Le BHD n°124 : Daktari

Peu de vous doivent se souvenir de cette vieille série qui passait dans les années 70. Elle se passait en Afrique et racontait les aventures d’un vétérinaire. Il y avait Paula, le lion Clarence (qui louchait) et le singe Judith. Pendant des années, j’ai eu envie de devenir vétérinaire, de découvrir l’Afrique, de faire des safaris pour avoir tout le loisir d’observer toutes ces animaux incroyables dans leur milieu naturel…La vie et mon compte en banque en ont décidé autrement. Je pratique néanmoins le safari urbain, c’est ainsi que j’ai nommée cette activité que je ne peux m’empêcher de pratiquer pour peu que je sois à la terrasse d’un café, au restaurant. Disons pour faire simple, dès que je suis dans un espace public.

Immédiatement, je précise que je suis tout simplement dans l’observation et non dans le jugement, que je suis spectatrice active et non une passante passive. Je ne suis pas pour autant Gisèle des Vamps ou l’un des deux vieux au balcon du Muppets Show…

Je cherche à comprendre qu’elles peuvent être les interactions sociales d’un groupe. Je tente de découvrir la relation qui peut exister entre deux ou plusieurs personnes : couple naissant, couple aguerri, bande de potes. J’essaie de deviner leurs émotions et leurs sentiments en observant leurs mimiques, leurs intonations de voix, leurs postures, le langage corporel, le non verbal.

Je n’espionne pas et ne cherche pas à entendre les conversations, je ne considère pas que ce soit une forme de voyeurisme déplacé puisque ce n’est personne en particulier que je regarde. D’ailleurs, c’est toute la différence entre voir et regarder, la première action est passive, la seconde est active.

Scruter le visage d’un enfant, se dire qu’il ressemble trait pour trait à sa mère ou à son père…Se dire, tiens, telle personne respire le bonheur, celle-ci est tellement triste, cette autre a dû passer une mauvaise journée…

Je fais la même chose au boulot, j’aime deviner le département, la région, le pays d’origine d’après le nom de famille, le prénom, les accents, les expressions verbales, les imprimés des vêtements. Je trouve important de redonner une identité culturelle à la personne que j’aie en face de moi, ça me permet de comprendre ce qu’elle peut ressentir, comme la tristesse de se sentir éloigné de sa famille, de sa mère, de ses sœurs à un moment particulier de sa vie où elle aimerait partager des « choses de femmes »… J’adore demander la signification d’un prénom, pourquoi ce choix est motivé, comment se prénomment les frères et sœurs…Je trouve toujours ses échanges particulièrement enrichissants intellectuellement et émotionnellement…Et puis, cet aspect un peu Darwinien de ma personnalité m’a encore enseigné une chose…C’est que l’on peut en apprendre beaucoup sur soi-même en observant les autres…

VVB

Sexualités: Le Magazine

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