Le BHD n°62 : Résiste, prouve que tu existes !

« Bats-toi, signe et persiste… »

Je trouve plutôt intéressant et enrichissant de rebondir sur des mots qui me viennent en séance de sophrologie. Cette fois-ci, le mot « résiste » ainsi qu’une phrase de mon ex-mari avant que je ne quitte notre maison : « C’est toujours toi contre le monde entier ». Certes, mais si quelqu’un avait pris les armes à mes côtés, peut-être n’aurais-je pas eu à mener certaines batailles seule !

D’ailleurs, je résiste depuis ma naissance, à peine arrivée, j’ai du me battre pour ma survie : naissance par forceps, en état de mort apparente avec une belle embarrure. Ensuite, j’ai dû résister à une technique mise au point par ma grand-mère (à sa décharge elle a donné le sein à ma mère jusqu’à 2 ans et demi). Pour que ma mère n’ait pas besoin de me nourrir au sein la nuit : on me mettait à dormir à l’autre bout de la maison et on me laissait pleurer jusqu’à épuisement, je détiens le record des petits-enfants, 3 semaines…

J’ai cherché  des synonymes de résister. Je me suis interrogée de leurs significations :

Résister à la tentation : quand on a fait autant de régime que moi, on sait ce que ça veut dire, j’ai bien du perdre 3 fois mon poids actuel depuis mes 13 ans.

Résister aux pressions : choisir de faire sage-femme alors que mes parents voulaient que je fasse une école de commerce.

Lutter pour ne pas succomber à ce qui attire, séduit : rester fidèle à soi-même, à l’homme qu’on aime, à ses valeurs.

Réagir, se débattre, se défendre, contrarier, désobéir, se cabrer, se révolter, se rebiffer, tenir tête, affronter : tous vécus ! Ne supportant pas l’injustice, j’ai mené la vie dure à tous ceux qui en sont responsables, que ce soit à mon égard, à celui des gens que j’aime ou à mes collègues.

Endurer, lutter, soutenir, supporter la peine et le travail : mère de famille nombreuse, soignante, divorcée…pas la peine de développer !

Il m’apparaît que je n’aie pas résisté en vain. J’ai fait de ma résistance une résilience.

Ne pas se décourager, ne pas se laisser abattre, surtout ne pas se laisser glisser vers la dépression, chercher des solutions, se dépasser, rebondir !

 

« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être, mais aussi, la sagesse de distinguer l’un de l’autre ». Marc-Aurèle

 

« Ceux qui n’apprennent rien des faits désagréables de leur vie, forcent la conscience cosmique à les reproduire, autant de fois que nécessaire, pour apprendre ce qu’enseigne le drame de ce qui est arrivé. Ce que tu nies te soumet. Ce que tu acceptes te transforme ». Carl Gustav Jung.

VVB

Le BHD n°61 : Inspirez, soufflez !

L’autre jour, en séance de sophrologie, exercice d’une simplicité enfantine : « Imaginez qu’à l’expiration, l’oxygène tel un rayon de lumière circule dans tout votre cœur, la même chose sur l’expiration, mais dans l’autre sens ». Tentative…et là, grosse crise de panique et d’angoisse comme les gens qu’on essaye de noyer en leur mettant la tête sous l’eau dans les films…J’avais la sensation de me débattre, de me noyer, d’avoir le cœur dans un étau…L’horreur !

Prise de conscience…encore !

Connaissez-vous la « vierge de fer », cet instrument de torture moyenâgeux de l’époque d’Henri II ? C’est un sarcophage en bois ou en fer muni de grandes pointes de fer à l’intérieur, on y enfermait les personnes que l’on voulait torturer…Je vous laisse imaginer le bain de sang…

Et bien moi, depuis la minute où le bourreau avait mis sa sentence à exécution (« je ne t’aime plus, je veux qu’on se sépare »), j’avais adopté une sorte de respiration contrite et contrainte pour moins souffrir, pour éviter le syndrome du cœur brisé.

