Le BHD n° 50 : Monstres et compagnie

De toute évidence, les monstres des adultes sont beaucoup moins sympathiques que Sullivan et Bob Razowski (du dessin animé Pixar)…pourtant, nous continuons à les enfermer consciencieusement dans des placards. Je crois que j’ai largement sous estimé la contenance de mon foutu placard…certains jours, il suffit d’un mot, d’une phrase, de la pleine lune, d’une nuit sans sommeil pour que tous mes monstres essaient de se glisser dehors, telles des ombres maléfiques sorties tout droit d’un film d’horreur cauchemardesque…Ils se bousculent, prêts à faire claquer la serrure, et j’ai toutes les peines du monde à les laisser où je les ai soigneusement enfermés ! Saloperie de monstres !

Les miens s’appellent : terreurs enfantines, traumatismes, trahison, mensonge et solitude. Ils cherchent à se répandre insidieusement par tous les interstices de cette fichue porte de placard. Oui, certains jours, les laisser derrière la porte équivaut à vouloir dompter une meute de crotales sournois…Alors autant leur ouvrir, les laisser vous dévorer le cœur et la cervelle. Ils déferlent sur vous et vous laissent pantelante, terrifiée, recroquevillée, à terre…encore une fois…

Le seul remède pour se relever, encore, douloureusement et péniblement, c’est attendre la minuscule flamme vacillante de l’espoir. Trouver, une fois encore le courage de donner un sens à sa vie alors que tout est figé dans une épaisse mélasse noire.

L’espoir, petite chose ténue et ridicule qui naît parfois d’un tout petit rien, comme le souvenir d’une phrase bienveillante prononcée par une amie toute aussi bienveillante. Mais une fois qu’il est là, il n’appartient qu’à nous de le laisser grandir, de l’entretenir…Et dans ma tête résonnent les paroles de Jean-Jacques Goldman, les raisons qui nous portent et ce stupide espoir

Garder en un mot comme en cent son courage à portée de main, se donner, pour la ixième fois une chance de vivre un avenir rose et heureux…

D’un coup, les monstres regagnent d’eux même la place qu’ils n’auraient jamais due quitter au fond de leur sombre placard. Je n’ai pas gagné la guerre, mais la bataille est acquise. Il me prend de jouer les Amélie Poulain : Si j’arrive au bout de la rue avant que la voiture qui me suit ne me dépasse…alors, si j’éteins le sèche-linge avant qu’il ne sonne une deuxième fois…alors, si…alors…

VVB

Le BHD n°49 : La Saint Valentin

Ah, le 14 février, la « sacro » Saint Valentin qui rappelle cruellement à ceux qui sont seuls qu’ils le sont ! « Je hais les couples qui me rappellent que je suis seule ».

Cette fête des amoureux, nous l’attendons fiévreusement et la redoutons tout à la fois. Car je rappelle qu’  « une surprise », c’est quand « ça fait plaisir » ! Et nous avons tous eu notre lot de déceptions devant un cadeau où l’on ne peut s’empêcher de se dire : « Mais comment peut-il/elle me connaître aussi mal ? » Il y a,  aussi, forcément, cette super phrase qu’on entend devant un amoureux qui a oublié : « Non, mais la saint Valentin, c’est une fête commerciale… ». Et alors ? Noël aussi est devenue une grande fête commerciale, ça ne nous empêche pas de faire crouler nos chères têtes blondes et nos proches sous un déluge de cadeaux !

Mais d’ailleurs, savez-vous d’où vient cette fête très ancienne ? Permettez-moi de vous éclairer sur le sujet, histoire de briller en société.

Tout commence en l’an de grâce 270 de notre ère quand un prêtre chrétien prénommé Valentin s’est mis à pratiquer des mariages religieux clandestins. Les hommes mariés pouvaient ensuite refuser de s’engager dans la légion (romaine). De là à penser que Valentin est le saint patron des mecs qui crèvent de trouille à l’idée d’aller au combat, il n’y a qu’un pas…D’ailleurs, au passage, saviez-vous que les hommes sont deux fois plus généreux avec leur maîtresse qu’avec leur épouse…sympa !

