Le BHD n°117 : L’étoffe des héros

Depuis que j’ai télescopé ma Comète, je suis victime d’un étrange phénomène situé quelque part entre la Quatrième dimension et Les envahisseurs…La bizarre sensation de m’essayer à la science- fiction

Ou alors, je suis en pleine poussée de schizophrénie et nous sommes plusieurs dans ma tête, ou bien encore, je suis en pleine crise mystique genre sainte Thérèse de Lisieux…

Je m’explique…

Tout d’abord, mon visiteur de l’espace ne m’a pas ouvert  son cœur, dont la clé est comme la recette des Pim’s. En si peu de temps, il ne m’a pas non plus ouvert son âme, hautement sous protection au même titre que Raiponce dans sa tour. J’ai moi-même plus d’un tour (jeu de mot) dans mon sac.  Il n’avait pas besoin de le faire, je me suis branchée sur une mèche de cheveux. Comme dans Avatar, je fais partie de ces personnes qui ressentent les autres…Il n’est pas nécessaire qu’une personne m’ouvre son âme pour que je décide de m’y infiltrer…  « Je te vois », et je fais ce que je veux ! (J’ai souvent une excellente moyenne générale aux tests de perception des autres).

Comme dans la Ligne verte, je me demande si lors d’un échange de regards intenses il ne serait pas pensable qu’une petite particule de son âme soit restée accrochée à la mienne. Ne pensez pas que ce soit un fardeau, encore moins un trophée, c’est quelque chose que je trimballe aussi naturellement   que toutes les autres cellules qui constituent tout mon corps.

Comme le chat dans Men in black, je porte en moi toute une galaxie (sur moi, ça fait classe).

Comme dans ET, il est « toujours là » et je voudrais bien retourner à sa maison (Et un abonnement comète, un ! Comment ça y’a pas ?).

Comme dans Stargate la porte des étoiles (le film, pas la série, SVP merci), Il m’a laissé un couloir spatio-temporel brisé qui ne fonctionne qu’à sens unique. C’est sans importance tant que je peux lui transmettre une dose quotidienne de tendresse et de bienveillance…Mon intuition me dit de le faire…Après tout, le cœur a ses raisons que la raison ignore…Ne jamais sous-estimer les pouvoirs de l’effet Papillon (Euh, ça marche en dehors du système solaire cette affaire là ?)

Je ne pouvais que m’interroger sur le pourquoi de ma démarche qui peut sembler ridicule et inutile aux yeux des autres (je ne suis pas les autres)…Jusqu’à ce que je tombe sur un petit bouquin que j’ai dévoré deux fois en suivant(en 48h chrono plus vite que la Redoute). Son titre « Accepter ce qui est ». Tel que l’auteur le préconise, j’ai cessé de me demander pourquoi et je me suis plutôt questionnée : pour quoi et pour en faire quoi ?

Aussi curieux que cela puisse paraître, je n’éprouve pas le sentiment de m’accrocher à quelque chose qui  aurait pu être et n’a jamais existé…Est-ce un défaut de rêver et de vouloir décrocher la Lune ? Je me dis que pour briller, une étoile a sûrement besoin d’être regardée,  d’avoir de l’attention, que quelqu’un lui renvoie, lui envoie de la lumière…

Je me creusais inlassablement le ciboulot sur cette question du « pour en faire quoi ? »…Parce qu’évidemment le principal intéressé n’en sait rien et s’en moque royalement ou « stellairement » (mais ça n’existe pas)…

J’ai eu la réponse que j’espérais, tout arrive à point nommé : « Le guerrier de la lumière sait que nul n’est idiot et que tout le monde peut apprendre de la vie, même si cela exige du temps. Il donne toujours le meilleur de soi et attend toujours le meilleur des autres. Avec générosité, il cherche à mettre en valeur le potentiel de chacun. Certains compagnons commentent : « Il y a des gens ingrats ». Le guerrier ne se laisse pas ébranler pour autant. Il continue à stimuler les autres, car c’est une manière de se stimuler lui-même ». Paul Coelho.

