La petite ou grande histoire du vagin

Fem_isa_intIl y’a beaucoup à dire sur le vagin et certainement plus que ce que l’on imagine; si connaître son anatomie et sa physiologie est important, ce n’est pas suffisant pour en tirer tout le plaisir espéré.
Mais commençons par le définir
C’est un canal qui part de l’orifice vulvaire pour se terminer au niveau du col de l’utérus. Sur le plan biologique, c’est un lieu de passage; il permet la pénétration sexuelle et l’accouchement.
Son anatomie
Il a une forme conique à sommet inférieur, un peu la forme de certaines variétés de poire. L’entrée du vagin, au niveau de la vulve est la partie la plus étroite. Le fond du vagin où s’insère le col de l’utérus a lui un diamètre de l’ordre de 60 mm à 70 mm.
Le vagin lorsqu’il est vide est une cavité virtuelle; en effet, ses parois sont accolés l’une contre l’autre et cela surtout au niveau du tiers externe qui est entouré par les muscles du périnée: les releveurs de l’anus et les constricteurs de la vulve. Ces muscles très puissants ferment véritablement l’entrée du vagin. Ils doivent se détendre pour permettre la pénétration. Leur contraction peut rendre le rapport sexuel douloureux, voire impossible; c’est ce que l’on appelle le vaginisme.
Il est responsable des éventuelles douleurs ressenties lors des premiers rapports sexuels, l’hymen étant insensible.
La profondeur du vagin varie d’une femme à l’autre; elle est en moyenne de 9 cm à partir de l’orifice vulvaire. L’impression d’une plus grande profondeur est due au fait que l’on rajoute l’épaisseur des grandes lèvres. L’axe du vagin se situe entre 30° à 40 par rapport à la verticale. En fait il fait une sorte de S très aplati: un peu plus vertical à l’entrée du vagin.
On peut décrire 2 faces au vagin: une face antérieure, celle qui est en contact avec l’urètre et qui réalise une sorte de saillie longitudinale et une postérieure en contact avec le rectum; elles sont très épaisses comme un cuir très épais composées d’une muqueuse et d’une couche musculaire.
Il est parcouru de nombreux plis transversaux, plus nombreux au niveau du tiers externes. En se déplissant, ils facilitent le passage du bébé au moment de l’accouchement.
La femme étant allongée sur le dos, le fond du vagin où se situe le cul de sac postérieur forme une sorte de coupe qui va recueillir le sperme et les sécrétions vaginales et où va « plonger » le col de l’utérus après le coït. Lorsque l’excitation est intense, cette coupe s’agrandie; c’est le phénomène de ballonisation. Elle est provoquée par la remontée de l’utérus dans l’abdomen.
C’est ainsi qu’une de mes patientes me racontait qu’elle avait des douleurs sexuelles profondes lors de ses rapports sexuels avec son mari et non avec son amant pourtant mieux « monté »!
vagin1La fente vulvaire qui constitue l’entrée du vagin encore appelé vestibule fait une trentaine de mm, elle est bordée par les petites et grandes lèvres; elle est en partie obturée par l’hymen chez la vierge.
Ce vestibule est fréquemment le siège de micro-lésions attribuées à tort le plus souvent à des mycoses. Elles sont responsable de vulvodynies ou douleurs vulvaires qui vont empoisonnées la vie sexuelle de nombreuses jeunes femmes. En fait, il s’agit d’un « stress » d’origine psychosomatique très voisin du vaginisme. Les traitements agressifs de certains praticiens ne feront qu’aggraver le problème. Elles disparaîtront néanmoins la plupart du temps à la suite d’une grossesse.
Il est intéressant de constater que la vente vulvaire féminine n’est accessible à la pénétration lorsque les cuisses sont serrées qu’en position genu-pectorale, en levrette. Lorsque la femme est debout les cuisses serrées, son accès est impossible.
Des cuisses ouvertes ou écartées représentent ainsi au regard de l’homme un signe d’invite. On comprend mieux l’usage de certains vêtements visant à dissimuler la cuisse voire la jambe féminine où des jambes croisées lorsque la jupe est courte!
Par contre les jeux de jambes, laissant deviner cette entrecuisse ne sont que rarement innocents.

