Le BHD n°120 : Ne rien attendre et tout espérer…

En ce moment, je tente de cultiver l’art subtil et périlleux qui consiste à « ne rien attendre et tout espérer »…Ben, le moins qu’on puisse dire c’est que ce n’est pas facile…Je me sens comme un funambule oscillant son pendule au-dessus du vide et peinant à garder l’équilibre pour ne pas se vautrer…

En tout premier lieu, avec mes enfants. Je renonce petit à petit et un à un à comprendre leurs attitudes envers moi. J’en souffre, c’est une réalité ! Ils construisent maintenant leurs vies en dehors de moi. Ils ont leur propre vérité sur les manquements réels ou supposés de mon rôle de mère. J’ai ma conscience pour moi, même si actuellement, elle ne pèse pas plus lourd qu’une plume dans la balance…Je patiente, attendant et espérant le jour où ils seront eux-mêmes parents…Parfois, ils doivent penser que je me désintéresse d’eux ou que je ne m’investis plus (pas de supposition, mais un peu tout de même). Seulement voilà, quand on prend « un tir » chaque fois qu’on ouvre la bouche pour donner son opinion, la meilleure solution, c’est le repli tout court et le repli sur soi-même…

« Le lâcher-prise c’est avoir suffisamment confiance en ce que nous sommes pour ne pas nous épuiser à avoir raison à tout prix…C’est ne pas chercher à être cru ou compris, même par ceux que l’on aime…C’est ne pas exiger de résultat de nous ou des autres…C’est ne rien attendre (Auteur inconnu)

Dans mon cercle relationnel, aussi, j’observe et reste spectatrice muette devant l’opportunisme de certaines personnes, devant le négativisme d’autres et je prends conscience que je peux tout simplement m’éloigner et me tenir à distance. Un peu d’écrémage est salutaire, se recentrer sur les relations qui en valent la peine et laisser partir les autres…

« La vraie richesse est de ne rien attendre des autres, la vraie liberté est de ne rien devoir à personne » (Yasmina Khadra).

Et puis, il y a l’amour… C’est d’ailleurs dans ce domaine que je patauge le plus et où ce foutu exercice est le plus difficile. Je me fais carrément la quadrature du cercle et mon cerveau (ou mon cœur) brûle et se consume en essayant de garder une distance équilatérale entre ces deux maximes : « Ne rien prévoir sinon l’imprévisible, ne rien attendre sinon l’inattendu » (Christian Bodin) et cette autre de Gustave Flaubert, « Il faut toujours espérer quand on désespère, et douter quand on espère »…

Manifestement, dans le cas présent, il ne s’agit plus de funambulisme mais de gymnastique, le grand écart facial…Parce que flûte, j’attends l’homme de ma vie et j’espère l’amour…Quitte à m’en faire cramer les neurones…

VVB

Sexualités: Le Magazine

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