Le BHD n°46 : Je suis féministe

Quand j’entends Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l’Express déclarer qu’instaurer l’égalité salariale hommes/femmes mettrait l’économie de notre pays en péril, je vois rouge !

Et si on essayait d’augmenter les femmes et de mettre les hommes au niveau actuel du salaire des femmes, juste pour voir ! Nous sommes la force vive de ce pays, c’est nous qui consommons et faisons davantage marcher l’économie…Allez, juste pour voir !

Alors, voilà, je suis féministe et d’ailleurs, tant que le terme « hoministe » n’existera pas, je n’aurais d’autre choix que d’être féministe !

Je lisais l’autre jour un article très intéressant et très, comment dire, dérangeant sur le fait que la vie d’une femme dans le mariage pouvait s’apparenter à une forme de prostitution…Je vous entends déjà hurler, mais laissez-moi m’expliquer.

Je me suis remémorée toutes ces choses que font les mères et les épouses, telles des femmes de l’ombre ou des femmes dans l’ombre…de leur mari…

Personnellement, je me suis entendue dire pendant des décennies : « Moi, j’ai un métier ! ».

Ah, parce que sûrement, sage-femme de nuit en salle de naissance c’est un loisir qui ne requière aucune compétence et sans aucune responsabilité…

Enfin, bref ! On nous rebat les oreilles avec la parité homme/femme, la parentalité, la place du père et patin-couffin ! Mais les chiffres sont là et ce n’est pas moi qui les invente, il suffit d’aller voir sur les sites de statistiques comme l’INSEE. Depuis 1968, c’est toujours « bobonne » qui se tape les tâches ménagères, et d’ailleurs, elle aime tellement les 35 h qu’elle les fait deux fois par semaine : une fois au boulot et une fois à la maison !

Combien d’entre nous entendent « TON » ménage (bah oui, parce que je suis la seule à vivre et à salir cette habitation, « TA » lessive (bah oui parce que je ne lave que mes fringues), « TES » gosses (bah oui, parce que je les ai trouvé sur le pas de la porte ».

Et puis tous ces magazines féminins truffé de photos trafiquées par « PHOTOSHOP » qui nous font culpabiliser à longueur de temps de ne pas être parfaites…alors que vous ne ressemblez pas forcément à un Dieu Grec…Ces mêmes magazines au programme desquels on trouve dans le même numéro des articles aux antipodes les uns des autres :  « Apprendre à s’accepter soi-même », « Perdez 10 kilos en 15 jours avec notre nouveau régime miracle », « La recette du fondant au chocolat »…

Et tout ça, encore, c’est « mignon » comparé aux violences conjugales, aux violences envers les femmes, au sexisme. Sans oublier les horreurs que vivent les femmes à travers le monde : mariages forcés, excision, pas d’accès à l’éducation, pas d’accès aux soins, féminicides, le viol comme arme de guerre, sélection des bébés filles…La liste est tellement longue…La cruauté des hommes à l’égard des femmes n’a pas de limite et semble exister et se perpétuer depuis que le monde est Monde.

Les Femmes représente la moitié de l’Humanité, 52% si on veut pinailler, alors pourquoi tant de haine ?

Nous sommes les mères, les femmes et les filles de ces hommes et c’est sûrement à nous qu’il revient de les éduquer autrement pour renverser la vapeur…

Tant que les femmes ne seront pas l’égal des hommes, tant qu’elles auront besoin de se justifier sur leur façon de s’habiller, sur leur façon d’être, tant qu’on les prendra pour des bouts de viande, tant que la société sera patriarcale, alors oui, je n’aurais pas d’autre choix que d’être féministe. Parce que d’autres se sont battues avant moi. Parce que mon devoir de femme est de faire évoluer les choses, tout simplement.

 

“Les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson.” Rebecca West (1892-1983)

 VVB

Le BHD n°44 : 2017, année chouette !

2016 est partie.

Elle a vu les disparitions douloureuses de Daddy et Louis.

