Le BHD n°31: Sugar Daddy

Ce mercredi 5 octobre 2016, mon Daddy est mort.

C’est arrivé sans crier gare.

C’est la vie, dit-on…

Ce mercredi, je me suis sentie emportée par un tourbillon, j’avais l’impression d’être dans un épais brouillard, engourdie. Une journée longue et épuisante  où j’ai ressenti et vécu un éventail de choses, comme dans un grand huit infernal.

Ce mercredi, c’est l’angoisse qui m’a étreinte quand j’ai compris que c’était la fin, c’est une adorable aide-soignante dans les bras de laquelle j’ai fondu en larmes et qui m’a offert un café, c’est une infirmière qui m’a dit qu’il était temps d’appeler mes proches, c’est une imbécile d’interne qui me dit que ce n’est pas l’heure des visites et que j’ai eu envie de gifler, ce sont des amis qui sont toujours là et qui vous soutiennent, c’est aussi la soudaine sollicitude de gens qui n’ont habituellement rien à foutre des autres.

Ce mercredi, c’est ma mère, en larmes, tellement désemparée, c’est un oncle formidable, apaisant et soutenant sa sœur, c’est annoncer à la famille, aux amis.

Ce mercredi, c’est aussi la maman que je suis, soutenue et réconfortée par ses enfants chacun à leur manière.

Ce mercredi, c’est appeler le père de mes enfants parce que j’en ressentais le besoin.

Ce mercredi, c’est rassembler une foule de gens hétéroclites autour d’un événement douloureux, gérer de l’administratif et des formalités quand le cœur n’y est pas…

Mais Daddy, ce n’est pas ce mercredi.

Daddy, c’était quelqu’un.

Daddy a rendu ma mère heureuse pendant 27 ans et ça, ça n’a pas de prix.

Daddy nous a offert son nom, une nouvelle famille, son honneur.

C’était un papi gâteau et gâteux avec ses petits enfants qui étaient sa plus grande fierté.

Demandez à n’importe qui, Daddy, tout le monde vous le dira, c’était une crème, une pâte.

En 30 ans, jamais je ne l’ai, une seule fois, entendu dire du mal de qui que ce soit.

Je retiendrai sa discrétion, sa générosité et son extrême gentillesse.

Non pas qu’il n’ait aucun défaut, je peux vous dire qu’avec lui, l’expression « têtu comme une mule » prenait tout son sens.

Daddy, c’était David Suchet interprétant Hercule Poirot, la moustache impeccable, la bonhommie, la bague au petit doigt, la politesse, la bienséance et les conventions sociales.

Daddy, c’était ce surnom ridicule dont il a affublé maman…  « Bichette »…Improbable.

Daddy, c’était l’archiduc François-Ferdinand de Sissi Impératrice, virevoltant la valse sur les pistes de danse avec Tata.

Daddy, c’était James grand reporter avec son appareil photo autour du cou et capable de vous refaire toute la collection des « Martine », version James à Oléron, James aux anniversaires, James en famille, James à Mayotte, au Maroc, à Eurodisney, et j’en passe.

Daddy, c’était sa compulsion maladive pour les magazines « Point de vue » et « National géographique » et son admiration pour Jacky Kennedy.

Daddy, c’était tout ça et encore plus.

Je ne suis pas croyante, mais j’ai l’intime conviction que les gens qu’on aime sont immortels tant qu’elles vivent dans notre cœur et notre esprit.

Au revoir Daddy.

VVB

Le BHD n°30 : Mange, prie, aime !

Dès que j’ai su lire correctement, je suis devenue une lectrice assidue. Je lisais beaucoup, passionnément, énormément. Je lisais assise à même le carrelage dans les toilettes, dans la niche, la tête couchée sur ma chienne, sur mon lit, n’importe où et j’en oubliais même, parfois, de dormir. Je ne vivais pas l’histoire, j’étais l’histoire. Une véritable passion ! Celle-ci ne m’a jamais quittée et c’est ainsi, que récemment, j’ai vu « Mange, prie, aime » avec Julia Roberts, puis j’ai lu le livre, revu le film et lu la suite. Ce fut une véritable révélation !

