Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus

C’est le titre d’un livre de John Gray paru en 1992 et qui a eu à l’époque un certain succès ! On ne peut accorder qu’un crédit limité à ses hypothèses psychologiques. Par contre, sur le plan sexuel, il semble tout à fait adapté, malgré les apparences. On n’échappe pas à ses hormones !

Résultats de l’enquête

Une enquête réalisée par l’Ifop pour le site de rencontre sexuelle Wyylde et publiée le 21 décembre 2022 à l’occasion de « La journée Mondiale de l’Orgasme » semble révéler le contraire. L’ifop a, ainsi interrogé près de 5000 femmes dans les cinq principaux pays européens (Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume Unis) à propos de leur sexualité récréative ou de loisir, une sexualité sans sentiment, ni engagement.

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Ainsi, d’après cette étude, une majorité d’européennes auraient eu un rapport sexuel avec un partenaire dès leur première rencontre : 38% pour l’ensemble de françaises et 41% chez les moins de 25 ans. 5% de plus qu’en 2015.  47% des européennes avouent avoir eu des rapports sexuels, sans lendemain. Certaines reconnaissent avoir eu un rapport sexuel tout en sachant bien ne pas revoir le partenaire. Ce chiffre atteint les 49% chez les françaises de moins de 25 ans. C’est le « one night stand« . Le « sex friends » (rapport sexuel sans engagement avec un ami, une connaissance) est pratiqué par 41 % des françaises de moins de 25 ans . Quant à l’usage de drogue dure et d’alcool (pour leurs effets desinhibiteurs), il est relativement fréquent : une britannique sur 5 contre 16% des françaises.

On peut douter de la validité de ces chiffres . En effet, les interviews ont été réalisés par questionnaire auto-administré en ligne du 17 au 26 octobre 2022. La sincérité des réponses est très hypothétique et correspond plus à l’image que l’on veut donner de soi qu’à une réalité. La sexualité est de, nos jours, un sujet sensible. Elle est très influencée par une «norme » véhiculée par les medias.

Aussi pour être sexuellement normale, il faut être « libérée » ! Ce qui veut dire en terme explicite : fellation, pénétration vaginale, sodomie et orgasme (simulé la plupart du temps).Tout cela sans état d’âme !

Libérée?

Il est intéressant de constater que cette sexualité féminine libérée de tout sentiment sert plutôt aux hommes. En effet la plupart de hommes jeunes ont des pulsions sexuelles en rapport avec la sécrétion de testostérone. Ce qui me fait dire (étant un homme, je peux me le permettre) qu’ils n’ont que deux neurones en dessous de la ceinture.  C’est bien entendu une caricature et il ne faut pas généraliser.

Ce n’est pas le cas de la femme qui n’a pas de pulsion sexuelle. Elle n’a pas ou vraiment très peu de testostérone. Elle peut avoir un désir sexuel, mais il est toujours secondaire à un désir narcissique. C’est le désir de plaire, de séduire, de se sentir désirée qui est le plus important. Le sexe vient après soit comme argument séducteur (on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre) soit pour conclure. C’est en quelque sorte la cerise sur le gâteau qu’elle offre à son ou sa partenaire. Le plaisir provoqué par des caresses clitoridiennes bien effectuées (ce n’est malheureusement pas très fréquent) auraient pu suffire ! Mais il est important de montrer qu’elle est « bonne »! 

L’influence hormonale

Du fait des différences hormonales, la sexualité des femmes et des hommes est différente ce qui est manifestement objectivée par les photos que nous observons sur les réseaux sociaux. Pour être un bon produit « consommable« , il semble important pour la jeune femme d’exhiber ses seins et ses fesses, rarement son sexe. Que montrent les hommes si ce n’est un sexe en érection ?

Le message est pourtant clair : femmes et hommes ne désirent pas à la même chose.

Si imiter la sexualité masculine fait le bonheur de ceux-ci. Elle provoque très rapidement déception et insatisfaction chez la grande majorité des femmes.

La masturbation a été volontairement exclue. Elle n’est pas à proprement parlé de la sexualité, mais la découverte de son sexe , de son fonctionnement et du plaisir.

Le gouvernement demande aux hôpitaux de retirer les fresques à caractère pornographique.

Avant de critiquer ou de porter un jugement hâtif sur ces fresques pornographiques qui décorent la plupart des internats de France, il serait bon de réfléchir à leur raison d’être et surtout à ce qu’elles peuvent représenter dans l’esprit du jeune médecin. 

Si les études de médecine sont longues et difficiles, elles ne préparent pas vraiment le jeune médecin à être confronté à la souffrance et à la mort. C’est le seul métier avec les infirmiers (es) à les partager à longueur de journée. Ses angoisses existentielles n’ont aucune place s’il veut être  bon médecin à l’écoute des autres.

Se confronter à la mort des autres, c’est envisager aussi la précarité de sa vie, au Thanatos. Lorsqu’après une nuit passé aux urgences, au chevet de la souffrance, du malheur ou de la mort, il rentre se coucher à l’internat, il ne trouve personne à qui se confier; il trouvera certainement un collègue avec qui il parlera de technique médicale, mais pas de ses états d’âme. 

