Le BHD n°69 : Matador (2)

Je viens de lire les résultats d’une expérience réalisée aux Etats-Unis et j’ai été bluffée. Des scientifiques ont fait écouter des battements de plusieurs cœurs à des adultes, parmi eux, il y avait celui de leur mère (bien entendu, ils ne le savaient pas). Seul le cœur de leur mère a eu le pouvoir de faire diminuer leur stress et leur propre rythme cardiaque. Je trouve cela fascinant cette mémoire du corps…Et ça me donne de l’espoir…

En effet, depuis plusieurs semaines, l’ambiance à la maison est tendue comme un string !

Il semble que les enfants aient décidé de faire leur rite de passage tous en même temps. J’ai l’impression d’être un taureau un jour de grande corrida, attaquée de toute part par la fratrie en costume de lumière. Je me sens comme dans la chanson de Mickey 3D : « Mais j’ai  peur de t’attraper la main, et que tu ne m’esquives encore, je ne sais pas si cet amour est fort, ou s’il ressemble à la chasse au trésor, si t’en veux pas sache que je le déplore, et que je m’excuse encore. Je n’ai pas peur de la mort, mais que tu m’évites encore, je te préviens matador qu’un jour je t’aurais alors. On a vu des taureaux aimer des toreros. On a vu des taureaux aimer des toreros ».

C’est ainsi que j’assiste impuissante à ma mort symbolique : dénigrement de ma personnalité, déconstruction de mes valeurs et croyances, manque de respect envers moi et envers les règles établies dans ma demeure, refus du moindre geste de tendresse (perçu comme une agression),rappels consciencieux et méthodiques de mon « obsolescence programmée », irritabilité devant le fait que je puisse produire des mouvements respiratoires…Je me retrouve dans une immense partir d’Othello version grandeur nature, travelling arrière sur ma vie de mère et tous ses manquements réels ou supposés. J’ai fait noir et dit blanc, j’aurais du faire blanc et dire noir, tout en sachant que si j’avais fait blanc et dit noir, j’aurais du faire noir et dire blanc (ça va ? Vous me suivez ?). J’ai bien compris que je ne suis pas la mère qu’ils auraient souhaité avoir…Vraisemblablement, mon mieux n’était pas assez ! Mais de là à croire que j’aie pu délibérément ou intentionnellement agir à l’encontre de leurs intérêts, j’en suis consternée et profondément chagrinée !

Attaquée et piétinée comme un taureau un jour de grande féria, je cherche des solutions pour échapper à l’arène ! Ma première hypothèse était de rendre coup pour coup tel un fougueux taureau, mais se mettre au niveau de ses « ennemis », c’est une solution dégradante et qui manque de noblesse. La deuxième, toute aussi insatisfaisante consistait à se rouler en boule par terre en attendant l’estocade finale, les « Deux oreilles et la queue », la foule en liesse et la douleur au ventre. Finalement, la troisième et de loin la meilleure : quitter l’arène, tout simplement. Revêtir un magnifique costume de Super Canard (c’est comme un canard, mais avec une cape). A savoir, s’imperméabiliser, laisser glisser les mots et les actes jusqu’à ce que ça passe !

« Peu importe que le vent hurle, jamais la montagne ne ploie devant lui » (Empereur de Chine dans Mulan).

 VVB

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