Le BHD n°99 : Mille et une pattes

Cette semaine, j’ai pu, enfin, reprendre contact avec une petite chose qui me fait plaisir et qui me rend heureuse…Rien d’extraordinaire, aller marcher dans la nature…Mais quel bien fou ! J’ai pu observer que  Perséphone allait bientôt quitter le royaume d’Hadès : les prémices du printemps sont encore timides, mais bien présents…Du coup, je me dis qu’il y a déjà bientôt un trimestre de passé et qu’il n’y a pas encore eu cette putain de rencontre tellement espérée….

Offrez-moi sans tarder des bouquins comme : « La relation sentimentale qui vaille le coup pour les nuls » et le « Parfait petit manuel de la drague 2018 », parce que mes rares, malheureuses et décevantes pseudo rencontres via des sites à la mode ne m’ont absolument pas convaincue ni satisfaite !

Ah, ça, nous sommes à l’ère connectée !…Mais connectée à quoi ? Des hommes qui cherchent du sexe d’une pauvreté affligeante à travers un écran et confortablement installés au fin fond de leur salon s’inventant une vie qu’ils n’ont pas…Pardon, mais pour ça, il y a « YouPorn » !

Je ne devrais pas dire que je n’aie pas eu d’opportunités ou de propositions indécentes, puisque ce n’est pas le cas…Pour ouvrir sa braguette, là, y’a pléthore de monde, mais quand il s’agit de faire preuve d’authenticité et de sincérité, de se mettre à nu émotionnellement, ben, là, c’est Waterloo morne plaine !

Je devrais, par conséquent, changer de discours et demander où sont les hommes qui ont envie de se connecter en « live » avec une femme, ceux qui n’ont pas peur de s’engager dans une vraie relation quelle soit sentimentale ou sexuelle, mais réelle et assumée ?

En 2018, le lien a-t-il toujours du sens ? On pourra toujours m’opposer que je suis trop « difficile », que j’ai trop de « critères d’exclusion » et que je ne dois par conséquent pas m’étonner d’être enfermée dans une solitude amoureuse…Que voulez-vous, je ne suis prête ni pour la médiocrité, ni pour la pauvreté relationnelle que ce soit dans un registre sexuel ou affectif…Bordel de merde, j’ai bien encore le droit de croire, de rêver, d’espérer qu’une âme sœur me soit destinée ! Un peu de romantisme, un peu de cosmique, de sacré dans le sentiment et le sexe, ça n’a jamais été hors de portée pour peu qu’on veuille s’en donner la peine. Parce qu’une relation, c’est tout de même comme une auberge espagnole, on y trouve ce qu’on y apporte ! Pitié, dîtes-moi que je ne suis pas la seule à penser de la sorte ! D’ailleurs, quand bien même serais-je la dernière personne sur Terre à penser de la sorte, justement, ne signifierait pas pour autant que j’aie tort…

VVB

Le BHD n°98 : Sixième sens

Depuis l’hospitalisation de ma mère, j’ai revu des gens que je n’avais pas vus depuis longtemps. Est-ce le fait d’avoir entrevu sa mort de près ? Est-ce le fait d’être complètement seule au fond de cette grande maison à classer, trier, ranger ? Est-ce le fait d’être absorbée dans de menues tâches fastidieuses et inintéressantes qui l’ont laissé tout loisir à mes neurones de vagabonder librement ? (J’ai toujours pensé que faire le grand ménage permettait simultanément de le faire dans sa tête). Je pense avoir revu le sens de mes priorités dans la vie : quelles soient émotionnelles, spirituelles, sentimentales ou autre…Je pensais sincèrement en être enfin parvenue après plusieurs longues années de travail acharné sur moi-même  au dernier stade du deuil : l’acceptation ! Récemment, j’ai eu des preuves irréfutables que j’avais réellement accordé mon pardon à des personnes qui m’avaient mortellement blessée…Alors…Est-ce à moi-même que je n’ai pas encore accordé le pardon ?