La salle de garde avec ses fresques est un lieu symbolique, elle représente la vie, l’Eros, l’instinct de vie, certes de manière excessive et caricaturale, mais nécessaire à l’équilibre psychique du médecin. Il ne s’y exprime aucune brutalité, aucun sexisme malgré les apparences, mais la fête de la vie avec ses excès et ses dérisions, d’une vie où le sexe va lui donner la force et l’énergie de recommencer le lendemain.

La salle de garde avec ses fresques est un lieu de ressource essentiel. Le médecin n’est pas une machine, bien que!! Evidemment ce serait plus facile à gérer pour certains de nos hommes, femmes politiques et technocrates bien formatés et parfois compétents dans leur fonction, mais mono-tâches, incapable d’évaluer les conséquences collatérales de leurs actes ou décisions, nos fameux effets secondaires!

La salle de garde est un lieu symbolique, initiatique, inaccessible et incompréhensible aux profanes. Ces lieux devraient donc être préservés de leur regard, interdits aux yeux non éclairés.

Et il n’y a que les alexithymiques à ne pas comprendre l’importance du symbole.

C’est:

1. L’incapacité à exprimer verbalement les émotions ou les sentiments.

2. La limitation de la vie imaginaire.

3. La tendance à recourir à l’action pour éviter et résoudre les conflits.

C’est justement parce que nous avons accès aux symboles que nous arrivons à ne plus agir nos pulsions et à respecter l’autre. C’est ce qui différencie l’homme de l’animal. 

Il aurait donc été important de protéger nos salles de garde et leurs fresques, Athanor d’une médecine humaine qui remonte au Moyen Âge, ou de laisser, au moins, nos collègues féminines d’en décider.

 

Vol à l’institut de sexologie!

L’histoire surprenante rapporté par Ariana Garcia, Chron.

Environ 58 000 dollars d’articles, dont des jouets sexuels, de la lingerie et le « vibromasseur le plus extravagant du monde »valant à lui seul 10 000$, ont été volés à l’Institut de sexologie de San Antonio TEXAS le mois dernier. Des images du cambriolage du 30 juin 2022 publiées sur le compte Instagram de l’Institut de sexologie montrent trois hommes masqués qui ouvrent la porte d’entrée du magasin de divertissement pour adultes avant de vider les étagères et de remplir les sacs poubelles avec des centaines d’articles, dont la quasi-totalité de la lingerie, des vêtements de nuit et des jouets du magasin. , lubrifiant, accessoires, caisse enregistreuse et antiquités.

Les Faits

Les hommes seraient revenus à trois reprises pour continuer à saccager le magasin, chargeant les objets volés dans une camionnette noire. « Nous nous sentons incroyablement violés et nos cœurs sont brisés. En tant que petite entreprise, cette perte nous affecte non seulement financièrement mais aussi émotionnellement », lit-on dans le message du 1er juillet. Nous savons que cela ira mieux, mais même revoir les vidéos de ce qui s’est passé nous rend si anxieux. Nous sommes si heureux que personne n’ait été blessé et nous comprenons parfaitement que les choses auraient pu être pires, mais c’est toujours horrible. »

Sexualité et sexisme

Les faits

Un rapport du Haut Conseil à l’Ègalité montre une aggravation du sexisme chez les jeunes hommes âgés de 25 à 34 ans. Et ce malgré le mouvement MeToo. Ainsi 20% des hommes de cette fourchette d’âge pensent que pour être considérés dans la société, il faut afficher ses exploits sexuels. 11% estiment que la violence est nécessaire pour se faire respecter. 37% des femmes disent avoir eu un rapport sexuel non consenti dont 12% de rapports non protégés et 7% sous l’effet de la drogue ou le l’alcool.

Hypothèse théorique.

Ne seront abordés dans cet article que les violences sexuelles. De part la sécrétion de testostérone, l’homme surtout lorsqu’il est jeune présente des pulsions sexuelles. Ce n’est pas le cas de la femme. Même si celle-ci présente une légère augmentation de testostérone au moment de l’ovulation, en absence de contraception hormonale. Le désir sexuel féminin passe d’abord par une phase de séduction. Ainsi avant de faire l’amour, une femme a besoin de plaire, de se sentir séduisante, désirée. La sexualité est secondaire, voire accessoire à cette phase. Il ne s’agit que d’une hypothèse. Bien d’autres facteurs peuvent être mis en cause

La testostérone est une hormone sécrétée essentiellement par les testicules et en très petite quantité par les ovaires. C’est elle qui est responsable des pulsions sexuelles.

Le quiproquo

Les hommes pensent plaire  aux femmes en s’affirmant sur le plan sexuel. Ils aiment se vanter de la taille de leur sexe, de leurs performances. Les femmes quant à elles jouent de leur physique, de leur tenue vestimentaire. Et bien évidemment la méconnaissance des uns envers les autres va poser problème! Pour un homme, voire une femme habillée de manière sexy (qui dévoile ou met en valeur certaines parties de son anatomie) est synonyme de disponibilité sexuelle, alors que pour elle il s’agit simplement de plaire, de séduire et pas n’importe qui.