Non pas que l’histoire d’Elizabeth Gilbert puisse se superposer à la mienne ou que j’aie soudainement l’envie de partir faire de la méditation dans un Ashram en Inde, mais plutôt que je me reconnaissais parfaitement dans les émotions qu’elle avait ressenties. Des points précis du livre ont fait écho en moi avec une telle force que c’en était presque violent.

En premier lieu l’histoire du « mot d’ordre ». Quel est donc celui de ma vie, quel fut-il et quel est-il maintenant ?

Je dirais que pendant mon mariage, mon mot d’ordre était « devoir », celui d’être une bonne épouse et une bonne mère. J’ai eu ma période « divorcer, pleurer, courir », où mon pauvre cerveau toujours en ébullition ne me laissait pas une minute de répit, où la tristesse était ma compagne.

Je cherche à présent à renouer avec l’individu que je suis au plus profond de moi, sans pour autant devenir égoïste, je cherche à retrouver mon élan vital, ma sève.

Je cherche le bonheur en moi-même et non pas dans et par les autres. Je ne dis pas que j’y suis parvenue encore, mais j’y travaille.

Le terme « antévasin », qui se définit par « celui qui vit sur la frontière » m’a, également, profondément touchée. C’est certainement parce que je me sens sur la frontière ! La frontière entre deux mondes : lâcher le passé et aller vers l’avenir. Pour l’instant je suis un peu scotchée à cette frontière n’abandonnant pas complètement l’un et ne m’aventurant pas encore dans l’autre… Je pratique la « défense antalgique », mais elle ne mène nulle part !

Mais la phrase qui m’a fait l’effet d’une véritable bombe, surtout pour l’athée que je suis, c’est : « Dieu réside en moi, en tant que moi » ! Curieusement, je n’y vois pas une aucune interprétation religieuse. Je ne sais pas encore comment l’expliquer, mais j’ai l’intime conviction qu’elle est d’une importance capitale pour moi. Je me la répète sans cesse comme un mantra. La première explication qui m’est venue c’est que ma foi en moi-même ne peut venir que de moi et non des autres (pardon pour la redondance). Mais je pressens autre chose, je vous dirais quand j’aurais trouvé.

Abracadabra ! Il s’en passe des choses. La chenille est au chaud dans son cocon et va pouvoir se transformer en papillon…

VVB

Le BHD n°29 : Je fais ma crise !

Anticiper la crise : rien vu venir !

Crise de larmes : plus de Kleenex…

Crise économique et financière : tous les 10 du mois.

Crise d’adolescence : il y a belle lurette…

Crise de milieu de vie : diagnostic d’avocat !

Crise sociale : famille décomposée.

Crise hémorroïdaire : non concernée !

Crise cardiaque : cœur en miettes, mais qui bat toujours.

Crise de nerfs : à l’annonce !

Crises de fous rires : avec mes amies et les copines du boulot, MERCI !

Traverser une crise : divorce.

Surmonter une crise : en cours de traitement.

Crise clastique, ma préférée (action de briser tout ce qui se trouve à portée de main lors d’une grande colère) : pas depuis mon dernier devoir maison de physique-chimie.

Crise d’urticaire : trahison !

Crise du logement : déménagement.

Remédier à la crise : ne pas rester à terre !

Souffrir d’une crise de confiance : estime de soi aux oubliettes…

Crise d’opposition : non opposable.

Déclencher une crise : qui de la poule ou de l’œuf ?

Désamorcer une crise : renoncer, céder, partir, se faire toute petite !

Passer par une crise : douleurs, divorce, doutes, pleurs, déceptions…

Crise d’angoisse : insomnies, brulures d’estomac, café, cigarettes !

Crise de foi : résolument athée.

La Crise : film de Coline Serreau, à voir et à revoir, j’adore !

Sortir de la crise : je veux faire du reste de ma vie, le meilleur de ma vie !

VVB

Le BHD n°27: A la recherche de la Panthère rose

A force de creuser, j’ai finalement atteint le fond de la caisse et je me sens davantage comme l’inspecteur Clouzot que comme Indiana Jones. A savoir que je me sens maladroite et pataude et non pleine d’assurance et aventureuse.

