Le BHD n° 132 : Mardi philo

Je me dis que je dois avoir l’esprit quelque peu tordu pour trouver un point commun entre mes séances de kiné et le fait d’assister à une conférence. Je m’explique. Côté rééducation, j’en suis à la phase où je souffre de contractures. En effet, mes pauvres muscles qui étaient atrophiés pour cause de peu d’utilisations depuis deux ans, se retrouvent ratatinés et durs comme du béton. J’ai bien conscience qu’il s’agit d’un passage obligatoire et transitoire, néanmoins, à chaque fois que le kiné me faire faire des étirements, voici ce qu’il se passe : les premières secondes, la douleur est intense, je ne dois pas lutter contre elle, je dois juste respirer et laisser faire. Après quelques nouvelles secondes se produit un relâchement et le muscle gagne en longueur et en souplesse…Et là, le bienfait arrive et la douleur cède comme par magie.

Je n’en suis pas au stade de Sigourney Weaver dans Copycat (film où elle souffre d’une  terrible agoraphobie), mais j’admets que j’ai la trouille de quitter ma tanière…La vraie vie se situe en dehors de notre zone de confort…Cette phrase, combien de fois l’ai-je entendue ?

Poussée par la bienveillance d’une amie, j’ai décidé d’assister à une conférence de philosophie sur le thème de l’amour…Et c’est là que je souhaitais en venir. Tous mes signaux étaient en alerte à l’idée d’être avec des inconnus dans un lieu tout aussi inconnu…Mais passés les premiers instants, je me suis retrouvée enchantée et emportée par le sujet…

Ah, ce cher Alberoni découvert en formation de sexologie et complètement oublié depuis…Son « enamorato », mot italien et n’existant pas en français, mais qu’on pourrait éventuellement traduire par « le moment où l’on tombe amoureux »…Je croyais ne plus savoir ce que cet état procure à celui qui le vit…C’est bien, j’ai révisé ! J’avais oublié cette joie du cœur, l’émerveillement, l’enthousiasme, la béatitude (dans le sens noble du terme). Tout ce que l’on peut ressentir de beau, de magique dans le « fall in love »…

Je n’ai pas cédé au pessimisme de Sartre ou au mysogynisme de Schopenhauer, j’ai préféré croire à la rencontre amoureuse possible à tout âge, à ce saut dans le vide qui pourtant vous élève vers des cieux divins et enchantés…

J’y crois encore et toujours à ce grand amour partagé, bien évidemment. L’amour, j’y crois, malgré tout, malgré le divorce, malgré quelques relations décevantes et la remise en question de ces dernières années. Ce en quoi j’ai davantage de mal à croire, c’est à la rencontre…Question : est-ce nécessairement paradoxal ?

VVB

Sexualités: Le Magazine

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