Le BHD n°131 : Je tourne en rond, je tourne en rond…

Ce billet ne passera sûrement pas à la postérité, mea culpa. Mais je ne fais pas semblant, je suis sincère. Pas le genre de la maison de faire croire que tout va bien, juste parce que c’est la norme. Zazie est avec moi : « Je tourne en rond, je tourne en rond ».Discussion avec un copain sur mon état mélancolique de ces dernières semaines…A ma décharge, j’étais plutôt coincée avec mon attelle du Capitaine Crochet, mais rendons-nous à l’évidence, la « contention » n’est pas que physique. C’est une réponse que ce copain m’a faite et qui me fait réagir. Je lui disais que j’ai peur de souffrir et lui voit les choses sur le versant opposé, en me répliquant que « j’ai peur d’être heureuse »….Arrrhhhh, cri de désespoir…

Je suis forcée d’admettre que d’une certaine manière, il est dans le vrai…J’ai visiblement confondu ce «ne rien attendre et ne rien espérer » avec le fait de me verrouiller dans mon petit monde sécure. Je suis dans une phase de rejet et d’évitements. « Ô qu’est-ce qu’il pique, ce hérisson, ô quelle est triste sa chanson »…Pas de confrontations, pas de souffrances inutiles ! Je m’enferme dans ma zone de confort, ou d’inconfort… Les épines ou piquants sont autant tournés vers l’extérieur à l’égard des autres qu’à l’intérieur me provocant des tourments. Je livre une bataille perpétuelle avec mes idées noires. Pas de gagnant, pas de perdant, juste des matchs nuls…Sûrement le fond du problème. Professionnellement, je suis aguerrie à calculer le bénéfice/risque de chaque situation. Mon éloignement temporaire avec le monde du travail me pousse certainement à reporter mes calculs sur le plan personnel. Prendre le risque de souffrir est-il plus avantageux que saisir une opportunité. Emotionnellement, je ne suis pas en mesure d’y répondre pour l’instant. Je suis sur « pause ». Du coup, je me rends bien compte que je suis devenue plutôt solitaire. La plupart de mes activités n’engage que moi et me tiennent éloigner de nouvelles rencontres. Je marche beaucoup, mais j’effectue toujours le même parcours. Je passe beaucoup de temps à lire, à écrire, à faire des recherches sur mon ordinateur. Je suis redevenue ce petit rat de bibliothèque que j’étais enfant. J’attends que les événements viennent à moi, tout en les craignant…

Justement, l’autre jour, tandis que je marchais sur mon chemin favori, j’ai croisé le regard d’un homme. Pas juste l’un de ces regards vides de quelqu’un qui vous croise sans vous voir, non, un vrai regard, suivi d’un sourire…J’en ai ressenti physiquement un moment de panique, j’ai eu la sensation que mon corps partait d’un côté, alors que mon cerveau partait de l’autre…Bizarre, étrange !

J’ai dans la tête Birkin chantant Gainsbourg : « Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve… »…

Heureusement, depuis lundi, j’ai décroché le précieux sésame qui me donne l’autorisation pour de petits trajets en voiture. Retrouver une certaine forme de liberté et d’autonomie va me conduire vers davantage d’enthousiasme…Preuve s’il en est, je me suis inscrite pour assister à des conférences sur le thème de l’amour…

VVB

Sexualités: Le Magazine

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