Le BHD n°126 : L’envol du Crapaud

Au royaume des mères, j’évoluais déjà sur des œufs avec mes notes catastrophiques en « coolitude », bons souvenirs, petits plats et bien entendu, éducation. Voilà maintenant que je prends un beau zéro pointé en choix de petit nom affectueux pour enfant ! Où est-ce que j’ai bien pu pêcher ce terme de « Crapaud » pour désigner mon p’tit dernier, et ce, alors même qu’il était encore tout humide de liquide amniotique, à l’instant même où je le serrais dans mes bras pour la première fois ? Prémonition ? Prédiction démoniaque ?

Rationnellement, on ne peut nier qu’un crapaud ne vole pas, quant à s’envoler, on imagine déjà le tour de force…Le phénomène est loin d’être aisé. Version cinéma cela pourrait donner : saison 3, épisode 22, séquence 67, scène 44. Version texte de loi, cela serait : dans le code machin truc, article 22351, section 14312, alinéa 7B, modifié par le journal officiel de l’an de grâce 2018…

Résumé des quatre dernières semaines : un petit Crapaud avait le fervent souhait de devenir apprenti menuisier chez les Compagnons- Premier coup de théâtre, plus de patron, plus de rentrée. De là, embarquement dans une royale galère, y ramer (quasiment seule)-Retrouver miraculeusement un nouveau patron-Accomplir toutes les formalités et tous les achats nécessaires-Embauche du Crapaud- Une semaine de travail-Apocalypse Now-« Ce n’est pas ce que je veux faire ! », « Je veux aller en seconde au lycée »-Abasourdissement général !-Passer tout un week-end à écouter, comprendre, accepter, soutenir-Se dire qu’à quinze ans, on a le droit de se tromper, que c’est SON choix, SA vie, SON avenir-Découvrir la frontière ténue entre obliger et encourager- Repenser à une maxime chère au cœur de  son père :  « C’est au pied du mur qu’on voit le mieux le mur »- A ce dicton de ma grand-mère : « Chaque jour sur le métier remettez votre ouvrage ».

Attaquer le problème à bras le corps : action-réaction-formalités-reformalités-déformalités« Faire et défaire, c’est toujours travailler ».

Je me suis sentie entre la maman kangourou qui bondit et rebondit au milieu d’un capharnaüm innommable et le fétu de paille bringuebalé au grès du vent par les choix de mon Crapaud. Je fus littéralement noyée sous les formalités et les attaques de colère d’un père peu enclin à accepter le choix en question !

Le Crapaud a finalement pris le chemin du lycée après un mois de flottement. Si tout va comme sur des roulettes nouvel essai d’envol dans trois ans après obtention du baccalauréat. Je n’aurais pas les félicitations du jury, il n’empêche que je me sens victorieuse d’avoir aplani et écrasé toutes les difficultés qui se sont dressées devant nous. Je peux dire, en toute modestie, que j’ai décroché une maîtrise en résolutions de problèmes et un doctorat ès « c’est kiki la plus balèze, ben c’est maman », et toc !

VVB

1 pensée sur “Le BHD n°126 : L’envol du Crapaud”

  1. Silencieux depuis quelques BHD because problèmes personnels, je retrouve aujourd’hui cette Valérie qui me donne du courage et me dit de ne jamais lâcher quoi que ce soit. Je pense vraiment que tu es une femme et une mère extraordinaire!
    Merci

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