Elle a vu l’amitié du Boys Band devenir plus forte que jamais.

Elles a vu des moments de franches rigolades avec les copines.

Elle a vu une rencontre avec un couple d’artistes formidables et généreux comme on en voit peu.

Elle m’a vu grandir, apprendre et intégrer, parfois dans la douleur, des leçons et des notions importantes : « Dieu réside en moi en tant que moi », « On ne peut pas demander à la Lune d’être le Soleil », « Maman poule voit s’envoler et s’éloigner ses poussins et elle doit l’accepter ».

Elle m’a vu atteindre le pardon.

Elle m’a vu me libérer du passé.

Elle m’a vu faire mes débuts de rédactrice.

Elle m’a vu avoir le courage de m’éloigner de personnes dont la vie se résume à des faits et des actions sans aucune place pour les sentiments et les émotions.

Elle m’a vu me définir comme « Célivorcée », c’est-à-dire célibataire mais divorcée, parce que déjà, c’est plus beau que « Divorbataire », et surtout, ça permet de ne pas nier le passé tout en étant tournée vers l’avenir…

 

C’est décidé, 2017 sera chouette !

Je peux encore faire la minette.

Je garde mon côté Suffragette.

Je vais gagner pleins de pépettes !

Je refais de belles balades à bicyclette.

Je vais avoir de nouvelles lunettes.

Je démarre (visualisation positive) une magnifique amourette et j’en prends pour perpette !

Nous vivons pleins de tendres moments sous la couette, à faire des galipettes qui se finissent en levrette…

Au moins 740 mots riment avec 2017, trouvez les vôtres !

Mais moi, c’est décidé, 2017 sera chouette

 

VVB

Le BHD n°43 : Le grand pardon

Entre le crépuscule qui tombe sur 2016 et l’aube de 2017 qui n’est pas encore née, je m’interroge sur la notion de pardon avec un grand « P ».

En pleine trêve des confiseurs, il est temps.

Mais disons que pour atteindre la sérénité et la dernière phase de deuil, celle de l’acceptation, il serait bon de maîtriser le sujet et de ne pas passer pour une truffe en passant carrément à côté de l’essence même du truc…Mon côté perfectionniste…Un petit passage au microscope à balayage s’impose parce qu’il s’agit de bien d’autre chose que de dire pardon pour un pet intempestif…

Je vous ai donc concocté un petit topo sur le pardon.

D’un point de vu psychologique, le pardon est nécessaire pour être bien dans sa peau et se libérer du passé.

« Ne pas pardonner, c’est comme si vous avaliez du poison en espérant que l’autre soit malade » Docteur Psalti.

Si l’on s’en réfère au dictionnaire : le pardon est le résultat de l’acte de pardonner, la rémission d’une faute. C’est tenir une offense, une faute pour nulle (et/ou l’excuser) et renoncer à en tirer vengeance. C’est ne pas en tenir rigueur au coupable et ne pas lui garder de ressentiment.

Je ferais ici une petite parenthèse car je dois dire que dans mon processus personnel, il ne m’est jamais venu, même une seule seconde, de désir de vengeance. La seule question qui m’a taraudée des mois durant, m’usant jusqu’au trognon étant : « Qu’est-ce qu’elle a que je n’ai pas ? ».

D’un point de vue religieux, je préfère commencer par ce que le pardon n’est pas : ce n’est pas fermer les yeux sur l’offense, ce n’est pas faire comme si rien ne s’était passé, ce n’est pas se laisser traiter injustement et ce n’est pas pardonner sans raison valable (à savoir que Dieu ne pardonne pas aux personnes qui pêchent volontairement, par méchanceté, et qui refusent de reconnaître leurs erreurs, de changer et de s’excuser auprès de ceux qu’ils ont blessés).

Mais alors, comment faire pour pardonner, doit-on pardonner à la personne ou pardonner ses actes, tout en sachant qu’elle ne les reconnaît pas ?