Explications : Contrainte parce que c’est le synonyme de difficulté, de pudeur et d’oppression. Contrite, parce que c’est le synonyme de repentant, de penaud et de quelqu’un qui éprouve un grand regret pour ses fautes. Le syndrome du cœur brisé, parce que c’est une maladie qui existe vraiment. Elle est due à un stress émotionnel ou physique qui provoque une défaillance cardiaque aigüe pouvant conduire au décès. Dans presque 30% des cas une rupture amoureuse en est à l’origine !

Alors oui, sans m’en rendre compte le moins du monde, j’ai adopté une respiration superficielle, pour moins souffrir, pour ne pas mourir de chagrin, pour éviter de faire saigner mon cœur davantage.

Par contre, pourquoi j’ai mis autant de temps à m’en apercevoir, je ne saurais le dire. Toujours est-il que retrouver pleinement ses fonctions respiratoires, inspirer, souffler, respirer à pleins poumons et avec des rayons de soleil et une douce chaleur qui vous traverse le cœur, c’est bon, c’est doux, c’est extraordinaire ! Un vrai petit miracle !

Je me suis amusée à compter depuis quand mon petit cœur était enfermé dans sa vierge de fer.

Entre le jour « J » et le cours en question : 1278 jours. Sachant qu’un adulte effectue en moyenne 16 mouvements respiratoires par minute, j’ai mis 127 824 heures soit 7 669 440 minutes soit 122 711 040 respirations avant de guérir !

 

« Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit ». Khalil Gibran.

Bon, j’ai juste fait une nuit polaire version la Belle au Bois dormant, le tout, c’est d’en avoir pris conscience !

VVB

Le BHD n°60 : Pêle-mêle

 

Parlez-moi avec bonheur d’une maison au bord de l’océan d’où je pourrais admirer les vagues et respirer les embruns, d’où je pourrais partir chaque jour en balades sur les plages à la chasse au verre dépoli…Ne me parlez pas de la télévision poubelle : voyeuriste, avilissante, abrutissante, débilitante qui entraîne le QI d’une part de nos concitoyens vers le zéro absolu…

Montrez-moi Tom Selleck, Ed Harris et Patrick Dempsey pour qui j’ai une irrésistible attirance et qui me font fantasmer…Ne me montrez pas de serpents pour lesquels j’ai une phobie, à tel point que je ne peux même pas les regarder sur un livre…

Offrez-moi de la lingerie pour laquelle j’éprouve une véritable passion : ses matières douces et soyeuses et cette ivresse de savoir qu’on est seule à savoir ce que l’on porte sous ses couches de vêtements…Ne m’offrez pas d’huîtres, d’abats, d’olives, d’anchois et de plats épicés sous peine de me voir vomir…

Evoquez avec moi le bonheur et la magie d’une naissance, ce moment où la tête d’un nouveau-né arrive sur le périnée de sa mère et qu’il arrive, tout neuf, prenant sa première bouffée d’air et découvrant le monde…N’évoquez pas le mensonge, l’injustice, l’hypocrisie, la trahison et le mot « immuable » car se sont des choses que j’exècre !

Faites-moi rire avec des répliques de Kaamelott, de Muriel Robin, de Coluche, de Michel Audiard.

Ne m’énervez pas en me parlant de sexisme, de violences conjugales, de parents qui maltraitent leurs enfants, ce sont des sujets qui me font bouillir de colère et d’incompréhension.

Ne me demandez pas pourquoi, je n’aime pas les  hommes qui portent des chaussures rouges et/ou jaunes…peut-être y vois-je un symbole machiste ?

Ne me demandez pas, non plus pourquoi j’aime mes enfants, ma famille et mes amis de cet amour inconditionnel et viscéral, forces, piliers et valeurs de mon humble existence.

Ne voyez pas qu’en moi une femme forte et indépendante, tentez de me faire baisser la garde, dépassez ma méfiance et ma défiance, surprenez-moi et peut-être, ferais-je de même…

VVB

Le BHD n°58 : D’un « Z » qui veut dire Zorro !

Nous en étions à « peau de couilles » je crois ? Pas du tout, nous en étions à « injustice » !