Pour en faire « ça » ! Pour continuer à être une fière guerrière ! (SVP, imaginez-moi de dos, les mains sur les hanches en posture de super héros regardant l’horizon)…

VVB

LE BHD n°116 : Un homme d’exception

Voici quelques semaines, j’ai eu l’indicible joie d’être touchée par la grâce céleste…Ô miracle !

Par deux fois, j’ai eu le bonheur et la chance d’entrer en collision avec une comète !

Je ne trouve aucun superlatif assez chouette, assez puissant pour décrire notre connexion corporelle. Merveilleux, incroyable, magique, cosmique…Pas assez forts !

Je garde en mémoire l’intensité de son regard quand il plongeait dans le mien…Il me suffit de fermer les yeux pour le revoir très distinctement. C’est comme gravé dans la pierre.

J’ai vécu un embrasement digne de l’incendie de Rome (Circus Maximus, en 64 de notre ère)…Je ne pensais pas qu’il me fut possible un jour de retrouver tous mes pouvoirs de femme, une Lilith en puissance (et quelle puissance, par Toutatis) : une véritable sorcière féminine, sensuelle, voluptueuse et charnelle (graou, graou) ! Dans son sillage, j’ai perçu une tristesse infinie que je ne peux nommer. Des questions me viennent qui resteront sans réponse car personne à qui les poser…Je ne suis qu’un être de chair et de sang, comment aurais-je le pouvoir de retenir un astre de lumière ? Je pense à un Amour de sorcière avec Vanessa Paradis quand elle dit : « La petite sorcière savait qu’elle ne pouvait pas tomber amoureuse, mais pour elle ça n’avait pas d’importance. Elle ne se posait pas de questions parce que…Elle se moquait des réponses Elle savait que pour tomber, il faut trébucher ». Je suis debout au prix d’efforts surhumains. J’aurais bien dévalé quatre à quatre toutes les marches du grand escalier, au risque de me rompre le cou, le cœur et les membres. Je me retiens à tout ce qui est à ma portée pour ne pas trébucher. Je ne peux que l’observer parcourir la galaxie à la recherche d’un bonheur qu’une créature d’ici bas ne peut lui apporter… Il est seul maître à bord de sa mission intergalactique. N’étant pas de notre univers, ni habitué aux us et coutumes de chez nous, il n’a vu en moi qu’un petit caillou quelconque.  Je suis plutôt un diamant brut (en toute modestie)… Bien qu’il soit reparti, telle une étoile filante, je n’éprouve aucun sentiment négatif. Un miracle reste un miracle ! Chacun a retrouvé sa place, lui avec les étoiles dans le ciel, moi sur Terre (enfin par terre). J’éprouve, au contraire, de la gratitude et de la tendresse à son égard (bon, et quelques désirs inavouables, aussi !). Et je préfère avoir à l’esprit l’attitude de l’héroïne de Nos étoiles contraires (justement) :«  Certains infinis sont plus vastes que d’autres, nous a appris un écrivain qu’on aimait bien, Augustus et moi. Il y a des jours, beaucoup de jours où j’enrage d’avoir un ensemble de nombres aussi réduit. Je voudrais plus de nombres que j’ai la chance d’en avoir, et pour Augustus Waters, j’aurais voulu tellement plus de nombres qu’il n’en a eus. Mais, Gus, mon amour, je ne te dirais jamais assez combien je te suis reconnaissante de notre petite infinité. Je ne l’échangerais pas pour tout l’or du monde. Tu m’as offert une éternité dans un nombre de jours limités, et j’en suis heureuse ». (Hazel à Gus). N’est-il pas préférable de vivre deux intenses petites particules d’éternité que de traverser une immense steppe « d’à peu près » ou de médiocrité ? Pour moi, la réponse est évidente…Et je scrute parfois le ciel, rêvant d’une nouvelle collision, ou de décrocher la lune…

VVB

Le BHD n°115 : Un rêve bleu à Volmunster

En préambule, une précision technique s’impose pour les amis de notre Cécilou qui pensaient qu’elle était invitée à plusieurs mariages…  « Là, je m’interroge, parce que sur le plan, c’est pas logique ». Un seul mariage, une seule destination ! Nous allions bien dans le Nord, puisqu’au dessus de la Loire, nous allions bien dans l’Est, puisque tout près de l’Allemagne. Nous allions bien dans les Vosges, puisque dans le massif montagneux et le parc naturel du même nom. Nous allions bien en Lorraine, puisque c’est la région. Nous allions bien en Moselle, puisque département 57…Par contre, nous n’allions pas à « VOLMOUSSTEUR », prononciation erronée, mais tellement drôle ! Tout comme il n’est pas nécessaire de faire trois jours de voyage pour se rendre en ce lieu !