Il n’aura fallu que deux tous petits événements familiaux tout pourri pour me faire retomber au plus bas de la tristesse et des pires interrogations… Ce sont des événements minimes, sans réelle importance, qui ne devraient pas m’atteindre et pourtant, un flot d’émotions négatives a surgi, je suis déstabilisée, pourquoi ?

« Je vois des gens qui sont morts…Ils vont et ils viennent comme n’importent qui…Ils ne se voient pas entre eux…Ils ne voient que ce qu’ils ont envie de voir…Ils ne savent pas qu’ils sont morts…Et ça m’arrive tout le temps… ».

La grande question que je me pose : Suis-je morte par cet abominable jour du 29 septembre 2013 ?

J’ai parfois la curieuse sensation ne n’avoir plus qu’une demi-vie (mais je ne me nourrirais pas de sang de licorne comme le machiavélique Voldemort).

Je suis à côté de la plaque tournante des sentiments. La peur de l’Amour qui fait mal me tient à distance de l’Amour qui fait du bien…Est-ce parce que je ne recherche ni des mecs, ni un mec, ni un homme, ni des hommes, mais l’âme sœur ?

A force de ne pas vouloir rentrer dans le moule, faut pas s’étonner si je ne suis pas dedans !

Je suis au bord de tout : du précipice, de la vie, de mes enfants, de ma famille…

J’éprouve souvent l’étrange sentiment de ne faire partie de rien, d’être devenue invisible, terriblement seule…Les choses ne se produisant pas par hasard, il y a forcément un but ultime à tout ça que je dois probablement découvrir pour avancer…Je suis sur une piste…Je ne peux pas, d’un côté, revendiquer d’être une femme alpha et une sorcière, sans avoir auparavant appris ce qu’est la patience (qui n’a jamais été la mère de mes vertus), sans avoir accepté mes imperfections, sans me pardonner mes échecs (réels ou supposés), sans m’être totalement connectée ou reconnectée avec le cœur de mon âme…Il est peut-être là le message ?…

VVB

Le BHD n°97 : Rodrigues, as-tu du cœur ?

Etude comparative… (Non randomisée et pas en double aveugle)

S’il y a bien quelqu’un qui a un cœur « gros comme ça » dans notre famille, c’est mon oncle. C’est un homme d’une valeur exceptionnelle, d’une générosité extrême à laquelle peu de personnes peuvent prétendre. Il a été un brillant chef d’entreprise, il s’est battu toute sa vie pour les valeurs auxquelles il croyait. Bien qu’ayant pris sa retraite, il est encore respecté par tous ceux qui l’ont fréquenté. Pour moi, il a toujours été une figure paternel importante et mon premier confident de tout ce qui pouvez m’arriver dans la vie jusqu’à ce que je rencontre l’homme de ma vie (qui ne l’est plus, je vous le rappelle au passage).

Mais revenons à mon oncle qui a subi hier une opération à cœur ouvert. Cette dernière s’est bien déroulée, sans anicroche, soupir de soulagement… Que dire, de lui qui est le cauchemar des anesthésistes tellement il a d’allergies et qui vient de subir sa dix-septième intervention chirurgicale… Il y a très longtemps, il s’est battu contre un premier cancer, et là, il vient de sortir victorieux d’un autre cancer, il a été opéré des deux épaules.  Je ne peux qu’être admirative de son courage et de son opiniâtreté ! Et ça, sans lien avec le fait que ce soit un membre de ma famille, j’estime qu’il n’y a pas conflit d’intérêt.

Mon oncle est le petit frère de ma mère…Le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle ne possède pas les mêmes qualités. La « Princesse au petit pois » n’a plus qu’une noisette d’épanchement dans le genou, mais il paraît que les autres sont incapables de comprendre que, ELLE, elle souffre…LOL, XD, PTDR !