La notion de justice : La justice est un principe philosophique, juridique et moral fondamental en vertu duquel les actions humaines doivent être sanctionnée ou récompensées en fonction de leur mérite au regard du droit, de la morale, de la vertu ou autres sources normatives de comportements. Quoique la justice soit un principe à portée universelle, le juste apparaît pouvoir varier en fonction de facteurs culturels. La justice est un idéal souvent jugé fondamental pour la vie sociale et la civilisation. En tant qu’institution, sans lien nécessaire avec la notion, elle est jugée fondamentale pour faire respecter les lois de l’autorité en place, légitime ou pas. La justice est censée punir quiconque ne respectant pas une loi au sein de la société avec une sanction ayant pour but de lui apprendre la loi et parfois de contribuer à la réparation des torts faits à autrui, au patrimoine privé ou commun ou à l’environnement. (Source Wikipédia). Vous avez 4 heures !

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une très haute opinion de ce que doit être la justice. Mais dans mon crâne de piaf d’enfant, cela ne correspondait pas forcément aux faits et à la réalité.

J’ai toujours eu un engouement démesuré pour les justiciers, ceux de mon enfance étaient Zorro, Samantha Stevens, Josh Randall. Je dois admettre que mon admiration pour les justiciers s’est poursuivi à l’âge adulte avec des héros tels que Kick Ass, Jethro Gibbs (NCIS), Aaron Hotchner (Esprits Criminels), ou encore Deadpool. Des personnages qui ne transigent pas leurs valeurs quelque soient les circonstances, mais qui ont une forte tendance à mettre de côté leur vie privée pour leur idéal de justice.

Et moi, du coup, comme je ne suis pas une vraie justicière, j’ai mis au point ma propre loi du Talion : lorsqu’on que je me sens victime d’une injustice, je pars en croisade pour défendre une autre injustice : défendre mes camarades de classe, mes collègues, les droits des femmes, je signe toutes les pétitions qui me semblent justes. Enfant, je ramenais tous les animaux errants que je trouvais au grand dam de ma mère. Je ne me sentais pas un « Caliméro » victime et paralysée par les situations injustes, je détournais la situation en devenant Don quichotte se battant contre des moulins à vent. Une espèce de formule arithmétique genre : plus par plus égale plus et moins par moins égale plus. C’est comme si j’avais voulu construire mon étayage sur les autres, que j’avais espérer grandir en faisant grandir les autres et que j’étais de venue la spécialiste du « truc qui ne sert à rien ».

Dans ce raisonnement, je transposais mon sentiment de révolte sur un autre sujet pour ne pas avoir à souffrir de ce que je ressentais comme vraiment injuste et non mérité à mon encontre.

Si la justice des hommes est aveugle, finalement, l’injustice aussi.

Je dois à présent reconnaître, accepter, faire le deuil des manques de mon enfance, renoncer à la réparation de tous ces manques et laisser le passé au passé puisqu’il ne peut être changé même avec toutes les formules magiques de la Terre.

Alors, oui, il est injuste que j’aie été une enfant non désirée, il est injuste que j’aie été trompée et quittée, il est injuste que je ne sois pas aimée. Mais maintenant, je suis une adulte et il est temps d’abandonner le costume de justicière des causes perdues pour avancer, au placard les étendards ! On dit qu’une émotion exprimée est une émotion surmontée, là, je peux dire que j’ai viré un gros fichier encombrant de mon disque dur. Bravo Madame !

 

VVB

Le BHD n°57 : Cuisine et dépendances

Après avoir traversé des deuils, qu’ils soient de personnes, au propre comme au figuré, entre la destruction de mon couple et la perte de mon père adoptif, j’en suis arrivée à un stade de mon « développement personnel » où je me dis qu’il serait bien de « finir le travail ».

J’ai admis mes qualités et mes défauts, sans les embellir ou les exagérer, et, croyez-moi, cela demande des efforts considérables ce travail d’introspection. J’ai compris ce que je ne veux plus, et je sais ce que je veux.

