Le BHD n°61 : Inspirez, soufflez !

L’autre jour, en séance de sophrologie, exercice d’une simplicité enfantine : « Imaginez qu’à l’expiration, l’oxygène tel un rayon de lumière circule dans tout votre cœur, la même chose sur l’expiration, mais dans l’autre sens ». Tentative…et là, grosse crise de panique et d’angoisse comme les gens qu’on essaye de noyer en leur mettant la tête sous l’eau dans les films…J’avais la sensation de me débattre, de me noyer, d’avoir le cœur dans un étau…L’horreur !

Prise de conscience…encore !

Connaissez-vous la « vierge de fer », cet instrument de torture moyenâgeux de l’époque d’Henri II ? C’est un sarcophage en bois ou en fer muni de grandes pointes de fer à l’intérieur, on y enfermait les personnes que l’on voulait torturer…Je vous laisse imaginer le bain de sang…

Et bien moi, depuis la minute où le bourreau avait mis sa sentence à exécution (« je ne t’aime plus, je veux qu’on se sépare »), j’avais adopté une sorte de respiration contrite et contrainte pour moins souffrir, pour éviter le syndrome du cœur brisé.

Explications : Contrainte parce que c’est le synonyme de difficulté, de pudeur et d’oppression. Contrite, parce que c’est le synonyme de repentant, de penaud et de quelqu’un qui éprouve un grand regret pour ses fautes. Le syndrome du cœur brisé, parce que c’est une maladie qui existe vraiment. Elle est due à un stress émotionnel ou physique qui provoque une défaillance cardiaque aigüe pouvant conduire au décès. Dans presque 30% des cas une rupture amoureuse en est à l’origine !

Alors oui, sans m’en rendre compte le moins du monde, j’ai adopté une respiration superficielle, pour moins souffrir, pour ne pas mourir de chagrin, pour éviter de faire saigner mon cœur davantage.

Par contre, pourquoi j’ai mis autant de temps à m’en apercevoir, je ne saurais le dire. Toujours est-il que retrouver pleinement ses fonctions respiratoires, inspirer, souffler, respirer à pleins poumons et avec des rayons de soleil et une douce chaleur qui vous traverse le cœur, c’est bon, c’est doux, c’est extraordinaire ! Un vrai petit miracle !

Je me suis amusée à compter depuis quand mon petit cœur était enfermé dans sa vierge de fer.

Entre le jour « J » et le cours en question : 1278 jours. Sachant qu’un adulte effectue en moyenne 16 mouvements respiratoires par minute, j’ai mis 127 824 heures soit 7 669 440 minutes soit 122 711 040 respirations avant de guérir !

 

« Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit ». Khalil Gibran.

Bon, j’ai juste fait une nuit polaire version la Belle au Bois dormant, le tout, c’est d’en avoir pris conscience !

VVB

Sexualités: Le Magazine