Le BHD n°84 : La bataille des Ardennes

Ne dit-on pas que les pires batailles sont celles que l’on mène contre soi-même ?

S’il en est une que je mène depuis longtemps, c’est, comme je l’ai dit précédemment, celle du poids.

Titre de mon mémoire de « sexo » : Le regard que porte le soignant sur la sexualité de la femme obèse ! Tout un programme… Tout ça pour dire que les paroles blessantes d’un père, d’un professeur et d’un collègue (tous pour le moins indélicats) peuvent vous marquer au fer rouge pour toute une vie !

Des kilos, j’en ai perdu (je pense au moins deux fois mon poids actuel), j’en ai repris, aussi. J’ai entretenue une lutte acharnée contre moi-même. J’avais l’impression de me trimballer mon poids comme un militaire trimballe son paquetage…Sauf que moi, je ne pouvais presque jamais le poser…

Les seuls instants où il n’existait pas, c’est quand je faisais l’amour… Je ne souhaite, bien évidemment pas, vous détailler des détails pour le moins intimes, mais cela m’a conduit à penser que le poids, la sexualité, la féminité et l’amour étaient des sujets qui méritaient qu’on y porte une certaine attention. Mes kilos et moi, nous aimions le sexe, tout comme moi sans mes kilos (j’aime le sens de cette phrase). Et ouais, n’en déplaise à certains…Du coup, je ne sais plus très bien si la réflexion que j’ai menée a pris naissance dans mes adipocytes ou mes neurones, ou les deux… Toujours est-il qu’on ne peut pas réduire la relation à l’autre, quel qu’il soit, à l’image du corps (réel ou supposé), ce serait nier les émotions, les âmes, les sentiments et ce qui fait d’une personne un être unique. Sexualité et surpoids (et/ou obésité) ne sont absolument pas incompatibles… Sauf dans l’esprit des gens obtus qui ignorent la différence entre la nudité des corps et la nudité émotionnelle, j’appelle ça la dimension cosmique de la sexualité !

Sans vouloir paraître vulgaire, ça me troue le cul chaque fois que j’entends un soignant ou toute autre personne faire de la grossophobie et se permettant de juger de la sexualité de quelqu’un. Pour moi, c’est comme si certaines personnes se considéraient plus beaux que les autres, et du coup, auraient droit à une sexualité épanouie en fonction de critères physiques préétablis (par qui, d’ailleurs ?). Je pense que ce qui les défrise justement, c’est de se dire que quelqu’un soit disant pas dans leurs critères puisse avoir une sexualité plus épanouie et s’éclater au pieu davantage qu’ils ne le feront peut-être jamais !!! Et toc, dans ta face !

Alors, qu’on se le dise, une vie sexuelle satisfaisante n’est pas corrélé à la masse et « l’orgasmomètre » n’est pas branché en wifi avec le pèse-personne !…ça pourrait faire un nouveau théorème, qu’en dîtes-vous ?

 

 

VVB

Sexualités: Le Magazine