LE BHD n° 102 : Les promesses de l’ombre

J’adore ce film, d’une part parce qu’il raconte l’histoire d’une sage-femme, d’autre part parce qu’on y voit le très beau Viggo Mortensen dans son plus simple appareil…Mais je m’égare…

Je reviens sur l’avenir de mes jeunes consœurs et pire encore sur tous les jeunes qui envisageraient de s’engager dans la voie de devenir sage-femme et je leur dirais de changer de cap illico presto !

Voici le troisième quinquennat où l’on nous promet monts et merveilles pendant la campagne…Et après, plus rien ! Il faut dire qu’un groupe de 30 000 personnes, ce n’est rien, ça ne pèse pas dans la balance…Et pourtant, nous avons été présentes, de près ou de loin, à chaque naissance de tous les membres du gouvernement…Un de mes slogans préférés des nombreuses manifs auxquelles j’ai participées est : « On vous a tous vus tout nus, on vous a tous tenus dans nos bras »…Mais c’est oublié ! Ça commence tôt l’Alzheimer chez les parlementaires…Même Jospin qui avait pourtant une mère sage-femme et militante, n’a pas levé le petit doigt pour nous…Il faut dire que nombres de parlementaires sont des hommes médecins…Vous avez dit « société patriarcale », je crois que nous avons ici un exemple criant de sexisme, et oui, j’ose le dire !

Cette chère Marisol Touraine nous a confondues en son temps avec des aides-soignantes… Sans commentaire !Puis, elle a refusé que nous devenions, enfin, après des décennies d’espérance, praticiens hospitaliers SF, un statut que nous devrions avoir depuis Kouchner(Il a été à un poil de nous l’accorder)…Par contre, elle a su ajouter à nos compétences le suivi gynécologique des femmes tout au long de leur vie génésique  ainsi que le droit de pratiquer les IVG médicamenteuses…Bonnes à tout, bonnes à rien ! Il a été établi que nous serions praticiennes de premier recours…Eh ho, est-ce que quelqu’un est au courant ? A par nous, visiblement non ! Ah, mais j’oubliais, pour nous, ce terme de « praticienne »…C’est le mot tabou ! Attention, jamais, ô grand jamais nous n’avons voulu devenir « calife à la place du calife ». Nous ne sommes pas médecins, nous n’avons jamais voulu l’être. Mais tout de même quand on sait que pour la CNAM (Caisse nationale d’assurance maladie), les accouchements pratiqués par les sages-femmes hospitalières apparaissent comme étant réalisés par des médecins et que cela rend nos actes invisibles…Il y a de quoi éprouver une colère légitime. Cela devait changer après la grève de 2013, mais pas de nouvelles…Dans le cas présent j’émets le doute raisonnable que ce soit synonyme de bonne nouvelle. Je n’ai parfois plus la force de partir à la pêche aux infos.

Finalement, entre le Moyen-âge et le XXIe siècle la progression fut la suivante : sous l’inquisition, nous étions condamnées au bûcher pour sorcellerie. A présent, le bûcher subsiste sous d’autres formes plus vicieuses : chômage, précarité, salaire minable, mobilité…Ce qui est retors, malsain, insidieux et au final, bien plus cruel…La mort est plus lente ! Plus douloureuse, aussi…

Combien de siècles encore les sages-femmes devront-elles attendre que l’ombre des promesses devienne les promesses qui sortent de l’ombre ?

VVB

 

 

1 pensée sur “LE BHD n° 102 : Les promesses de l’ombre”

  1. Valérie, je t’ai écrit il y a quelques semaines pour te dire l’admiration que j’avais pour ton oncle. Et aujourd’hui, je voudrais te dire combien cette fois c’est toi que j’admire. Je suis né en 1945, et c’est une sage femme qui m’a mis au monde à la maison, ma sœur aînée est née en 1943, c’est une sage femme qui l’a mise au monde. Il en a été de même pour ma plus jeune sœur née en 1950. Et ce n’était pas des périodes faciles, mais les sages femmes étaient alors des personnes importantes. Alors que dire des politiques, plus intéressés par des grands projets ou leur réélection que par ce qui fait la vie de tous chaque jour. Mais bien sur ce n’est pas nouveau, et il y a cinquante ans, en mai de cette année la, je me suis battu, j’y ai cru avec enthousiasme en ce monde plus juste que nous espérions. Et puis….. Nous en sommes au même point. Pour fuir cela, je suis parti en Afrique pendant de longues années ou tout en travaillant pour une société française, j’ai construit des écoles en brousse, réhabilité des pistes, réparé ou construit des ponts. Et cette partie de ma vie est celle qui encore aujourd’hui me rends fier. Et la bas j’ai appris une chose qui depuis reste ma ligne de conduite. Les femmes sont la force et le pilier de la société Africaine. Et il en de même en France, et je défend cette idée contre la moitié au moins des gens que je connais. Alors Valérie, s’il te plait ne lâche rien, même si c’est difficile, et dis toi que les sage femmes sont aussi des femmes sages. Bon je sais, c’est facile! Bisous à toi.

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