En cela les réseaux sociaux favorisent l’exhibition des seins et des fesses chez les jeunes femmes qui semblent être devenus des critères de séduction!

L’alexithymie représente une incapacité d’accéder à la pensée symbolique. La pensée symbolique permet de développer son imaginaire, ses fantasmes, évitant le passage à l’acte, en l’occurence aux violences sexuels. Comment se développe cette forme de pensée, indispensable pour ne pas être dans l’expression brutale de ses affects, de ses émotions de ses pulsions. 

C’est l’éducation et surtout le langage. Plus le langage est riche, plus il est facile de transformer ses pulsions, de les éduquer de les civiliser.

L’apprentissage du langage et son enrichissement se font par la lecture, l’écriture et la grammaire (cette dernière, nous apprend à organiser, à construire notre pensée).

De nos jours, nous constatons un appauvrissement du langage. L’imagerie pornographique en est une des manifestations des plus flagrantes.

L’humanité avait abandonné les « hiéroglyphes » pour une écriture plus riche et plus élaborée sur le plan sémantique. Ils ont fait leur retour: sms, émoticones, acronymes, images explicites.

Certes, une partie de l’humanité actuelle a une tête bien pleine mais qui n’a aucune utilité si elle est mal faite.

Le sexe a-t-il du cœur?

Non, il ne s’agit pas ici de sentiment, mais de l’organe!

Une récente étude publiée ce mois de janvier 2023 a montré que les hommes qui prenaient du Viagra®, Cialis®, Levitra® et autres médicaments apparentés pour une dysfonction érectile (troubles de l’érection) et qui étaient soignés pour une maladie cardiovasculaire étaient nettement moins sujet à des événements cardiaques indésirables majeurs que ceux qui n’en prenaient pas!

Parmi les 70 000 hommes présentant une dysfonction érectile, on a comparé ceux qui prenaient ces médicaments aux autres qui n’en prenaient pas.

Les résultats

  • 39% de taux de mortalité en moins par maladie cardiaque
  • 22% de réduction du taux d’angor instable (angine de poitrine)
  • 17% de taux d’insuffisance cardiaque en moins
  • 15% de réduction du taux de revascularisation: angioplastie, stent et pontage coronarien
  • 13% de moins d’autres événements cardiovasculaires

Le taux de mortalité était inférieur de 25% quelqu’en soit la cause.

Ce bénéfice sur les événements cardiaques majeurs a été également observée chez les diabétiques qui comme nous le savons, présentent des risques CV importants.

Cette étude n’est qu’une observation a posteriori. D’autres études sont nécessaires pour affirmer que ces médicaments inhibiteurs de la PDE5 ont des propriétés cardioprotectrices. Un avis médical est toujours utile voire nécessaire avant l’utilisation des IPDE5.

Auteurs de cette étude:

Robert A. Kloner, MD, PhD1,2,*, Eric Stanek, Pharm D3,4, Christopher L. Crowe, MPH3, Mukul Singhal, PhD3, Rebecca S. Pepe, MPH3, Julia Bradsher, PhD, MBA1,
Raymond C. Rosen, PhD
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Un heureux événement?

La venue d’un enfant dans un couple semble être, à priori, un heureux événement, sauf que dans les deux ans qui suivent 25% des couples concernés se séparent! Seule une poignée, de nos jours, arrive à surmonter «ces moments de bonheur»! 

Explications…

Avant la grossesse de Madame on imagine que la venue d’un enfant va consolider le couple, le renforcer, le solidifier…On n’imagine jamais qu’une personne aussi petite puisse provoquer autant de chamboulements sur ce couple qui devient une famille. Auparavant tout semblait se passer pour le mieux: les yeux dans les yeux, l’amour et le désir étaient presque toujours au rendez-vous. Puis brutalement, elle sent son désir diminuer, l’amour est présent, mais elle ressent plus de fatigue, de nausées. Des changements hormonaux sont en cours ; ils vont modifier profondément la sexualité du couple.  En effet si la femme toujours amoureuse ressent moins de désir, son partenaire ne comprend pas qu’elle ait moins envie de faire l’amour, c’est le début des frustrations. 

Un répit provisoire…

Fort heureusement, un répit survient: le deuxième trimestre de grossesse s’annonce sous de meilleurs auspices: l’augmentation de sécrétion de la progestérone et de la testostérone associée redonne un coup de vigueur au désir féminin, sauf que son ventre rond commence à troubler Monsieur. Ce n’est plus vraiment sa femme, mais une future mère qu’il a devant lui. Ce n’est plus la même, aussi séduisante et puis ne craint-t-il pas de détraquer quelque chose, de blesser l’enfant à naître. Il n’est plus le seul avec elle

Et de courte durée…

Le troisième trimestre est là: le ventre devient plus gros, la fatigue s’accentue ainsi que tous les petits problèmes liés à la grossesse, douleurs, insuffisance de lubrification, gênes, etc… Il n’est pas nécessaire d’entrer dans les détails. 