Toujours est-il que le moine Valentin fut exécuté sur l’ordre de l’empereur romain Claude II (je vous voir déjà sortir cette info au resto, la classe !) et que, du coup, tout le monde a considéré qu’il était mort en défenseur de l’amour et du mariage.

Ensuite, au V è siècle, l’Eglise a commencé à ne pas voir d’un très bon œil certaines fêtes païennes de la mi-février. La plupart de ces fêtes célébraient le réveil de la nature ou les prémices du printemps, mais elles avaient une fâcheuse tendance à se terminer en parties de jambes en l’air…Pour votre information, c’est à la mi-février que les oiseaux recommencent à chanter, les hommes à roucouler et les hormones à titiller ! (Ne rigolez pas, de nombreux bébés doivent leur conception à la fête des amoureux).

Bref, le Pape de l’époque qui n’était pas un rigolo décréta que le 14 février serait le jour de la célébration de l’Amour avec un grand « A », toujours plus classe que ces fêtes peu ragoutantes qui se terminent en partouze. Une petite précision tout de même, cette célébration était tout autant à l’attention des couples déjà formés que pour ceux qui cherchaient (désespérément) l’âme sœur.

Il faut ensuite attendre le XX è siècle pour voir apparaître les symboles que nous connaissons tous : Cupidon, le romantique bouquet de roses et le cœur.

Dans certains pays comme les USA, c’est également la fête de l’amitié marquée par des rituels comme l’envoi de cartes, de fleurs ou de chocolats.

Maintenant que vous voilà érudit sur le 14 février, je n’aurais qu’un mot : cette année, pitié, faites un effort et surprenez (agréablement) la personne que vous aimez ! Ce sera ma saint Valentin à moi…

 

VVB

Le BHD n°48 : J’entre en Politique

Les élections présidentielles approchent et sont encore lointaines, malgré tout, pourtant, c’est déjà toute la classe politique qui se tire allègrement dans les pattes en oubliant même de venir aux séances de l’Assemblée Nationale ou du Sénat…Eh, HO, y-a-t-il un pilote dans l’avion ? A se demander si quelqu’un gouverne encore le pays et pense à l’intérêt général plutôt qu’à son propre intérêt ?

Les journalistes s’en donnent, aussi, à cœur joie entre désinformation, interprétation et désintégration. Sans oublier un manque d’impartialité contraire à l’éthique du journalisme.

Franchement, on se demande si toute la classe politique n’est pas corrompue jusqu’au trognon comme Don Salluste dans la Folies des Grandeurs, « ça c’est pour moi, ça c’est pour le roi ».

Le pouvoir, l’argent, les magouilles, les détournements…Et c’est cette même classe politique qui voudrait nous dire comment vivre et nous donner des leçons de morale…On croit rêver !

Le premier but qu’ils devraient tous se fixer, c’est nous redonner foi en nos dirigeants…Ce qui n’est pas prêt d’arriver puisque quelque soit le bord politique d’où ils viennent, les loups ne se dévorent pas entre eux. J’en veux pour preuve les lois qu’ils font passer discrètement les concernant, comme le maintien de leur salaire quand ils quittent leurs fonctions…

 

Enfin bref, j’ai décidé de faire des propositions politiques !

Avant toute chose, je rebaptiserais les Présidentielles « Qui veut gagner des millions », ce serait plus honnête !

Premièrement, que toute personne éligible ait un casier judiciaire vierge, c’est la moindre des choses quand on sait que les « fonctionnaires » doivent en avoir un !

