Le BHD n°128 : Une araignée au plafond

Avoir une fille, une sœur, une mère malade psychiatrique, c’est « comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber »…Vous voyez, cette grande roue du jeu du millionnaire, ben dans ma famille, c’est la roue de la lubie…Tirages pluriquotidiens…Sans oublier les jackpots…

Je vous livre, sans filtre,  certains actes et propos de ma mère : elle harcèle au téléphone tout son répertoire. Elle va adopter une tortue, ou plutôt un perroquet, ah non, une petite africaine, ou finalement un chat. Elle va remplacer Juppé et bosser avec Macron. Elle est sur un gros projet financier qui va nous obliger ma sœur et moi à démissionner de nos postes actuels pour bosser à ses côtés…

Nous sommes, tous, fatigués, excédés, désemparés…Ma sœur dit qu’elle nous aspire littéralement le cerveau, et c’est carrément ça ! Je ne vous dirais pas les propos injurieux, calomnieux, voire même libidineux et méchants dont elle peut nous abreuver…

J’ai eu la riche et inutile idée d’appeler son médecin traitant pour lui demander son aide, lui expliquer la situation, connaître les potentielles solutions à envisager devant ce vent de folie…J’en suis encore contrite et sur le cul !Voici ce qu’il m’a dit : « votre mère est euphorique, elle n’est pas consciente de sa maladie, vous devez faire preuve de patience »…Euh, comment dire…Lorsque je lui décris tous les faits et gestes de ma mère, il ose argumenter qu’il ne s’agit pas d’un délire puisqu’elle garde contact avec la réalité ? Pardon ? Donc, quand elle dira qu’elle va bosser avec Louis XIV, là, on ne sera plus dans la réalité, et, enfin, nous pourrons prendre les mesures qui s’imposent ? Il ose prétendre qu’il la surveille de près…Une consultation mensuelle de vingt minutes maximum, effectivement, c’est de la surveillance rapprochée…N’est-ce pas un non sens de dire dans la même phrase qu’elle n’est pas consciente de son état tout en étant dans la réalité ? Je ne suis pas médecin, encore moins psychiatre, mais à quel moment prend-on en compte l’enfer que vit l’entourage d’une personne comme elle ? Sa conclusion finale : délire hypomaniaque…Mais, on attend, on fait la politique de l’autruche, son traitement va sûrement finir par devenir efficace…

Quand je vois tout le mal qu’elle est capable de faire en étant confinée chez elle juste avec un téléphone… Je peux dire que je suis super heureuse qu’elle n’ait pas voulu poursuivre sa rééducation pour son genou et qu’elle ait toujours refusé de surfer sur le web ! Si je puis dire, cela limite considérablement les dégâts…Mais pas les dommages collatéraux…

Je me souviens de la devise que nous avons ma sœur et moi…Il vaut mieux en rire qu’en pleurer…L’humour, ça masque la souffrance, ça permet de garder une certaine dignité et de prendre de la distance sur une situation où l’acceptation est la seule alternative…

VVB

Sexualités: Le Magazine

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