Elle m’exaspère, elle m’horripile, elle m’énerve à ne pas vouloir faire l’effort d’aller mieux alors que son frère lutte de toutes ses forces pour retrouver sa femme, son fils et ses petits enfants. Il possède une volonté sans borne, alors qu’elle se contente de se comporter comme l’enfant gâté qu’elle a toujours été…Je ne supporte plus d’entendre ses continuels « houlà, houlà », à tel point que je lui ai trouvé le très mignon surnom de « Marsupimamie », en référence, vous l’aurez deviné du Marsupilami et ses « Houba, Houba ».

Les visites à l’EHPAD, ça m’use, ça m’use, les visites à l’EHPAD, ça m’use les neurones…L’entendre gémir, geindre, se plaindre, ordonner, quémander devient intolérable…

Tandis que mon oncle a prévu de rentrer le plus tôt possible pour effectuer sa rééducation à domicile, sa sœur a décrété qu’il lui faudrait un an pour se remettre…Sans commentaire ! Pour parachever l’œuvre, comme une « cerise sur le cageot », ma grand-mère (sa mère, donc) ne cesse de clamer que nous ne sommes pas gentilles avec notre mère et que nous n’en faisons pas assez pour elle…Euh, on parle bien de la même mère qui nous éjectait chez nos grands-parents au moindre rhume et qui préférait passer ses vacances loin de ses filles ? Ah, oui !

Initialement, nous nous étions réparti les tâches concernant ma mère sur 3 têtes, et ce sont quasiment des boulots à temps plein. Mon oncle : chef de chantier (je viens de récupérer temporairement ce poste). Ma sœur : secrétaire, standardiste, gestionnaire administrativo-financière. Et bibi : lingère, postière, bonne à tout faire et commissionnaire…

Alors, je vous le demande : Rodrigues, as-tu du cœur ? Je l’affirme haut et fort, la réponse est OUI !

Si un homme se définit par ses actes, j’affirme que mon oncle est une force de la nature, un brave (au sens d’avoir de la bravoure), un surhomme. Je salue ici son courage et sa détermination.

 

Comme une évidence, je dédie ce billet à mon oncle et ma tante qui fêteront le mois prochain leurs 51 ans de mariage.

VVB

Le BHD n°96 : Plantes vertes et pinces à linge

Je ne dirais pas à proprement parlé que j’ai une réelle aversion pour les plantes vertes, mais je n’en ai pas chez moi. Et je n’en veux surtout pas ! Non pas que je n’aime pas la nature, les arbres, les plantes ou les fleurs, mais je préfère, et de loin, les admirer dans leur milieu naturel. C’est, d’ailleurs, toujours avec la même émotion que je me souviens de ce champ d’oiseaux de paradis (les fleurs) admirés en Guyane…Bref, où voulais-je en venir…Ah, les microtraumatismes de l’enfance qui vous conditionnent pour toute une vie…

Le samedi, chez ma mère, c’était jour de ménage. Ma sœur et moi devions effectuer notre part de travail, ce que nous ne contestons aucunement, normal de participer. Mais plutôt que de nous assigner à des tâches utiles comme faire le nettoyage dans notre chambre ou autre…Ma mère nous confiait des corvées absolument ridicules et dont nous ne voyons toujours pas, à l’âge adulte, le bienfondé !

Accrochez-vous bien ! Nous devions nettoyer une par une les feuilles des plantes vertes de la maison avec un coton humide…Non, mais franchement, qui fait ça ? Même pas les fleuristes ! Nous devions aussi, à genoux, nettoyer toutes les plinthes de la maison et nettoyer chaque radiateur avec une plume d’oie…Hyper valorisant et « moultement » intéressant ! N’est-il pas ?