Deuxièmement, qu’on divise par deux le nombre de ministres, de députés, de sénateurs et de directeurs de cabinets en tout genre. Proportionnellement, en comparaison avec les USA, nous en avons beaucoup trop, et ça coute une blinde (surtout qu’ils piquent tous dans la caisse) !!! Et pendant qu’on y est, retirer systématiquement une partie du salaire à nos chers députés et sénateurs qui n’assistent pas aux sessions pour lesquelles ils ont été élus par le peuple, pour le peuple et pour défendre les intérêts de ce même peuple. Alors un peu de respect, méritez votre salaire !

Troisièmement, que tous ceux qui ont détourné des fonds les remettent dans la caisse, je pense qu’on « boucherait » bien des trous (à coup de 900 000 euro, ça va vite) !!!!

Quatrièmement qu’on arrête de débloquer des fonds, que nous n’avons pas, pour telle ou telle cause aussi noble soit-elle. Surtout pour nous rebattre ensuite les oreilles que nous sommes en surendettement et nous faire culpabiliser !

Cinquièmement qu’on arrête de nous bassiner avec les marchés financiers, le CAC40 et les banques. Tout ça, c’est du virtuel, du papier, du vent, c’est permettre à une poignée d’hommes d’avoir des richesses toujours plus colossales, tandis que d’autres, la majorité, tire la langue.

 

Et mon dernier point : ne pas prendre trop au sérieux tout ce que je viens d’écrire, je n’ai malheureusement aucun pouvoir, je ne suis qu’un petit grain de sable sur la plage, même si je veux être un petit grain de sable qui gratte ! Quoique, si tout le monde devenait un petit grain de sable qui gratte ?…L’union fait la force.

 

VVB

Le BHD n° 47 : Soignante, fonctionnaire…et pas contente !

« Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? », tout le monde ne se souvient peut-être pas de cette célèbre réplique d’Arletty dans Hôtel du nord, mais moi, j’ai envie de hurler à nos politiques de tout bord : « Fonctionnaire, fonctionnaire, est-ce que j’ai une gueule de fonctionnaire ? »

Tous autant qu’ils sont, à décrier ainsi les fonctionnaires, ça me saoule, ça me désole, ça m’exaspère, ça me désespère !!!!

1 : Est-ce qu’ils n’oublieraient pas qu’eux aussi sont des fonctionnaires ? Qui, d’ailleurs, donnent une très mauvaise image : corruption, détournement de fonds, affaires de justice qui tombent aux oubliettes, emplois fictifs des membres de leur famille, sexisme, agressions sexuelles, mensonges, promesses non tenues et j’en passe…

Ah, j’oubliais, le fonctionnaire lambda, lui, doit avoir un casier judiciaire vierge, faîtes ce que je dis, pas ce que je fais !

2 : Dans l’imaginaire collectif, le fonctionnaire est un employé qui arrive en retard au boulot, part systématiquement en avance, a 2000 RTT par an et n’en fout pas une rame…Vient vivre ma vie de soignant à l’hôpital public et on en reparle !!! Saviez-vous que le temps de déshabillage et d’habillage est intégré dans le temps de travail, mais qu’aucun soignant ne le respecte car sinon, il n’existerait plus de jonction des équipes, ben oui, vu que maintenant les temps de transmissions réduisent comme peau de chagrin (voir n’existent pas)…sympa pour les patients ! Saviez-vous que souvent nous effectuons nos 8, 10 ou 12 heures de travail sans avoir le temps de boire, de manger, de pisser ! Que les heures supplémentaires ne sont pas payées, difficilement récupérables voir même carrément interdit d’en avoir ! Que les formations doivent être effectuées sur le temps personnel, voir payées par nos soins…

3 : Où sont les syndicats ? Le salaire des fonctionnaires a été gelé pendant 11 ans, sans que cela pose de problème à quiconque.  Et là, miracle, une augmentation de 0,6 % en juillet 2016 et une autre, encore de 0,6 % en février 2017…même pas l’inflation ! Quid des primes de week-end (75 euro) et de nuit (1,07 euro brut en plus de 21h à 7h) qui n’ont pas augmentées depuis 1990. Et la dernière mode pour faire des économies dans les hôpitaux, le « décaissage », c’est-à-dire que vous arrivez pour votre journée de travail et que 1 heure après, on peut vous dire « il n’y a pas assez de patients, tu dégages ». La fête du slip dans toute sa splendeur !!! Pas assez de patients on décaisse, trop de patients, on encaisse !