Je pourrais m’arrêter à ce stade, car, sans fausse modestie, je peux dire que je suis fière du chemin parcouru. Seulement voilà, je me dis que c’est l’occasion ou jamais d’en profiter pour aller au fond de mon âme et régler mes comptes avec mon « enfant intérieur ».Vous voyez le personnage de Forrest Gump lorsqu’il se met à courir après le départ inexpliqué de la femme qu’il aime et qu’il se dit « je suis arrivé au bout du comté, pourquoi ne pas poursuivre jusqu’au bout de l’état, et arrivé au bout de l’état, pourquoi ne pas allé jusqu’à l’océan ? Et ensuite, il parcourt le pays d’Est en Ouest. C’est un peu ce qui m’arrive sauf que mon voyage initiatique se passe à l’intérieur de moi-même.

« Work in progress » comme dit un couple d’amis.

Cette étape équivaut à devenir commis de cuisine dans celle de l’Apprenti Sorcier (après tout, ne dit-on pas avoir des « casseroles au cul » ?). Une fois la porte franchie, on vous balance les plats à la tête et il ne sert à rien de les esquiver. Se confronter à ses modes de fonctionnements négatifs, c’est comme venir à bout du bordel dans la cuisine de l’Enfer. Au début, on fait ce qu’on peut, on lave et on range les plats un peu comme ils arrivent et on souffre car on a l’impression qu’on n’en viendra jamais à bout. On est désordonné, maladroit, incohérent. Et puis, petit à petit, la résistance s’organise en on devient méticuleux, on classe, on trie. On devient calme et méthodique et ça finit par ressembler à quelque chose.

Et on en arrive au cœur de la cuisine, le fourneau sur lequel est entassé un monceau de gamelles dont certaines sont là depuis l’enfance. Certaines mijotent tranquillement, certaines possèdent plusieurs couvercles bien gentiment empilés les uns sur les autres, histoire que ça ne nous pète pas à la gueule et, pour finir, certaines sont si anciennes qu’on ne sait même plus ce qu’il y a dedans.

Et moi, j’en suis là. Bien entendu, je ne réalise pas ce travail titanesque seule. Je suis accompagnée par des thérapeutes professionnelles. Je commence mon travail de deuil des manques de l’enfant que j’ai été. Ce que je n’ai pas eu, je ne l’aurais jamais car bien évidemment je ne suis plus une enfant et que le passé est précisément passé, une Lapalissade me direz-vous, sur le papier, oui ! Dans le domaine des émotions, c’est beaucoup plus compliqué.

Je me sens un peu désemparée devant ces gamelles de poisons émotionnels, de celles qui vous font systématiquement retombées dans vos mauvais travers (et pas de porc), dans vos mauvais systèmes de penser, d’agir, d’être, les systèmes de croyance !

Visiblement, en soulevant un couvercle, j’ai aussi soulevé un lièvre…Le mot « Injustice » m’est arrivé droit en pleine tête… Noyau central du problème ? Affaire à suivre…

VVB

Le BHD n°56 : Le questionnaire de Proust

Le principal trait de mon caractère : Energique, généreuse, féminine.

La qualité que je désire chez un homme : Attentionné, drôle, communicatif, intelligent.

La qualité que je préfère chez une femme : Franchise, spontanéité.

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis : Leur soutien indéfectible, leur sincérité et leur fidélité.

Mon principal défaut : La colère !

Mon occupation préférée : Individuelle, je suppose…alors, ramasser du verre dépoli.

Mon rêve de bonheur : Vivre une belle et authentique histoire d’amour…

Quel serait mon plus grand malheur : La perte d’un de mes enfants.

Ce que je voudrais être : Amoureuse…

Le pays où je désirerais vivre : N’importe où au bord de l’océan, avec une préférence pour l’Ile d’Oléron.

La couleur que je préfère : Le bleu et le rose.

La fleur que j’aime : Le coquelicot, la pivoine.

L’oiseau que je préfère : L’hirondelle, la mésange bleue.

Mes auteurs favoris en prose : Emily Brontë, Barjavel, Stephen King, Elizabeth Gilbert.

Mes poètes préférés : Alfred de Vigny, Prévert, Henri Dès.

Mes héros favoris dans la fiction : Sherlock Holmes, Zorro, Kick Ass.

Mes héroïnes favorites dans la fiction : Samantha Stevens, Ada (la leçon de piano), la mère de Forrest Gump, Erin Brockovich.