Dans la Bible : le mot « pardonner » a le sens de « laisser aller », comme quand une personne n’exige pas le remboursement d’une dette. La Bible explique également que l’amour désintéressé est le fondement du vrai pardon, puisque l’amour « ne tient pas compte du mal subi ». Pas toujours très clair, je tends l’autre joue, mais « ça dépend ça dépasse ».

Côté philosophie, « le pardon permet de libérer des ressources à titre individuel et collectif face à l’irréparable ».

Alors, en gros, pour résumer, je pense que je tiens bien le truc et que pour moi, c’est acté, validé, assimilé : je ne demande plus à la Lune d’être le Soleil, je ne ferme pas les yeux sur la faute, mais je n’en tiens plus compte. Je me pardonne à moi-même d’être imparfaite. Je suis en paix avec lui mais plus encore avec moi-même. Je laisse aller le passé pour accueillir l’avenir.

C’est formidable de laisser son fardeau et de se sentir légère !

Libérée, délivrée !!!!

VVB

Le BHD n°42 : Grand petit homme

Depuis le jour de ta naissance, tu es mon petit Crapaud. Surnom qu’on pourrait qualifier de « moche », mais qui résonne à mon cœur comme tout l’amour que je te porte.

Très rapidement, j’ai constaté que tu étais petit et que ton développement staturo-pondéral était anormal. J’ai alerté. Il a fallu du temps et 2 cassures dans ta courbe poids/taille pour admettre que mes doutes étaient peut-être fondés. Et là, enclenchement du processus : plusieurs bilans, un staff médical, des examens et deux hospitalisations en hôpital de jour de pédiatrie. Et un lundi matin en sortant de week-end de nuit, un verdict qui tombe : déficit en hormone de croissance !

Jamais je n’oublierais le soutien extraordinaire que m’ont apporté certaines personnes. Tout d’abord un gynécologue avec qui je travaille et qui m’a dit : « bon, c’est grave, mais il y a un traitement et ça se soigne. C’est moins chiant que le diabète, il ne se piquera qu’une fois par jour…et puis, même si ses orteils sont petits, il les aura tous ». C’est fou comme une phrase peut se graver en vous… Une immense reconnaissance à mes deux copines pédiatres de Pau : Valérie et Bénédicte qui ont été hyper réactives, d’une efficacité redoutable et qui ont remué ciel et terre pour s’occuper de mon petit amour.

Et c’est ainsi que le 19 janvier 2008, j’ai eu à prendre, seule, une des décisions les plus difficile de ma vie de maman : démarrer un traitement…ou pas. Taille adulte annoncée sans traitement, moins de 144 cm. J’ai choisi en mon âme et conscience de mettre en place un traitement où tu recevrais chaque jour une injection sous cutanée d’hormone. Pour cette décision, j’ai payé. J’ai dû essuyer des critiques directes et des insultes indirectes. Les mots entraînent les maux et vice versa. Rancœur insidieuse. C’est mon choix, je l’assume entièrement. Et, a postériori, je ne le regrette pas et si c’était à refaire, je ferais de même, avec toutes les conséquences que cela implique.

Je me souviens avec effroi des premières semaines où tu pleurais chaque soir en me disant que tu ne voulais pas grandir parce que tu ne voulais pas ta piqûre…J’ai failli abandonner, et plus d’une fois.

J’ai appris à ton grand frère comment te piquer, puis à tes sœurs, de façon à ce qu’il y ait toujours quelqu’un pour toi. Ils ont été formidables et je mesure les grandes responsabilités que je leur ai confiées.

Je me souviens de tes premiers jours à l’école primaire où tu pleurais chaque soir parce que tu étais le plus petit de toute l’école et que les autres te disaient que tu étais un bébé qui devrait être en maternelle…

L’avantage, c’est que j’ai pu te porter dans mes bras très, très longtemps. Je me sens fusionnelle avec toi, on me dit souvent que c’est parce que tu es mon « petit dernier ». Mais c’est bien plus que cela.

