une petite Sardine dans une famille aimante et comblée par cette naissance. L’idée a germé dans le cerveau de sa maman de faire une méga fiesta pour sa petite Sardine.

Les événements s’enchaînèrent : lancer les invitations par SMS (oups, pas de faire-part), attendre les réponses, trouver une salle, trouver un traiteur, trouver des idées de décoration…thème de la mer : adopté !

Dernière semaine, encore quelques incertitudes sur le nombre d’invités, coordonner le traiteur, prévoir des montagnes de nourriture et de boissons…Le stress qui monte…

Finalement, une soixantaine d’adultes et adolescents ainsi qu’une douzaine d’enfants annoncées.

Organisation du campement, un atelier dragées, un atelier pliage de serviettes en papier en forme de bateaux, des moments de franches rigolades !

48h avant, se conformer à l’exercice stressant et périlleux du traditionnel plan de table…Casse tête chinois (avec des « putain-merde toulousains » !

Enfin le matin du grand jour ! Récupérer les clés de la fameuse salle, pas si petite que cela, au final, mais que d’inquiétudes à cet égard !!!Plus de 5 heures de boulot pour décharger des boissons, de la nourriture, brasser des tables, trouver la meilleure combinaison possible pour faire de cet endroit un lieu convivial et agréable. Décoration : nappe, chemin de table, serviettes, couverts, un mur de photos du roi de la fête (et de son demi-frère), trouver la meilleure place à chaque invité, un parrain et un papa qui montent la sono.

Etre tributaire du temps qu’il fait, avoir consulté la météo plusieurs fois par jour toute la semaine en attendant mieux…Zut !

Courir pour accueillir les invités venus de toute la France : Toulouse(en force), Caen, Paris, Dijon, Orléans sans oublier les autochtones et même un clan de Siciliens…

Une arrivée à la mairie sous une pluie battante, histoire que tout le monde soit baptisé !

La cérémonie avec une petite marraine dubitative.

Enfin le soleil pour l’apéro géant !

La famille, les cousins, les amis qui se retrouvent, d’autres qui font connaissance, 10% de sages-femmes, une femme enceinte, des ados (super chouettes) qui acceptent de mettre leur portable de côté pour être vraiment ensemble, un virus qui s’invite à la fête causant déceptions et larmes, des cousines au top avec un diaporama génial, une cousine et un Basque qui chantent, un parrain à la sono passant des tubes incontournables, des enfants adorables, un papi extraordinaire dans le rôle de la plus dévouée des nounous, le petit roi de la fête infatigable…ou presque…

Et surtout, de la joie, du bonheur, un panel d’émotions positives, le plaisir d’être ensemble jusqu’au bout de la nuit…A tel point que la fête a battu son plein pendant presque trois jours !

Petit coup de « mou » quand le dernier invité repart, mais énorme satisfaction d’avoir réussi un tel événement et rassemblé, au propre comme au figuré, tous ces gens autour de la petite Sardine.

Une magnifique Sardinade !

VVB

Le BHD n°64 : Ne le dis à personne

C’est en signant une énième pétition contre l’imprescriptibilité des crimes sexuels que je me suis dis que j’en avais marre de me trimballer une honte qui ne m’appartient pas. Comme la diva Plavalaguna du Cinquième élément, cette honte est en moi depuis bien trop longtemps et elle pèse des tonnes.

Cette honte n’est pas la mienne.

Lorsque j’avais 8 ans, le voisin de ma grand-mère paternelle m’a fait des attouchements sexuels.

J’étais une petite fille espiègle, insouciante et bavarde.

