Le BHD n°33 : Tristitude, turpitudes et vicissitudes !

Par une belle journée de shopping, activité par excellence antidépressive, je croise un couple d’amoureux. Je les trouve beaux et merveilleusement complices, leur amour crève les yeux.

Et là, se produit un phénomène auquel je n’étais pas du tout préparée, toute fraîche moulue de mes nouveaux principes et bonnes résolutions. Le long de mon épine dorsale, du coccyx jusqu’au cerveau, une onde remonte comme l’effet domino ! Là, en une fraction de seconde, il me semble que tout ce que j’ai mis en place s’effondre comme dans cette vieille publicité pour le sucre, chutes et réactions en chaîne !

Une suite de souvenirs et d’émotions non maîtrisables se bousculent au portillon. Les méandres de la mémoire sont troublants, je me suis souvenue de ce jour mémorable où je venais de déposer mon mari à la gare en partance pour un long déplacement professionnel et où le livreur de bois m’a littéralement benné 15 stères de bois dans la rue. C’est mon amie Zabeth, toute fluette qui m’a aidée à tout transporter et tout ranger. Il faisait nuit noire que nous y étions encore avec nos petits bras musclés.

Succession de choses sans lien les unes avec les autres.

Deux ans que je suis divorcée, six mois que je suis sans relation sentimentale.

Un anniversaire m’est revenu direct à l’esprit.

Mes trente ans, anniversaire bien pourri ou j’ai soufflé mes bougies sur une vieille tranche de pain rassie et où je me sentais déficiente sur tous les fronts : personnel, professionnel, individuellement et avec les autres.

Il suffit d’un anniversaire pour en faire remonter d’autres à la mémoire : celui de la séparation, d’une rupture, de souvenirs précis, d’instants de bonheur qui n’existent plus, beurk !

Je maudis mon excellente mémoire des dates et ma faculté à me souvenir de détails insignifiants !

Je pense à l’album des Idées noires de Franquin et plus particulièrement à celle où un homme meurt pendu, noyé, dans un accident de voiture…et je me dis que je suis au plus bas. Je vois tout en noir, je me sens comme une coquille vide.

Si le meilleur reste à venir, où se cache-t-il ? Pourquoi attend-il ?

Je ne peux pas dire que je suis malheureuse, c’est complètement faux.

Je suis entourée d’une bande d’amies en or, j’ai des enfants que j’aime, je fais un métier qui me plait, j’ai des activités enrichissantes et stimulantes…

Alors, que demande le peuple ?

Certains diront que je change d’humeur comme de chemise, peut-être…Seulement, je trouve que les jours se suivent et se ressemblent, du coup l’humeur joue les montagnes russes. D’où cela provient-il : des cycles féminins,  lunaires, ou encore, la faute au biorythme ?

Objectivement, je ne suis pas malheureuse, mais je ne suis pas heureuse non plus.

Je suis neutre ! Neutre comme la Suisse et ça m’emmerde cette neutralité, c’est long comme un jour sans pain, c’est triste comme un jour de pluie, c’est aussi palpitant qu’une horloge arrêtée !

Ne va-t-il me rester que mon planning de gardes, des factures à payer, des jours qui passent et se ressemblent ?

Je me sens incomplète, le Ying sans le Yang, le jour sans la nuit, oui, c’est ça : incomplète.

J’aimerais qu’un petit truc magique se passe, un grain de folie dans la monotonie ambiante, une petite étincelle, une toute petite lumière au bout du tunnel, de l’espoir !

VVB

Sexualités: Le Magazine