Le BHD n° 79 : Vendredi 13

Telle une Bridget Jones dans ses pires instants, mieux que Meetic, et jamais à court d’idées pour faire de nouvelles rencontres : le carton en bagnole !

Par contre, gros zéro pointé sur Tripadvisor !

Et en plus, je me suis cassée un ongle !

Ce vendredi, nous étions parties à cinq collègues pour une formation, quand, sur le chemin du retour, alors que nous étions quasiment à l’arrêt sur la rocade de Bordeaux à cause d’un bouchon, un type qui ne nous avait pas vues et qui n’a même pas eu la présence d’esprit de freiner, nous a violemment percutées à l’arrière ! L’avantage du choc à l’arrière, c’est qu’on n’a même pas le temps d’avoir peur ou de voir sa vie défiler…Avantage tout relatif tout de même…

Nous avons toutes gardées notre calme et fait ce qu’il y avait à faire : notre conductrice s’est laissée glisser jusqu’à la bande d’arrêt d’urgences, l’une a prévenue l’assistance, pendant qu’une autre prévenait la police et les secours, une autre a eu la présence d’esprit de faire des photos ! Trop fortes les filles ! Et puis, les pompiers sont arrivés, la police et nous n’avons plus rien décidé ! Nous avons fait déplacer 5 véhicules de pompiers, nous avons été emprisonnées dans d’horribles minerves  rigides et littéralement saucissonnées par des sangles « araignées »sur des planches de plastique dur. C’était un peu comme se faire capturer par Spiderman juste le jour où il est en surdosage de Viagra !Puis nous avons été chargées chacune dans des camions différents, 3 vers un hôpital et 2 vers un autre ! Je n’ai jamais autant donné mon âge, mon adresse, mon statut marital et mon numéro à autant d’hommes en si peu de temps. La barbe si je ne fais pas une touche !

Il m’a été particulièrement éprouvant de passer d’un côté à l’autre, d’être soignante et de devenir soignée, de maîtriser, de gérer et soudain de devenir une victime impuissante ! Je crois que les pompiers vont se souvenir de moi car j’ai fait l’animation aux urgences, une chieuse de première ! Je ne supportais pas d’être en contention, de ne pas pouvoir replier mes jambes, d’avoir la nausée. Je ne voulais qu’une chose, c’est qu’on m’enlève mes entraves, retrouver mon indépendance, aller fumer, être rassurée ! Tous ceux qui me connaissent un tant soit peu savent à quel point les pompiers qui m’ont prise en charge mériteraient d’être inscrits au Guinness des records. Avoir réussi à me faire rester presque 4h sans bouger, un exploit ! Nous sommes arrivées aux urgences aux alentours de 18 heures pour en ressortir vers minuit. Il a encore fallu attendre le taxi qui nous a rapatriées à bon port, chez nous ! Enfin ! A 1H du matin…

Les amies, les copines, les collègues qui s’inquiètent et qui vous appellent, la batterie du téléphone qui s’épuise et pas de chargeur ! Je promets en cet instant, que où que j’aille dorénavant, je l’emporterais !

En arrivant, la longue douche brulante pour détendre les muscles contractés, dans l’espoir que celle-ci efface aussi les souvenirs du choc…Le sommeil profond, réparateur, provoqué par les médicaments…

Le lendemain, la sensation d’avoir été piétinée par un troupeau d’éléphants et la constatation des stigmates devant le miroir impitoyable : un bleu énorme sur chaque mollet, le menton mâché, l’omoplate écorchée. Laver toutes mes fringues pour faire disparaître les traces, le ventre qui se serre en entendant une lointaine sirène de pompiers…Réaliser la chance que nous avons eu de ne pas finir encastrées dans la voiture que nous suivions. Des scénarios rétrospectifs parfaitement inutiles polluent mon esprit et tordent mon ventre…

Juste après mon divorce, sur le tableau noir de ma cuisine, j’avais inscrit : « Je veux faire du reste de ma vie le meilleur de ma vie ». Ce n’était que des mots. Cet accident résonne en moi comme un électrochoc. J’étais en léthargie, en marge de la vie. Cette dernière a d’ailleurs de bien curieuses manières de vous démontrer qu’il est temps de remonter sur le marchepied de son grand tourbillon.

Au lendemain de ce vendredi 13, je peux affirmer que cette maxime prend désormais tout son sens.

 

Je dédie ce billet à mes quatre compagnes d’infortune.

VVB

Sexualités: Le Magazine