Le BHD n°28: Les blessures d’enfance du Petit Chaperon Rouge

« Le passé est comme une ombre sans substance mais toujours sur vos talons » (Thomas Magnum).

 

Point de galette ni de petit pot de beurre dans cette histoire, même pas de loup, encore que, le loup, ici, c’est le monstre qui me dévore…

Ces derniers temps, je me suis beaucoup occupée de ma grand-mère. Elle a été bien malade et je crois qu’elle s’est vue près de mourir. Elle affiche 94 printemps. C’est fou comme ce contact prolongé me rappelle des souvenirs d’enfance, d’adolescence et de ma vie de femme. Ma mamie, c’est ma madeleine de Proust. Il paraît qu’il n’y a pas de hasard et en pareil moment, je ne peux répondre que par l’affirmative. Etant en plein introspection et à la recherche de moi-même, ce contact répété avec ma mamie me donnent bien des réponses quant à ma façon d’agir en tant que femme. Je lui ressemble beaucoup. Enfin sauf pour la cuisine et le jardinage : c’était un cordon bleu hors pair et elle ferait pousser n’importe quoi. Mais j’ai un trait de caractère commun avec elle, une habitude ancrée et délétère : faire passer l’intérêt du groupe avant le sien, s’oublier dans la relation. Elle est là la racine de mon fameux syndrome de Wendy !

J’ai été élevée dans l’idée qu’il faut être parfait pour être aimée. J’ai donc toujours tenté d’être la plus parfaite possible, un bon petit soldat…sans forcément beaucoup de succès faut-il le préciser ?

Comme Mamie, le don de soi avec un grand « S ». Donner, donner et encore donner.

Le choix de ma profession, le don de soi. Devenir une bonne petite épouse qui gère tout, nouveau don de soi. Etre mère de famille nombreuse, encore le don de soi. Entendons-nous bien, je ne le regrette pas, ce qui est fait ne peut être changé.

Mais de dit-on pas que « pour donner, il faut recevoir ? ». Je n’ai pas l’impression que les résultats soient à la hauteur de l’investissement fourni, aux prix  d’efforts parfois surhumains…mais que personne ne semble avoir vu…

Je pense à Balavoine qui disait « qu’aimer est plus fort que d’être aimé », et à tous ceux qui disent qu’il n’est pas nécessaire d’être aimé pour aimer.

Je leur répondrais que je vois rouge quand j’entends des conneries pareilles et que j’en rends mon chaperon et mon tablier.

La terre aride du désert a besoin de pluie pour se transformer en un tapis de fleurs merveilleuses comme à Namaqualand en Afrique du Sud ou le jardin d’Atacama au Chili !

Allez voir, ça vaut le détour !

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