Le BHD n°63 : Mesdames, un pas en avant !

Sans me vanter le moins du monde, je peux affirmer que je fréquente des  mères  au quotidien et que j’ai de l’expérience en la matière. J’ai noté un défaut commun pour une écrasante majorité des mères qui est décuplé lorsque celle-ci est aussi soignante.

Tout commence à la maternité ou après des heures de contractions douloureuses et un accouchement (même le plus normal soit-il), vous vous retrouvez fatiguée, la vulve douloureuse, des doutes pleins le cerveau, et là, la ronde des visites commence et vous vous rendez-compte qu’il n’y en a plus que pour votre cher bambin ! Il est bien fini le temps de la grossesse où vous étiez le centre de toutes les attentions…Oups, même vos écarts culinaires si attendrissants deviennent à présent de gros pêchés à condamner. Et chacun y va de son avis et de son conseil vous plongeant dans le désarroi le plus total !

Ca y est, la pression est là !

Nous devenons des espèces d’éponge bifaces : d’un côté, nous absorbons toutes les émotions, de l’autre nous nous essorons jusqu’à la dernière goutte.

Nous voulons être parfaites, et j’entends par là reproduire l’éducation que nous avons reçue si nous pensons qu’elle était bien, ou, au contraire,  en prendre le contre-pied. Nous voulons tout gérer et  tout organiser dans le moindre détail et ça nous plombe.

Bonne nouvelle, ça porte un nom, cela s’appelle la « charge mentale » une chercheuse de Québec, Nicole Brais, la définit comme la somme du travail de gestion, d’organisation et de planification ayant pour objectifs la satisfaction des besoins de chacun et la bonne marche de la résidence (du foyer).

Mauvaise nouvelle cela concerne quasi-exclusivement les femmes…Vous me suivez… Il paraît que c’est générateur d’un grand stress… Et ce phénomène, c’est sans compter la profession que peut exercer la maman au dehors.

Le cerveau qui fonctionne toujours à 20000 tours par seconde (soit bien plus vite que le lave-linge), y compris la nuit…et cette phrase énervante au possible que j’entends toujours prononcée par des hommes : « pour t’endormir, c’est facile il suffit de penser à rien ! », mais bon sang, comment fait-on pour ne penser à rien ?

Je me suis un peu égarée, quoique… Revenons donc à nos moutons ou plutôt à notre principal défaut de maman : celui de se faire systématiquement passer après notre progéniture et notre conjoint !

Et j’en viens à la question cruciale : pourquoi ne pas se mettre sur le même rang que tous les autres membres de la famille, pourquoi systématiquement ce retrait : à combien de morceau de gâteau avez-du vous renoncer, de combien d’heures de sommeil vous êtes-vous priver, combien de fois avez-vous changé vos plans pour votre moitié ou vos chères têtes blondes ?

Et tout ça pourquoi ? Pour qu’un jour, apparemment tranquille et anodin,  le couvercle de la cocotte minute réussisse un décollage digne d’une fusée interplanétaire…

Parce que la nième frustration, vous n’aurez pas pu la digérer ?

Je ne veux pas en remettre une couche sur le patriarcat, mais nous sommes victimes de l’éducation reçue depuis des temps ancestraux : soit une bonne fille, soit une bonne mère, si tu es sage, tu auras des bonbons, si tu travailles bien, tu auras une image…Tu parles ! Un tien vaut mieux que deux tu l’auras.

Je crois que tout serait plus facile si nous ne nous négligions pas, si nous n’attendions pas pour répondre à nos besoins élémentaires, à nos envies simples et bénignes. Ce n’est pas aux autres de nous accorder de l’importance, c’est à nous de la prendre. Inutile d’attendre que le moindre détail nous transforme en petite bombe à retardement. N’oublions pas que la plupart du temps, dire « OUI » aux autres, c’est se dire « NON » à soi-même. S’octroyer, sans culpabiliser un moment pour soi et rien que pour soi. Mettre en pratique le  «  Mieux avec soi-même pour être mieux avec les autres ».

Alors, Mesdames, un pas en avant et bonne fête des mères !

VVB

Sexualités: Le Magazine