Un conflit conjugal latent…

Monsieur commence à se sentir en situation de manque. Il contient sa frustration, en se disant que dans quelques semaines tout sera revenu dans l’ordre…sauf qu’après avoir accouché, les choses ne vont pas s’améliorer. L’appareil génital féminin a besoin de temps pour retrouver sa configuration normale. Et par ailleurs, elle déprime (le fameux baby blues), indifférente, totalement centrée sur son enfant. Les nuits sont plus difficiles, entrecoupées des biberons ou de la tétée. Il se réveille de mauvaise humeur surtout que les rapports sexuels n’ont toujours pas repris: «excuse moi, je suis fatiguée, soit patient; cela ira mieux dans quelques temps».

Les illusions perdues

Déçu ne pas retrouver la femme des débuts, il regarde les autres femmes. À la maison, elle lui demande de l’aider, de s’occuper un peu plus de l’enfant. Il le fait avec plus ou moins bonne grâce; mais c’est vraiment pas trop son truc! Peut-être plus tard quand il pourra s’en faire un copain ou une amie, les choses seront différentes. Quant à elle? Elle se sent incomprise, son désir devient de moins en moins important. Déjà avant la grossesse, ce n’était pas extraordinaire, mais elle était amoureuse et avait envie de lui faire plaisir de lui montrer son amour. Comme si faire l’amour fabriquait de l’amour. Il devient désagréable, toujours en train de critiquer la moindre chose. Ayant repris son travail, fatiguée, voire épuisée, elle doit s’offrir en plus les corvées ménagères. 

Une caricature?

Pas tant que cela! C’est un reflet très proche de la réalité vécue par de nombreux couple. « Il est bien sûr simple, voire simpliste d’en attribuer l’entière responsabilité à cet «heureux événement« . On ne peut nier que la grossesse, l’accouchement, le post-partum, l’ »élevage » et l’éducation d’un ou de plusieurs enfants ne puissent transformer le couple. En fait les «difficultés» inhérentes à la vie ne sont la plus part du temps que les révélateurs d’une situation préexistante. L’euphorie de l’amour naissant masque la réalité de chacun. C’est la phase de séduction. On ne voit et ne montre que les choses qui nous plaisent. Bien sûr les défauts de chacun sont présents, mais avec le temps, cela s’arrangera. Il ou elle finira bien par changer!

La solution

Passé les premiers feux de l’amour, les voiles commencent à s’entrouvrir ; on découvre que l’autre n’est pas l’homme ou la femme idéale. Les choses semblent subtiles et sans importances et pourtant, elles seront le terreau sur lequel le couple risque d’aller à sa destruction. La première chose à faire est donc de jouer carte sur table ; s’il y a erreur de casting il vaut mieux agir dès maintenant car la naissance d’un enfant  qui devrait symboliser l’union du couple ne va pas arranger les choses mais plutôt les compliquer.  L’amour devrait nous permettre d’accepter l’autre dans ses différences à condition d’en être conscient. Avant la rencontre chacun avait sa propre histoire, son propre système de référence, un dictionnaire différent, il va falloir en construire un commun où mes mots, les expressions, les attitudes auront le même sens et ne seront plus source d’interprétation et de distorsion.

Une rupture nécessaire

Il ne faut jamais perdre de vue non plus que créer un couple puis une famille, c’est « rompre » les liens avec celle d’où on est issu. Si nos parents sont « aimables », nous ne sommes plus les enfants de… Facile à dire mais pas toujours facile à faire quand sa compagne passe chaque jour 1h au téléphone avec sa mère ou quand Monsieur va bricoler tous les samedis avec son père. Ne parlons pas des déjeuners dominicaux hebdomadaires! Cette rupture qui n’est pas un manque d’affection est  indispensable si on désire vraiment construire sa propre vie. Se parler, communiquer, échanger, se respecter, s’accepter dans ses différences, rompre avec son passé permettront au couple de se construire et d’envisager toutes les perturbations  naturelles de la grossesse, de la maternité et l’arrivée d’une nouvelle personne avec le maximum de sérénité.

D’OÙ L’IMPORTANCE DE FAIRE LE DEUIL DE CE QUE L’AUTRE N’EST PAS. C’est à partir de cet instant que le couple pourra ne pas se construire pour le pire, mais pour le meilleur.

