Le BHD n°39 : Le fric, c’est chic ! (les sujets qui fâchent, n°3)

« Touche pas au Grisbi »

Et en prime, comme dans le dialogue d’Audiard, je pourrais rajouter « salope » !

Ben oui, puisque outre le fait d’avoir divorcée et d’avoir vu mes revenus diminués comme peau de chagrin depuis, je dois faire face au mécontentement de mes petites têtes blondes qui ne me trouvent pas assez généreuse financièrement !

Allez, 2-3 uppercuts, maman dans les cordes et complètement KO !

Au moment du divorce, j’ai fait des choix financiers qui sont confidentiels et de l’ordre de l’intime entre mon ex-mari et moi et qui n’apporteraient rien dans le débat du jour.

N’empêche, 1+1=2 et 0+0= la tête à Toto ! Et ça, c’est mathématique !

Même si je gagne bien ma vie, je ne suis pas riche pour autant. Comme tous les parents solos, j’ai un salaire non extensible. Comme tous les ménages que l’on dit « moyen », je gagne trop pour avoir droit à des aides quelconques, mais je paye tout « plein pot », alors, il faut faire « avec » ou plutôt « sans » dans le cas présent.

Faire comprendre que chaque parent participe en fonction de ses revenus, et non pas à égalité, c’est une tâche que je n’imaginais pas aussi ardue.

Pourtant, dans le livret de famille est stipulé noir sur blanc : « Les époux doivent contribuer aux charges du mariage à proportion de leurs facultés respectives. Ils peuvent demander au juge des affaires familiales, le ces échéant, de fixer cette contribution ». Donc, celui qui gagne le plus participe davantage ! C’est clair !

Il est certainement cruel de se dire qu’actuellement, avec mon assurance vie, je vaux plus morte que vive. Cruel, mais réel !

Comme il est loin le temps où un Kinder surprise faisait de moi la meilleure maman du monde. Maintenant, le permis, une voiture et tous les sacrifices financiers du monde n’y suffisent plus.

Les hormones pubertaires sont responsables de troubles du calcul mental, même chez les jeunes doués en mathématiques.

Sans trop vouloir me poser en « vieille conne réactionnaire », je peux me vanter d’avoir gouté très jeune au travail. A 11 ans, je faisais commis sur les marchés de nuit pendant les vacances et à 15 ans, je faisais vendeuse dans la crémerie familiale, et sans aucun salaire !

Mes enfants, j’ai toujours été prête à les satisfaire. Je suis du style à donner plus que ce que je n’ai. La contre partie de ce que j’ai connu. Mais finalement, ça ne sert à rien puisque la reconnaissance n’est pas de mise.

Comme dirait une amie, « fait hièche, on les a, on les aime », mais on aimerait aussi qu’ils se rendent compte de ce qu’on fait pour eux, ce qu’ils voient et ce qu’ils ne voient pas ou ne veulent pas voir.

Il ne me reste plus qu’à espérer et/ou à attendre qu’eux-mêmes soient parents et se rendent compte…Ma ligne verte à moi, en quelque sorte…

VVB

Le BHD n°38 : Funérailles

Peut-on dire que des funérailles sont magnifiques ?

Celles de Louis le furent.

Une foule venue lui rendre un vibrant hommage, un parterre de fleurs, la pluie elle-même qui cesse le temps de la cérémonie, de merveilleuses photos retraçant sa vie, des textes tous plus beaux les uns que les autres décrivant un enfant espiègle, un féru de la langue française, un talentueux cuisinier, un graphiste hors pair, un futur infirmier brillant, un jeune homme ne se plaignant jamais de la maladie, un frère, un fils, un ami…

Ses amis de la promotion Pangolin, arborant leurs blousons avec son logo dessiné par lui, soudés et unis grâce à lui, derrière lui, avec lui…

Les adieux qui se succèdent tous plus douloureux les uns que les autres… Le premier quand la mort survient, attendue, redoutée… Le second quand le cercueil se ferme et qu’on ne verra plus la personne tant aimée… Le dernier quand il arrive à sa dernière demeure…et au milieu un anniversaire, le sien, comme un outrage…

