Le BHD n°30 : Mange, prie, aime !

Dès que j’ai su lire correctement, je suis devenue une lectrice assidue. Je lisais beaucoup, passionnément, énormément. Je lisais assise à même le carrelage dans les toilettes, dans la niche, la tête couchée sur ma chienne, sur mon lit, n’importe où et j’en oubliais même, parfois, de dormir. Je ne vivais pas l’histoire, j’étais l’histoire. Une véritable passion ! Celle-ci ne m’a jamais quittée et c’est ainsi, que récemment, j’ai vu « Mange, prie, aime » avec Julia Roberts, puis j’ai lu le livre, revu le film et lu la suite. Ce fut une véritable révélation !

Non pas que l’histoire d’Elizabeth Gilbert puisse se superposer à la mienne ou que j’aie soudainement l’envie de partir faire de la méditation dans un Ashram en Inde, mais plutôt que je me reconnaissais parfaitement dans les émotions qu’elle avait ressenties. Des points précis du livre ont fait écho en moi avec une telle force que c’en était presque violent.

En premier lieu l’histoire du « mot d’ordre ». Quel est donc celui de ma vie, quel fut-il et quel est-il maintenant ?

Je dirais que pendant mon mariage, mon mot d’ordre était « devoir », celui d’être une bonne épouse et une bonne mère. J’ai eu ma période « divorcer, pleurer, courir », où mon pauvre cerveau toujours en ébullition ne me laissait pas une minute de répit, où la tristesse était ma compagne.

Je cherche à présent à renouer avec l’individu que je suis au plus profond de moi, sans pour autant devenir égoïste, je cherche à retrouver mon élan vital, ma sève.

Je cherche le bonheur en moi-même et non pas dans et par les autres. Je ne dis pas que j’y suis parvenue encore, mais j’y travaille.

Le terme « antévasin », qui se définit par « celui qui vit sur la frontière » m’a, également, profondément touchée. C’est certainement parce que je me sens sur la frontière ! La frontière entre deux mondes : lâcher le passé et aller vers l’avenir. Pour l’instant je suis un peu scotchée à cette frontière n’abandonnant pas complètement l’un et ne m’aventurant pas encore dans l’autre… Je pratique la « défense antalgique », mais elle ne mène nulle part !

Mais la phrase qui m’a fait l’effet d’une véritable bombe, surtout pour l’athée que je suis, c’est : « Dieu réside en moi, en tant que moi » ! Curieusement, je n’y vois pas une aucune interprétation religieuse. Je ne sais pas encore comment l’expliquer, mais j’ai l’intime conviction qu’elle est d’une importance capitale pour moi. Je me la répète sans cesse comme un mantra. La première explication qui m’est venue c’est que ma foi en moi-même ne peut venir que de moi et non des autres (pardon pour la redondance). Mais je pressens autre chose, je vous dirais quand j’aurais trouvé.

Abracadabra ! Il s’en passe des choses. La chenille est au chaud dans son cocon et va pouvoir se transformer en papillon…

VVB

Sexualités: Le Magazine