Pour ma sœur, le microtraumatisme démarre sur un Tancarville que nous avons toujours connu depuis aussi loin que nous puissions y penser. Trône dessus des pinces à linge rangées exactement dans le même ordre : rouge, bleu, jaune et vert et gare à qui ose déranger cet ordre établi…A croire que pour ma mère, ça pourrait bouleverser quelque chose sur Terre, comme l’effet papillon…Ma sœur a gardé l’habitude d’étendre le linge avec 2 pinces identiques et continue de ranger ces foutues épingles scrupuleusement dans le même ordre. Alors qu’enfant, je me souviens très bien que je faisais exprès de les mettre dans le désordre pour provoquer la colère de ma mère…Du coup, maintenant, nous possédons chacune une panière de pinces où elles sont toutes en vrac ! Petite confidence que nous avons partagée il n’y a pas longtemps…

A la lumière de ces minuscules faits dérisoires qui font pourtant de grandes vagues, il m’apparaît les angoisses insurmontables de ma mère…Et je me demande si la racine de mes colères inexpliquées et inexplicables ne serait pas née un samedi…

Soyez fous, soyez sympas, mettez moi en commentaires ce qui du comportement de vos parents vous influencent encore aujourd’hui, les choses que vous faîtes exactement de manière similaire ou au contraire dont vous avez pris le contre-pied…

VVB

Le BHD n°95 : Péril en la demeure

J’ai toujours cru depuis mon enfance que ma mère avait inventé le concept du « chaque chose à sa place, chaque place à sa chose ». A un point tel que nous n’avions pas le droit de sortir nos jouets du placard pour ne pas mettre de désordre dans la maison…Inutile de vous dire que nous n’avions jamais osé fouillé dans un seul meuble…Alors là…C’est carrément un mélange subtile entre la Nuit au musée et Indiana Jones, les serpents et les rats en moins ! Quoique, les crottes de souris et le moisi, ça compte ou pas ?

Mon père était enfant unique, lui-même issu de famille d’enfants unique. La maison, immense, regorge de meubles entièrement restaurés par un ébéniste, mais qui n’ont, hélas, que la valeur que mes parents leurs accordaient, c’est-à-dire, d’après les antiquaires et autres brocanteurs (pas toujours très honnêtes au demeurant) pratiquement plus aucune valeur marchande à ce jour.

Liste à la Prévert : des services de vaisselle en porcelaine, faïence et cristal version Galeries Lafayette, plantes vertes et pots de fleurs version annexe de chez Truffaut, collections improbables d’outils de jardins, de pin’s Damart (mes préférés), de cuivres en tout genre, 3 vieilles machines à écrire, une antique machine à calculer, de vieux jouets et puis tout un fatras en plusieurs exemplaires, parce que je finis par penser qu’ils étaient acheteurs compulsifs : 3 tailles-haies, 2 karchers, des vêtements et des conserves pour un régiment. Des produits d’entretien pour voiture (succursale de Norauto), de la papeterie (annexe d’Auchan). Et tout cela, sans parler des bouteilles à la cave, des photos et albums de mon père…D’ailleurs, on sent bien que les choses ont « merdé » à un moment parce qu’on sent bien en ouvrant les placards qu’il y a eu un ras le bol et un laisser-aller sans nom : le classement rigoureux est devenu un bourrage-mélangeage sans précédent !

Suivez le guide et veuillez passer maintenant à l’étage, où l’on arrive direct dans un musée où personne ne se rendait jamais : un salon, âgé de 20 ans composé d’un canapé 3 places, son petit frère de 2 places et d’un fauteuil, tous neufs, puisqu’ils n’ont jamais vu une seule paire de fesses sur leurs beaux coussins. Deux magnifiques chambres où personne n’a jamais dormi, avec par conséquent des literies et matelas tout neufs, d’un style certain « cucul-concon » avec baldaquin et autres dessus de lits en dentelles et falbalas…Ma mère n’avait jamais lu, visiblement, l’art de recevoir de la baronne de Rothschild. A ce propos, une immense bibliothèque, lourdement chargée de livres, mais qui n’ont jamais été ouverts, puisque mes parents détestent lire…

Il nous revient donc à ma sœur et à moi, la joie l’honneur et l’avantage de nous mettre à pied d’œuvre pour trier, nettoyer, classer, jeter, emballer, donner ou vendre tout ce beau bordel ! Youpi !

