Le BHD n°40 : Fille de joie

C’est à croire que dans la vie, tout comme dans la Belle au bois dormant, de curieuses marraines se penchent sur votre berceau pour vous affubler de certaines aptitudes. Parfois, il s’agit de dons ou de talents mais parfois, ce sont de petites ou grandes malédictions. Un peu comme les supers héros qui n’ont d’autres choix que d’enfiler le masque et la cape quand tout va mal.

Ne dit-on pas, lui, c’est le petit rigolo de la famille, elle, c’est l’intellectuelle, lui, le casse-pied de service…

La question, c’est sommes-nous ainsi à la naissance ou est-ce à force de l’entendre de nos parents et des autres que nous le devenons ???

Ma famille avait coutume de dire que j’étais forte et que je n’avais besoin de personne, les profs et instits me traitaient de clown et de bavarde… A quel point les projections de nos parents influencent notre personnalité ?

Suis-je condamnée à être forte et drôle sans jamais pouvoir m’arrêter sous peine de tomber ? Je suis terriblement lasse de porter ce masque.

Je crois qu’il n’y a qu’une seule personne qui m’ait réellement percée à jour, une collègue de Pau. Quand je pratiquais l’autodérision et les blagues en tout genre, elle disait à la cantonade : « Attention, Valou, plus elle déconne, plus elle va mal » !(merci Lolotte pour ta perspicacité)

Et oui, les clowns ne sont pas toujours drôles.

Petite fille, je devais avoir 9 ou 10 ans, j’ai assisté avec mes grands parents à une représentation du Cirque Amar. Un de mes héros s’y produisait : Achille Zavatta. Poussée par ma mamie, je suis allée lui demander un autographe. Savez-vous ce qui m’a le plus marquée ? Cette indicible tristesse dans son regard ! Pouvait-on faire rire et être triste ?…Devenue adulte, je sais que la réponse est « oui ».

Par facilité, on colle des étiquettes aux gens. On les enferme dans des cases, dans une image, un style, un emploi. La plupart des gens ne veulent pas réellement savoir qui vous êtes, ils ne connaissent qu’une image, un reflet et ça leur suffit.

Le monde ressemble au carnaval de Venise, un masque pour le boulot, un pour la famille, un pour les commerçants. Heureusement, il y a ceux avec qui on peu être juste soi, sans masque et sans fioritures, sans rôle à jouer, cartes sur table ! Et ces personnes sont les plus précieuses qui soient.

J’ai l’immense chance d’en connaître…et plusieurs…

VVB

Sexualités: Le Magazine