On comprend mieux que certains jeux érotiques à caractère SM oblige la femme à garder les cuisses ouvertes comme signe de soumission.
Bien sûr le port du pantalon a altérer la signification de ces signaux. à suivre…
Physiologie
C’est à partir de la puberté que le vagin subit son développement définitif. Son volume augmente surtout dans son derniers tiers. Ses parois deviennent souples et extensibles permettant d’accueillir le sexe masculin quelque soit sa taille.
La muqueuse vaginale est normalement protégée par le Bacille de Doderlein qui produit l’acide lactique.
Si l’acide lactique est nécessaire à la fabrication des yaourts, il vaut mieux qu’il soit d’une autre provenance à moins d’en être réduite à ses dernières extrémités.
Cette acidité (pH: 4,5) empêche le développement d’autres microbes et fait du vagin un organe que l’on peut qualifier d’auto-nettoyant.
Il faut éviter toute irrigation vaginale qui ne pourrait que l’agresser et être responsable entre autre de mycoses.
Les parois vaginales s’épaississent sous l’influence des hormones féminines. La muqueuse vaginale sécrète en permanence un mucus qui va entretenir l’humidité vaginale. Sa desquamation s’associe à l’acide lactique pour réaliser les pertes blanches physiologiques.
Par contre, la vulve et les parois vaginales vont subir une involution atrophique lors de la ménopause. Les rapports sexuels peuvent devenir plus difficiles et beaucoup moins agréables.
La seule façon de la réduire, exception faite des TSH (traitements hormonaux) c’est d’avoir une activité sexuelle régulière.
Lors de l’excitation sexuelle, le vagin va subir un certain nombre de modifications. L’orifice vaginal va s’ouvrir allant ainsi au devant de l’organe masculin. La lubrification du vagin augmente considérablement. Elle est due à un phénomène de transsudation à travers la paroi vaginale du fait d’une vasodilatation des vaisseaux sanguins qui l’entourent. Si cette lubrification dépend essentiellement de l’excitation sexuelle, elle est variable, plus ou moins abondante en fonction de chaque femme.

Il est à remarquer que le tabagisme provoque une sécheresse vaginale.

Fonctionnement du vagin
Sur le plan biologique la première fonction du vagin est de permettre la procréation.
Fort heureusement l’être humain a su en faire également un organe du plaisir.
Peut-on considérer le vagin comme zone érogène primaire?
Si l’on divise le vagin en trois partie, on peut sans aucun doute considérer son premier tiers (l’entrée du vagin) comme zone érogène primaire. C’est sa proximité avec les deux branches internes du clitoris qui en est probablement responsable. Lors de l’excitation sexuelle, cette zone devient congestive et va ainsi enserrer la verge masculine. De la même façon que le gland clitoridien, son frottement va pouvoir provoquer un orgasme. Et celui-ci est tout à fait comparable en intensité et en diffusion à l’orgasme « clitoridien ». Il est différent de l’orgasme vaginal profond qui sera décrit plus loin. Cet érotisme de surface ne nécessite pas de pénétration profonde;la friction réalisée aussi bien avec des doigts, un sextoy, ou le pénis permet par un mouvement de va-et-vient de provoquer du plaisir. Il est possible que cet onanisme vaginale ait été découvert dès l’enfance chez quelques jeunes filles curieuses. A la suite de grossesses cet espace vaginal a pu se distendre, la jouissance devenant plus difficile à atteindre. Afin d’augmenter l’intensité du frottement, on été inventés des préservatifs ou condoms munis d’excroissances. diverses et variées. UnknownLes indiens de Patagonie utilisaient le Guesquel, ou œil de biche, instrument d’érotisme mécanique. L’écrivain Blaise Cendrars dans _le Plan de l’Aiguille_en 1927 le décrit ainsi: « il se compose d’une petite couronne de touffe de crin de mulet soigneusement montée sur une mince ficelle tricolore. L’homme s’attache cette ficelle derrière le gland et durant le coït introduit l’instrument, les brosses en avant, dans le vagin de la femme. Ces crins sont raides et longs d’un bon doigt ; leur effet est si violent que la femme hurle, pleure, grince des dents, mord, éclate de rire, sanglote, s’agite, écume, bave, fait des soubresauts, se tortille (c’est pourquoi les Patagons appellent les femmes blanches, qui n’ont pas besoin du guesquel pour prendre une part aussi active à l’amour, mais se tortillent naturellement ce dont il raffolent des (corcoveadores) ; l’orgasme est si puissant, qu’après la détumescence, la femme reste épuisée, râlante, rassasiée, satisfaite, comblée, étourdie de bonheur, bête à pleurer, n’en pouvant plus. On prétend qu’une fois qu’elles y ont goûté, les indiennes ne peuvent plus s’en passer, même dans le mariage et qu’un bon guesquel vaut de trois à six chevaux selon le travail, le soin avec lequel il a été monté, l’abondance des brosses, La qualité du crin, les dessins Bleu-Blanc-Rouge de la ficelle ; certains se termine par de petits paquets de coquillages qui tintinnabulent entre les testicules durant le coït, ce qui, dit-on stimule l’homme. Les plus recherchés sont ceux fabriqué avec les crins d’une mule blanche parce qu’on leur attribue de grandes vertus prophylactiques. » En Polynésie, les hommes incrustaient sous la peau du gland de petits morceaux de coquillage afin d’augmenter le frottement, les Yakusa japonais les remplaçant par de véritables perles.