Comment se forment les couples, suite et fin…

Le seuil de rupture ou…

Alexis termine sa journée de travail, il est sur le point de rentrer quand un de ses copains l’appelle pour l’inviter à une sortie entre amis. Il accepte et rejoint le groupe. Il ne téléphone pas pour prévenir Véronique qu’il ne sera pas là ce soir, cela ne lui vient même pas à l’idée, une scène de plus ou de moins, il ne se sent plus concerné par leur relation, il n’a même plus l’impression de faire partie d’un “couple”. Il ressent surtout de la lassitude et espère que la séparation ne sera pas trop pénible…

Quand les griefs atteignent un certain seuil, le contrat est rompu. Le membre du couple du couple qui a franchi cette limite passe dans une perception toute différente de l’autre. Des paroles ou des actes irréparables viennent séparer le présent de l’avant et interdisent tout espoir de renouer une relation. Le couple se sépare, et bien que ce soit facilité en regard des moeurs et des lois, le vécu de la rupture renvoie à un sentiment d’échec, une meurtrissure de l’ego…

La rupture est d’autant plus difficile que chaque membre du couple n’a pas le même schéma de seuil. Un décalage entre les deux accroît la souffrance et le ressentiment, celui qui n’a pas atteint le seuil veut croire qu’un retour en arrière reste possible. Celui qui a franchi le seuil se sent désormais étranger à ce qui fut son couple, l’autre lui semble trop prévisible et trop différent de l’âme soeur qu’il avait cru trouver. Un sentiment d’incompréhension et d’abattement s’installe face à l’absence de réponse à la question: “comment en est-on arrivé là?”.

Deux possibilités s’offrent alors au couple dont au moins l’un des membres a dépassé le seuil: la rupture, ou le nouveau départ. Cette seconde chance s’appuie sur le deuil de sa quête initiale et sur la capacité de chacun à réaliser une remise en question réaliste.

Pour beaucoup de couples, c’est à partir de ce deuil qu’une relation véritablement authentique s’est mise en oeuvre.

Les tempêtes du seuil ont fait apparaître les valeurs essentielles de chacun. Elles ont mis à nu les caractères, ont révélé les facettes sombres de chaque personnalité. Chaque partenaire soudain devenu étranger à son couple peut du même coup bénéficier d’un nouveau potentiel d’intérêt, rendu plus sage par la traversée des chaos, on est capable d’énoncer clairement les règles d’un nouveau contrat, d’autant plus qu’on aura mesuré concrètement les risques du non-dit.

Désormais, on apprend à se contenter de ce que l’autre apporte et l’on cesse de vouloir rendre la réalité conforme à ses illusions.

Et surtout on découvre dans le calme qui suit la tempête combien il est sécurisant de naviguer avec une carte fidèle des courants, des écueils, des havres de paix et des zones à risque qui jalonne l’océan de la vie à deux…

Après la déconstruction…

Véronique a décidé de partir, ou plutôt, elle s’est laissé convaincre que la rupture était nécessaire, malgré sa peine, elle a repris ses habitudes, juste un peu amère de temps en temps… Pourtant, quelque part en elle, elle a la certitude qu’elle l’aime encore, qu’elle n’a jamais cessé de l’aimer, elle a beau se dire que c’est absurde… Plusieurs mois ont passé, Alexis s’est d’abord senti comme soulagé après le départ de Véronique, il a multiplié les rencontres, les sorties, sans jamais parvenir à se sentir pleinement satisfait. Véronique lui manque, et il ose enfin se l’avouer. 

Le “hasard” va s’en mêler…

Un soir ils se croisent en faisant leurs courses, ils échangent quelques banalités, rien de plus, mais décident de se revoir..

Ce qui les lie l’un à l’autre a plus de force que ce qui les sépare, au prix de quelques recadrages, Véronique et Alexis forment un couple uni où chacun parvient à s’épanouir.
Tout se passe comme si on se redécouvrait, mais cette fois, on se montre tel qu’on est. On a fait le deuil de l’inaccessible image, on a cessé de jouer un rôle pour s’accepter avec ses qualités et ses défauts, une relation solide peut à présent se construire.

La première fois, on avait voulu bâtir un somptueux château, mais le terrain manquait de stabilité, on avait sacrifié les fondations et tout misé sur la décoration.

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Aujourd’hui, le couple élabore un projet qui lui ressemble, construit à partir de ce que chacun apporte réellement. Il faut aussi redéfinir un véritable contrat de couple, en indiquer clairement les valeurs fondatrices, et spécifier les transgressions qui conduiraient à la rupture. Cela demande du courage et de la détermination, construire une alliance avec l’autre, c’est accepter le risque du dévoilement de soi dans le regard de l’autre comme vis-à-vis de soi. C’est une chose de connaître ses faiblesses, c’en est une autre que d’accepter leur visibilité.

Être deux n’implique ni de renoncer à ses idéaux, ni à son identité mais de les accomplir ensemble.

Tout ne se finit pas aussi bien. Une aide extérieure est parfois nécessaire.

Comment se forment les couples, suite…

Les attentes

Alexis regarde sa montre, et il prend congé de ses amis, il se hâte de rentrer retrouver sa chérie, de la prendre dans ses bras, l’embrasser et l’entraîner vers la chambre… En même temps, il éprouve une légère tension, il n’aime pas beaucoup la tenue jogging informe qu’elle porte “à la maison”, il rêve de la trouver ardente et passionnée… Peut-être aura-t-elle allumé les bougies, mis une musique douce… Ah, non, on est lundi, aucune chance pour ça. La fête c’est le jeudi soir…

Quand la relation s’installe dans la durée, survient une phase de construction d’habitudes, d’attentes, d’une sorte de culture “nous deux”. Le couple fonctionne sur les présupposés que chacun attribue à la “belle image”, sans toutefois vérifier qu’ils lui appartiennent. Plus le système de valeurs du couple repose sur un idéal d’égoïsme à deux et plus facilement le quotidien se jalonne d’habitudes et d’attentes. Or, quand s’installent les routines, l’autre finit par perdre de son attrait, de son mystère. Les attentes deviennent si présentes qu’elles remplacent peu à peu le goût de la surprise, la spontanéité. Le couple en vient à s’organiser; des plaisirs et les rituels remplacent peu à peu les improvisations créatives, palliant l’extinction de la découverte.

