Le BHD n°85 : Les gardiens de la galaxie

Dans la mouvance du hashtag « Balance ton porc », pour faire suite au 25 novembre et forte de tout ce que j’ai déjà dit sur le surpoids, j’aimerais évoquer une violence faîte aux femmes qui n’est pas forcément considérée comme telle et qui pourtant nous pourri la vie au quotidien. On pourrait la nommer : « le devoir d’image » ou l’injonction d’être belle et de rester jeune !

Enfin, bonjour les critères physiques : être grande, mince, avoir des jambes fuselées et interminables, bien entendu, de gros seins et n’oublions pas la vulve glabre et la labioplastie toute fraîche histoire de bien ressembler à une actrice porno…

Avant de continuer mon plaidoyer, je me permets de rappeler que la première industrie mondiale, celle qui génère le plus de fric sur la planète est l’industrie du sexe (englobant de fait la pornographie, la prostitution et l’esclavage sexuel)…

Bref, je me suis souvent demandée si des mecs ne se réunissaient pas pour voter et élire les plus belles femmes de la planète…Et en plus, ça change régulièrement… Histoire de bien nous faire culpabiliser…Ce qui m’attriste, c’est que la mode a encore de beaux jours devant elle si les femmes ne cherchent pas à se sortir de cette forme particulière de patriarcat qui nous transforme presque toutes en dismorphophobiques patentées, paranoïaques, complexées et impuissantes…(Comme dirait Léodagan, personnage cher à mon cœur, « merde ! En principe, ça colle avec tout ! ».

Parce que soyons un tantinet réalistes et reconnaissons que les stars du showbiz ont des avantages contres lesquels nous ne pouvons pas lutter. Si, nous aussi, pouvions porter des fringues sur mesures, être coiffées et maquillées par de grands professionnels, être prises en photo par un artiste et ensuite bénéficier du talentueux logiciel « Photoshop »…Et bien, nous aussi nous serions divines et merveilleuses ! J’exclue volontairement le phénomène « fric » qui permet de s’offrir de la chirurgie plastique, du silicone et du Botox.

Et puis aussi, arrêtons notre tendresse avec nos homologues masculins, parce que les chéris nous veulent en déesses, mais font-ils l’effort d’être des Apollons ? Nous avons le chic pour les excuser : une calvitie les rend sexy, un ventre rond rassurant, des tempes grisonnantes leur donnent de la classe et les rides aux coins des yeux leur donnent une certaine assurance…Ben voyons…On n’est pas sorti du sable…

Pourquoi passer son temps à tenter de devenir un mirage ? Tout ça, c’est du vent, de la poudre (de perlimpinpin) aux yeux, mais malgré tout, ça nous affecte. J’aimerais bien savoir ce qu’éprouvent ces actrices et ses mannequins à la vue de leur image ainsi modifiée, déformée. Se reconnaissent-elles dans ces clichés ?

Comme disait Oscar Wilde : « Soyez vous-même, tous les autres sont déjà pris ».

Vous me direz qu’il faudrait pour cela revoir et transformer tout le système éducatif de bons nombres de pays (dont le notre) où l’on enseigne systématiquement et à tout un chacun de toujours voir et pointer les défauts plutôt que de nous apprendre à développer et mettre en avant ce qui fait de nous des êtres uniques ! Malheureusement, ce système persiste et se retrouve ensuite dans notre façon de penser, dans le milieu professionnel en terme de management… C’est tellement réducteur de valoriser les qualités, c’est oublier tout bonnement que ce sont nos imperfections qui font de nous ce que nous sommes…Je repense à ce que disait Molière : « La grande ambition des femmes est d’inspirer l’amour », qu’on pourrait opposer à ce que disait Albert Einstein : « Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper dans un arbre, il passera sa vie entière à croire qu’il est stupide ». Le tout est de savoir où l’on veut se situer…

 

 

VVB

Sexualités: Le Magazine