Le BHD n°74 : 50 nuances de gris

 

Version 2 pour public averti.

 

Certaines facettes du travail de nuit sont aussi très compliquées à comprendre pour des collègues ou des cadres de santé…Et je ne parle pas du gouvernement…

Nouveau florilège de petites et grandes constatations, énervantes, ou pas :

– Tu sais que tu es de nuit quand une patiente a généreusement offert des douceurs pour toute l’équipe et qu’à ton arrivée, au mieux, il  en reste une ou deux qui se battent en duel dans la boîte, au pire, il te reste la boîte vide avec la carte, sympa les copines !

– Tu sais que tu es de nuit quand ton meilleur allié, c’est le café et ton pire ennemi, le sommeil qui t’arrive dessus quand tu ne le souhaites pas et qui ne vient pas quand tu le recherches désespérément…

– Tu sais que tu es de nuit quand tu connais bien ce phénomène de l’angoisse vespérale : les bébés qui pleurent quand vient la nuit, les patients qui se sentent seuls parce que les visites et la famille sont parties, parfois, la crainte de ne pas voir une nouvelle aube se lever…

– Tu sais que tu es de nuit quand on te rabâche que, non, la nuit du vendredi n’est pas sur le week-end…Alors, je t’explique, quand tu fais la nuit du vendredi, tu travailles de minuit à 7 ou 8 heures sur le samedi, et ensuite, tu vas faire un dodo récupérateur. Et, sauf erreur de ma part, le week-end, c’est bien samedi et dimanche, tu me suis…Ca fonctionne aussi pour les jours fériés, quand tu travailles de nuit, c’est celle qui fait la veille du jour férié qui travaille davantage sur le dit jour que celle qui est noté de nuit toujours sur ce même fichu jour…Exemple : si tu fais la nuit du 30 avril au 1è mai, tu fais 8h de jour férié…Alors que si tu fais la nuit du 1è mai au 2 mai, tu ne fais que 4h de férié ! Gnaf ! Capichi ? C’est juste des mathématiques.

-Tu sais que tu es de nuit quand tu subi la terrible loi des 10%. Je m’explique, tu as à peu près 10% de risques supérieurs à la population générale d’avoir un cancer, d’être en obésité, d’avoir des troubles du sommeil, d’être victime d’addictions (tabac, médicaments, alcool, drogues), de divorcer. Comme disait Richard Bohringer, « c’est beau une ville la nuit »…

– Tu sais que tu es de nuit quand la pénibilité du travail de nuit n’est reconnue que de 24h à 5h, alors que le code du travail définit le travail de nuit de 21h à 6h…Et que le compte pénibilité mis en place par le gouvernement a fait ardoise magique, on efface tout ce que tu t’es tapé d’années de nuits avant 2015…LOL !

-Tu sais que tu es de nuit (depuis trop longtemps) quand errer dans les couloirs vides d’un hôpital ne te fait pas trembler de peur.

Et malgré tout, tu continues…

VVB

Sexualités: Le Magazine