Mais qu’en est-il des deux autres tiers du vagin?
La faible proportion de femmes capables de ressentir spontanément un orgasme vaginal profond (environ 20% à 30%) ne permet pas d’en faire une zone érogène primaire.
Lorsque l’excitation sexuelle est suffisante, il se produit un phénomène particulier: la ballonisation. Du fait d’une ascension de l’utérus, le fond du vagin s’agrandit. Ainsi le vagin adulte érotisé appelle sa réplétion, son remplissage par le pénis. Ce qui sera pour la femme, qui le vit, la source majeur du plaisir sexuel responsable de la fameuse « petite mort » ou du « 7ème ciel ».
Quel en est le mécanisme?
La femme amoureuse ou désireuse va faire de son vagin un instrument fusionnel. Il est transformé dans son fantasme inconscient en « une bouche dévorante ». Plus que son pénis, c’est l’homme tout entier qu’elle absorbe ainsi en elle. La violence ou la puissance des coups de boutoir des mouvements du pénis est recherchée. Cet envahissement souhaité accentué par les mouvements de son bassin pourra être source d’un orgasme intense, violent, méconnu de la plupart des hommes. Il est le fruit d’un apprentissage plus ou moins conscient, pour ne pas dire inconscient!
Certains hommes ont pu en d’autres temps être effrayés de cette jouissance féminine dévorante, d’où le fameux mythe du vagin denté, castrateur de la virilité masculine.
Les autres s’en sont accommodés avec un certain plaisir et sans trop de difficulté!
Cette réplétion vaginale peut être responsable chez quelques femmes d’un orgasme au cours de l’accouchement. L’expérience est assez rare, mais connue de quelques sage-femmes. Le sujet reste néanmoins tabou.
Si ce remplissage vaginal est essentiel, la zone du vagin en contact avec l’urètre postérieure (le fameux point G) va jouer un rôle important dans le développement de sensations menant au plaisir. Une stimulation digitale ou sexuelle de la paroi antérieure du fond du vagin, peut provoquer au moment de la jouissance la fameuse éjaculation féminine.
On comprend que le vagin n’est pas un organe passif, mais au contraire, chez la femme qui l’a intégré et érotisé, il est devenu très actif, s’ouvrant pour être rempli de l’homme désiré ou « dévorant » pour l’absorber.
On comprend que la mécanique sexuelle féminine est complexe. Aucune femme n’est en fait inaccessible à cette jouissance si elle réussit à faire de son sexe un véritable instrument de son désir.