Répéter à l’infini les mêmes gestes, les mêmes mots prend une allure incantatoire, comme s’il fallait conjurer la menace de l’extinction d’une flamme vacillante. Elle parle de “son couple” comme d’une entité virtuelle mise à distance, il évoque “sa chérie” comme une sorte de tyran et feint de craindre ses reproches s’il fait un écart de conduite ou manque à ses “devoirs”.

Le couple peut s’installer très durablement dans cette logique relationnelle: chacun prend ses distances, mais reste relié à l’autre par un fil invisible fait de divers intérêts partagés. Le couple vogue sur un océan ou se succèdent tempêtes et calme plat, faisant escale dans des ports connus à l’abri des surprises. Il n’évolue pas, il garde la nostalgie des premiers temps, et tente avec plus ou moins de réussite de recréer l’ambiance.

Le Ras-le-bol…

Le 3, puis le 4 Février ont passé, Alexis n’a même pas pensé à lui souhaiter sa fête. Véronique est déçue, du coup, elle n’a pas envie de faire le moindre effort, d’ailleurs, en fait-il lui des efforts? Combien de fois lui a-t-elle demandé d’être à l’heure quand ils se donnent rendez-vous et combien de fois a-t-elle attendu en vain, avant qu’il l’avertisse pas sms qu’il ne viendrait pas? Véronique ne compte plus les détails, ce qui n’était qu’un vague doute, est devenu une intuition et tout le prouve: il ne l’aime pas! Du moins pas comme elle voudrait être aimée, au fil des habitudes, il ne fait plus attention à elle.

La phase de construction des attentes peut aussi évoluer vers une attitude comptable des manquements de l’autre: l’accumulation, le ras-le-bol. La substitution de l’improvisation par les rituels minimise sans aucun doute le risque des surprises, mais pousse bientôt chacun à observer impitoyablement les fautes de l’autre. Et tous deux de guetter l’erreur, l’oubli, le manquement pour mieux justifier les reproches qu’ils s’adressent.

Les justifications, même fondées seront désormais comprises comme de nouvelles hypocrisies, des mensonges de mieux en mieux élaborés. Le couple est entré dans une logique d’affrontement, l’autre n’est plus un partenaire mais un ennemi, et l’enjeu de la relation se centre désormais sur les victoires d’amour-propre.

Là encore, cela peut durer très longtemps, chacun campe sur sur son terrain, les conflits deviennent le mode de communication dominant, et, si on parvient de temps en temps à se réconcilier sur l’oreiller, la trêve n’est que momentanée, les hostilités reprennent dès que l’apaisement bienfaisant de l’orgasme se dissipe. Tout s’articule autour d’un contrat tacite que l’autre transgresse d’autant mieux que poser clairement les termes de l’accord risquerait de rencontrer un refus de l’accepter.

Alors, pour mieux éviter de confronter pacifiquement ses attentes, on a préféré faire comme si elles étaient connues et acceptées, et se laisser croire que l’autre aurait du le savoir… Pour éviter de reconnaître ses torts, son manque de courage, et surtout d’admettre qu’on s’est trompé, on trouvera plus économique pour l’orgueil de faire porter à l’autre la responsabilité de la dérive conflictuelle de la relation.

À suivre…

Comment se forment les couples?

Ni les réponses de la sociologie, ni celles de la psychologie et encore moins celles de la philosophie n’apportent de certitude absolue. Faut-il se résigner et attendre d’un art divinatoire qu’il nous révèle notre destin conjugal? Envoyez “mon chéri” par SMS et obtenez une réponse “personnalisée” pour savoir si c’est juste un gentil flirt ou l’homme de votre vie! Et si on prenait le risque de réfléchir pour comprendre comment on passe de l’émerveillement de la rencontre, du “coup de foudre” à l’accumulation de griefs ou bien à la construction d’une relation épanouissante et durable?

L’émerveillement

avec modération

Alexis a rencontré Véronique chez des amis, il sont tombés follement amoureux dès cet instant et depuis ils ne se quittent plus. Alexis a le sentiment d’avoir enfin trouvé celle qu’il cherchait en vain dans ses précédentes aventures amoureuses, cette fois c’est la bonne! Il ne doute pas, Véronique est bien la femme de sa vie, pour un peu il se mettrait à croire en la magie, tant ce rêve lui semblait jusqu’alors pure fiction. Véronique est belle, elle le comprend sans qu’ils se parlent comme si elle le connaissait depuis toujours, elle suscite en lui des émotions et des désirs d’une intensité jamais encore éprouvée. Alexis déborde d’optimisme et de bienveillance, il se surprend à faire des projets qu’il s’interdisait avant, Véronique à ses côtés, il se sent plus fort et capable de mener à bien les plus audacieuses entreprises.


