Le BHD n°121 : Thelma sans Louise

Je m’en vais vous conter ma petite épopée personnelle et insignifiante de la semaine. Beaucoup moins glamour et exotique que le film, mais avec une fin plus marrante.

Il y a quatre ans, lorsque j’ai quitté mon domicile, n’emmenant que le strict minimum dans le but de me créer de nouveaux souvenirs dans un univers tout neuf, je me suis offert un majestueux et confortable canapé d’angle. Il est grand et large, en tissu gris clair, gris foncé (rien à voir avec Goldman) et rouge profond…Il n’avait plus de beau que le nom car devenu crado par l’usage intensif de tous les membres de cette famille, y compris Yumi, notre petite chatte bonzaï aux griffes acérées.

Depuis le début de l’été, je grimaçais constatant les ravages du temps, ne voyant plus que des traces d’ADN et autres tâches propres (c’est drôle) à réjouir la police scientifique.

Je m’étais renseignée auprès de mon pressing habituel, mais un devis prévisionnel de près de 200 euro avait refroidi mes ardeurs.

Sous l’impulsion d’une collègue bricoleuse et bien plus audacieuse que moi, me voici entrain de tenter un essai lessive sur les petits coussins décoratifs…Test concluant et passé brillamment !

Et, c’est ainsi qu’un matin dès l’aube (Euh, non, ça c’est Victor Hugo), je décide d’attaquer mon canapé par la face nord. Composition : 9 gros coussins formant le dossier et 2 immenses coussins formant l’assise. Pour les premiers, ce fut bien sûr de la rigolade avec, tout de même, un soupçon de patience.

La chevauchée non fantastique commence avec les fameux deux gros pépères qui, avec leurs immenses fermetures éclairs parcourant leur échine, avaient pourtant l’air inoffensif. Que nenni !

Je découvre que des petits « bitoniaux » maintiennent le tissu pour davantage de classe. A priori, la classe a un prix, celui de me retourner un ongle et de m’ouvrir un doigt. Le hic, c’est que je dois les découdre tout en réfléchissant au remontage…Au bout de 15, j’ai la technique et  vaincu le number one…Passage au petit frère pour me rendre compte que les concepteurs ont choisi des systèmes d’accroche différents…Je crois que l’on appelle ça la loi du « tout pour faire chier »…

Phase une réussie, maintenant, le plus facile, la lessive…Enfin, presque !Parce que quand tu sors le truc pour te rendre compte que les tâches sont ressorties et que c’est encore pire, tu utilises du savon et tu recommences l’opération jusqu’à épuisement et en pensant au sketch d’Elie Kakou…Dix lessives plus tard, fin de la phase deux, tout est parfaitement impeccable. Ô joie indescriptible ! Passage à la phase trois du remontage. Et c’est là que tu te demandes comment ils ont fait pour construire des pyramides et des cathédrales… La patience n’étant pas la mère de mes vertus, me voici pestant, rageant, gesticulante, suante et transpirante, ayant la sensation de devoir enfiler un préservatif sur un pénis trop mou et l’horrible impression de faire du rodéo sur un de ces taureaux mécaniques…Après deux heures de lutte acharnée contre mes montures récalcitrantes, et avoir rentrer tous les petits fils un à un en prenant des positions du Kâma-Sûtra, me voici enfin fière de contempler mon œuvre avec cette satisfaction hautement gratifiante du travail accompli (bien qu’étant un brin échevelée)…

Mon canapé a retrouvé sa splendeur du début et moi, je peux le dire en me vautrant dessus :  « Poltronesofà, artisan de la qualità, et voilà » !

VVB

Sexualités: Le Magazine

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