C’est un peu comme des fouilles archéologiques, il faut procéder par strate pour tout retrouver et ensuite, classer les rêves et désirs par catégories : il y a les rêves qui étaient impossibles depuis le début, ceux devenus impossibles par la force des choses, ceux qui peuvent encore exister et j’espère ceux à venir et qui n’existent pas encore.

Je repère, je dépoussière, j’examine, j’évalue.

Faire 1,75 et ressembler à un mannequin : euh, comment dire, à oublier définitivement.

Etre une sorcière comme Samantha Stevens : ça, même si je ne remue pas mon nez, je peux dire que j’y suis un peu parvenue puisque j’essaie toujours d’être bienveillante pour les gens que j’aime et que je me mets en quatre pour combler leurs souhaits et désirs, dans la mesure de mes possibilités tout de même, je ne peux pas sortir un poney ou une moto de mon chapeau pointu, turlututu !

Lire, faire du sport, méditer, travailler la résine à inclusion : alors ça, je vous le dis, c’est au programme de la rentrée et je vais me délecter !

Partir faire une mission humanitaire : c’est encore possible, puisque la loi Kouchner me permettrait d’en faire une. J’attendrais juste que mon petit dernier ait quitté le nid à son tour.

Habiter la maison de mes rêves sur l’île d’Oléron : après tout, peut-être pas cette maison là, mais je pourrais toujours envisager d’y vivre quand je serais retraitée.

Voyager, découvrir la baie d’Along, Stonehenge, l’Irlande, la Nouvelle Zélande et voir des aurores boréales : bon, là, c’est possible, à condition de gagner au loto ou d’hériter d’un tonton d’Amérique, mais je ne désespère pas !

Et la cerise sur le gâteau, se dire que le meilleur reste à venir !

Mais oups, ou ai-je mis le bocal de cerises ?

LE BHD n°25:« Vaisselle cassée, c’est la fessée, vaisselle foutue, pan-pan cul-cul ! »

 

J’ai longtemps cherché à comprendre pourquoi mon mariage s’était brisé sans y parvenir parce que j’étais aveuglée par la trahison et la souffrance…Mais il semble que les fruits de mon introspection et de ma phase de déconstruction commencent à porter leurs fruits. La trahison, l’infidélité ne sont finalement que le « comment », mais le « pourquoi » se laisse seulement entrevoir.

J’ai eu la très grande chance de vivre un coup de foudre en pleine forêt amazonienne. Cet amour était hors normes, bien au-dessus de ce que peuvent vivre le commun des mortels puisque c’était l’Homme de ma vie, et notre amour à nous.

Nous avions traversé les crises et les tensions inhérentes à chaque relation avec succès.

Un an de mariage, les noces de coton parce que nous sommes dans un cocon et que rien d’autre n’existe à part nous deux. L’arrivée du premier enfant, du deuxième, avec toutes les turbulences que cela suppose dans la relation, dans le couple, la construction d’une famille.

La première crise des sept ans, noce de laine où tout s’emmêle si vous n’y prenez garde. Les deuils, une grand-mère, un grand-père, puis un autre…Des disputes, des petites, des grandes, des réconciliations sur l’oreiller, des déménagements, des problèmes d’argent, encore des déménagements, l’achat d’une maison, un nouvel enfant…Et l’Amour qui survit, qui surmonte qui s’épanouit malgré tout.

La passion qui ne se laisse pas plomber par la deuxième crise des sept ans : quatorze ans, noces de plomb, on comprend pourquoi !

Et puis, les vingt ans, noces de porcelaine, rien de casser !!!

Et là, vous vous dîtes que vous avez investi dans de la vaisselle incassable, que votre amour et votre couple, c’est du béton, c’est plus fort que tout. Invincible, indivisible, irréductible comme un village gaulois !

Vous avez juste oublié que la vaisselle, même incassable, subit de microtraumatismes, invisibles à l’œil nu, mais qui la fragilise. C’est vicieux et insidieux, et un jour, PAF ! Ca pète ! Pas besoin d’un grand choc, pas utile d’un grand coup. L’usure était là et le moindre petit truc de rien du tout suffit à briser cette vaisselle que vous pensiez solide à jamais.

