Le BHD n°36 : Le dur métier d’être mère ! (les sujets qui fâchent, n° 2)

« Les enfants sont le ciment du couple ». Encore une belle ineptie judéo-chrétienne pour nous obliger à procréer, sans doute ! Que nenni, que nenni !

J’accompagne des couples et des naissances depuis plus de 26 ans et je suis moi-même la mère de 4 enfants. Je crois être assez bien placée pour dire que chaque nouvelle naissance impose un remaniement de la famille, du couple parental et aussi du couple conjugal ! De manière plus triviale, je dirais qu’être parent c’est comme être un funambule à 50 mètres au-dessus du sol, sans filet et sans apprentissage préalable, et vous devez osciller continuellement entre le « trop » et le « pas assez ».

De la famille dont je suis issue, il était de mise de ne pas se parler, d’éviter certains sujets, de ne pas parler de ses émotions ni de ses sentiments et, petite indélicatesse, on m’avait rabâché tout au long de mon enfance et de mon adolescence que j’étais un « accident » !

Je m’étais dit que dans la famille que je construirais, tout serait différent.

Ce fut le cas, du moins, le croyais-je jusqu’à récemment !

Vous aimez un homme de toute votre âme et vous lui faîtes un enfant en témoignage de cet amour, un prolongement de lui et de vous… Ce petit être se construit au creux de votre ventre et c’est sûrement pour cela que nous l’aimons avec nos tripes. L’amour maternel est viscéral. Vous désirez ardemment cet enfant. Il comble toutes vos espérances, vous le choyez, le nourrissez, veillez sur lui comme sur la prunelle de vos yeux, vous vous sacrifiez pour lui sans qu’il ait le moindre désir à formuler et sans qu’il vous en coute (ou presque). Vous lui apprenez à marcher, à être propre, à parler, à s’éloigner de vous, à prendre confiance en lui. Vous consolez ses petites et grandes peines, vous nettoyez son vomi, vous lui racontez des histoires, vous le soignez. Vous découvrez l’art subtil d’encourager sans obliger. Vous êtes son plus grand fan. Vous lui transmettez les valeurs qui sont importantes à vos yeux…

Et puis un jour, vous vous retrouvez avec un jeune adulte en face de vous qui s’apprête à quitter le nid. Il ne pense qu’à cela, se sentant fort avec ses petites ailes encore toutes frêles. Il se croit déjà adulte et ne veut pas entendre vos conseils bienveillants.

Vous lui faites face et vous vous demandez où sont les valeurs que vous lui avez transmises, il vous assène quelques vérités bien senties et cruelles : exit maman chérie que j’aime, bonjour la vieille conne nulle en informatique qui cuisine comme un pied !

Coup de poignard en plein cœur, profonde déception et cruelle désillusion !

Très franchement, je pense que le taux excessifs d’hormones pubertaires est responsable d’amnésie partielle ou totale chez l’adolescent, je ne vois pas d’autre explication plausible !

Et là, sur le perron de la porte, on se dit que leur bonheur va dépendre en grande partie de leurs propres choix et décisions…et plus des nôtres…

La chasse aux Pokémons est ouverte et vous, vous êtes reléguée au Musée…rayon « dinosaure » !

Bah oui, parce qu’en prime, quoiqu’il y ait comme défaillance dans le système, Freud a enseigné que c’est « la faute de la mère » !

Mais la mère, elle continue d’aimer, ne veut que le bonheur de son enfant et elle sait, mieux que personne à quel point l’amour maternel est inconditionnel.

 

« Les enfants commencent par aimer leurs parents. Quand ils grandissent, ils les jugent. Parfois, ils leur pardonnent ». Oscar Wilde

VVB

Sexualités: Le Magazine