Il y a aussi la fatigue, les tensions familiales qui resurgissent, des abcès qui se crèvent, des « mises à plats » nécessaires qui font du bien, une belle-fille extraordinaire, petite fée prenant toute l’intendance en charge, un petit fils comme une promesse de bons moments à venir…

Des bribes de phrases gravées : « Ce moment tant redouté, on y est maintenant… », « le bleu qui était cyan et pas juste bleu », « la couleur lie-de-vin de son chapeau »,  « Fort comme son nom, Louis comme un roi », « les copains qui te portent pour sortir de l’amphi », « ton charisme et tout ce que tu as apporté à chacun », « les balades dans les vignes », « des gammes à la trompette », « les tests de la ratatouille et la rapatatouille », « des vacances dans l’Ile d’Oléron »…

Courage, force, détermination, charisme, amitié et amour sont les mots qui te définissent le mieux.

Et maintenant… juste le vide intersidéral de ton absence… et ce texte que tu avais choisi toi-même pour l’occasion :

 

L’amour ne disparaît pas de Charles Péguy : La mort n’est rien : je suis seulement dans la pièce d’à côté… Je suis moi, vous êtes vous… Ce que j’étais pour vous, je le resterai toujours… Donnez-moi le prénom que vous m’avez toujours donné. Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait… N’employez pas un ton différent… Ne prenez pas un ton solennel ou triste… Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble… Priez, souriez, pensez à moi… Que mon prénom soit prononcé à la maison… Comme il l’a toujours été. Sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre ! La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié… Elle est toujours ce qu’elle a été… Le fil n’est pas coupé… Pourquoi serais-je hors de votre pensée Simplement parce que je suis hors de votre vue? Je vous attends… Je ne suis pas loin, Juste de l’autre côté…

VVB

Le BHD n°37 : Pour l’amour d’une mère

Depuis aujourd’hui, le ciel compte une nouvelle étoile à son firmament.

 

Cette étoile s’appelle Louis.

Un jeune homme extraordinaire emporté à l’aube de ses 32 ans par une saloperie de cancer.

Je ne l’ai rencontré qu’une fois, mais sa mère est une de mes amies les plus chères.

Louis a eu son premier cancer au lycée. Depuis, les mots d’ordre dans sa famille ont été : amour, courage, détermination, obstination. Que de batailles menées !

Je ne connais pas Louis, mais j’aime sa mère.

Perdre son enfant, c’est une ignominie sans nom.

Voir son enfant disparaître, c’est l’insulte suprême des lois de la nature, il n’y a pas de mot assez violent pour décrire cette perte.

Pour les amis et les proches, c’est l’impuissance ! On se dit qu’il n’y a rien qu’on puisse faire pour soulager la peine de ces parents, si ce n ‘est, être toujours là pour eux et ne pas leur tourner le dos ni détourner le regard parce qu’on ne sait ni quoi dire, ni quoi faire, ni comment réagir.

 

Linda Lemay a écrit des paroles sublimes à ce propos dans sa chanson « Pas de mot » : elle dit que lorsqu’on perd ses parents, on devient orphelin, lorsqu’on perd son conjoint on devient veuve ou veuf, mais lorsqu’on perd un enfant, il n’existe pas de mot. La langue française est pourtant riche en vocabulaire et en nuances. Mais là, c’est si douloureux que même l’Académie Française y perd son latin.

Laissez-moi aussi vous comptez quelques détails que vous n’imaginez sûrement pas sur le cancer.

Les traitements sont lourds, souvent douloureux et ont d’énormes effets secondaires. Le cancer ne se contente de dévorer celui qui en est atteint. Il s’invite insidieusement dans la famille et en devient un membre à part entière, un membre égoïste, exigeant et pervers. La maladie devient un autre enfant de la famille, un être chronophage monopolisant les ressources de chacun.