Ce fut tout de même 1940 kilomètres à parcourir en trois jours. Opération menée avec brio par notre super conductrice, j’ai nommé Paupau et sa super voiture, « Flash McQueen » !

Donc, vendredi, « Criki les bagages, on s’arrache la vache ! », « File comme le vent Pilepoil », « vers l’infini et au-delà » !

Enfin le grand jour…  « Et patati et patata, toute la journée ça n’arrête pas », « Miroir magique au mur, qui a beauté parfaite et pure ? Miroir magique, écoute qui est la plus belle de toutes ? », « Des visiteurs, venus d’ailleurs »…Les invités sont rassemblés à la mairie, venus de loin, ou autochtones ! Les amoureux sont là, dans leurs habits d’apparats. Ils échangent leurs consentements, sous des regards attentifs. Puis c’est l’église, prononciation de serments solennels, de ceux qui vous mettent des larmes d’émotions dans le cœur et les yeux. Minnie et Mickey veillent sur les alliances. Il faut dire que c’est à leur domicile qu’a eu lieu la demande officielle… « Histoire éternelle, qu’on ne croit jamais. De deux inconnus qu’un geste imprévu rapproche en secret ».

« Supercalifragilisticexpialidocius », place à la fête, et quelle fête ! Si « Ohana signifie famille et famille veut dire que personne ne doit être abandonné ou oublié », chacun d’entre nous a pu ressentir l’amitié, l’affection et l’organisation sans faille de familles aimantes et de témoins (Castor, Joris, les jumeaux) absolument incroyables de charisme et d’énergie ! « L’amitié, c’est le morceau de sucre qui aide la médecine à couler ».

Vînt l’ouverture de bal digne de Cendrillon et de la Belle et la Bête, « Le rêve d’une vie, c’est l’amour », « mon amour, je t’ai vu au beau milieu d’un rêve », « ce rêve bleu, c’est un nouveau monde en couleurs ». Une danse fabuleuse, exécutée avec brio, orchestrée et enseignée par une sœur…

J’aurais une petite pensée pour les collègues de garde à la mater qui ont envoyé, à leur sauce, leurs pensées pour ce magnifique jour de liesses ! « Nous vous devons une reconnaissance éternelle ».

Pour clôturer cet événement, j’adresse, tous mes vœux de bonheur à Monsieur et Madame Poussin…  « Hakuna Matata » ! Et je me permets de leur donner ce conseil avisé : « Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux, il faut se satisfaire du nécessaire. Prenez la vie du bon côté, riez, sautez, dansez, chantez et vous serez un ours très bien léché ! »

VVB

Le BHD n°114 : J’aime pas le foot !

Depuis quelques jours, la planète Terre vit FOOT ! Le quidam moyen a les yeux rivés sur son petit écran…Moi, ça me dépite ! Je vais sûrement m’attirer les foudres, mais, comment dire, ça m’est égal ! Je soutiens Anne-Sophie Lapix qui a « osé » dire que les téléspectateurs allaient regarder des milliardaires courir après un ballon. Après tout, c’est bien de cela qu’il s’agit.