Souvent décrit dans les récits, les romans et les traités de psychologie, ce moment exceptionnel surgit brutalement, rompant d’un coup avec nos habitudes et balayant nos convictions. Ce que l’on tenait pour de naïfs bavardages de romans à l’eau de rose prend une dimension surprenante, et si c’était vrai, ces histoires de coup de foudre, de femme fatale, d’homme de sa vie? L’autre a fait irruption dans notre paysage sentimental et tout est changé. Délicieusement bouleversés, nous voyons soudain ce que nous ignorions la veille, nos perceptions gagnent en intensité, une vigueur nouvelle baigne nos émotions. C’est comme si l’on se réveillait après une longue hibernation en demi teintes, cette mise en sommeil des sens semble les aiguiser, un immense appétit de vie s’impose: aucun doute, on est amoureux!


On chercherait en vain une explication scientifique, l’état amoureux, s’il peut être constaté, observé, pourtant échappe aux critères, aux normes. Le sociologue italien Francesco Alberoni, dans son ouvrage intitulé “Le choc amoureux” (1993) décrit avec précision ce qui se passe quand on “tombe” amoureux, comment l’amour transforme notre vision de l’autre, et le sens que nous donnons à notre vie, cependant, on chercherait en vain une explication…

La belle image

Véronique a changé, sa meilleure amie jalouse son teint parfait, sa ligne fluide, et cette sorte de légèreté lumineuse qui émane de sa personne. Aucun doute, elle est amoureuse, et son chéri possède toutes les qualités qu’elle attend d’un homme. Il est gentil, attentif, sentimental, romantique, il fait l’amour comme un dieu et il n’a peur de rien. Il lui dit des mots qu’aucun homme auparavant n’a prononcés, il l’aime et ne craint pas de montrer ses sentiments. Alexis, c’est “son” homme, elle le sait, ils sont faits l’un pour l’autre! Certes, il est un peu brouillon, il ne range pas ses affaires, mais quoi, avec ses responsabilités il ne peut pas penser à tout, Véronique adore sa décontraction en toutes circonstances, avec un homme tel que lui, elle se sent prête à affronter la vie…

L’amour étant reconnu, accepté, il convient maintenant de faire coïncider l’autre avec la belle image, le plus souvent inconsciente de l’être aimé. Nous sommes tous porteurs d’une image idéale de l’être aimé, les disciples de Freud y verront l’émanation d’une mère mythifiée, d’autres un reflet de déterminismes culturels et sociaux, d’autres encore comprennent cette construction comme un modèle narcissique: l’autre ne serait qu’un support à l’amour de soi même…

C’est une phase où l’on voit la vie “en rose”, tout ce qu’on découvre de l’autre, même des traits que l’on déteste d’habitude, revêt à présent une saveur irremplaçable. Quoiqu’il arrive, la vie n’a de sens que près de l’être aimé.

Cette phase est la plus caractéristique de l’amour, du moins selon la littérature et une sorte de tradition tacitement admise qui prône que l’amour ne s’explique pas, qu’il s’empare des coeurs sans tenir compte d’aucune règle. Blaise Pascal (1623-1662) écrivait dans ses Pensées “Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point”, cette phrase est demeurée célèbre et ne cesse de s’illustrer dans la littérature. L’amour impossible, l’amour qui donne la force d’affronter toutes sortes d’obstacles, n’ont jamais cessé de hanter l’imaginaire: littérature, cinéma, chanson, poésie .

Au cours de cette phase s’installe parfois une relation de dépendance: l’autre comble un manque structurel, c’est la “moitié” manquante, “l’âme soeur”. On croit alors que la présence de l’autre est seule capable de nous délivrer d’une constante frustration, d’une quête permanente qui échoue à fournir la complétude et renforce le manque.

L’autre se trouve bientôt investi d’un rôle qu’il n’a pas choisi, mais s’il y trouve son compte de satisfaction, la relation peut s’installer dans la durée. La passion amoureuse, la jalousie, les sentiments occupent toute la scène psycho-émotionnelle, et chacun reconnaît en l’autre son idéal… Enfin, la phase de la belle image renforce le sentiment de ne plus être tout à fait maître de la situation, l’amour pilote et on lui prête volontiers une forte propension à prendre et à exercer le pouvoir sur les êtres devenus ses proies.

A suivre…

Sport et dangers sexuels

Encore 2 ans avant les jeux olympiques de Paris!

On ne manquera pas de parler du dopage, ni de montrer du doigt les coupables. Au chapitre des dangers qui menacent les athlètes, il faudra aussi évoquer un mal plus pernicieux, qui se fait jour de plus en plus avec le mouvement MeToo et qui doit nous interpeller: les abus sexuels en milieu sportif.