Il était infographiste jusqu’à ce qu’une charmante patronne le licencie pour ses absences répétées, ben oui, parce si Louis avait pu choisir, il aurait choisi de ne pas être malade et d’être présent au boulot. La bienséance veut qu’on ne souhaite de malheur à personne, mais madame, j’espère que la roue tournera et qu’elle vous écrasera au passage !

Et puis aussi, quelques histoires sordides : d’argent, de mesquineries administratives, de difficultés supplémentaires et inutiles quand ce n’est vraiment pas le moment…

 

Louis avait une incroyable ténacité et une volonté de vivre ! Chaque fois qu’on le pensait au plus bas, il nous démontrait le contraire. Combatif, énergique, luttant de toutes ses forces contre la maladie. Il a décroché brillamment le concours d’entrée à l’Institut de Soins Infirmiers. Malgré les traitements, la fatigue, il avait d’excellentes notes. Quel courage, quelle bravoure ! Un héros !

Malheureusement, ce jour, le Monstre a gagné…Ce n’était pas David contre Goliath et, le Bien n’a pas triomphé du Mal… C’est le vie, la vraie, celle qui fait mal et vous laisse dans la bouche un gout d’amertume et de cruelle injustice. Louis est parti pour un monde que l’on dit meilleur…

 

Louis, tant que tu vivras dans le cœur de ta famille et dans l’esprit des gens, ton sillage sur cette Terre restera gravé à jamais.

 

 

 

Je vous mets en lien les paroles de la chanson de Linda Lemay :

http://www.parolesmania.com/paroles_lynda_lemay_4461/paroles_pas_de_mot_1215155.html

VVB

Le BHD n°36 : Le dur métier d’être mère ! (les sujets qui fâchent, n° 2)

« Les enfants sont le ciment du couple ». Encore une belle ineptie judéo-chrétienne pour nous obliger à procréer, sans doute ! Que nenni, que nenni !

J’accompagne des couples et des naissances depuis plus de 26 ans et je suis moi-même la mère de 4 enfants. Je crois être assez bien placée pour dire que chaque nouvelle naissance impose un remaniement de la famille, du couple parental et aussi du couple conjugal ! De manière plus triviale, je dirais qu’être parent c’est comme être un funambule à 50 mètres au-dessus du sol, sans filet et sans apprentissage préalable, et vous devez osciller continuellement entre le « trop » et le « pas assez ».

De la famille dont je suis issue, il était de mise de ne pas se parler, d’éviter certains sujets, de ne pas parler de ses émotions ni de ses sentiments et, petite indélicatesse, on m’avait rabâché tout au long de mon enfance et de mon adolescence que j’étais un « accident » !

Je m’étais dit que dans la famille que je construirais, tout serait différent.

Ce fut le cas, du moins, le croyais-je jusqu’à récemment !

Vous aimez un homme de toute votre âme et vous lui faîtes un enfant en témoignage de cet amour, un prolongement de lui et de vous… Ce petit être se construit au creux de votre ventre et c’est sûrement pour cela que nous l’aimons avec nos tripes. L’amour maternel est viscéral. Vous désirez ardemment cet enfant. Il comble toutes vos espérances, vous le choyez, le nourrissez, veillez sur lui comme sur la prunelle de vos yeux, vous vous sacrifiez pour lui sans qu’il ait le moindre désir à formuler et sans qu’il vous en coute (ou presque). Vous lui apprenez à marcher, à être propre, à parler, à s’éloigner de vous, à prendre confiance en lui. Vous consolez ses petites et grandes peines, vous nettoyez son vomi, vous lui racontez des histoires, vous le soignez. Vous découvrez l’art subtil d’encourager sans obliger. Vous êtes son plus grand fan. Vous lui transmettez les valeurs qui sont importantes à vos yeux…

Et puis un jour, vous vous retrouvez avec un jeune adulte en face de vous qui s’apprête à quitter le nid. Il ne pense qu’à cela, se sentant fort avec ses petites ailes encore toutes frêles. Il se croit déjà adulte et ne veut pas entendre vos conseils bienveillants.

