Le BHD n° 51 : Ridules et pattes d’oie

Mes rides racontent mon histoire.

Je me souviens avec tendresse et nostalgie de mon fils aîné, alors âgé de 4 ou 5 ans qui m’avait demandé : « Ce sera qui la mamie de mes enfants ? ». Et quand j’avais répondu : « Ce sera moi », il m’avait déclaré : « Ce n’est pas possible, tu ne seras jamais une mamie, tu es ma maman ! ». Pendant des années, il insistait sur le fait que je devais « mettre de la crème pour ne pas vieillir » et il me le répétait à chaque publicité de crème antiride. Chaque fois qu’il me voyait dans la salle de bains entrain de me tartiner le visage, il en remettait une couche (c’est le cas de le dire) : « c’est de la crème pour pas vieillir, c’est bien maman ! ».

Pour tant, à n’en pas douter, mes rides racontent mon histoire et je sais comment chacune d’elles est apparue.

Il y a la toute fine sur ma joue droite qui date du « premier coup de griffe dans le contrat ».

Il y a celles dîtes du lion version Florence Foresti quand la lionne surveille ses petits ou qu’elle leur fait les « gros yeux ».

Il y a celles de chaque côté de la bouche nées de la tristesse, des deuils, de l’inquiétude.

Mais il y a aussi celles nées des sourires, des rires du bonheur et de la joie.

Mon petit dernier avait coutume de me dire : « maman, quand tu es fatiguée, ou quand tu ris, tu as des soleils autour des yeux ».

Il y a celles au-dessus des yeux qui expriment mon incrédulité, très proches de celles de quand j’ai très envie de dire ce que je pense mais que la bienséance me l’interdit !

Celles qui sont minuscules à la commissure des lèvres témoins de mes fous rires avortés…

Il y a, aussi, celles qui sont invisibles : comme lorsque je sors de garde et que j’ai la douloureuse sensation d’avoir le derrière des paupières en Scotch-Britt…

Quand bien même j’aurais le budget pour faire disparaître tout ça, je ne le ferais pas. Certains jours, quand je suis heureuse, mes rides signent mon bonheur…et pour les jours tristes, il y a deux options : ceux qui vous connaissent bien voient votre peine et pour les autres, il y a la technique du sourire invisible, ou bien encore, la méthode largement éprouvée qui a fait ses preuves du « j’en ai rien à faire ! »

 

VVB

Sexualités: Le Magazine