Je sais la force et le courage qu’il t’a fallu pour tout ça. Tu es un enfant extraordinaire et courageux.

Tu es d’une grande prévenance envers moi, envers les autres. Tu as de la force, tu sais charmer toute personne qui t’approche.

Et là, depuis ce mardi 15 novembre 2016, méga joie ! Fin du traitement, enfin ! Après 8 ans, 9 mois et 24 jours soit 3220 injections, fini le stylo et sa boîte, fini la pochette réfrigérante, fini les boîtes jaunes de recueil d’aiguilles, le coton et l’antiseptique…fini de  trimballer partout ton matériel et tout ce que cela impliquait comme logistique. Fini les contraintes et la « valise diplomatique ». Une forme de liberté retrouvée et méritée.

Tu es grand. Tu ne le seras peut-être pas par la taille, mais la grandeur d’un homme ne se mesure pas par sa taille, elle se mesure par sa valeur. La tienne est immense !

 

VVB

Le BHD N°41 : « Dieu réside en moi en tant que moi » :

Je me suis donc répétée cette phrase comme un mantra pendant des semaines cherchant à comprendre comment elle pouvait être aussi importante pour moi. Et un jour, la lumière fut ! Et c’est toutes les cloches de la basilique Saint-Pierre sonnant avec force comme un jour d’élection papale (pardonnez-moi ce clin d’œil ecclésiastique) qui se sont mises à résonner dans ma tête.

J’ai enfin compris !

Comme je l’avais pressentie, il n’y a rien là de religieux et d’ailleurs cette phrase aurait pu être l’univers ou la nature réside en moi en tant que moi, je pense que l’effet aurait été le même.

J’ai enfin compris, ou plutôt la petite fille de 8 ans enfouie au fond de moi a enfin compris un fait d’une importance capitale.

Arrivée à ce stade, je dois vous confier qu’à 8 ans, j’ai subi un traumatisme. J’ai travaillé sur le sujet avec des « psy » et je pensais innocemment que c’était une histoire définitivement réglée. Que telle une ancienne blessure, la cicatrice était toujours visible mais devenue non douloureuse.

Sauf que la petite fille de 8 ans avait intégré et développé la  fausse croyance suivante : si j’étais une « gentille personne », il ne m’arriverait que des « choses positives » et si j’étais « une mauvaise personne » il m’arriverait des « événements négatifs ». Franchement, ne pas croire en Dieu et se retrouver confrontée à la « punition divine », il faut admettre que c’est complètement antinomique et que ça frise le ridicule, mais bon, à 8 ans, c’est certainement compréhensible.

Ce qui reste incompréhensible, c’est comment un mode de fonctionnement « faux » peut impacter votre vie pendant une quarantaine d’années. Le cerveau à ses raisons que la raison ignore !

Pour ma défense, je dirais que nos émotions et sentiments ne sont pas toujours gouvernés par notre « intellect » et que « détricoter » certains schémas construits dans l’enfance n’est pas aussi facile que certains pourraient le croire. Ça demande du temps et un très gros travail personnel.

Je suis imparfaite, mais à l’impossible, nul n’est tenu.

Je peux dire que je n’ai jamais commis sciemment de mauvaises actions. Il y a, bien entendu 2 ou 3 choses dont je ne suis pas spécialement fière, mais bon, comme dit le proverbe, « que celui qui n’a jamais pêché me jette la première pierre ». J’ai fait comme tout un chacun de mauvais choix, mais ils me paraissaient bons au moment où je les ai pris. Le tout, c’est d’en assumer les conséquences et je ne suis pas du style à fuir devant mes responsabilités. J’assume. J’apprends. Je progresse.

La nature prend son temps, mais elle accomplit son œuvre.

