Le BHD n°16: Oléron, mon amour!

Le BHD n°16 : Oléron, mon amour !

 

Dans Bravehart, le compagnon de William Wallace parle de l’Irlande en ces termes : « C’est MON île ! ».

Eh bien moi, Oléron, c’est MON île !

Des millions de souvenirs tous plus bons les uns que les autres. Chaque année, depuis l’âge de mes deux ans, jusqu’à mes dix-sept ans, nous partions ma sœur et moi avec nos grands parents pour de merveilleuses aventures estivales. Oléron, c’est l’île de toutes mes premières fois : premières baignades dans les vagues, premiers baisers, premiers flirts, première bande de copains, première cuite, premier bal du 14 juillet, premières vacances avec la bande du lycée et sans aucun parent sur le dos.

C’est l’endroit où je me ressource, mes cheveux ne sont jamais plus beaux que lorsqu’ils ont séchés grâce au vent venu de l’océan. J’adore, étendue sur ma serviette de plage entendre les crissements des pas des gens transmis comme des ondes radio par le sable. Je suis toujours bêtement en admiration devant les puces de mer qui font du trampoline sur mes pieds comme si elles étaient au Club mickey.

Où vouliez-vous donc que j’aille pour mes premières vacances de femme divorcée, à part sur MON île ?

Mais cette année, n’y aurait-il pas une véritable conspiration fomentée contre moi ?

A se demander si je ne suis pas la seule maman solo de toute la côte atlantique.

Une chanson tourne en boucle dans ma tête, celle d’Anaïs, « mon amour, mon cœur, mon cœur, mon amour, je hais les couples qui me rappellent que je suis seule »….BEURK !

Bien souvent je dois étouffer dans l’œuf la vague de larmes qui arrivent à mes yeux, les enfants sont là et ce sont les vacances !

Mais certaines fois, j’ai l’impression que même les mouettes se moquent de moi !

D’un coup, je me suis rappelée d’une marotte que j’avais étant petite fille. Je pensais naïvement que les bouts de verres dépolis étaient autant de pierres précieuses rapportées par les vagues de quelques pays lointains ou des naufrages de bateaux chargés de trésors, et je les ramassais, bien consciencieusement.

Que voulez-vous, j’ai recommencé. Je ne suis plus naïve, mais dans cette activité enfantine, j’ai vu une symbolique : ramasser et mettre dans de jolis petits pots les bouts de mon cœur brisés en mille morceaux, et de mon amour, plus précieux pour personne.

« Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés… »

PATHETIQUE !

 

 

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