Il nous faut également utiliser l’art subtil de préparer l’emménagement dans la nouvelle maison (qui est trois fois plus petite que l’actuelle)  tout en respectant les désidératas de ma mère, tout en effectuant  un tri sélectif définitif  et absolument nécessaire si par malheur elle ne devait jamais pendre la crémaillère dans sa nouvelle demeure. Casse-tête chinois, parfois cornélien !

Pendant les très longues heures où je brique et je broc, j’ai tout le loisir de méditer sur un point crucial : A quoi sert-il d’avoir autant de possessions si ce n’est pour jamais s’en servir et en profiter ? Malheureusement, mon père n’est plus là pour répondre à cette question et je doute que ma mère, même en ayant frôlé la mort soit capable d’y répondre un jour…Et puis, une dernière petite chose pour finir…J’avoue que, prendre ainsi en défaut l’impératrice du chiffon, la reine de la propreté qui sait si bien faire remarquer les moindres petits manquements aux autres, a quelque chose de  tellement jubilatoire que je ne me parviens pas à m’en départir…Rhooo, la vilaine fille !

VVB

Le BHD n°94 : Hakuna Matata !

Depuis le jour où les problèmes de santé de ma mère sont apparus, ma sœur et moi nous sommes forgées une devise : « Mieux vaut en rire qu’en pleurer ! ». Cette phrase pourrait choquer le néophyte, mais, dans le cas présent, c’est notre choix, et tant pis pour le « qu’en dira-t-on » !

Comme le dit la chanson initialement écrite par Michel Berger et merveilleusement interprétée par Véronique Sanson : « Pour me comprendre, il faudrait savoir qui je suis. Pour me comprendre, il faudrait connaître ma vie. Et pour l’apprendre devenir mon ami ».

Depuis nos naissances rapprochées, 14 mois d’écart, le moins qu’on puisse admettre, c’est que nous n’avons pas bénéficié d’une éducation positive. Tout d’abord, le fait (largement reproché) que notre arrivée sur cette Terre n’ait pas été un choix inspiré. Ceci nous a insufflé l’idée que nous étions « de trop » dans la vie de nos parents.

Dire que notre mère nous a élevées d’une manière autoritaire serait un parfait euphémisme. Son éducation tenait davantage du camp de redressement que de la bienveillance à priori attendue d’une mère. Nous avons, ces dernières semaines, rit en constatant notre « conditionnement ». Nous arrivons à la cinquantaine toutes les deux et n’avons, à ce jour,  jamais reçu un compliment de la part de notre mère. Elle a toujours eu le chic de pointer du doigt ce qui n’allait pas chez nous. Ce que nous n’avions pas accompli, sans jamais reconnaître tout le chemin parcouru et les efforts fournis. Je ne pense pas qu’il soit approprié, ici, de parler de perfectionnisme, nous sommes bien au-delà… Attention, il ne s’agit pas d’une « critique », nous n’allons pas réécrire l’histoire. Le passé reste au passé. C’est simplement une constatation…Parfois une consternation. C’est comme si nous n’avions jamais su trouver grâce à ses yeux. Il est clair que notre mère n’a jamais compris que ce ne sont pas les qualités, mais les imperfections qui rendent une personne l’être unique qu’il est…Dommage ! Subsistait alors deux options : soit ruminer, soit, malgré tout, choisir d’avancer, se construire, s’étayer grâce aux autres, choisir de devenir une belle personne. Je suis fière de la femme que je suis devenue à ce jour, preuve s’il en est que l’héritage reçu n’est pas une fatalité.  L’important, finalement, étant ce que l’on décide d’en faire. Je suis plutôt satisfaite du résultat…Sans fausse modestie…

Aussi loin qu’il nous souvienne, notre mère a mis en avant nos différences. Ma sœur est introvertie, je suis extravertie. Elle est calme et pondérée, je suis une pile électrique volubile. Elle est assez grande avec les cheveux raides, je suis petite avec les cheveux bouclés. Elle est dans la réflexion, je suis dans l’action. Mais jusqu’à l’hospitalisation de ma mère, personne n’avait vu à quel point nous sommes complémentaires, à quel point nous pouvons être une équipe soudée capable de gérer et venir à bouts des pires problèmes, à quel point nous savons faire alliance, à quel point nous sommes efficaces ! Nous avons davantage échangé et communiqué en 6 semaines que les dernières années écoulées.