Dorénavant, Dieu réside en moi en tant que moi…

VVB

Le BHD n°40 : Fille de joie

C’est à croire que dans la vie, tout comme dans la Belle au bois dormant, de curieuses marraines se penchent sur votre berceau pour vous affubler de certaines aptitudes. Parfois, il s’agit de dons ou de talents mais parfois, ce sont de petites ou grandes malédictions. Un peu comme les supers héros qui n’ont d’autres choix que d’enfiler le masque et la cape quand tout va mal.

Ne dit-on pas, lui, c’est le petit rigolo de la famille, elle, c’est l’intellectuelle, lui, le casse-pied de service…

La question, c’est sommes-nous ainsi à la naissance ou est-ce à force de l’entendre de nos parents et des autres que nous le devenons ???

Ma famille avait coutume de dire que j’étais forte et que je n’avais besoin de personne, les profs et instits me traitaient de clown et de bavarde… A quel point les projections de nos parents influencent notre personnalité ?

Suis-je condamnée à être forte et drôle sans jamais pouvoir m’arrêter sous peine de tomber ? Je suis terriblement lasse de porter ce masque.

Je crois qu’il n’y a qu’une seule personne qui m’ait réellement percée à jour, une collègue de Pau. Quand je pratiquais l’autodérision et les blagues en tout genre, elle disait à la cantonade : « Attention, Valou, plus elle déconne, plus elle va mal » !(merci Lolotte pour ta perspicacité)

Et oui, les clowns ne sont pas toujours drôles.

Petite fille, je devais avoir 9 ou 10 ans, j’ai assisté avec mes grands parents à une représentation du Cirque Amar. Un de mes héros s’y produisait : Achille Zavatta. Poussée par ma mamie, je suis allée lui demander un autographe. Savez-vous ce qui m’a le plus marquée ? Cette indicible tristesse dans son regard ! Pouvait-on faire rire et être triste ?…Devenue adulte, je sais que la réponse est « oui ».

Par facilité, on colle des étiquettes aux gens. On les enferme dans des cases, dans une image, un style, un emploi. La plupart des gens ne veulent pas réellement savoir qui vous êtes, ils ne connaissent qu’une image, un reflet et ça leur suffit.

Le monde ressemble au carnaval de Venise, un masque pour le boulot, un pour la famille, un pour les commerçants. Heureusement, il y a ceux avec qui on peu être juste soi, sans masque et sans fioritures, sans rôle à jouer, cartes sur table ! Et ces personnes sont les plus précieuses qui soient.

J’ai l’immense chance d’en connaître…et plusieurs…

VVB

Le BHD n°39 : Le fric, c’est chic ! (les sujets qui fâchent, n°3)

« Touche pas au Grisbi »

Et en prime, comme dans le dialogue d’Audiard, je pourrais rajouter « salope » !

Ben oui, puisque outre le fait d’avoir divorcée et d’avoir vu mes revenus diminués comme peau de chagrin depuis, je dois faire face au mécontentement de mes petites têtes blondes qui ne me trouvent pas assez généreuse financièrement !

Allez, 2-3 uppercuts, maman dans les cordes et complètement KO !

Au moment du divorce, j’ai fait des choix financiers qui sont confidentiels et de l’ordre de l’intime entre mon ex-mari et moi et qui n’apporteraient rien dans le débat du jour.

N’empêche, 1+1=2 et 0+0= la tête à Toto ! Et ça, c’est mathématique !

Même si je gagne bien ma vie, je ne suis pas riche pour autant. Comme tous les parents solos, j’ai un salaire non extensible. Comme tous les ménages que l’on dit « moyen », je gagne trop pour avoir droit à des aides quelconques, mais je paye tout « plein pot », alors, il faut faire « avec » ou plutôt « sans » dans le cas présent.

Faire comprendre que chaque parent participe en fonction de ses revenus, et non pas à égalité, c’est une tâche que je n’imaginais pas aussi ardue.