Vous lui faites face et vous vous demandez où sont les valeurs que vous lui avez transmises, il vous assène quelques vérités bien senties et cruelles : exit maman chérie que j’aime, bonjour la vieille conne nulle en informatique qui cuisine comme un pied !

Coup de poignard en plein cœur, profonde déception et cruelle désillusion !

Très franchement, je pense que le taux excessifs d’hormones pubertaires est responsable d’amnésie partielle ou totale chez l’adolescent, je ne vois pas d’autre explication plausible !

Et là, sur le perron de la porte, on se dit que leur bonheur va dépendre en grande partie de leurs propres choix et décisions…et plus des nôtres…

La chasse aux Pokémons est ouverte et vous, vous êtes reléguée au Musée…rayon « dinosaure » !

Bah oui, parce qu’en prime, quoiqu’il y ait comme défaillance dans le système, Freud a enseigné que c’est « la faute de la mère » !

Mais la mère, elle continue d’aimer, ne veut que le bonheur de son enfant et elle sait, mieux que personne à quel point l’amour maternel est inconditionnel.

 

« Les enfants commencent par aimer leurs parents. Quand ils grandissent, ils les jugent. Parfois, ils leur pardonnent ». Oscar Wilde

VVB

Le BHD n°35 : Les sujets qui fâchent !

Vous allez me dire qu’il y en a une tripoté mais je veux parler de ceux qui sont responsables des plus fréquentes causes de divorce, à savoir : le sexe (enfin, la fréquence des rapports sexuels), les enfants et l’argent.

Vous serez certainement surpris de savoir que même divorcée ces sujets restent hautement sensibles, surtout quand on est seule et mère d’adolescents et/ou d’adulescents.

Je commencerais donc par le « sexe » ou le « cul », puisque Il semblerait que ma vie sexuelle puisse être un sujet de discussion.

Pendant mes 22 années de mariage, la rumeur ne s’est jamais demandé comment je pouvais gérer ou supporter des périodes de solitudes dépassant les 6 mois. Je suppose qu’étant mariée, il était de bon ton que j’attende patiemment le retour de mon époux. Seulement, voilà, maintenant, je suis divorcée et la rumeur s’inquiète de savoir si j’ai ou non un partenaire et si j’appartiens ou pas, désormais à la triste catégorie des « mal baisées ».

Permettez-moi de m’agacer sur cette  terrible insulte : « espèce de mal baisée ! ».

Déjà, soyons précis sur le terme employé. En ce moment, petite correction, il ne s’agit pas de « mal », mais de  « pas du tout » !

Permettez-moi, également, un aparté sur le terme en lui-même : pour qu’il y ait « mal baisée », il est nécessaire sinon obligatoire qu’il y ait « mal baisant »….Et bien ça, curieusement, silence radio, on en parle jamais ! Motus et bouche cousue !

Mesdames, je vous en prie, la prochaine fois qu’on vous traite de la sorte, sachez quoi dire !

L’autre question cruciale à se poser avant de me ranger dans cette catégorie, serait peut-être : « Est-elle prête pour une nouvelle relation ? ». Je suis moi-même incapable d’y répondre à l’heure où je vous parle, alors la rumeur…Je lui dirais cette phrase de Sacha Guitry que j’affectionne tout particulièrement : « Si les gens qui disent du mal de moi savaient ce que je pense d’eux, ils en diraient bien davantage ».

Je dirais aussi que la rumeur semble confondre relation sentimentale, coït et orgasmes et que c’est bien dommage pour elle. Une truculente petite affichette circule régulièrement sur Facebook, elle dit ceci : « Il vaut mieux un petit canard dans sa baignoire qu’un gros connard dans son plumard !».

J’invite donc officiellement la rumeur à lire une pure merveille intitulée « un petit bout de bonheur » (Rosemonde Pujol) et vous comprendrez ou je veux en venir, CQFD !

Voilà, je m’en tiendrais là pour cette fois, parce que j’en ai ras le pompon ou, plutôt, dans le cas présent ras le « bouton » !