Si, comme le dit l’adage populaire : « A chaque chose, malheur est bon », alors, je l’affirme, cet événement aura permis que nous devenions ou redevenions sœurs à part entière, d’établir une complicité, une connexion, et ça, c’est juste formidable !

 

Dédicace spéciale à Tata Wéro…

VVB

Le BHD n°93 : On n’ « EHPAD » dans la merde !

Peut-être n’avez-vous pas l’honneur et l’avantage de connaître l’acronyme EHPAD ? Permettez-moi d’éclairer votre lanterne : Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes.

Il y a encore quelques semaines, je voyais ça de très loin, version galaxie lointaine,  comme les catastrophes aux actualités. Consciente de leur existence, inconsciente que cela puisse nous arriver à nous-mêmes…Grave erreur d’estimation !

Femme de 75 ans, veuve depuis 14 mois, candidate à la prothèse du genou depuis 10 ans, mais en obésité sévère et donc inopérable. Des antécédents médicaux longs comme le bras, mais malgré tout indépendante, parfaitement autonome, conduisant sa voiture, gérant sa vie. Des projets d’emménagement dans une maison plus petite et adaptée à une personne vieillissante, des travaux de rénovation en cours. Cette femme se retrouve hospitalisée pour une septicémie grave et devient en 4 semaines une vieille femme aigrie, impotente, dépendante, en plein syndrome de glissement (se laissant « glisser » vers la mort), refusant de manger, de se mobiliser, portant des couches…

Cette femme, il se trouve que c’est ma mère…

Refus du service de soins de suite et réadaptation car trop dépendante.

Décision de placement en EHPAD temporaire médicalisé !

Immersion complète et sans entraînement dans un monde totalement inconnu : les maisons de retraite et leur procédure d’admission, youpi tralala ! Très loin de m’imaginer les rouages du système, je découvre avec stupéfaction l’impossibilité de choisir son EHPAD comme l’on pourrait choisir son séjour dans une agence de voyages…Les contraintes sont incontournables : urgence du placement, nécessité d’acceptation d’un hébergement temporaire et obligation d’un établissement médicalisé. Je peux affirmer qu’étant soignante, j’ai été carrément « abandonnée » par l’assistante sociale sensée remplir les formulaires conjointement avec moi. Je me suis retrouvée à remplir un semblant de dossier sur le portail national « Viatrajectoire » qui n’a jamais voulu valider ma « pré demande ». Heureusement que je ne suis pas du genre à baisser les bras car j’ai littéralement démarché par téléphone avec des délais d’admission entendus allant de 1 à 4 mois. Pour finir, je me suis déplacée physiquement. Ô joie, j’ai fini par trouver une place, géographiquement proche de mon domicile et répondant à tous les critères. J’ai eu de la chance car le grand « coordinateur » responsable du secteur aurait pu l’envoyer à l’autre bout du département.

« Et c’est pas fini »…Parce qu’une fois la place dénichée, vous devez remplir un dossier aussi épais que le bottin parisien : déclaration d’impôts, assurances diverses, convention obsèques, bien entendu dossier médical, et l’âge du capitaine…Par pudeur, je n’évoquerais pas les tarifs prohibitifs du « privé », absolument non corrélés aux petites retraites de nos anciens (business is business)…

Voilà, nous y sommes, ma mère est tristement installée en chambre individuelle dans une résidence adaptée à son état de dépendance (que nous espérons réversible). Elle qui était joviale, respectueuse des conventions sociales et exigeante sur la politesse, s’est métamorphosée en une odieuse Tatie Danielle vociférant sur le personnel…Elle ne veut, à ce jour, consentir aucun effort pour son rétablissement et ne parle que de rejoindre son mari au cimetière…L’équipe pluridisciplinaire a été claire, autant avec elle qu’avec sa famille : le « aller mieux » dépend de « l’adhésion du patient ».