Le CIO a publié, il y a déjà quelques temps une déclaration de consensus inspirée des travaux de la sociologue britannique Celia Brackenridge afin d’examiner avec minutie tous les comportements d’abus sexuel et de préconiser des moyens de protection des athlètes.

a woman sitting on the clay court while holding a tennis racket
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Le culte de la performance met les athlètes à la merci de tous les abus de pouvoir d’un entourage surtout intéressé par les gains d’un futur champion. Les sportifs sont quasiment prêts à tous les sacrifices dans l’espoir d’obtenir une récompense, et l’entourage des sportifs prêt à tout pour les conduire à la victoire. Quelques affaires dans le milieu du tennis, de la natation et même du foot aux USA sont venus confirmer ces risques!

Harcèlement et abus sexuels font partie de ce tableau de domination.

Le CIO définit le harcèlement en ces termes: ”Par harcèlement sexuel on entend tout comportement verbal, non verbal ou physique à connotation sexuelle envers une personne ou un groupe de personnes, qu’il soit intentionnel ou non, légal ou illégal, reposant sur un abus de pouvoir et de confiance et considéré par la victime ou un témoin comme non voulu ou contraint.” Quant aux abus, il s’agit d’activité sexuelle sans consentement qu’elle qu’en soit la raison.

Aucune discipline sportive n’est épargnée par ces dangers; ils sont plus fréquents toutefois à très haut niveau. Si on en juge d’après les spécialistes du CIO, les situations à risque sont très nombreuses: vestiaires, terrains de jeu, voyages, logement ou véhicule de l’entraîneur, ainsi que les réceptions et autres galas, surtout si des boissons alcoolisées sont servies… L’accent est mis sur les bizutages ou rites d’initiation de nouveaux venus dans l’équipe car des pratiques sexuelles brutales ne sont pas rares.

Une vulnérabilité accrue

Non content d’affronter les tourments du stress, d’endurer les souffrances de l’entraînement intensif, l’athlète est souvent soumis à des comportements sexistes, allant de la discrimination sexuelle, à l’insulte pour aboutir souvent à des relations sexuelles imposées.

Les sportifs et surtout les sportives sont d’autant plus vulnérables qu’ils manquent de maturité, et ne peuvent pas compter sur un adulte de référence qui garde la tête froide et voit d’abord, l’enfant, l’adolescent avant le champion. Une étude sous la direction du Pr Brackenbridge montre l’existence d’un stade de vulnérabilité accrue aux abus sexuels. L’âge, le développement physique, le degré de maturité sexuelle sont pris en compte, mais aussi le niveau sportif. Plus on se rapproche de l’élite et plus le risque s’accroît. L’entraîneur exerce une influence considérable sur les jeunes athlètes que les enjeux de la compétition placent en situation de dépendance et de soumission.

Surveillance de la sexualité des sportifs

L’encadrement de la sexualité des sportifs est une pratique largement admise bien qu’il viole l’intimité et la pudeur des intéressés. Après tout, ce que les gens font de leur sexe, n’est pas l’affaire de l’entraîneur, il s’agit de la vie privée. Mais là, bizarrement, personne ne bronche…

Abstinence, réglementation , tolérance zéro

Deux camps s’opposent, d’une part ceux qui estiment que l’abstinence sexuelle favorise la performance sportive, et de l’autre ceux qui pensent le contraire… Dans le premier cas, l’abstinence pour les hommes épargne leur précieuse énergie, et est censée les rendre plus agressifs. Dans son ouvrage “L’harmonie des plaisirs” Alain Corbin explique que depuis la plus lointaine antiquité, le sperme est considéré comme une substance dont l’épanchement entraîne faiblesse et langueur, et que cette croyance, pourtant fausse perdure aujourd’hui… La menace de voir s’échapper la vigueur a conduit à des pratiques mutilantes comme l’infibulation du prépuce pour interdire toute pratique sexuelle, et surtout la masturbation. Soyons rassuré, cela ne se fait plus depuis… Le début du XXe siècle.

Dans le camp d’en face, on estime que l’activité sexuelle et le sport, loin d’être ennemis jouent plutôt en faveur des performances car le plaisir est un anti-stress naturel, et l’on sait à quel point les athlètes sont sous pression. Il reste que c’est souvent l’entraîneur qui décide quand ses “protégés” ont le droit de faire l’amour. En Italie, les joueurs de football de la Sampdoria étaient autorisés à avoir des relations sexuelles seulement trois fois par semaine… et les jours indiqués par l’entraîneur…

Aucune conséquence

Bien qu’il soit établi que l’activité sexuelle n’a pas de conséquence directe sur la performance sportive, cela n’empêche pas de vouloir la contrôler, faute sans doute de pouvoir en faire autant avec les résultats de la compétition… Quant aux athlètes dopés aux “engrais musculaires” leur appétit sexuel augmente ainsi que la tendance à la violence.

La pratique du sport, présentée comme une vertu, pourrait bien avoir des effets plus que douteux sur la santé psychologique et physique des athlètes. Soyons clair, une vie amoureuse satisfaisante ne nuit en rien aux performances sportives. Évitons de comparer cela avec des pratiques sexuelles devenues courantes: consommation, prédation, domination.

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