On se retrouve la prochaine fois avec « les enfants » !

VVB

Le BHD n°34 : Retour de manivelle !

Analyse rétrospective.

Comme le dit Elizabeth Gilbert dans « Mange, prie, aime », j’ai plongé dans la relation sentimentale post-divorce comme un acrobate se jette du haut du chapiteau dans un minuscule verre d’eau…Une plongée en apnée, à cœur et à corps perdus, dans le plus grand mépris de mon âme !

Comme la dernière des nouilles, pardonnez-moi les filles parce que j’ai pêché, j’ai recommencé à m’oublier dans la relation ! Juste parce que je voulais le bonheur à tout prix, je devrais dire à n’importe quel prix, et l’addition est plutôt salée.

Je suis une incorrigible fleur bleue, je voulais tellement y croire, tellement que ça marche que j’étais prête à tout : à me gommer, à nier une partie de mon être, la petite étincelle qui fait que je suis MOI.

« Aimer, c’est donner à l’autre le pouvoir de vous détruire tout en espérant qu’il n’en fasse rien ». Bo Bennett. Et j’ai donné ma bénédiction. Je n’ai eu de cesse de remettre ma valeur en question et je me suis perdue dans l’autre.

J’ai essayé, j’ai expliqué, j’ai attendu, mais lorsqu’on ne veut ni partager du temps, ni partager du désir, ni du plaisir. Que la relation n’existe que pour vous, que vous devez rester cachée, qu’on vous dit que vous n’êtes qu’une interaction, à moment donné, il faut ouvrir les yeux et se dire qu’on est mieux seule que mal accompagnée !!!

 

C’est la question d’une amie qui m’a bouleversée. Elle m’a dit « aimes-tu celle que tu es dans la relation ? ».Euh, sans réfléchir, la réponse est clairement non !!!!!

C’est fou comme il suffit d’un rien pour se poser soudain les bonnes questions…

Je ne veux plus être une option dans la vie de quelqu’un, je veux être une priorité !

Déjà, depuis la dernière réforme, je ne suis même plus au programme, alors se faire traiter comme une serpillère, merci bien,  j’ai ma dose ! Mais, attention, c’est moi qui aie permis que ça se passe comme ça ! C’est moi qui aie accepté l’inacceptable plutôt que d’accepter la solitude. Grossière erreur ! Leçon « un » : toujours se respecter soi-même !

Comme quoi, le chemin vers le bonheur n’est pas une autoroute tout confort, il y a des tours et des détours, des virages, des pièges, d’inévitables écueils,  des voltes-faces, de grandes interrogations et remises en question.

Malgré tout, je sais que je progresse, mon ascension n’est pas fulgurante, ni même parfois visible à l’œil nu, mais elle est là, et bien là!

«On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux »disait Antoine de Saint-Exupéry. Dans mon cœur, je vous le dit, j’avance !

VVB

Le BHD n°33 : Tristitude, turpitudes et vicissitudes !

Par une belle journée de shopping, activité par excellence antidépressive, je croise un couple d’amoureux. Je les trouve beaux et merveilleusement complices, leur amour crève les yeux.

Et là, se produit un phénomène auquel je n’étais pas du tout préparée, toute fraîche moulue de mes nouveaux principes et bonnes résolutions. Le long de mon épine dorsale, du coccyx jusqu’au cerveau, une onde remonte comme l’effet domino ! Là, en une fraction de seconde, il me semble que tout ce que j’ai mis en place s’effondre comme dans cette vieille publicité pour le sucre, chutes et réactions en chaîne !

Une suite de souvenirs et d’émotions non maîtrisables se bousculent au portillon. Les méandres de la mémoire sont troublants, je me suis souvenue de ce jour mémorable où je venais de déposer mon mari à la gare en partance pour un long déplacement professionnel et où le livreur de bois m’a littéralement benné 15 stères de bois dans la rue. C’est mon amie Zabeth, toute fluette qui m’a aidée à tout transporter et tout ranger. Il faisait nuit noire que nous y étions encore avec nos petits bras musclés.