Mes compositeurs préférés : Jean-Jacques Goldman, Rag’N Bone Man, Amy Winehouse.

Mes peintres favoris : Dali, Gustave Courbet.

Mes héros dans la vie réelle : Mes grands parents maternels et mes amis.

Mes héroïnes dans l’histoire : Simone Veil, Michelle Obama, Meryl Streep.

Mes noms favoris : Amour, amitié, humour, courage.

Ce que je déteste par-dessus tout : Le mensonge et l’hypocrisie.

Caractères que je méprise le plus : Les machos, les sexistes et les prétentieux.

Le fait militaire que j’estime le plus : Celui qui a valu au père de mes enfants d’être décoré de la Croix de la Valeur militaire.

La réforme que j’admire le plus : Celle des congés payés.

Le don de la nature que je voudrais avoir : Avoir une belle voix et chanter juste !

Comment j’aimerais mourir : Aimée…

Etat présent de mon esprit : Plein d’espoir et positif.

Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence : Celles des enfants.

Ma devise : A cœur vaillant, rien d’impossible.

VVB

Le BHD n°55 : Pourquoi se lever le matin ?

D’après les philosophes, il paraît que c’est une question existentielle… Eh ben, chez les philosophes, doit pas y’en avoir beaucoup qui ont des enfants…ou qui bossent…

Alors, en ce qui me concerne, pourquoi je me lève le matin ? Il va s’en dire que ce n’est, bien évidemment pas, lorsque je viens de faire douze heures de garde de nuit, parce que là, je n’ai qu’une envie quand je suis devant mon vestiaire : c’est vivement que la téléportation existe et que je me retrouve direct dans mon p’tit dodo, en pyjama, SVP !

Pour tous les autres jours, enfin matin, les raisons sont diverses et variées et certainement pas existentielles.

Il y a les pragmatiques : je vais au boulot, j’ai un rendez-vous, je dois emmener les enfants à l’école (plus trop maintenant, ils sont grands, mais j’ai largement connu cette grande aventure). C’est jour de repos, donc de ménage, des courses et des lessives, normal !

Il y a les urgences : « maman, j’ai faim », « maman, pipi », « maman, j’ai vomi », « maman, je suis malade » et là, vous trouvez la faculté de passer de l’horizontale à la verticale en un dixième de seconde et sans savoir comment vous avez procédé…Pas de question à se poser, mais le téléphone à prendre pour changer tous vos plans de la journée : pour prévenir l’école, prendre un rendez-vous chez le médecin ou le pédiatre, courir à la pharmacie, exit votre rendez-vous chez le coiffeur ou votre séance de gym…Vis ma vie de mère de famille, monsieur le philosophe, et tu sauras où tu peux te mettre ta chère question existentielle…Ben oui, ça m’énerve !

Il y a le naturel : je me lève parce que je n’ai plus sommeil…Vite, où est la cheminée que je la marque d’une pierre blanche.

Il y a le rageant : avoir envie de faire pipi genre trente ou quarante-cinq minutes avant que le réveil ne sonne et savoir que si l’on se rendort, on aura la tête dans le cul toute la journée, mais on le fait quand même. Que la mère épuisée qui ne l’a jamais fait me jette la première pierre…

Il y a le p’tit câlin du dimanche matin…monsieur se réveille au garde à vous et voudrait profiter du moment avant que les enfants ne s’éveillent…chacune voit midi à sa porte…

Il y a le festif : fête des mères ou anniversaire où on vous amène le petit déjeuner au lit, préparé avec amour…Mais où il est bien difficile d’en profiter tandis qu’on saute autour de vous et que votre jus d’oranges fini dans votre nuisette !

Il y a le météorologique : l’hiver, quand vous entendez, enfouie sous la couette, une pluie battante et que vous désirez plus que tout devenir une marmotte et vous mettre en mode hibernation et ne mettre le nez en dehors du lit qu’après le solstice de printemps…minimum !

Il y a le sportif : ce matin, je vais marcher, faire du vélo, à la plage…A fond la forme et je fais gaffe à mes formes !

Mais alors, l’existentiel ?