Pourtant, dans le livret de famille est stipulé noir sur blanc : « Les époux doivent contribuer aux charges du mariage à proportion de leurs facultés respectives. Ils peuvent demander au juge des affaires familiales, le ces échéant, de fixer cette contribution ». Donc, celui qui gagne le plus participe davantage ! C’est clair !

Il est certainement cruel de se dire qu’actuellement, avec mon assurance vie, je vaux plus morte que vive. Cruel, mais réel !

Comme il est loin le temps où un Kinder surprise faisait de moi la meilleure maman du monde. Maintenant, le permis, une voiture et tous les sacrifices financiers du monde n’y suffisent plus.

Les hormones pubertaires sont responsables de troubles du calcul mental, même chez les jeunes doués en mathématiques.

Sans trop vouloir me poser en « vieille conne réactionnaire », je peux me vanter d’avoir gouté très jeune au travail. A 11 ans, je faisais commis sur les marchés de nuit pendant les vacances et à 15 ans, je faisais vendeuse dans la crémerie familiale, et sans aucun salaire !

Mes enfants, j’ai toujours été prête à les satisfaire. Je suis du style à donner plus que ce que je n’ai. La contre partie de ce que j’ai connu. Mais finalement, ça ne sert à rien puisque la reconnaissance n’est pas de mise.

Comme dirait une amie, « fait hièche, on les a, on les aime », mais on aimerait aussi qu’ils se rendent compte de ce qu’on fait pour eux, ce qu’ils voient et ce qu’ils ne voient pas ou ne veulent pas voir.

Il ne me reste plus qu’à espérer et/ou à attendre qu’eux-mêmes soient parents et se rendent compte…Ma ligne verte à moi, en quelque sorte…

VVB

Le BHD n°38 : Funérailles

Peut-on dire que des funérailles sont magnifiques ?

Celles de Louis le furent.

Une foule venue lui rendre un vibrant hommage, un parterre de fleurs, la pluie elle-même qui cesse le temps de la cérémonie, de merveilleuses photos retraçant sa vie, des textes tous plus beaux les uns que les autres décrivant un enfant espiègle, un féru de la langue française, un talentueux cuisinier, un graphiste hors pair, un futur infirmier brillant, un jeune homme ne se plaignant jamais de la maladie, un frère, un fils, un ami…

Ses amis de la promotion Pangolin, arborant leurs blousons avec son logo dessiné par lui, soudés et unis grâce à lui, derrière lui, avec lui…

Les adieux qui se succèdent tous plus douloureux les uns que les autres… Le premier quand la mort survient, attendue, redoutée… Le second quand le cercueil se ferme et qu’on ne verra plus la personne tant aimée… Le dernier quand il arrive à sa dernière demeure…et au milieu un anniversaire, le sien, comme un outrage…

Il y a aussi la fatigue, les tensions familiales qui resurgissent, des abcès qui se crèvent, des « mises à plats » nécessaires qui font du bien, une belle-fille extraordinaire, petite fée prenant toute l’intendance en charge, un petit fils comme une promesse de bons moments à venir…

Des bribes de phrases gravées : « Ce moment tant redouté, on y est maintenant… », « le bleu qui était cyan et pas juste bleu », « la couleur lie-de-vin de son chapeau »,  « Fort comme son nom, Louis comme un roi », « les copains qui te portent pour sortir de l’amphi », « ton charisme et tout ce que tu as apporté à chacun », « les balades dans les vignes », « des gammes à la trompette », « les tests de la ratatouille et la rapatatouille », « des vacances dans l’Ile d’Oléron »…

Courage, force, détermination, charisme, amitié et amour sont les mots qui te définissent le mieux.