Succession de choses sans lien les unes avec les autres.

Deux ans que je suis divorcée, six mois que je suis sans relation sentimentale.

Un anniversaire m’est revenu direct à l’esprit.

Mes trente ans, anniversaire bien pourri ou j’ai soufflé mes bougies sur une vieille tranche de pain rassie et où je me sentais déficiente sur tous les fronts : personnel, professionnel, individuellement et avec les autres.

Il suffit d’un anniversaire pour en faire remonter d’autres à la mémoire : celui de la séparation, d’une rupture, de souvenirs précis, d’instants de bonheur qui n’existent plus, beurk !

Je maudis mon excellente mémoire des dates et ma faculté à me souvenir de détails insignifiants !

Je pense à l’album des Idées noires de Franquin et plus particulièrement à celle où un homme meurt pendu, noyé, dans un accident de voiture…et je me dis que je suis au plus bas. Je vois tout en noir, je me sens comme une coquille vide.

Si le meilleur reste à venir, où se cache-t-il ? Pourquoi attend-il ?

Je ne peux pas dire que je suis malheureuse, c’est complètement faux.

Je suis entourée d’une bande d’amies en or, j’ai des enfants que j’aime, je fais un métier qui me plait, j’ai des activités enrichissantes et stimulantes…

Alors, que demande le peuple ?

Certains diront que je change d’humeur comme de chemise, peut-être…Seulement, je trouve que les jours se suivent et se ressemblent, du coup l’humeur joue les montagnes russes. D’où cela provient-il : des cycles féminins,  lunaires, ou encore, la faute au biorythme ?

Objectivement, je ne suis pas malheureuse, mais je ne suis pas heureuse non plus.

Je suis neutre ! Neutre comme la Suisse et ça m’emmerde cette neutralité, c’est long comme un jour sans pain, c’est triste comme un jour de pluie, c’est aussi palpitant qu’une horloge arrêtée !

Ne va-t-il me rester que mon planning de gardes, des factures à payer, des jours qui passent et se ressemblent ?

Je me sens incomplète, le Ying sans le Yang, le jour sans la nuit, oui, c’est ça : incomplète.

J’aimerais qu’un petit truc magique se passe, un grain de folie dans la monotonie ambiante, une petite étincelle, une toute petite lumière au bout du tunnel, de l’espoir !

VVB

Le BHD n°32 : Un bout de ciel rien qu’à moi !

Quand j’étais enfant, le mercredi, mon père m’achetait souvent Picsou ou des jeux de Pif et Hercule. J’adorais les jeux à points. Vous savez, ce jeu où il faut tracer des lignes en suivant les nombres et à la fin, il y a une figure qui apparaît.

Notre vie est ainsi faîte, on trace les traits en allant de point en point et on avance sur le chemin de notre destinée. Lors d’un précédent billet, j’ai dit l’importance des trajectoires, mais je me demande si les impacts ne sont pas tout aussi importants.

Tous ces impacts ou plutôt ces points sont comme des lumières dans mon existence, ils sont mes étoiles et dessinent ma constellation, la constellation de Valérie !

Ces étoiles sont les personnes qui ont, dans le passé ou qui, dans le présent impactent ma vie de manière positive.

Je souhaite aujourd’hui leur rendre hommage et leur témoigner toute ma reconnaissance.

En tout premier lieu, il y a mes enfants, leur père (pendant 21 ans), et ma petite mamie.

Vient ensuite les amis toujours là, quoiqu’il arrive et par ordre d’apparition à l’écran : Benoit (mon presque frère) et sa femme Isa, Régine et Christian, Gilles et Dom, Zabeth et Phil, Patou et Véro, Marielle et Vince, Christophe et Muriel, Christo et sa Licorne.

