Le BHD n° 50 : Monstres et compagnie

De toute évidence, les monstres des adultes sont beaucoup moins sympathiques que Sullivan et Bob Razowski (du dessin animé Pixar)…pourtant, nous continuons à les enfermer consciencieusement dans des placards. Je crois que j’ai largement sous estimé la contenance de mon foutu placard…certains jours, il suffit d’un mot, d’une phrase, de la pleine lune, d’une nuit sans sommeil pour que tous mes monstres essaient de se glisser dehors, telles des ombres maléfiques sorties tout droit d’un film d’horreur cauchemardesque…Ils se bousculent, prêts à faire claquer la serrure, et j’ai toutes les peines du monde à les laisser où je les ai soigneusement enfermés ! Saloperie de monstres !

Les miens s’appellent : terreurs enfantines, traumatismes, trahison, mensonge et solitude. Ils cherchent à se répandre insidieusement par tous les interstices de cette fichue porte de placard. Oui, certains jours, les laisser derrière la porte équivaut à vouloir dompter une meute de crotales sournois…Alors autant leur ouvrir, les laisser vous dévorer le cœur et la cervelle. Ils déferlent sur vous et vous laissent pantelante, terrifiée, recroquevillée, à terre…encore une fois…

Le seul remède pour se relever, encore, douloureusement et péniblement, c’est attendre la minuscule flamme vacillante de l’espoir. Trouver, une fois encore le courage de donner un sens à sa vie alors que tout est figé dans une épaisse mélasse noire.

L’espoir, petite chose ténue et ridicule qui naît parfois d’un tout petit rien, comme le souvenir d’une phrase bienveillante prononcée par une amie toute aussi bienveillante. Mais une fois qu’il est là, il n’appartient qu’à nous de le laisser grandir, de l’entretenir…Et dans ma tête résonnent les paroles de Jean-Jacques Goldman, les raisons qui nous portent et ce stupide espoir

Garder en un mot comme en cent son courage à portée de main, se donner, pour la ixième fois une chance de vivre un avenir rose et heureux…

D’un coup, les monstres regagnent d’eux même la place qu’ils n’auraient jamais due quitter au fond de leur sombre placard. Je n’ai pas gagné la guerre, mais la bataille est acquise. Il me prend de jouer les Amélie Poulain : Si j’arrive au bout de la rue avant que la voiture qui me suit ne me dépasse…alors, si j’éteins le sèche-linge avant qu’il ne sonne une deuxième fois…alors, si…alors…

VVB

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