Pendant presque 25 ans, ce traumatisme, je l’ai occulté. Une vraie amnésie. Et puis, un jour, il est arrivé un incident (des plus anodins) à ma fille aînée à l’école maternelle avec un de ces camarades de classe. Et là, les cauchemars ont commencé. Des cauchemars récurrents. Je me voyais, malade, alitée, en chemise de nuit avec cet homme au-dessus de moi, ses yeux bleus, son regard de fouine, sa peau parcheminée de vieil homme, son odeur d’eau de Cologne Mont Saint-Michel parfum ambré (je peux vous le dire), ses doigts qui me fouillent. Cette scène, je l’ai vécue un million de fois au moins. Psychanalyse, psychothérapie, comprendre pourquoi j’avais enfouie tout ça au plus profond de moi.  Enfin comprendre certaines choses pas si anodines que cela : ne pas supporter qu’un homme avec les yeux bleus me regarde, avoir la nausée dès que je sens cette putain d’eau de Cologne, ma terreur à l’idée que mes enfants puissent un jour être victime d’un pédophile, le fait ne pas supporter qu’on me touche la vulve avec les doigts, la frigidité des premiers rapports, ma joie inappropriée quand il est mort. 25 années de quasi amnésie, et un jour, Hiroshima qui m’explose en plein cœur !

Je suis heureuse d’avoir surmonté ce traumatisme. Je connais bien la résilience. Les « psys » m’ont aidée, je ne peux le nier, mais je pense que celui qui m’a le plus aidée, c’est celui qui a pris le temps de m’initier à la sexualité.

A 40 ans, j’ai enfin trouvé le courage de le dire à ma propre mère. Ces paroles ne furent pas d’un grand réconfort : « Ben, il est mort… (Grand blanc)…et puis, il ne t’a pas mis son machin… (Nouveau grand blanc)…pourquoi t’as rien dit ?… ». Fin de la discussion, nous n’en avons jamais reparlé depuis !

Nouveaux cauchemars : Je me revois enfant à devoir le saluer presque chaque jour et lui de me répéter : « faut pas regarder les gens avec ces yeux là ! ». Entendre ma grand-mère me dire qu’elle ne veut pas de problèmes avec ses voisins car elle en a besoin ! Quand je pense qu’elle avait été violée par son mari le soir de ces noces. Je suis sûre qu’elle savait mais qu’elle n’a rien dit de peur des conséquences !

La culpabilité et la honte, du coup, c’est pour ma pomme !

Les gens qui ont vécu des traumatismes ont souvent des addictions, la mienne, c’est le tabac. J’ai tenté plusieurs fois d’arrêter et chaque fois, ce qui me fait reprendre, ce sont les cauchemars qui reprennent, la même scène, encore et encore ! Vite une clope !

Voilà, ça ne m’empêche ni de marcher, ni de respirer, ni de vivre, ni d’aimer, ça s’est passé, mais je ne veux plus porter cette honte, sa honte et sa culpabilité.

A compter d’aujourd’hui, je rends la honte et la culpabilité à celui qui aurait du l’éprouver !

VVB

La revue de presse de Valérie du 29/05/2017

Manipulation répétitive

Le Gaslighting : une forme d’abus émotionnel dissimulé :

https://nospensees.fr/gaslighting-forme-dabus-emotionnel-dissimule/

Un vrai progrès

Une pilule aux plantes et sans hormone est en préparation :

http://www.cosmopolitan.fr/une-pilule-sans-hormone-a-base-de-plantes-pourrait-revolutionner-la-contraception,1994517.asp

Après bébé

Le sexe après l’accouchement : retrouver le chemin du plaisir :

http://www.santemagazine.fr/le-blog-sexo-de-marine-nugeron-et-daisy-le-corre/le-sexe-apres-l-accouchement-retrouver-le-chemin-du-plaisir-76930.html

Salon très spécial

Au SexTechLab : « Et on jouit comment avec ça ? » :

http://www.makery.info/2017/05/23/au-sextechlab-et-on-jouit-comment-avec-ca/

Entre adultes consentants

Fessée, mots crus, morsures : oser le sexe bestial :

http://www.psychologies.com/Couple/Sexualite/Pratiques-sexuelles/Articles-et-Dossiers/Sexe-oser-un-peu-de-sauvagerie

Le code a changé

Sommes-nous trop humains dans le jeu de la séduction ?

http://www.desculottees.com/2017/05/trop-humains-jeu-de-seduction/

Ebéniste

Fléac : les sextoys envoient du bois :

http://www.charentelibre.fr/2017/05/24/fleac-les-sex-toys-envoient-du-bois,3103972.php

On se met à la page

Des « Tuto » sexo rigolo : les questions sexuelles abordées avec humour :

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