4 : Les propos de nos politiques sur la suppression des postes de fonctionnaires : comment peuvent-ils confondre des soignants, des policiers et des militaires avec certains administratifs ? Madame Michèle Alliot-Marie parle de nous retirer le droit de grève, ben voyons, déjà que nous sommes réquisitionnés et que tout le monde se fiche que nous fassions crève. C’est sûr, à côté de la SNCF ou les aiguilleurs du ciel qui bloquent le pays comme qui rigole, nous ne jouons pas dans la même cour.

Moins de lits dans les hôpitaux, moins de soignants, préparez-vous à acheter « la chirurgie pour les nuls » parce que bientôt, il faudra pratiquer soit même ses interventions sur sa table de cuisine. Une récente étude montre que les infirmières françaises sont moins bien rémunérées que les infirmières de certains pays émergents (comparaison par rapport au PIB). Waouh, quelle grande nation que la nôtre !

5 : Heureusement qu’il existe des gens engagés comme Sabrina Ali Benali pour déclarer que « l’hôpital public ne tient plus que grâce à la dévotion des soignants », parce que c’est le cas ! Les soignants sont épuisés, certains en viennent au suicide, certains sont en burn-out et malgré tout, nous continuons à aimer notre travail et nos patients. La question, c’est jusqu’à quand allons-nous tenir ?…

VVB

Le BHD n°46 : Je suis féministe

Quand j’entends Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l’Express déclarer qu’instaurer l’égalité salariale hommes/femmes mettrait l’économie de notre pays en péril, je vois rouge !

Et si on essayait d’augmenter les femmes et de mettre les hommes au niveau actuel du salaire des femmes, juste pour voir ! Nous sommes la force vive de ce pays, c’est nous qui consommons et faisons davantage marcher l’économie…Allez, juste pour voir !

Alors, voilà, je suis féministe et d’ailleurs, tant que le terme « hoministe » n’existera pas, je n’aurais d’autre choix que d’être féministe !

Je lisais l’autre jour un article très intéressant et très, comment dire, dérangeant sur le fait que la vie d’une femme dans le mariage pouvait s’apparenter à une forme de prostitution…Je vous entends déjà hurler, mais laissez-moi m’expliquer.

Je me suis remémorée toutes ces choses que font les mères et les épouses, telles des femmes de l’ombre ou des femmes dans l’ombre…de leur mari…

Personnellement, je me suis entendue dire pendant des décennies : « Moi, j’ai un métier ! ».

Ah, parce que sûrement, sage-femme de nuit en salle de naissance c’est un loisir qui ne requière aucune compétence et sans aucune responsabilité…

Enfin, bref ! On nous rebat les oreilles avec la parité homme/femme, la parentalité, la place du père et patin-couffin ! Mais les chiffres sont là et ce n’est pas moi qui les invente, il suffit d’aller voir sur les sites de statistiques comme l’INSEE. Depuis 1968, c’est toujours « bobonne » qui se tape les tâches ménagères, et d’ailleurs, elle aime tellement les 35 h qu’elle les fait deux fois par semaine : une fois au boulot et une fois à la maison !

Combien d’entre nous entendent « TON » ménage (bah oui, parce que je suis la seule à vivre et à salir cette habitation, « TA » lessive (bah oui parce que je ne lave que mes fringues), « TES » gosses (bah oui, parce que je les ai trouvé sur le pas de la porte ».