Et maintenant… juste le vide intersidéral de ton absence… et ce texte que tu avais choisi toi-même pour l’occasion :

 

L’amour ne disparaît pas de Charles Péguy : La mort n’est rien : je suis seulement dans la pièce d’à côté… Je suis moi, vous êtes vous… Ce que j’étais pour vous, je le resterai toujours… Donnez-moi le prénom que vous m’avez toujours donné. Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait… N’employez pas un ton différent… Ne prenez pas un ton solennel ou triste… Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble… Priez, souriez, pensez à moi… Que mon prénom soit prononcé à la maison… Comme il l’a toujours été. Sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre ! La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié… Elle est toujours ce qu’elle a été… Le fil n’est pas coupé… Pourquoi serais-je hors de votre pensée Simplement parce que je suis hors de votre vue? Je vous attends… Je ne suis pas loin, Juste de l’autre côté…

VVB

Le BHD n°37 : Pour l’amour d’une mère

Depuis aujourd’hui, le ciel compte une nouvelle étoile à son firmament.

 

Cette étoile s’appelle Louis.

Un jeune homme extraordinaire emporté à l’aube de ses 32 ans par une saloperie de cancer.

Je ne l’ai rencontré qu’une fois, mais sa mère est une de mes amies les plus chères.

Louis a eu son premier cancer au lycée. Depuis, les mots d’ordre dans sa famille ont été : amour, courage, détermination, obstination. Que de batailles menées !

Je ne connais pas Louis, mais j’aime sa mère.

Perdre son enfant, c’est une ignominie sans nom.

Voir son enfant disparaître, c’est l’insulte suprême des lois de la nature, il n’y a pas de mot assez violent pour décrire cette perte.

Pour les amis et les proches, c’est l’impuissance ! On se dit qu’il n’y a rien qu’on puisse faire pour soulager la peine de ces parents, si ce n ‘est, être toujours là pour eux et ne pas leur tourner le dos ni détourner le regard parce qu’on ne sait ni quoi dire, ni quoi faire, ni comment réagir.

 

Linda Lemay a écrit des paroles sublimes à ce propos dans sa chanson « Pas de mot » : elle dit que lorsqu’on perd ses parents, on devient orphelin, lorsqu’on perd son conjoint on devient veuve ou veuf, mais lorsqu’on perd un enfant, il n’existe pas de mot. La langue française est pourtant riche en vocabulaire et en nuances. Mais là, c’est si douloureux que même l’Académie Française y perd son latin.

Laissez-moi aussi vous comptez quelques détails que vous n’imaginez sûrement pas sur le cancer.

Les traitements sont lourds, souvent douloureux et ont d’énormes effets secondaires. Le cancer ne se contente de dévorer celui qui en est atteint. Il s’invite insidieusement dans la famille et en devient un membre à part entière, un membre égoïste, exigeant et pervers. La maladie devient un autre enfant de la famille, un être chronophage monopolisant les ressources de chacun.

Il était infographiste jusqu’à ce qu’une charmante patronne le licencie pour ses absences répétées, ben oui, parce si Louis avait pu choisir, il aurait choisi de ne pas être malade et d’être présent au boulot. La bienséance veut qu’on ne souhaite de malheur à personne, mais madame, j’espère que la roue tournera et qu’elle vous écrasera au passage !

Et puis aussi, quelques histoires sordides : d’argent, de mesquineries administratives, de difficultés supplémentaires et inutiles quand ce n’est vraiment pas le moment…

 

Louis avait une incroyable ténacité et une volonté de vivre ! Chaque fois qu’on le pensait au plus bas, il nous démontrait le contraire. Combatif, énergique, luttant de toutes ses forces contre la maladie. Il a décroché brillamment le concours d’entrée à l’Institut de Soins Infirmiers. Malgré les traitements, la fatigue, il avait d’excellentes notes. Quel courage, quelle bravoure ! Un héros !

Malheureusement, ce jour, le Monstre a gagné…Ce n’était pas David contre Goliath et, le Bien n’a pas triomphé du Mal… C’est le vie, la vraie, celle qui fait mal et vous laisse dans la bouche un gout d’amertume et de cruelle injustice. Louis est parti pour un monde que l’on dit meilleur…

 

Louis, tant que tu vivras dans le cœur de ta famille et dans l’esprit des gens, ton sillage sur cette Terre restera gravé à jamais.