Moi, je sais, avec la précision d’un mécanisme d’horloge suisse et la précision chirurgicale d’un neurochirurgien, à la microseconde près l’instant où tout a basculé !

C’était lors d’une énième discussion dans notre cuisine, même pas une violente dispute. J’ai vu un voile passer dans ses yeux, c’est là qu’il est parti, que je l’ai perdu pour toujours ! Cela a fait comme un pic à glace planté sur la surface d’un lac gelé ! Rien, puis, d’un coup, les fissures, les fêlures et la rupture, comme une onde choc qui se propage emportant tout sur son passage et crac, c’est inéluctable, on voit l’ouvrage se rompre.

L’usure de la relation. Voilà ce qui a tué mon couple.

VVB

Le BHD n°24: C’est le printemps, bonjour, bonjour les hirondelles!

 

 

Est-ce le printemps naissant, ou le désir s’éveillant avec la nature, ou les deux qui me turlupinent (sans jeux de mots dirait Capello). Mais je me sens comme dans la chanson de Laurent Voulzy et Véronique Jeannot…Désir, désir…

« Mon premier, c’est le désir,

Mon deuxième, du plaisir,

Mon troisième c’est souffrir,

Et mon tout fait des souvenirs ».

Et bien, je me souviens de tout !!!

Du désir qui naît d’un simple regard, d’une infime caresse, d’un mot un peu appuyé, et du corps qui s’embrase. Des mots susurrés à l’oreille et qui vous emportent vers la passion comme la vague d’un tsunami. Des vêtements qu’on s’arrache pour coller nos peaux l’une contre l’autre, au plus près, pour ne faire qu’un. De l’instinct animal qui conduit à respirer, à sentir, à se respirer, à se sentir, cherchant les phéromones de l’autre, la texture de sa peau, la forme de ses muscles, de ses courbes. Je me souviens de la tension sexuelle qui transforme en amants passionnés, de la douceur qui devient sauvagerie, de la sauvagerie qui devient tendresse. Je me souviens de la torpeur, de la langueur, de l’abandon, de la vitesse de la lumière, des feux d’artifices et du plaisir…

Je me souviens des étreintes, des secousses sismiques, des rythmes saccadés, des rythmes fluides.

Je me souviens de baisers légers, de baisers tendres, de baisers si profonds que les âmes s’y échangent.

Je me souviens des fesses qu’on empaume, des hanches qu’on empoigne.

Je me souviens du spleen des paradis perdus, des Fleurs du mal de Charles Baudelaire.

Je me souviens de tout, dans mon corps et au plus profond de moi, au soleil et au milieu de la nuit…et je me dis que je n’ai pas envie que ma vie sexuelle soit définitivement morte et enterrée !

VVB

Le BHD n°22: Sous le plus grand chapiteau du monde

Le BHD n°22 : Sous le plus grand chapiteau du monde

 

Une maxime dit que : « Celui qui a fait de son mieux ne peut pas se sentir coupable ».

Alors pourquoi j’éprouve cette culpabilité ?

Depuis que je suis épouse et mère, je me suis toujours sentie comme un funambule sur son fil avec sa perche et se balançant au-dessus du vide. Hésitante entre le bien et le mal, entre le trop et le trop peu…

Au début, l’amour qu’on ressent nous transforme en une meilleure version de nous-mêmes, non pas parce que l’autre le demande, mais parce que ça vient du plus profond de nous-mêmes.

Je ne sais pas à quel moment la machine s’est emballée et à quel moment j’ai perdu pied ?

Toujours est-il que j’ai pris mon rôle beaucoup trop au sérieux. De mère de famille nombreuse, je me suis transformée en chef d’entreprise : celui qui gère, dirige, coordonne. J’ai tenu la barre comme un capitaine de vaisseau, j’ai été comme un modérateur sur un site, j’ai été comme Alice Sapritch dans la Folie des grandeurs, j’ai veillé à « l’étiquette ». Un job à plein temps, j’ai enfilé le costume du méchant qui ramène à la réalité : l’heure de la douche, des devoirs, du dîner, du coucher. J’étais celle qui « casse l’ambiance » comme avait coutume de dire le père de mes enfants, la rabat-joie.