Je ne sais pas si certains d’entre vous se souviennent de Mafalda et de son humour décapant, elle est morte de rire en lisant la définition de la FIFA : « Organisation à but non lucratif »…Et il y a de quoi rire…Ou pleurer. Je vois régulièrement un petit panneau Facebook qui dit qu’en vendant 22 joueurs, on éradiquerait la faim dans le monde…Deux fois ! Très sincèrement, on peut se demander où sont les préoccupations mondiales…Je me souviens du temps des bleus de 1998, où j’avais lu que Thierry Henry gagnait 220 000 euro par mois et encore, sans compter les spots publicitaires et les primes de matches…Et qu’on ne vienne surtout pas m’argumenter que les joueurs font des carrières courtes, certaines personnes ne gagneront pas en toute une vie de dur labeur cette somme mensuelle…Et encore, en lisant un article d’un professeur d’économie de la Sport Management School, ces chiffres ont été multipliés par deux ou trois depuis cette fameuse victoire française…Maintenant, pour parler foot, vous devez avoir un vocabulaire employant les mots :droits télévisuels, fair-play financier, cost-killing, goodies, Instagram…Je m’interroge sur la beauté du sport ?

Une autre notion me dérange, c’est la vente des joueurs et le no limite ! C’est tout de même un procédé qui rappelle l’esclavagisme, ou c’est moi qui fabule. On a le droit de s’échanger des gens comme d’autres s’échange des cartes Pokémons…Euh, un peu malsain, non ?

Entre les magouilles financières, celles de tirages frauduleux, de tricheries, de pots de vins, de violence, de prostituées…Quelqu’un pourrait me dire où réside encore la beauté du sport, la performance ? Ce pauvre Pierre de Coubertin doit se retourner dans sa tombe…

Et ne parlons même pas des lois qui seront votées tranquillement pendant que l’attention du peuple sera fixée ailleurs.

Déjà, dans L’Empire  Romain, le poète Juvénal disait que pour gouverner, il fallait donner au peuple “pain et Jeux” (traduction de “Panem et circenses”). Ainsi, le peuple pouvait se nourrir et se divertir. On assistait alors à une Paix sociale mettant ainsi le peuple hors du jeu politique, et évitant conflits, révoltes, soulèvements. Curieusement, le français moyen qui râle sur les salaires des dirigeants d’entreprises, sur ceux des politiciens, qui a un avis sur tout, ben là, silence radio ! A priori, tout le monde trouve ça normal…Je continue de m’interroger…Peut-être que tout simplement, la normalité des uns n’est pas celles des autres…Et bien entendu, ce que je dis n’engage que moi, j’espère juste ne pas être la seule à avoir ce raisonnement…

VVB

Le BHD n°113 : Top départ, départ top !

Dans notre maternité, ce mois de juin voit partir trois collègues à la retraite…L’une d’entre elles, et non des moindres, est le sosie de Jamie Lee Curtis (classe, style, élégance et tempérament de feu).

Son souhait était de partir sans faire de pot de départ…Donc, nous, ses collègues et amies avons  bien évidemment décidé de lui organiser une petite surprise…

Une belle et chouette surprise demande de la préparation, de l’ordre, de la méthode et une bonne dose d’organisation, sans oublier des nerfs d’acier…Car ceux et celles qui n’y ont pas pensé se sentent toujours lésés et deviennent plein de fiel…Prière de se référer à la Mouche du coche de Jean de la Fontaine…

Opération « Pot de départ surprise » enclenchée…Démarrer une cagnotte tout en restant discrètes…

Ecrire une chanson en deux coups de cuillères à pot et un éclair de génie magistral…

Avoir l’immense responsabilité d’aller choisir « THE » cadeau, tout en sachant que derrière, on aura forcément des réflexions à deux balles. Décider de s’en foutre car l’important n’est pas là. Tomber sous le charme d’un collier en or avec son petit diamant car il vous rappelle immédiatement un bracelet offert par un fils chéri disparu…Appeler un mari en cachette un jour où sa femme est coincée en garde pour l’inviter, le mettre dans la confidence et lui faire jurer le secret…

De petites chipies coquines qui prétendent qu’elles ont mieux à faire que de venir dire au revoir sur votre dernier jour de boulot…

Rameuter les copines en arrêt maladie et d’anciennes collègues pour qu’elles ne ratent rien d’un événement capital…Un nounours à la guimauve qui prépare une centaine de verrines de mousse au chocolat et qui joue les reporters photographes en prime… Une « Mamie » qui apprend « Céline » d’Hugues Aufray à l’alto pour accompagner la chorale qui ne fera sûrement pas la finale de The Voice…