 

 

 

Je vous mets en lien les paroles de la chanson de Linda Lemay :

http://www.parolesmania.com/paroles_lynda_lemay_4461/paroles_pas_de_mot_1215155.html

VVB

Le BHD n°36 : Le dur métier d’être mère ! (les sujets qui fâchent, n° 2)

« Les enfants sont le ciment du couple ». Encore une belle ineptie judéo-chrétienne pour nous obliger à procréer, sans doute ! Que nenni, que nenni !

J’accompagne des couples et des naissances depuis plus de 26 ans et je suis moi-même la mère de 4 enfants. Je crois être assez bien placée pour dire que chaque nouvelle naissance impose un remaniement de la famille, du couple parental et aussi du couple conjugal ! De manière plus triviale, je dirais qu’être parent c’est comme être un funambule à 50 mètres au-dessus du sol, sans filet et sans apprentissage préalable, et vous devez osciller continuellement entre le « trop » et le « pas assez ».

De la famille dont je suis issue, il était de mise de ne pas se parler, d’éviter certains sujets, de ne pas parler de ses émotions ni de ses sentiments et, petite indélicatesse, on m’avait rabâché tout au long de mon enfance et de mon adolescence que j’étais un « accident » !

Je m’étais dit que dans la famille que je construirais, tout serait différent.

Ce fut le cas, du moins, le croyais-je jusqu’à récemment !

Vous aimez un homme de toute votre âme et vous lui faîtes un enfant en témoignage de cet amour, un prolongement de lui et de vous… Ce petit être se construit au creux de votre ventre et c’est sûrement pour cela que nous l’aimons avec nos tripes. L’amour maternel est viscéral. Vous désirez ardemment cet enfant. Il comble toutes vos espérances, vous le choyez, le nourrissez, veillez sur lui comme sur la prunelle de vos yeux, vous vous sacrifiez pour lui sans qu’il ait le moindre désir à formuler et sans qu’il vous en coute (ou presque). Vous lui apprenez à marcher, à être propre, à parler, à s’éloigner de vous, à prendre confiance en lui. Vous consolez ses petites et grandes peines, vous nettoyez son vomi, vous lui racontez des histoires, vous le soignez. Vous découvrez l’art subtil d’encourager sans obliger. Vous êtes son plus grand fan. Vous lui transmettez les valeurs qui sont importantes à vos yeux…

Et puis un jour, vous vous retrouvez avec un jeune adulte en face de vous qui s’apprête à quitter le nid. Il ne pense qu’à cela, se sentant fort avec ses petites ailes encore toutes frêles. Il se croit déjà adulte et ne veut pas entendre vos conseils bienveillants.

Vous lui faites face et vous vous demandez où sont les valeurs que vous lui avez transmises, il vous assène quelques vérités bien senties et cruelles : exit maman chérie que j’aime, bonjour la vieille conne nulle en informatique qui cuisine comme un pied !

Coup de poignard en plein cœur, profonde déception et cruelle désillusion !

Très franchement, je pense que le taux excessifs d’hormones pubertaires est responsable d’amnésie partielle ou totale chez l’adolescent, je ne vois pas d’autre explication plausible !

Et là, sur le perron de la porte, on se dit que leur bonheur va dépendre en grande partie de leurs propres choix et décisions…et plus des nôtres…

La chasse aux Pokémons est ouverte et vous, vous êtes reléguée au Musée…rayon « dinosaure » !

Bah oui, parce qu’en prime, quoiqu’il y ait comme défaillance dans le système, Freud a enseigné que c’est « la faute de la mère » !

Mais la mère, elle continue d’aimer, ne veut que le bonheur de son enfant et elle sait, mieux que personne à quel point l’amour maternel est inconditionnel.

 

« Les enfants commencent par aimer leurs parents. Quand ils grandissent, ils les jugent. Parfois, ils leur pardonnent ». Oscar Wilde

VVB