Et puis tous ces magazines féminins truffé de photos trafiquées par « PHOTOSHOP » qui nous font culpabiliser à longueur de temps de ne pas être parfaites…alors que vous ne ressemblez pas forcément à un Dieu Grec…Ces mêmes magazines au programme desquels on trouve dans le même numéro des articles aux antipodes les uns des autres :  « Apprendre à s’accepter soi-même », « Perdez 10 kilos en 15 jours avec notre nouveau régime miracle », « La recette du fondant au chocolat »…

Et tout ça, encore, c’est « mignon » comparé aux violences conjugales, aux violences envers les femmes, au sexisme. Sans oublier les horreurs que vivent les femmes à travers le monde : mariages forcés, excision, pas d’accès à l’éducation, pas d’accès aux soins, féminicides, le viol comme arme de guerre, sélection des bébés filles…La liste est tellement longue…La cruauté des hommes à l’égard des femmes n’a pas de limite et semble exister et se perpétuer depuis que le monde est Monde.

Les Femmes représente la moitié de l’Humanité, 52% si on veut pinailler, alors pourquoi tant de haine ?

Nous sommes les mères, les femmes et les filles de ces hommes et c’est sûrement à nous qu’il revient de les éduquer autrement pour renverser la vapeur…

Tant que les femmes ne seront pas l’égal des hommes, tant qu’elles auront besoin de se justifier sur leur façon de s’habiller, sur leur façon d’être, tant qu’on les prendra pour des bouts de viande, tant que la société sera patriarcale, alors oui, je n’aurais pas d’autre choix que d’être féministe. Parce que d’autres se sont battues avant moi. Parce que mon devoir de femme est de faire évoluer les choses, tout simplement.

 

“Les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson.” Rebecca West (1892-1983)

 VVB

Le BHD n°44 : 2017, année chouette !

2016 est partie.

Elle a vu les disparitions douloureuses de Daddy et Louis.

Elle a vu l’amitié du Boys Band devenir plus forte que jamais.

Elles a vu des moments de franches rigolades avec les copines.

Elle a vu une rencontre avec un couple d’artistes formidables et généreux comme on en voit peu.

Elle m’a vu grandir, apprendre et intégrer, parfois dans la douleur, des leçons et des notions importantes : « Dieu réside en moi en tant que moi », « On ne peut pas demander à la Lune d’être le Soleil », « Maman poule voit s’envoler et s’éloigner ses poussins et elle doit l’accepter ».

Elle m’a vu atteindre le pardon.

Elle m’a vu me libérer du passé.

Elle m’a vu faire mes débuts de rédactrice.

Elle m’a vu avoir le courage de m’éloigner de personnes dont la vie se résume à des faits et des actions sans aucune place pour les sentiments et les émotions.

Elle m’a vu me définir comme « Célivorcée », c’est-à-dire célibataire mais divorcée, parce que déjà, c’est plus beau que « Divorbataire », et surtout, ça permet de ne pas nier le passé tout en étant tournée vers l’avenir…

 

C’est décidé, 2017 sera chouette !

Je peux encore faire la minette.

Je garde mon côté Suffragette.

Je vais gagner pleins de pépettes !

Je refais de belles balades à bicyclette.

Je vais avoir de nouvelles lunettes.

Je démarre (visualisation positive) une magnifique amourette et j’en prends pour perpette !

Nous vivons pleins de tendres moments sous la couette, à faire des galipettes qui se finissent en levrette…

Au moins 740 mots riment avec 2017, trouvez les vôtres !

Mais moi, c’est décidé, 2017 sera chouette

 

VVB

Le BHD n°43 : Le grand pardon

Entre le crépuscule qui tombe sur 2016 et l’aube de 2017 qui n’est pas encore née, je m’interroge sur la notion de pardon avec un grand « P ».

En pleine trêve des confiseurs, il est temps.

Mais disons que pour atteindre la sérénité et la dernière phase de deuil, celle de l’acceptation, il serait bon de maîtriser le sujet et de ne pas passer pour une truffe en passant carrément à côté de l’essence même du truc…Mon côté perfectionniste…Un petit passage au microscope à balayage s’impose parce qu’il s’agit de bien d’autre chose que de dire pardon pour un pet intempestif…

Je vous ai donc concocté un petit topo sur le pardon.

