LE BHD n°25:« Vaisselle cassée, c’est la fessée, vaisselle foutue, pan-pan cul-cul ! »

 

J’ai longtemps cherché à comprendre pourquoi mon mariage s’était brisé sans y parvenir parce que j’étais aveuglée par la trahison et la souffrance…Mais il semble que les fruits de mon introspection et de ma phase de déconstruction commencent à porter leurs fruits. La trahison, l’infidélité ne sont finalement que le « comment », mais le « pourquoi » se laisse seulement entrevoir.

J’ai eu la très grande chance de vivre un coup de foudre en pleine forêt amazonienne. Cet amour était hors normes, bien au-dessus de ce que peuvent vivre le commun des mortels puisque c’était l’Homme de ma vie, et notre amour à nous.

Nous avions traversé les crises et les tensions inhérentes à chaque relation avec succès.

Un an de mariage, les noces de coton parce que nous sommes dans un cocon et que rien d’autre n’existe à part nous deux. L’arrivée du premier enfant, du deuxième, avec toutes les turbulences que cela suppose dans la relation, dans le couple, la construction d’une famille.

La première crise des sept ans, noce de laine où tout s’emmêle si vous n’y prenez garde. Les deuils, une grand-mère, un grand-père, puis un autre…Des disputes, des petites, des grandes, des réconciliations sur l’oreiller, des déménagements, des problèmes d’argent, encore des déménagements, l’achat d’une maison, un nouvel enfant…Et l’Amour qui survit, qui surmonte qui s’épanouit malgré tout.

La passion qui ne se laisse pas plomber par la deuxième crise des sept ans : quatorze ans, noces de plomb, on comprend pourquoi !

Et puis, les vingt ans, noces de porcelaine, rien de casser !!!

Et là, vous vous dîtes que vous avez investi dans de la vaisselle incassable, que votre amour et votre couple, c’est du béton, c’est plus fort que tout. Invincible, indivisible, irréductible comme un village gaulois !

Vous avez juste oublié que la vaisselle, même incassable, subit de microtraumatismes, invisibles à l’œil nu, mais qui la fragilise. C’est vicieux et insidieux, et un jour, PAF ! Ca pète ! Pas besoin d’un grand choc, pas utile d’un grand coup. L’usure était là et le moindre petit truc de rien du tout suffit à briser cette vaisselle que vous pensiez solide à jamais.

Moi, je sais, avec la précision d’un mécanisme d’horloge suisse et la précision chirurgicale d’un neurochirurgien, à la microseconde près l’instant où tout a basculé !

C’était lors d’une énième discussion dans notre cuisine, même pas une violente dispute. J’ai vu un voile passer dans ses yeux, c’est là qu’il est parti, que je l’ai perdu pour toujours ! Cela a fait comme un pic à glace planté sur la surface d’un lac gelé ! Rien, puis, d’un coup, les fissures, les fêlures et la rupture, comme une onde choc qui se propage emportant tout sur son passage et crac, c’est inéluctable, on voit l’ouvrage se rompre.

L’usure de la relation. Voilà ce qui a tué mon couple.

VVB

Sexualités: Le Magazine