Le BHD n°55 : Pourquoi se lever le matin ?

D’après les philosophes, il paraît que c’est une question existentielle… Eh ben, chez les philosophes, doit pas y’en avoir beaucoup qui ont des enfants…ou qui bossent…

Alors, en ce qui me concerne, pourquoi je me lève le matin ? Il va s’en dire que ce n’est, bien évidemment pas, lorsque je viens de faire douze heures de garde de nuit, parce que là, je n’ai qu’une envie quand je suis devant mon vestiaire : c’est vivement que la téléportation existe et que je me retrouve direct dans mon p’tit dodo, en pyjama, SVP !

Pour tous les autres jours, enfin matin, les raisons sont diverses et variées et certainement pas existentielles.

Il y a les pragmatiques : je vais au boulot, j’ai un rendez-vous, je dois emmener les enfants à l’école (plus trop maintenant, ils sont grands, mais j’ai largement connu cette grande aventure). C’est jour de repos, donc de ménage, des courses et des lessives, normal !

Il y a les urgences : « maman, j’ai faim », « maman, pipi », « maman, j’ai vomi », « maman, je suis malade » et là, vous trouvez la faculté de passer de l’horizontale à la verticale en un dixième de seconde et sans savoir comment vous avez procédé…Pas de question à se poser, mais le téléphone à prendre pour changer tous vos plans de la journée : pour prévenir l’école, prendre un rendez-vous chez le médecin ou le pédiatre, courir à la pharmacie, exit votre rendez-vous chez le coiffeur ou votre séance de gym…Vis ma vie de mère de famille, monsieur le philosophe, et tu sauras où tu peux te mettre ta chère question existentielle…Ben oui, ça m’énerve !

Il y a le naturel : je me lève parce que je n’ai plus sommeil…Vite, où est la cheminée que je la marque d’une pierre blanche.

Il y a le rageant : avoir envie de faire pipi genre trente ou quarante-cinq minutes avant que le réveil ne sonne et savoir que si l’on se rendort, on aura la tête dans le cul toute la journée, mais on le fait quand même. Que la mère épuisée qui ne l’a jamais fait me jette la première pierre…

Il y a le p’tit câlin du dimanche matin…monsieur se réveille au garde à vous et voudrait profiter du moment avant que les enfants ne s’éveillent…chacune voit midi à sa porte…

Il y a le festif : fête des mères ou anniversaire où on vous amène le petit déjeuner au lit, préparé avec amour…Mais où il est bien difficile d’en profiter tandis qu’on saute autour de vous et que votre jus d’oranges fini dans votre nuisette !

Il y a le météorologique : l’hiver, quand vous entendez, enfouie sous la couette, une pluie battante et que vous désirez plus que tout devenir une marmotte et vous mettre en mode hibernation et ne mettre le nez en dehors du lit qu’après le solstice de printemps…minimum !

Il y a le sportif : ce matin, je vais marcher, faire du vélo, à la plage…A fond la forme et je fais gaffe à mes formes !

Mais alors, l’existentiel ?

Parfois, il est là…C’est celui qui dit que la vie est plus facile quand on l’affronte à deux, que la vie est plus belle quand on a quelqu’un avec qui la partager…Et justement, ces matins là, il faut s’extirper du lit pour montrer à l’avenir qu’on est prête pour recevoir l’espoir…

VVB

Sexualités: Le Magazine