D’un point de vu psychologique, le pardon est nécessaire pour être bien dans sa peau et se libérer du passé.

« Ne pas pardonner, c’est comme si vous avaliez du poison en espérant que l’autre soit malade » Docteur Psalti.

Si l’on s’en réfère au dictionnaire : le pardon est le résultat de l’acte de pardonner, la rémission d’une faute. C’est tenir une offense, une faute pour nulle (et/ou l’excuser) et renoncer à en tirer vengeance. C’est ne pas en tenir rigueur au coupable et ne pas lui garder de ressentiment.

Je ferais ici une petite parenthèse car je dois dire que dans mon processus personnel, il ne m’est jamais venu, même une seule seconde, de désir de vengeance. La seule question qui m’a taraudée des mois durant, m’usant jusqu’au trognon étant : « Qu’est-ce qu’elle a que je n’ai pas ? ».

D’un point de vue religieux, je préfère commencer par ce que le pardon n’est pas : ce n’est pas fermer les yeux sur l’offense, ce n’est pas faire comme si rien ne s’était passé, ce n’est pas se laisser traiter injustement et ce n’est pas pardonner sans raison valable (à savoir que Dieu ne pardonne pas aux personnes qui pêchent volontairement, par méchanceté, et qui refusent de reconnaître leurs erreurs, de changer et de s’excuser auprès de ceux qu’ils ont blessés).

Mais alors, comment faire pour pardonner, doit-on pardonner à la personne ou pardonner ses actes, tout en sachant qu’elle ne les reconnaît pas ?

Dans la Bible : le mot « pardonner » a le sens de « laisser aller », comme quand une personne n’exige pas le remboursement d’une dette. La Bible explique également que l’amour désintéressé est le fondement du vrai pardon, puisque l’amour « ne tient pas compte du mal subi ». Pas toujours très clair, je tends l’autre joue, mais « ça dépend ça dépasse ».

Côté philosophie, « le pardon permet de libérer des ressources à titre individuel et collectif face à l’irréparable ».

Alors, en gros, pour résumer, je pense que je tiens bien le truc et que pour moi, c’est acté, validé, assimilé : je ne demande plus à la Lune d’être le Soleil, je ne ferme pas les yeux sur la faute, mais je n’en tiens plus compte. Je me pardonne à moi-même d’être imparfaite. Je suis en paix avec lui mais plus encore avec moi-même. Je laisse aller le passé pour accueillir l’avenir.

C’est formidable de laisser son fardeau et de se sentir légère !

Libérée, délivrée !!!!

VVB

Le BHD n°42 : Grand petit homme

Depuis le jour de ta naissance, tu es mon petit Crapaud. Surnom qu’on pourrait qualifier de « moche », mais qui résonne à mon cœur comme tout l’amour que je te porte.

Très rapidement, j’ai constaté que tu étais petit et que ton développement staturo-pondéral était anormal. J’ai alerté. Il a fallu du temps et 2 cassures dans ta courbe poids/taille pour admettre que mes doutes étaient peut-être fondés. Et là, enclenchement du processus : plusieurs bilans, un staff médical, des examens et deux hospitalisations en hôpital de jour de pédiatrie. Et un lundi matin en sortant de week-end de nuit, un verdict qui tombe : déficit en hormone de croissance !

Jamais je n’oublierais le soutien extraordinaire que m’ont apporté certaines personnes. Tout d’abord un gynécologue avec qui je travaille et qui m’a dit : « bon, c’est grave, mais il y a un traitement et ça se soigne. C’est moins chiant que le diabète, il ne se piquera qu’une fois par jour…et puis, même si ses orteils sont petits, il les aura tous ». C’est fou comme une phrase peut se graver en vous… Une immense reconnaissance à mes deux copines pédiatres de Pau : Valérie et Bénédicte qui ont été hyper réactives, d’une efficacité redoutable et qui ont remué ciel et terre pour s’occuper de mon petit amour.