Mon « Girls’s Band » rien qu’à moi, les filles à qui on se confie et qui peuvent vous faire rire même dans les instants les plus désespérés, par ordre alphabétique, pour ne pas faire de jalouse ou d’impair : Cécilette (ma presque fille),Chouchou, Eliane, Gabinou (ma maman sage-femme), Isa, ma Lili, Maïté, Manue, Maria, Tatie Milie, Paulinette, Poupounette et le seul mec, celui-dont-on-ne doit-pas-prononcer-le-nom (et non, ce n’est pas Voldemort) !

Il y a les étoiles qui brillent depuis toujours et puis celles qui se sont éteintes et brillent encore : mon petit Papi, mon Daddy nouvellement arrivé, Claudine et Pierre…

Et puis, il y a des étoiles filantes qui sont juste passées, mais ont laissé leur empreinte à jamais : Dimitri, ce jeune homme qui m’a initiée à la sexualité, madame Fiorèse, ma prof de sport du lycée.

Merci aussi, à ceux qui m’ont permis de briller quand je n’étais qu’une ombre : Maman Sardine, Valérie (ma psy) et Patrice.

Il y a aussi toute une voie lactée composée de tous les enfants que j’ai mis au monde avec des mentions très spéciales pour Titou( ma petite Sardine), Emma, Inès et Louis, Pierre-Alain et son frère Jean-Baptiste (mon filleul).

Et puis, pour finir, il y a toutes les étoiles qui ne sont pas encore nées et qui viendront illuminer mon ciel de leur lumière…

Ce soir, je contemple ma constellation et je me sens comme Peau d’Ane portant sa robe couleur de Lune. Je brille de mille feux de reconnaissance !

VVB

Le BHD n°31: Sugar Daddy

Ce mercredi 5 octobre 2016, mon Daddy est mort.

C’est arrivé sans crier gare.

C’est la vie, dit-on…

Ce mercredi, je me suis sentie emportée par un tourbillon, j’avais l’impression d’être dans un épais brouillard, engourdie. Une journée longue et épuisante  où j’ai ressenti et vécu un éventail de choses, comme dans un grand huit infernal.

Ce mercredi, c’est l’angoisse qui m’a étreinte quand j’ai compris que c’était la fin, c’est une adorable aide-soignante dans les bras de laquelle j’ai fondu en larmes et qui m’a offert un café, c’est une infirmière qui m’a dit qu’il était temps d’appeler mes proches, c’est une imbécile d’interne qui me dit que ce n’est pas l’heure des visites et que j’ai eu envie de gifler, ce sont des amis qui sont toujours là et qui vous soutiennent, c’est aussi la soudaine sollicitude de gens qui n’ont habituellement rien à foutre des autres.

Ce mercredi, c’est ma mère, en larmes, tellement désemparée, c’est un oncle formidable, apaisant et soutenant sa sœur, c’est annoncer à la famille, aux amis.

Ce mercredi, c’est aussi la maman que je suis, soutenue et réconfortée par ses enfants chacun à leur manière.

Ce mercredi, c’est appeler le père de mes enfants parce que j’en ressentais le besoin.

Ce mercredi, c’est rassembler une foule de gens hétéroclites autour d’un événement douloureux, gérer de l’administratif et des formalités quand le cœur n’y est pas…

Mais Daddy, ce n’est pas ce mercredi.

Daddy, c’était quelqu’un.

Daddy a rendu ma mère heureuse pendant 27 ans et ça, ça n’a pas de prix.

Daddy nous a offert son nom, une nouvelle famille, son honneur.

C’était un papi gâteau et gâteux avec ses petits enfants qui étaient sa plus grande fierté.

Demandez à n’importe qui, Daddy, tout le monde vous le dira, c’était une crème, une pâte.

En 30 ans, jamais je ne l’ai, une seule fois, entendu dire du mal de qui que ce soit.

Je retiendrai sa discrétion, sa générosité et son extrême gentillesse.

Non pas qu’il n’ait aucun défaut, je peux vous dire qu’avec lui, l’expression « têtu comme une mule » prenait tout son sens.