Parfois, il est là…C’est celui qui dit que la vie est plus facile quand on l’affronte à deux, que la vie est plus belle quand on a quelqu’un avec qui la partager…Et justement, ces matins là, il faut s’extirper du lit pour montrer à l’avenir qu’on est prête pour recevoir l’espoir…

VVB

Le BHD n°54 : Nini pattes en l’air, la reine des dromadaires !

Ma toute petite Nini, juste née dans sa grenouillère vert pâle et qui prend le sein pour la toute première fois.

Ma toute petite Nini, le crâne rasé dans les bras de son père.

Ma toute petite Nini avec sa bouille toute ronde, son sourire espiègle et ses lunettes rouges.

Ma toute petite Nini qui ne veut pas marcher toute seule.

Ma toute petite Nini, ses caprices et son célèbre cri de guerre.

Ma toute petite Nini en salle de réveil parce qu’elle a inhalé une cacahuète.

Ma toute petite Nini dans sa robe polaire violette version Tinky Winky des Télétubbies.

Ma petite Nini en adoration devant sa super nounou, Patou, et qui « conduit » sa voiture.

Ma petite Nini finissant son poème de fête des mères par un « je t’aime grand comme ça, et je le dis avec mes bras » !

Ma petite Nini aux urgences pédiatriques qui rassurent les autres enfants parce qu’ils vont avoir une photo et que ça ne fait pas mal !

Ma petite Nini, fan de Barbie et qui a eu a peu près tous ses produits dérivés.

Ma petite Nini et ses chaussures de gitane qui claquent sur le carrelage.

Ma petite Nini, son Lapinou dans les bras, qui jure qu’elle l’a perdu et qu’elle a fait un « chaukomar »…

Ma petite Nini, dans le lit parental, vomissant dans son saladier parce qu’elle « adore les n’œufs ! ».

Ma Nini créative qui s’essaie à différentes activités : le judo, la danse, les loisirs créatifs, les claquettes, la photo, le dessin…

Ma Nini atypique qui aime les dinosaures et les tortues.

Ma Nini, généreuse et drôle.

Et puis, un jour, ma Nini plus grande que sa mère.

Ma grande Nini avec ses « boobs » !

Ma grande Nini qui fait de la pâtisserie avec passion et talent pour sa famille, ses amies et sa classe.

Ma grande Nini, triste, qui a du mal à trouver sa place dans ce monde…

Ma grande Nini fan des poulpes, du Japon et des Mangas

Ma grande Nini, perdue, dont les colères sont les moyens d’exprimer sa tristesse…

Ma grande Nini hyper présente pour sa mère lorsqu’elle en avait le plus besoin…

Ma grande Nini victorieuse devant le bac.

Ma grande Nini, ses cheveux rouges et sa mèche.

Ma grande Nini, courageuse, se faisant tatouer Jean-Edouard.

Ma grande Nini, complice de son arrière grand-mère dont elle est le sosie au même âge. Ensemble, elles refont le monde, tricotent et font de la couture.

Ma grande Nini à l’aube de sa vingtième année et qui va partir découvrir le monde…
Ma grande Nini que j’aime et que j’adore de tout l’univers !

Ma grande Nini, tout l’amour et la fierté d’une mère…

VVB

Le BHD n°53 : Cours de rhétorique

Vous, je ne sais pas, mais s’il y a bien une expression qui m’horripile et m’exaspère c’est « Il vaut mieux avoir des remords que des regrets » ou l’inverse, d’ailleurs parce que je trouve cette expression carrément nulle ! Cela provient sûrement du fait que je ne la comprends absolument pas, non pas d’une manière intellectuelle, mais d’une manière émotionnelle.

Mais d’abord quelle est exactement cette maxime ? Après vérification : « Il vaut mieux avoir des remords que des regrets » vient d’Oscar Wilde dans le Portrait de Dorian Gray.

Allez savoir pourquoi, cela ne m’avance pas beaucoup…Et c’est parti pour de petites recherches sur le remord et le regret !

