Valérie – 1er chapitre

Quand Patrice  m’a proposée d’écrire une rubrique sur son site, je me suis sentie pousser des ailes et j’ai accepté aussitôt le défi.

Mais sur quoi écrire ? Je n’ai pas la prétention d’apporter ma pierre de Rosette à la sexologie, des tas d’autres font cela mille fois mieux que moi. Des nouveautés en matière de sexe et de cul, là encore, les magazines féminins, les blogs, la télévision regorgent d’informations sérieuses ou complètement farfelues sur le sujet…

Alors sur quoi écrire ?

Etant une jeune divorcée et quand je dis jeune, je veux dire divorcée depuis peu, et non pas que je sois jeune par mon état civil, je me suis dit que je pourrais vous décrire comme dans la chanson : « tes états d’âmes Eric, sont pour moi comme les états d’Amérique… »HeureuxEvenement04

Les « il faut », les « tu devrais » de la société et des amis pour passer à «  autre chose ».

Mon raisonnement est le suivant : pour avoir une sexualité épanouie (devoir de la femme moderne d’aujourd’hui), il faut un partenaire (j’exclue la masturbation, c’est hors champ dans la discussion présente), pour avoir un partenaire, il faut une rencontre, et pour une rencontre, il faut être prête à se jeter de nouveau dans le grand tourbillon de la vie. Vous me suivez ?

Je vous propose donc de suivre mes petites aventures, mes grandes interrogations, mes doutes, mes tricotages intellectuels, comme je les nomme moi-même. Je ne suis ni une star, ni un modèle à suivre, juste une femme ordinaire se demandant si elle aura encore droit à l’amour.

De petites précisions s’imposent néanmoins avant d’attaquer le vif du sujet.

Cette rubrique n’est pas un conseil juridique ou matrimonial : je ne suis pas avocate.

Je ne parlerais pas de ma profession car je suis soumise à mon code de déontologie.

Je ne parlerais pas de mon ex-mari pour le quel j’éprouve toujours du respect et de l’affection car, quoiqu’il se passe, il est et il reste le père de mes enfants.

Je ne parlerais pas non plus de mes enfants qui ont assez souffert de la situation et qui sont ce que j’ai de plus précieux dans l’existence.

Et, pour ceux qui connaissent Chrek, nous voili parta !!!

Le billet d’humeur de la divorcée : qui suis-je ?Valou

Précédemment, j’ai dit ma volonté de ne pas parler de mon ex-mari, mais si je veux que vous compreniez qui je suis, je dois malgré tout évoquer avec vous la façon dont j’en suis arrivée là !

C’est arrivé brutalement.

Pour faire simple, synthétique et pudique, on va dire que j’ai été remplacée à la direction de l’établissement ! Fin de contrat après 22 ans et 4 enfants.

Inutile de faire dans le misérabilisme à l’eau de rose, ce qui est fait est fait !

Basta, plié, on ferme le tiroir.

The show must go on!

Maintenant, selon l’expression favorite de ma meilleure amie, il faut “que le facteur remonte sur le vélo!”

J’en profite au passage pour remercier mes amis, hommes et femmes qui m’ont soutenue, écoutée, filé des kleenex et qui m’ont donné de leur temps durant cette épreuve. Une note spéciale à ma « maman sardine » sans qui je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui.

Le fameux proverbe « c’est dans le besoin qu’on reconnaît ses amis » n’a jamais été aussi vrai que pendant ses sombres jours.

Alors voilà, on en est là. J’en suis à la moitié de ma vie et je me retrouve seule.

Pas question pour moi d’étaler ma vie comme un jour d’exécution publique en place de Grève !

Permettez-moi de vous expliquer ce que j’appelle la sectorisation des rôles : je suis une femme qui a des enfants et j’exerce une profession.

Profession : je n’en parlerai pas.

Mère : je suis une maman comblée, chacun de mes enfants a été désiré et il est une preuve de l’amour que je portais à leur père. Ils sont ma vie, mon jardin, mon soleil et l’un des plus puissants moteurs de mon existence. Je les protège comme une louve et préserve leur intimité.

Femme : ce sera là le cœur du sujet….et encore, mes billets d’humeur ne sont bien évidemment qu’une petite partie de qui je suis, de menue réflexions sur ce qui se passe dans les dédales de mes émotions ou ce que je constate au quotidien.

Le billet d’humeur de la divorcée : Miroir, mon beau miroir !

Sans titre 4Grande question : puis-je encore plaire ?

Avant même de scruter le miroir, mon extrait de naissance stipule que je me dirige à grand pas vers la cinquantaine. Horreur ! La ménagère de plus de cinquante ans, ce sera bientôt moi, autant dire que je ne vaux pas tripette sur le marché de la femme.

Comme disait Katy Bates dans les « Beignets de tomates vertes » : je suis trop jeune pour être vieille et trop vieille pour être jeune ! Douloureux !

