Le BHD n°38 : Funérailles

Peut-on dire que des funérailles sont magnifiques ?

Celles de Louis le furent.

Une foule venue lui rendre un vibrant hommage, un parterre de fleurs, la pluie elle-même qui cesse le temps de la cérémonie, de merveilleuses photos retraçant sa vie, des textes tous plus beaux les uns que les autres décrivant un enfant espiègle, un féru de la langue française, un talentueux cuisinier, un graphiste hors pair, un futur infirmier brillant, un jeune homme ne se plaignant jamais de la maladie, un frère, un fils, un ami…

Ses amis de la promotion Pangolin, arborant leurs blousons avec son logo dessiné par lui, soudés et unis grâce à lui, derrière lui, avec lui…

Les adieux qui se succèdent tous plus douloureux les uns que les autres… Le premier quand la mort survient, attendue, redoutée… Le second quand le cercueil se ferme et qu’on ne verra plus la personne tant aimée… Le dernier quand il arrive à sa dernière demeure…et au milieu un anniversaire, le sien, comme un outrage…

Il y a aussi la fatigue, les tensions familiales qui resurgissent, des abcès qui se crèvent, des « mises à plats » nécessaires qui font du bien, une belle-fille extraordinaire, petite fée prenant toute l’intendance en charge, un petit fils comme une promesse de bons moments à venir…

Des bribes de phrases gravées : « Ce moment tant redouté, on y est maintenant… », « le bleu qui était cyan et pas juste bleu », « la couleur lie-de-vin de son chapeau »,  « Fort comme son nom, Louis comme un roi », « les copains qui te portent pour sortir de l’amphi », « ton charisme et tout ce que tu as apporté à chacun », « les balades dans les vignes », « des gammes à la trompette », « les tests de la ratatouille et la rapatatouille », « des vacances dans l’Ile d’Oléron »…

Courage, force, détermination, charisme, amitié et amour sont les mots qui te définissent le mieux.

Et maintenant… juste le vide intersidéral de ton absence… et ce texte que tu avais choisi toi-même pour l’occasion :

 

L’amour ne disparaît pas de Charles Péguy : La mort n’est rien : je suis seulement dans la pièce d’à côté… Je suis moi, vous êtes vous… Ce que j’étais pour vous, je le resterai toujours… Donnez-moi le prénom que vous m’avez toujours donné. Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait… N’employez pas un ton différent… Ne prenez pas un ton solennel ou triste… Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble… Priez, souriez, pensez à moi… Que mon prénom soit prononcé à la maison… Comme il l’a toujours été. Sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre ! La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié… Elle est toujours ce qu’elle a été… Le fil n’est pas coupé… Pourquoi serais-je hors de votre pensée Simplement parce que je suis hors de votre vue? Je vous attends… Je ne suis pas loin, Juste de l’autre côté…

VVB

Sexualités: Le Magazine