Une « Tata » qui met la pression sur les dernières gardes en répétant que « non, il est hors de question qu’une amie, figure emblématique du service, parte comme un pet sur une toile cirée » ! Lui prédire un bain en salle nature pour détourner ses soupçons… Un super petit binôme de la dernière garde qui fait des cookies et qui manigance pour attirer la reine de la soirée dans le piège…

Une amie espiègle qui se livre à corps perdu dans une bataille de gel échographique pour immortaliser votre dernière garde en salle de naissance… Deux derniers bébés (Naissa et Alyssa) qui vous choisissent comme marraine sans savoir qu’ils seront les derniers de votre vie professionnelle… Des copines qui se rassemblent pour une répétition générale, puis sur le parking de la mater et pour finir qui se tapissent dans l’office en attendant l’instant « T »…

Une chanson résumant bien ce qu’on ressent pour notre future retraitée…

Des rires, des larmes de joie, de tristesse, d’émotions. Un apéro dînatoire soigneusement improvisé et qui s’éternise le plus longtemps possible histoire de partager d’ultimes bons moments ; de ceux qui nous permettent de tenir en ces lieux où nous passons une grande partie de notre vie… Trois, quatre :

« Enfin, Eliane, toi qui est notre amie, des joies, des peines des rires nous avons partagés…Sache que pour nous c’est pour la vie, cafés, cannelés, soirées, on va se marrer…Oh, oh, oh, une belle retraite pleine de promesses, tu l’as, tu l’as, tellement méritée. Une belle retraite, méga super chouette, le Boys Band tu pourras retrouver »…

VVB

Le BHD n°112 : Question pour un champion

Au vu du serment que j’ai prêté, je ne devrais pas exister…

 

Je peux être indifféremment de sexe féminin ou masculin…Je suis sexiste, paternaliste et condescendant. Je mets un point d’honneur à être le champion de déplacement des colères. C’est à dire que lorsque je ne gère pas mon stress et/ou que je suis en colère après une situation, je préfère m’en prendre à mes collaborateurs en déversant tout mon fiel et mon agressivité sur ceux qui n’ont que le malheur d’être en face de moi à cet instant précis. Chaque fois que je parviens à faire pleurer un sous fifre, j’éprouve une exultation proche de l’orgasme. Je suis le roi de l’échiquier, les autres pièces ne servent que mes intérêts vrais ou supposés. Les autres pièces, comme les pions ou les fous sont d’ailleurs moindres. J’évolue dans une équipe où je fais cavalier seul. Je n’emploie des formules de politesse que si/ou, j’en ai envie. Je supporte difficilement la frustration du niveau d’un enfant de cinq ans. J’exige à tout instant que mes besoins physiologiques primaires soient respectés : faim, fatigue, soif, sommeil…J’adore faire étalage de mon niveau de vie bien supérieur à celui du commun des mortels, tout en me plaignant de manière récurrente que mon salaire n’est pas assez élevé. Toute information concernant mes enfants prend généralement l’allure d’articles de « Gala » ou « Point de vue ». J’arrive sans aucune difficulté à éteindre les autres pour paraître en plein lumière. J’exerce une profession de prestige, la plus noble qui soit…Parfois, je me prendrais presque pour Dieu… Je confonds intelligence et niveau d’études. Je suis titulaire d’un doctorat mais pas de mathématiques ou d’histoire-géographie…Je suis, je suis…

Ben, mon pote, tu es, tu es l’archétype du médecin qui me hérisse le poil version porc-épic en pleine crise de schizophrénie !

Je ne suis pas le type de personne qui fait d’une exception une généralité, donc inutile de penser que je fais des amalgames et/ou de mesquines réflexions non fondées. J’ai suffisamment d’expérience pour vous dire que, malheureusement, j’aie eu l’occasion d’en rencontrer quelques spécimens au cours de ma carrière…Un tel individu fait des ravages dans une équipe. Il contribue au mal-être, il sidère ses victimes qui n’arrivent plus ni à penser, ni à agir de manière sensée, ni à se défendre…Ce qui me désole, m’afflige…Et me donne envie de coller des « bourre pif » !