Ma conclusion, par conséquent, sera grise comme le temps : pronostic réservé…

VVB

Le BHD n°92 : Encaisser ou décaisser ? Telle est la question.

Peu de gens savent que la variable d’ajustement des budgets des hôpitaux, c’est la masse salariale, autrement dit les soignants ! Certains établissements, pris à la gorge par les économies qu’ils doivent réaliser pour se maintenir à flot, ont mis au point une technique absolument odieuse pour réaliser des économies sur le dos du personnel, et finalement, aussi, sans se l’admettre au détriment du bien-être des patients. La santé a un coût, mais elle n’a pas de prix.

Dans la ville où j’exerce, cela s’appelle le « décaissage »…Ce mot est terrible, abject, violent et va bien au-delà de la maltraitance. Rien que le terme mérite qu’on s’arrête dessus !

Je commencerai par des définitions venues tout droit des dictionnaires.

Décaissage : action de décaisser, emballer des poires avec des rognures ou du liège (ne cherchez pas, les poires, c’est nous)

Décaisser : action, fait de séparer, action de mettre à l’extérieur de, action d’enlever, de retirer quelque chose d’un emballage, action de retirer une chose d’une autre, donner de l’argent en contrepartie d’une créance (ça fait un peu esclavagiste, je dis ça, je dis rien), opération de caisse.

Nous pourrions dire aussi, que nous sommes de vulgaires caisses, qu’il est nécessaire de déplacer au gré des besoins ou des dérangements occasionnés…Une caisse, dans le langage populaire, c’est aussi un pet ! Nous sommes de vulgaires petits pets, et nous glissons comme sur une toile cirée…

On nous entrepose, on nous expose, on nous impose, personne ne prend cause, les soignants se décomposent et encaissent !

Encaisser : recevoir un coup, subir quelque chose de désagréable, supporter.

Une de mes amies et collègue a coutume de dire que « lorsqu’il n’y a pas assez de patients, on décaisse et quand il y en a trop, on encaisse ». Combien de fois faudra-t-il préciser que la charge de travail n’est pas proportionnelle au nombre de patients ? Comment faut-il exprimer notre mal-être pour qu’il soit entendu ? Comment faut-il dire à nos managers que nous, soignants et soignés, ne sommes pas que des croix dans des tableaux « Excel » ? Comment d’un côté satisfaire une patientèle plus souvent proche de la clientèle, qui exprime des désirs de plus en plus farfelus, qui confond les contraintes d’un service de soins avec les prestations d’un hôtel cinq étoiles ? Que dire de l’encadrement qui tient à distance la souffrance morale des équipes soignantes avec des arguments froids et inhumains, à coup de « c’est comme ça et pas autrement » ou de « si vous n’êtes pas contents, j’ai une pile de CV sur mon bureau » ?

Vous me direz, et les syndicats dans tout ça ?…Et bien, justement, silence radio assourdissant et terrible !

Très sincèrement, je n’entrevois pas d’issue favorable. Je me demande simplement jusqu’à quel point nous allons encore pouvoir tenir ce rythme, rester des soignants empathiques, compétents et professionnels tout en étant écrasés, pulvérisés et broyés par un système de soins devenu autant obsolète que dangereux. Combien faudra-t-il de dépressions, de burn-out, de suicides chez les soignants pour que les pouvoirs publics prennent les mesures qui s’imposent ?

J’aime toujours ma profession, mais j’en suis arrivée à exécrer les conditions dans lesquelles je l’exerce. La seule chose que je puisse faire à ce jour, c’est de conseiller à toute personne qui aurait potentiellement la vocation à devenir soignant, d’avoir la sagesse de choisir une autre voie….

 

« Ce sont les enfants sages, Madame, qui font les révolutionnaires les plus terribles. Ils ne disent rien, ils ne se cachent pas sous la table, ils ne mangent qu’un bonbon à la fois, mais plus tard, ils le font payer à la société. Méfiez-vous des enfants sages ». Jean-Paul Sartre

 VVB

Le BHD n°91 : Un éléphant, ça trompe énormément !