Daddy, c’était David Suchet interprétant Hercule Poirot, la moustache impeccable, la bonhommie, la bague au petit doigt, la politesse, la bienséance et les conventions sociales.

Daddy, c’était ce surnom ridicule dont il a affublé maman…  « Bichette »…Improbable.

Daddy, c’était l’archiduc François-Ferdinand de Sissi Impératrice, virevoltant la valse sur les pistes de danse avec Tata.

Daddy, c’était James grand reporter avec son appareil photo autour du cou et capable de vous refaire toute la collection des « Martine », version James à Oléron, James aux anniversaires, James en famille, James à Mayotte, au Maroc, à Eurodisney, et j’en passe.

Daddy, c’était sa compulsion maladive pour les magazines « Point de vue » et « National géographique » et son admiration pour Jacky Kennedy.

Daddy, c’était tout ça et encore plus.

Je ne suis pas croyante, mais j’ai l’intime conviction que les gens qu’on aime sont immortels tant qu’elles vivent dans notre cœur et notre esprit.

Au revoir Daddy.

VVB

Le BHD n°30 : Mange, prie, aime !

Dès que j’ai su lire correctement, je suis devenue une lectrice assidue. Je lisais beaucoup, passionnément, énormément. Je lisais assise à même le carrelage dans les toilettes, dans la niche, la tête couchée sur ma chienne, sur mon lit, n’importe où et j’en oubliais même, parfois, de dormir. Je ne vivais pas l’histoire, j’étais l’histoire. Une véritable passion ! Celle-ci ne m’a jamais quittée et c’est ainsi, que récemment, j’ai vu « Mange, prie, aime » avec Julia Roberts, puis j’ai lu le livre, revu le film et lu la suite. Ce fut une véritable révélation !

Non pas que l’histoire d’Elizabeth Gilbert puisse se superposer à la mienne ou que j’aie soudainement l’envie de partir faire de la méditation dans un Ashram en Inde, mais plutôt que je me reconnaissais parfaitement dans les émotions qu’elle avait ressenties. Des points précis du livre ont fait écho en moi avec une telle force que c’en était presque violent.

En premier lieu l’histoire du « mot d’ordre ». Quel est donc celui de ma vie, quel fut-il et quel est-il maintenant ?

Je dirais que pendant mon mariage, mon mot d’ordre était « devoir », celui d’être une bonne épouse et une bonne mère. J’ai eu ma période « divorcer, pleurer, courir », où mon pauvre cerveau toujours en ébullition ne me laissait pas une minute de répit, où la tristesse était ma compagne.

Je cherche à présent à renouer avec l’individu que je suis au plus profond de moi, sans pour autant devenir égoïste, je cherche à retrouver mon élan vital, ma sève.

Je cherche le bonheur en moi-même et non pas dans et par les autres. Je ne dis pas que j’y suis parvenue encore, mais j’y travaille.

Le terme « antévasin », qui se définit par « celui qui vit sur la frontière » m’a, également, profondément touchée. C’est certainement parce que je me sens sur la frontière ! La frontière entre deux mondes : lâcher le passé et aller vers l’avenir. Pour l’instant je suis un peu scotchée à cette frontière n’abandonnant pas complètement l’un et ne m’aventurant pas encore dans l’autre… Je pratique la « défense antalgique », mais elle ne mène nulle part !

Mais la phrase qui m’a fait l’effet d’une véritable bombe, surtout pour l’athée que je suis, c’est : « Dieu réside en moi, en tant que moi » ! Curieusement, je n’y vois pas une aucune interprétation religieuse. Je ne sais pas encore comment l’expliquer, mais j’ai l’intime conviction qu’elle est d’une importance capitale pour moi. Je me la répète sans cesse comme un mantra. La première explication qui m’est venue c’est que ma foi en moi-même ne peut venir que de moi et non des autres (pardon pour la redondance). Mais je pressens autre chose, je vous dirais quand j’aurais trouvé.

Abracadabra ! Il s’en passe des choses. La chenille est au chaud dans son cocon et va pouvoir se transformer en papillon…

VVB