 

Le serment d’Hippocrate : https://fr.wikipedia.org/wiki/Serment_d%27Hippocrate

VVB

Le BHD n°111 : Pied-de-nez aux insultes

Je suis excentrique, entière, écorchée vive, instinctive, sorcière et fêlée…

Inutile de dire que dans la bouche de ceux qui l’ont prononcé, c’était des insultes, plutôt cruelles, d’ailleurs…Mais après analyse, j’ai décidé que ce qui nous dessert, peut au final nous servir à rebondir…

Commençons l’analyse…

Excentrique : « se dit de quelqu’un dont le comportement, la manière se s’habiller s’écartent de ce qui est habituel dans un milieu, une société »…Si le fait de ne pas me comporter comme un mouton, tant sur la façon dont je m’habille, tant sur les valeurs que je défends et tant sur mes pensées qui n’appartiennent qu’à moi, alors, oui, je suis excentrique…

Entière : signifie qu’une personne ne se voile pas la face sur ce qu’elle est et sur ce que sont les autres, qu’elle est sincère et ne fait pas semblant, qu’elle déteste le mensonge et naviguer en eaux troubles…Je ne vois absolument pas où est l’insulte la dedans…Faire les choses corps et âme fait de moi une personne entière et c’est très bien, je ne vois pas comment on pourrait faire les choses en séparant le corps et l’esprit, ils sont indissociables

Ecorchée vive : «  se dit d’une personne d’une extrême sensibilité  et vulnérabilité ». Le divorce m’a littéralement pelée l’épiderme. Lorsqu’on se retrouve le derme à vif, effectivement, c’est douloureux, mais en même temps, cela permet de mieux percevoir les autres. Je repense souvent à cette pédopsychiatre qui nous donnait des cours en sexologie, elle avait coutume de dire que ceux qui vivent un traumatisme en garde un don…J’aime cette vision des choses.

Instinctive : « personne qui agit selon son instinct »…Avec une définition pareil, on voit tout de suite de quoi on parle…Je dirais que c’est mon côté animal qui s’exprime. J’aurais voulu être une chatte, petit félin symbole de féminité et compagnon de sorcière…Et tout ce qui va avec : langueur, chasse, paresse, griffes, caresses…

Fêlée : « personne un peu folle », synonymes : fendu, fissuré, insensé, dérangé. C’est vrai, je suis fêlée, mais c’est pour mieux laisser passer la lumière…A force d’avoir été brisée et de recoller les morceaux, la pièce finale n’est plus parfaite, qu’importe, c’est ainsi que je m’aime, c’est celle que je suis devenue…Je citerais Marylin Monroe : « L’imperfection, c’est la beauté. La folie, c’est le génie. Il vaut mieux être totalement ridicule que totalement ennuyeux ».

Sorcière : mon préféré ! La plupart des gens imagine aussitôt une vieille femme moche, pleine de pustules, maléfique sur son balai, pas moi ! J’y vois une femme libre pensante, s’assumant pleinement, terriblement féminine, capable de percevoir, de ressentir, de deviner et d’observer. Je suis une sorcière !

Je terminerais par une phrase d’un penseur allemand, Buyung Chul Han : « Les personnes les plus formidables sont celles qui ont connu l’échec, la souffrance, le combat intérieur, la perte et qui ont su surmonter la détresse. Ces personnes ont une sensibilité, une compréhension de la vie qui les remplit de compassion, de douceur et d’amour. La bonté ne vient jamais de nulle part ».

VVB

Le BHD n°110 : Le retour de la Sardinade

L’année dernière, le baptême de ma petite Sardine avait été un des meilleurs moments que j’aie passé dans l’année. A cette occasion j’avais été adoptée par une bande de potes qui se connaissent depuis trente ans. Forts de nos trois jours de liesses, nous nous étions promis de nous retrouver cette année pour nous refaire un week-end de folies…Ce que j’aime, ce sont les promesses tenues, et davantage encore, quand les promesses tiennent leurs promesses au-delà de tout…

Première étape, trouver un lieu qui permettent à tous de venir des quatre coins de la France. Epreuve validée et brillamment, de surcroit, par maman Sardine qui nous a déniché un super camping de luxe avec des mobil-homes en Vendée. Etape deux, réunir un maximum de potes…Certains, coincés par leurs obligations parentales et professionnelles, n’ont pu répondre à l’appel…Difficile à accepter, mais pas le choix ! Et c’est ainsi que samedi dernier, vingt joyeux drilles, enfants, adolescents et adultes ont débarqué sous le soleil de la côte vendéenne, avec un seul mot d’ordre : faire la fête !