Constats : je suis petite, 158 cm, exit donc les longues jambes fuselées ! Je dirais que je ne suis ni belle ni moche. Je suis dans la moyenne honorable. Je dirais que j’ai un charme indéniable et du charisme. J’ai aussi un humour décapant et le sens de la reparti qui me viennent du collège où j’avais pris l’option « boulotte rigolote ».

J’adore mes cheveux bouclés et dans les blonds. J’adore mes yeux, verts !

Mes mains sont jolies, petites avec de longs doigts tout fins.

Mes seins ne sont plus aussi fermes qu’avant, sans que je m’en aperçoive et malgré l’utilisation intensive de produits cosmétiques, des rides ont fait leur apparition, les pernicieuses !

J’ai la voix éraillée et un rire reconnaissable entre mille. Je chante comme une gamelle, mais je chante malgré tout, seule dans ma voiture et à tue-tête en plus !

Une femme comme les autres.

Alors, qu’est-ce-qui pourrait bien faire qu’un homme se retourne sur mon passage ?

Pffffff, le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas gagné !

Je me vois mal séduire avec mes mains ou en chantant…

Le billet d’humeur de la divorcée : Et la tête, alouette ?Unknown

Ou comment se trouver des qualités et de la valeur quand votre estime de vous-même a été passée au rouleau compresseur juste avant d’être incinérée !

Il y a certaines valeurs avec lesquelles je ne transige pas : l’amitié (avec moi, c’est à la vie, à la mort), la fidélité (plus que jamais) et le mensonge que je ne supporte pas (sauf pour le père Noël et la petite souris).

Je suis franche et je citerais un de mes supérieurs : « Ta franchise est l’une de tes principales qualités, et c’est, aussi, l’un de tes principaux défauts ».

Je suis super organisée, je suis exigeante envers moi…et les autres. Je voudrais toujours que tout soit parfait pour les gens que j’aime.

J’ai de l’humour, encore que ce soit dépendant de la personne avec qui vous êtes. Comme disait Pierre Desproges : « peut-on rire de tout ? Oui, mais pas avec tout le monde ! »

J’ai mon diplôme de sage-femme, je suis diplômée en sexologie. J’ai même un diplôme de conseillère en image.

Je lis beaucoup, j’aime les séries policières, j’aime sortir avec mes copines.

Je déteste cuisiner, et il y a, sur mon réfrigérateur un magnet qui annonce la couleur : « j’embrasse mieux que je ne cuisine ». Ce qui ne veut pas dire que vous mourrez de faim chez moi. Disons que je cuisine par nécessité.

Le sport, c’est pareil, je ne suis pas sportive dans l’âme, mais je marche, je cours, je fais un peu de vélo. Un esprit sain dans un corps sain (presque).

C’est pas tout ça, mais ça fait 22 ans que je n’ai pas été sur le marché de la séduction (avec un autre homme que mon mari) et de la drague, alors qu’est-ce-qui séduit un homme en 2016 ?

Certainement pas que je sois organisée ou que je n’aime pas cuisiner et que je connaisse par cœur la plupart des dialogues des Disney !

Rien que de me poser toutes ces questions, j’ai la tête comme une marmite à fondue !

Je me sens toute petite et insipide….ouais, c’est pas faux !

la-gente-the-people

Le billet d’humeur de la divorcée : Vox Populi !

Ou les expressions toutes faîtes qui énervent :

Un de perdu, dix de retrouvés : alors franchement, celle-ci, elle a la palme de la connerie ! Parce que j’ai beau regardé tous les jours devant ma fenêtre, je suis comme sœur Anne, je ne vois rien venir. Cette expression ne fonctionne que pour les kilos.

Dans la vie, on a que ce qu’on mérite : ben voyons, je ne suis pas parfaite et peut-être que je ne mériterais pas d’aller au Paradis (je suis athée), mais comment peut-on sortir de pareilles stupidités à quelqu’un qui vient de subir un divorce ???? Et juste après, on te sert un « tu mérites d’être heureuse », du coup, je mérite quoi, ce qui m’est arrivé ou ce qui va m’arriver ?

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort : là encore, arrêtez de sortir des phrases de ce style quand vous ne connaissez pas la vie de la personne, vous croyez sûrement bien faire mais je vous répondrais par ce proverbe sioux : « pour connaître la vie d’un brave, il faut avoir marché plusieurs lunes dans ses mocassins ».

Laisse partir ce qui était pour laisser arriver ce qui sera : euh, machin, c’est quoi ton expression pourrie, un truc que je dois me répéter en boucle version mantra bouddhiste, parce que là, je ne suis pas d’humeur !

Mieux vaut être seule que mal accompagnée : non, sans blague ! Cette satanée phrase me fait toujours penser au sketch de Muriel Robin sur la solitude : « moi, on me dirait tu vas finir seule toute ta vie, je demande tout de suite où est le gaz ! ». Je sais bien que vivre à deux n’est pas une finalité en soit et d’ailleurs, je suis indépendante et me débrouille très bien seule, là n’est pas la question ! à suivre…