Et c’est ainsi que le 19 janvier 2008, j’ai eu à prendre, seule, une des décisions les plus difficile de ma vie de maman : démarrer un traitement…ou pas. Taille adulte annoncée sans traitement, moins de 144 cm. J’ai choisi en mon âme et conscience de mettre en place un traitement où tu recevrais chaque jour une injection sous cutanée d’hormone. Pour cette décision, j’ai payé. J’ai dû essuyer des critiques directes et des insultes indirectes. Les mots entraînent les maux et vice versa. Rancœur insidieuse. C’est mon choix, je l’assume entièrement. Et, a postériori, je ne le regrette pas et si c’était à refaire, je ferais de même, avec toutes les conséquences que cela implique.

Je me souviens avec effroi des premières semaines où tu pleurais chaque soir en me disant que tu ne voulais pas grandir parce que tu ne voulais pas ta piqûre…J’ai failli abandonner, et plus d’une fois.

J’ai appris à ton grand frère comment te piquer, puis à tes sœurs, de façon à ce qu’il y ait toujours quelqu’un pour toi. Ils ont été formidables et je mesure les grandes responsabilités que je leur ai confiées.

Je me souviens de tes premiers jours à l’école primaire où tu pleurais chaque soir parce que tu étais le plus petit de toute l’école et que les autres te disaient que tu étais un bébé qui devrait être en maternelle…

L’avantage, c’est que j’ai pu te porter dans mes bras très, très longtemps. Je me sens fusionnelle avec toi, on me dit souvent que c’est parce que tu es mon « petit dernier ». Mais c’est bien plus que cela.

Je sais la force et le courage qu’il t’a fallu pour tout ça. Tu es un enfant extraordinaire et courageux.

Tu es d’une grande prévenance envers moi, envers les autres. Tu as de la force, tu sais charmer toute personne qui t’approche.

Et là, depuis ce mardi 15 novembre 2016, méga joie ! Fin du traitement, enfin ! Après 8 ans, 9 mois et 24 jours soit 3220 injections, fini le stylo et sa boîte, fini la pochette réfrigérante, fini les boîtes jaunes de recueil d’aiguilles, le coton et l’antiseptique…fini de  trimballer partout ton matériel et tout ce que cela impliquait comme logistique. Fini les contraintes et la « valise diplomatique ». Une forme de liberté retrouvée et méritée.

Tu es grand. Tu ne le seras peut-être pas par la taille, mais la grandeur d’un homme ne se mesure pas par sa taille, elle se mesure par sa valeur. La tienne est immense !

 

VVB

Le BHD N°41 : « Dieu réside en moi en tant que moi » :

Je me suis donc répétée cette phrase comme un mantra pendant des semaines cherchant à comprendre comment elle pouvait être aussi importante pour moi. Et un jour, la lumière fut ! Et c’est toutes les cloches de la basilique Saint-Pierre sonnant avec force comme un jour d’élection papale (pardonnez-moi ce clin d’œil ecclésiastique) qui se sont mises à résonner dans ma tête.

J’ai enfin compris !

Comme je l’avais pressentie, il n’y a rien là de religieux et d’ailleurs cette phrase aurait pu être l’univers ou la nature réside en moi en tant que moi, je pense que l’effet aurait été le même.

J’ai enfin compris, ou plutôt la petite fille de 8 ans enfouie au fond de moi a enfin compris un fait d’une importance capitale.

Arrivée à ce stade, je dois vous confier qu’à 8 ans, j’ai subi un traumatisme. J’ai travaillé sur le sujet avec des « psy » et je pensais innocemment que c’était une histoire définitivement réglée. Que telle une ancienne blessure, la cicatrice était toujours visible mais devenue non douloureuse.