J’ai tellement voulu être parfaite qu’au final, j’ai le sentiment d’avoir fait chier tout le monde.

Pas étonnant que je me sois fait jeter comme une vieille chaussette essorée dont on n’a rien à faire !

Je n’ai que ce que je mérite.

Mais quand j’entends les « psys » dirent que c’est un besoin de « reconnaissance », je ne suis pas d’accord. Avant de reconnaître, il faudrait déjà « connaître » : la somme de travail fourni, par exemple. J’avais plutôt un besoin de me « re-poser », un besoin de me « poser ».

S’il existe un « méchant », c’est qu’il y a un « gentil ». Si c’est toujours le même qui tient le rôle, ce n’est pas forcément par un choix volontaire, mais par un choix imposé. Encore mon putain de syndrome de Wendy !

Mes colères contenues et non contenues exprimaient juste un besoin de changement : celui de pouvoir enfin me reposer sur les autres, lâcher les rênes, se dire : « je lève le pied, je pars en roue libre, je m’abandonne et quelqu’un d’autre prend les commandes du navire ».

J’aurais aimé que mes besoins primaires soient respectés. J’aurais aimé que ma douceur puisse s’exprimer. J’aurais aimé que la « pause s’impose » comme dans un slogan publicitaire…

 

 

Le BHD n°21: Apollo 13, Houston, Houston, on a un problème!

 

Le divorce sur le divan.

La plupart des gens décrivent le divorce comme un deuil avec ses 5 phases bien établies et qu’il faut traverser : le déni, la colère, le marchandage, la tristesse ou dépression et l’acceptation.

Oui, peut-être, mais moi, je décrirais 3 phases et d’ailleurs, l’un n’empêche pas l’autre et vice-versa. Donc, le divorce selon tata Valou ce serait : l’explosion, la déconstruction et la reconstruction.

 

Pour la première phase, l’explosion, si vous ne l’avez pas vécu vous-même, essayez de vous imaginer que vous êtes en même temps victime d’une cinquantaine de boules de chantier, d’un dynamitage dont la puissance aurait à la fois la puissance des bombes nucléaires et Nagasaki et Hiroshima, et juste après d’un tsunami…. La vie qui vole en éclats, les larmes, le chagrin, le deuil, la vie qui s’effondre, la vôtre, celles de vos enfants, de vos proches. Le « plus rien ne sera comme avant ».

 

 

La déconstruction : Tout d’abord, on se réveille dans un paysage version film post-apocalyptique, c’est lunaire et plein de poussière et l’on s’étonne d’être encore en vie. La plupart des gens qui vous connaisse, ou croit vous connaître, vous donne l’impression d’être Cersei dans Game of Thrones lorsqu’elle effectue sa marche de la honte, nue, à travers la ville avec des clochettes qui la précèdent et une voix qui crie « shame ». Ben oui, parce on se sent tellement honteuse de n’avoir pas su garder son couple en vie, comme une déesse qui aurait laissé le feu sacré du temple s’éteindre. Certains cons croient qu’ils peuvent savoir ce qui se passe dans l’intimité des alcôves, une fois que la porte du domicile conjugal est fermée, quand les squelettes sortent des placards…

J’aurais bien voulu être comme Indiana Jones partant à la conquête d’un nouveau trésor, mais la déconstruction, c’est plutôt un truc méticuleux genre les Experts, toutes les équipes réunies pour davantage d’efficacité. C’est une véritable autopsie du mariage et il est vital de la mener si l’on veut comprendre comment cela a pu arriver et, surtout, pour que cela ne se reproduise pas…

 

Ce n’est qu’après la lecture de ce rapport d’autopsie que pourra commencer la reconstruction !

Pour ma part, je crois que je suis toujours dans la phase deux. Je ne manquerais pas de vous prévenir quand j’aurais attaqué la phase trois !

 

Le BHD n°19: Mako, moulages, poteries!