Petite synthèse : le regret parle d’un manque, d’une absence. C’est cet acte, ce choix que nous n’avons pas fait et dont nous estimons, trop tard, qu’il aurait pu nous amener une satisfaction (NON AGIR). La culpabilité rend le regret douloureux… Les regrets laissent un goût amer. Les remords sont éphémères et donnent la conscience d’avoir mal agi (AGIR). En regardant en arrière, on s’aperçoit que ce qu’il reste après les années écoulées, ce sont les regrets et pas les remords. Il vaut mieux regretter quelque chose qu’on a fait (même si la méthode n’était pas adéquate) que de regretter toute sa vie de ne pas l’avoir fait.

Et maintenant deux petites citations que j’ai découvert sur le sujet, la première, d’un anonyme mais qui vaut son pesant de cacahuètes : « la femme infidèle a des remords, la femme fidèle a des regrets »…Et l’homme ? (sexisme quand tu nous tiens). Et cette autre que je trouve bien nébuleuse : « Il vaut mieux n’avoir pas tout à fait de ce qui est nécessaire que de ne jamais pouvoir avoir trop de ce qui est inutile ». Ce doit être une phrase qu’on apprend aux politiciens. Mais j’y vois aussi, en amour, toute l’importance de ces petites choses qu’on fait pour l’autre et qui ne se voient pas, qui sont presque invisibles et indétectables, mais qui permettent à l’autre de se sentir bien.

Aujourd’hui, si je devais faire le point, je dirais que je n’ai pas de remords, quant aux regrets, je conclurais sur cette célèbre phrase d’Edith Piaf : « Non, rien de rien, non, je ne regrette rien, ni le bien, ni le mal, tout ça m’est bien égal… »

 VVB

Le BHD n°52 : Mes 7 pêchés capitaux

L’orgueil : c’est être perfectionniste et croire que tout le monde fera passer l’intérêt collectif avant le sien. C’est penser que ses enfants sont les plus beaux et les meilleurs. C’est penser que les personnes changeront parce que le simple fait d’éprouver de l’amour les transformera à tout jamais. C’est croire que les choses ne peuvent pas être pires et que le meilleur reste à venir.

 

L’envie : d’être grande longue et mince, d’être heureuse en amour, de me transformer rien qu’une journée en Hit Girl pour péter la gueule à tous ceux qui le méritent, de ramasser du verre dépoli sur la plage, de faire un week-end thalasso avec le Boys Band. L’envie légitime que mon temps de travail soit respecté !

 

La gourmandise : les crêpes et le poulet au curry de mon ex. Les cookies fourrés au Nutella de ma Nini. Les langoustines à l’Armoricaine de ma mère. Les carottes râpées à la mayonnaise dans des feuilles de salade de ma mamie, ainsi que ses haricots verts et son célèbre lapin sauté (à la barre fixe avait coutume d’ajouter papi) sans oublier le millat charentais, recette de mon arrière grand-mère. Les gâteaux de mon amie Manue, avec son brownie 3 chocolat. Les pêches au thon de Patou et Véro.

 

La Luxure : C’est n’avoir peur ni de l’amour (le sentiment) ni du sexe. C’est aimer « ça » et ne pas en avoir honte. C’est se dire que la femme est à son apogée sexuelle à 50 ans. Ce sont des regards et des mains qui se frôlent, ce sont des caresses appuyées, ce sont de merveilleux moments qui sont pour l’instant des souvenirs…et être terrifiée qu’il en soit toujours ainsi.

 

La paresse : C’est s’octroyer une journée sans faire de lessive et avoir l’impression de commettre un acte de rébellion intense. C’est se réveiller de manière naturelle sans avoir mis le réveil. C’est passer toute une journée en pyjama après une nuit de garde éreintante. C’est regarder la poussière sur les meubles et s’en foutre.

 

La colère : C’est exploser en rentrant du boulot après une garde pourrie parce que toute la vaisselle sale est au-dessus du lave-vaisselle. C’est être en rage contre soi-même parce qu’on n’a pas su rendre un homme heureux.

 

L’avarice : C’est s’acheter de la lingerie alors que ce n’est pas le moment et qu’on va finir le mois (encore) dans le rouge. C’est faire passer quoiqu’il advienne les besoins de ses enfants avant les siens. C’est retarder sans cesse de partir voir les aurores boréales.

VVB