Sauf que la petite fille de 8 ans avait intégré et développé la  fausse croyance suivante : si j’étais une « gentille personne », il ne m’arriverait que des « choses positives » et si j’étais « une mauvaise personne » il m’arriverait des « événements négatifs ». Franchement, ne pas croire en Dieu et se retrouver confrontée à la « punition divine », il faut admettre que c’est complètement antinomique et que ça frise le ridicule, mais bon, à 8 ans, c’est certainement compréhensible.

Ce qui reste incompréhensible, c’est comment un mode de fonctionnement « faux » peut impacter votre vie pendant une quarantaine d’années. Le cerveau à ses raisons que la raison ignore !

Pour ma défense, je dirais que nos émotions et sentiments ne sont pas toujours gouvernés par notre « intellect » et que « détricoter » certains schémas construits dans l’enfance n’est pas aussi facile que certains pourraient le croire. Ça demande du temps et un très gros travail personnel.

Je suis imparfaite, mais à l’impossible, nul n’est tenu.

Je peux dire que je n’ai jamais commis sciemment de mauvaises actions. Il y a, bien entendu 2 ou 3 choses dont je ne suis pas spécialement fière, mais bon, comme dit le proverbe, « que celui qui n’a jamais pêché me jette la première pierre ». J’ai fait comme tout un chacun de mauvais choix, mais ils me paraissaient bons au moment où je les ai pris. Le tout, c’est d’en assumer les conséquences et je ne suis pas du style à fuir devant mes responsabilités. J’assume. J’apprends. Je progresse.

La nature prend son temps, mais elle accomplit son œuvre.

Dorénavant, Dieu réside en moi en tant que moi…

VVB

Le BHD n°40 : Fille de joie

C’est à croire que dans la vie, tout comme dans la Belle au bois dormant, de curieuses marraines se penchent sur votre berceau pour vous affubler de certaines aptitudes. Parfois, il s’agit de dons ou de talents mais parfois, ce sont de petites ou grandes malédictions. Un peu comme les supers héros qui n’ont d’autres choix que d’enfiler le masque et la cape quand tout va mal.

Ne dit-on pas, lui, c’est le petit rigolo de la famille, elle, c’est l’intellectuelle, lui, le casse-pied de service…

La question, c’est sommes-nous ainsi à la naissance ou est-ce à force de l’entendre de nos parents et des autres que nous le devenons ???

Ma famille avait coutume de dire que j’étais forte et que je n’avais besoin de personne, les profs et instits me traitaient de clown et de bavarde… A quel point les projections de nos parents influencent notre personnalité ?

Suis-je condamnée à être forte et drôle sans jamais pouvoir m’arrêter sous peine de tomber ? Je suis terriblement lasse de porter ce masque.

Je crois qu’il n’y a qu’une seule personne qui m’ait réellement percée à jour, une collègue de Pau. Quand je pratiquais l’autodérision et les blagues en tout genre, elle disait à la cantonade : « Attention, Valou, plus elle déconne, plus elle va mal » !(merci Lolotte pour ta perspicacité)

Et oui, les clowns ne sont pas toujours drôles.

Petite fille, je devais avoir 9 ou 10 ans, j’ai assisté avec mes grands parents à une représentation du Cirque Amar. Un de mes héros s’y produisait : Achille Zavatta. Poussée par ma mamie, je suis allée lui demander un autographe. Savez-vous ce qui m’a le plus marquée ? Cette indicible tristesse dans son regard ! Pouvait-on faire rire et être triste ?…Devenue adulte, je sais que la réponse est « oui ».

Par facilité, on colle des étiquettes aux gens. On les enferme dans des cases, dans une image, un style, un emploi. La plupart des gens ne veulent pas réellement savoir qui vous êtes, ils ne connaissent qu’une image, un reflet et ça leur suffit.

Le monde ressemble au carnaval de Venise, un masque pour le boulot, un pour la famille, un pour les commerçants. Heureusement, il y a ceux avec qui on peu être juste soi, sans masque et sans fioritures, sans rôle à jouer, cartes sur table ! Et ces personnes sont les plus précieuses qui soient.

J’ai l’immense chance d’en connaître…et plusieurs…

VVB