Nous avons juré, comme dans la Ligne verte que : « Ce qui se passe dans le bloc E reste dans le bloc E »…Je peux tout de même vous raconter certaines choses sans trahir mon serment…

Donc, en vrac, comme dans une liste à la Prévert, les ingrédients d’une Sardinade réussie :

Dans nos bagages, de l’amitié, de la bonne humeur, de la bouffe pour un régiment, du champagne et autres spiritueux.

Sur place, la chaleur, le soleil, une rivière dans une piscine chauffée, un animateur qui nous surnomme aussitôt la famille Couscous parce que nous sommes le plus grand groupe.

Ce même animateur que nous avons fait tourné en bourrique et qui ne sait pas conjuguer le verbe sourire…Son « sourissez tout le monde » restera dans les annales !

La famille Couscous qui met le « feu » au camping : Blind test, danse floor, karaoké, un taux d’alcoolémie qui fait zigzaguer dans les allées, des éclats de rires, des adolescents formidables, des degrés franchis dans l’intimité, des discussions tard dans la nuit sous un magnifique ciel étoilé, des confidences de femmes…

Que serait un week-end réussi sans quelques moments désagréables…Un enfant qui s’égare dans un camping provocant la panique et mettant le stress à son comble…Fin heureuse et profond soulagement ! Un petit branleur qui s’interpose entre deux amies et des alliances de maman pour jouer les Nanny McPhee…Espérons, comme dans le film, que la leçon sera apprise et retenue : ne jamais se disputer pour un mec, à fortiori si n’en vaut pas la peine et si son passage dans nos vies est éphémère…

Vient inévitablement le temps des « au revoir », des échanges de photos, quelques larmes, et la promesse solennelle de remettre ça l’année prochaine…Amis Bretons, préparez-vous d’ores et déjà pour la venue de la famille Couscous, parce que sans nul doute, ce sera encore une fiesta inoubliable !

VVB

Le BHD n°109 : Un homme, une femme

La dernière fois que j’ai séjournée sur ma chère île, je m’étais promis de me rendre sur la tombe d’un couple d’amis…Je n’ai pas pu franchir la grille du cimetière…A mon corps défendant, je ne vais jamais, non plus, sur celles de mon papi et de mon père. Je comprends que ce soit tout un symbole pour certaines personnes, mais je ne peux pas. Chaque jour, je vois une petite mamie toute courbée partir sur la tombe de son mari avec son petit arrosoir…Non, décidément, je ne peux pas, ni le veux, d’ailleurs. Je n’ai absolument pas besoin de contempler un bloc de granit pour penser à mes proches disparus. J’ai d’autres rituels, d’autres manières de maintenir mes souvenirs d’eux. Je les enseigne à mes enfants pour qu’ils puissent rester éternels : des photos, leurs allocutions et expressions verbales favorites, leurs drôles de petites manies et tout ce qui faisait que je les aimais…

A chacune de mes visites sur Oléron, j’ai un rituel, je passe toujours devant la maison de mes amis disparus…Le portail fermé est déjà, à lui seul, une forme de deuil que je dois encaisser à chaque fois. Les herbes folles me font mal…

Pierre et Claudine étaient des gens extraordinaires, aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs, ils faisaient partis de mon paysage estival. Je crois qu’il formait le couple le plus uni que j’aie jamais rencontré. Pierre n’était pas un insulaire, il était ébéniste de formation. Il a connu Claudine lors d’une mission professionnelle. Cette rencontre a scellé son destin pour toujours. Elle était fille d’ostréiculteur. La légende raconte que lorsqu’il a demandé la main de Claudine, le père de celle-ci lui aurait déclaré : « Si tu veux ma fille, il va falloir prendre la mer ! ».