Dernière nouvelle édifiante d’un monde qui court à sa perte : La Commission Européenne réautorise officiellement le Glyphosate pour 5 ans !

Pendant ce temps là, on retire le parabène des produits cosmétiques pour l’introduire dans les produits alimentaires, bravo !

On interdit un pesticide en France et on revend tout le stock en Afrique, encore bravo ! Vraiment très responsable, éthique et loyal comme acte !

On passe de l’heure d’été à l’heure d’hiver pour faire des économies d’énergie, mais tout le monde rivalise pour éclairer son domicile, son magasin, sa ville, ses monuments avec des décorations de noël…De quoi s’interroger sur le bienfondé du changement d’heure délétère à la santé…

Le nombre de substances chimiques répertoriées ne cesse de croître. On sait qu’individuellement elles peuvent êtres toxiques, et on commence juste à découvrir qu’en cocktail, c’est pire…Et on n’en est qu’au début des découvertes macabres…

On pourrait se dire que lorsqu’un industriel réalise qu’une substance est dangereuse pour l’homme et/ou la nature, il va bien évidemment la supprimer…Eh bien, non ! Parce que c’est sans compter sur sa vénalité, sur le fait qu’il préfère penser à court terme pour son intérêt propre plutôt que de réfléchir sur le long terme de manière humaine (dans le sens de la préservation de l’humanité) et responsable (dans le sens d’assumer ses responsabilités)…

Et ça continue… On demande et on recommande aux consommateurs d’être responsables de leurs choix qui doivent être éclairés, éthiques et lucides. Mais, tous les consommateurs du monde ne peuvent pas enrayer la machine telle qu’elle est actuellement. Ce sont les industriels et les pouvoirs publics qui devraient œuvrer pour changer les choses…Manifestement, je rêve !

En attendant, je vous invite à la vigilance et je vous mets des liens pour vous informer…

Y’en a marre d’être empoisonné et d’être pris pour des quiches !

Je citerais Winston Churchill : « Vous avez des ennemis ? C’est bien. Cela prouve que vous vous êtes battus pour quelque chose ». Je ne suis qu’une petite fourmi, mais je me bats !

 

http://www.inrs.fr/risques/classification-etiquetage-produits-chimiques/comprendre-systemes-etiquetage-produits-chimiques.html

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Substance_chimique

VVB

Le BHD n°90 :2018…Séduite ! (Mon rêve le plus cher)

Autant la fin d’année fut porteuse d’un certain désespoir et m’a laissée déconfite, autant l’aube de la nouvelle apporte son lot d’espoir…C’est neuf et galvanisant !

Toute une année à écrire et à inventer…

Alors, en 2018, je veux être séduite et si ce n’est pas par ce fameux « dernier homme de ma vie » tant attendu et désespérément absent à l’appel, que ce soit par l’année elle-même et tous les moments de joie et de bonheur qu’elle voudra bien m’offrir et que je m’accorderais moi-même. On n’est jamais mieux servi que par soi-même !

2018, je veux continuer la poursuite de mes rêves. Je veux que mon bonheur s’ébruite.

2018, pas de prurit, je ne serais ni Inuit, ni Jésuite et encore moins une truite

Fini d’être enduite dans la tristesse et je ne serais plus induite en erreur par des chimères, je suis à présent trop instruite sur le sujet.

Je me suis reconstruite, je ne suis plus cuite, ni recuite et encore moins réduite au silence.

2018, je court-circuite le négatif pour aller vers des rencontres fortuites.

Ensuite, course-poursuite vers l’Amour avec un grand « A » et ses merveilleux  trois-huit émotionnels.

 

Alors, oui, 2018, je suis séduite !

 

A vous tous qui aimez mes billets et les lisez assidument, je vous souhaite sincèrement et amicalement des multiples de huit de petits et grands bonheurs, de la joie et la réalisation de tous vos souhaits.

VVB