Le BHD n°20 : Mako, moulages, poteries !

 

Un excellent médecin m’a dit un jour que nous étions comme des boules de billard sur un Snooker. La queue (sans jeu de mots graveleux) nous donne une trajectoire, une ligne de vie. Mais les autres boules, en nous tamponnant, nous propulsent vers de nouvelles trajectoires auxquelles nous devons nous adapter.

Je pense plutôt que nous sommes comme cette célèbre pâte à modeler Play Do. On nous sort de notre belle boîte, nous avons une couleur magnifique, une belle texture, nous sommes capables de prendre des formes à l’infini, et il suffit de prendre bien soin de nous, et de bien nous ranger dans la boîte à l’abri de l’air et de la lumière pour que cela continue…Mais ce serait trop simpliste.

Un jour, une autre couleur vient s’ajouter à la nôtre, puis d’autres, la rendant encore plus colorée, irisée et merveilleuse. Un jour encore et on oublie de nous ranger. Manquement au soin, premier durcissement ! D’autres oublis surviennent et notre texture perd de sa souplesse, nous laissons de-ci delà d’infimes petits morceaux de nous-mêmes éparpiller notre personnalité, notre moi profond…A force d’oublis, à force de ne plus être bien rangé dans notre boîte, nous finissons par durcir et devenir d’une couleur terne, qui ne ressemble plus à rien. Nous devenons dures comme une pierre et l’on finit par de débarrasser de nous tel un vieil objet devenu obsolète.

Je me sens comme un caillou, bloc de granit à l’extérieur et pourtant, enrichie par tous les mélanges que j’ai reçue, lave en fusion à l’intérieur.

J’ai pris des tas de trajectoires qui m’ont impactée, qui m’ont ballotée, qui m’ont jetée tel un galet sur une plage. J’attends celui qui me ramassera…

Je ne suis pas un caillou au cœur de pierre.

Je ne souffre pas d’un manque, mais d’un trop plein !

Un trop plein d’amour à donner…

 

 

Le BDH n°19: Mais où est donc passé Morphée?

Le BHD n°19 : Mais où est donc passé Morphée ?

 

Il n’y a pas que l’amour qui m’ait quittée, le sommeil aussi, cet enfoiré, s’est enfuit !

Les bonnes et longues nuits de sommeil réparateur ont déserté et n’existent plus que grâce à la science des apothicaires. À tel point qu’il m’arrive de redouter le moment du coucher…

C’est invariablement la même scène qui se reproduit comme une pièce de théâtre qui se jouerait à guichet fermée. Je suis épuisée et je me couche dans ma position préférée espérant un sommeil sans rêve et bien mérité. Mais là, c’est le même balai qui commence et se répète. La musique d’une nuit sur le mont chauve de Moussorgski résonne dans ma tête et c’est toutes les sorcières de Salem qui débarquent autour de mon lit et dansent en ronde infernale comme pour leur grand Sabbat des soirs de pleine lune. Pour l’occasion, elles ont décidé de transformer mon pauvre cerveau en chaudron bouillonnant. Elles exécutent leur funeste et macabre danse, toute de noir vêtues et jettent une à une leurs pires ingrédients. Plouf, trois pincées de « pourquoi, pourquoi ? », plouf, une bonne lampée de « qu’est-ce qu’elle a que je n’ai pas ? », plouf, une grande rasade de « tu vas finir ta vie toute seule ». Plouf, plouf, cinq cuillères à soupe de « problèmes de fric ». Et pour faire bonne mesure un litre de désespoir ! Et ça tourne, et ça brasse et ça mijote et je me dis que ça ne s’arrêtera jamais…Alors, je choisis de me lever, direction la cuisine, un café et dehors, une cigarette !

Très souvent, quand je retourne dans mon petit dodo, je prends un bloc-notes, un stylo et je couche sur le papier toutes les idées noires qui me viennent. C’est ainsi qu’est né mon billet d’humeur !

L’écriture, c’est thérapeutique. Ecrire me permet d’ordonner mes pensées.

Ensuite, je compte quelques troupeaux de moutons et je finis par trouver le sommeil avec la satisfaction du travail accompli.