C’est ainsi qu’ils se sont retrouvés à la tête de l’entreprise familiale, main dans la main aussi bien sur l’océan que sur la terre ferme.

Elle était volubile, il était discret. On aurait dit qu’ils n’avaient pas besoin de se parler pour se comprendre, leurs âmes étaient connectées.

Elle aurait pu être ma grande sœur, elle me laissait piocher dans ses lectures, elle écoutait mes doutes, mes espoirs d’adolescente, puis de toute jeune femme et, ensuite, de femme…

Je me souviens quand on lui a diagnostiqué une espèce de saloperie de maladie dégénérative, je me souviens de son handicap, je me souviens de son départ…Tels des inséparables, Pierre n’a pas été long à la rejoindre…Et je veux croire que leurs âmes sont encore unies telles qu’elles l’ont toujours été de leur vivant…

VVB

Le BHD n°108 : Vide maison

Nous allons bientôt commencer le sixième mois d’hospitalisation de ma mère et je peux affirmer sans aucune prétention que, depuis tout ce temps, je n’ai pas ménagée ma peine pour venir à bout du merdier allégrement réparti sur les 300 mètres carrés de sa chère maison !

Quand ma sœur est venue trois semaines, nous avons commencé par les tours de déchetterie, puis l’association des Paralysés de France…Je ne vous dirais pas le nombre de tours, je crois que ce serait indécent…Ma mamie nous serine sans arrêt qu’il y a « beaucoup de choses de grandes valeur »…Peut-être, à une époque lointaine…Mais ce n’est, hélas, plus le cas.

J’ai passé 3 semaines à nettoyer et trier des bouteilles dans une cave de 9 m2, j’ai listé tout le vin avec mon grand et l’ai communiqué à des sites spécialisés…Pour au final apprendre que tout le vin de mon père était sans valeur et aurait dû être bu depuis des lustres…Quand je pense à toutes les fois où il nous a servis de la piquette…J’ai les nerfs !

J’ai passé tout autant de temps sur un seul placard de 3m3 bourré de photos et d’albums…Mon père avait jusqu’à 5 exemplaires de la même photo…Mais pourquoi ?

Ensuite, j’ai passé 2 mois à préparer un vide-maison qui s’est passé le week-end dernier. Pour l’occasion, une équipe de choc est venue en renfort : ma grande, mon petit, Pascal et Sylvie (un couple d’amis de ma frangine) et, pour finir, ma sœur (qui a eu la « bonne idée » de se casser le poignet, un doigt et des côtes, sans parler des ecchymoses multiples et variées…).

Deux jours de boulot intensif, de coups de téléphones, même une dame qui voulait me ramener des affaires de chez elle (ah, ben ça, je ne fais pas !). La maison étant en vente, il a aussi fallu jouer les agents immobiliers… Ce fut aussi l’occasion de franches rigolades, de repas sympathiques et bien arrosés, avec du vin acheté (LOL).

Il reste de gros meubles qui ne sont pas partis, des gens qui doivent s’organiser pour venir chercher ce qu’ils ont choisis, mais, toute notre équipe est plutôt fière du résultat.

Et, à l’heure où j’écris ces lignes, je peux vous dire…C’est qui la plus balèze ? C’est tata Mayonnaise, parce que si j’ai dû écourter ma journée sur Oléron, ce soir, tout le garage est vide, vous avez bien compris, vide ! J’ai reçu en début d’après midi l’appel d’une association qui voulait des dons pour une braderie le week-end prochain…Je crois qu’ils ont été servis ! 3 remorques et 3 voitures utilitaires pleines ! Yes !

Il reste encore quelques pièces et des choses que j’ai mises de côté pour donner aux amis et aux potes, mais franchement, je suis heureuse et soulagée.

En refermant la porte ce soir, je n’ai pu m’empêcher de penser à un passage du Père noël est une ordure…Quand Zézette demande : « Monsieur Pierre, est-ce que je peux prendre les coquilles d’huîtres ? »…Et qu’il répond : « Tant que ça fait plaisir et que ça débarrasse »…

VVB