L’Ejaculation prématurée: un drame de la virilité?

Le drame de Jean-Jacques, c’est la durée: il trouve  que ses rapports sexuels sont bien souvent trop courts. De temps en temps les choses durent un peu, quand il arrive à « remettre le couvert » ou lorsqu’il a eu des rapports réguliers les jours précédents. Il a aussi remarqué qu’une coupette de champagne améliorait beaucoup les choses… « Mais bon, je ne vais quand même pas devenir alcoolique?? » Non, heureusement! Comme c’est souvent le cas, son éjaculation prématurée n’était pas récente: elle avait même, en fait toujours existé. Simplement il s’en préoccupait beaucoup moins, puisqu’il n’avait que des aventures passagères. Il s’est même demandé même si « les films pornos n’ont pas aggravé les choses« . Je lui ai répondu que c’était probablement le cas. Si une brièveté du frein, parfois un peu douloureuse, ou un phimosis sont des facteurs aggravants, ils n’en sont pas responsables.

En regardant dans mon fichier de patients, à la requête « éjaculation prématurée », je vois – mais je m’en doutais un peu – environ 3000 patients sur 14 000 fiches. L’âge? Les plus jeunes ont moins de 20 ans et les plus vieux dépassent les 50, avec une majorité à la trentaine.

Avant d’expliquer COMMENT MAÎTRISER SON ÉJACULATION, il est bon d’approfondir ses connaissances.

Dr Patrice Cudicio

Les mystères de l’orgasme dévoilés!

Le terme d’orgasme qui évoque l’acmé du plaisir sexuel qu’il soit masculin ou féminin, est essentiellement un phénomène cérébral, tout à fait comparable à une crise comitiale (crise d’épilepsie) mais qui ne concerne que certaines zones très spécifiques du cerveau. Nous retrouvons en effet trois temps dans l’orgasme comme dans les crises d’épilepsie: 

Les différentes phases

– une première phase de tensions pré-orgasmique, le corps se tend

– une phase orgasmique de contractions, le corps et surtout le sexe en sont. parcourus, c’est l’éjaculation de l’homme

– une phase de résolution, c’est la détente, le bien être, la récupération.

Les neurologues savent très bien déclencher une crise d’épilepsie  chez les sujets sensibles en utilisant un stimulus répétitif comme un stroboscope.  Une crise comitiale correspond sur le plan électrique à une dépolarisation brutale d’un certain nombre de neurones cérébraux. Plus grand est le nombre, plus la crise est importante. Il existe ainsi des crises partielles.

En ce qui concerne le sexe, c’est  un peu la même chose: une stimulation répétée du clitoris avec la main ou un sextoy peut provoquer un orgasme.

Mais les choses ne sont pas si simples…

En effet si certaines zones du corps sont naturellement prédisposées pour provoquer un orgasme comme le clitoris et surtout le gland du pénis, afin d’assurer par l’éjaculation la survie de l’espèce! C’est l’érotisation c’est à dire l’investissement  sensoriel, émotionnel et affectif qui va jouer le plus grand rôle. Il est capable d’associer d’autres parties du corps dans cette réaction de jouissance. Ainsi, le vagin, l’utérus, l’anus, la poitrine, la bouche peuvent devenir de véritables instruments de plaisir, de jouissance, voire d’orgasme.

Le rôle du cerveau

Il faut bien comprendre que si leur stimulation est le plus souvent nécessaire, tout va se jouer néanmoins au niveau du cerveau. C’est leur érotisation qui va être déterminante, c’est à dire la projection et l’érotisation  de la zone concernée au niveau du cerveau. Chez l’homme, tous les stimuli se font essentiellement au niveau de la verge et du gland; ils sont concentrés au même endroit. Il est donc relativement facile d’atteindre le seuil de déclenchement nécessaire à la réaction orgasmique. Chez la femme, le clitoris fonctionne un peu de la même façon sauf que chez elle, le mécanisme d’érotisation est plus diffus et implique plus de parties du corps ainsi que l’affectivité. D’où une plus grande difficulté à arriver au seuil nécessaire. Par contre, s’il est atteint, s’y associeront souvent, mais pas toujours d’autres parties du corps érotisées d’où un orgasme plus intense. Un plus grand nombre de neurones cérébraux est impliqué.

On comprend mieux que nos «mécaniciens» du sexe qui raisonnent en termes de stimulus-réponse polémiquent sur l’existence ou non du point G, de l’orgasme clitoridien ou vaginal. L’orgasme est une réaction physique qui repose sur des mécanismes psychiques. La variabilité des points de départs et l’intensité de l’orgasme sont tout à fait réelles. Leur interprétation ne peut se faire que sous l’angle de la psychosomatique.

Des orgasmes ont pu être décrits au cours des rêves. Il a même été possible de déclencher un orgasme à l’aide de l’hypnose dans un contexte expérimental avec des sujets volontaires.

Une intensité variable

Plus il y a de parties du corps concernées érotisées, plus l’orgasme pourra être intense et envahissant. Ce qui nous permet d’affirmer que si l’orgasme féminin est moins «facile» que celui de l’homme, il est le plus souvent plus intense, permettant parfois le phénomène décrit de « petite mort », tout à fait comparable, mais dans une moindre mesure à une crise d’épilepsie.

L’érotisation

Elle est difficile à définir: il s’agit d’attribuer une valeur sensorielle, émotionnelle et affective à une zone corporelle. Dans notre société occidentale à la bouche est devenu un organe  à caractère sexuel. C’est le baiser profond, le french kiss dans tout ce qu’il représente pour nous. Dans d’autres sociétés, il est considéré comme répugnant et sale. Les parties du corps érotisées sont très variables. Le contexte socio-culturel et temporel y jouent un très grand rôle. Aujourd’hui, les réseaux sociaux nous montre une érotisation importante de la poitrine et des fesses. Ce n’était pas de cas dans les années 70.

Une conclusion? Un espoir?

Comprendre l’orgasme exige une compréhension étendue des réalités humaines, les approches purement mécaniques ne rendent compte que d’une menue partielle de l’expérience vécue... Mais ce n’est pas toujours simple, il est parfois nécessaire d’être aidé par un sexothérapeute compétent!

Désir et Plaisir de la Femme, les étapes vers une réjouissante révolution

La tenture de la Dame à la Licorne intitulée «à mon seul désir» fut découverte en 1841 par Prosper Mérimée dans le château de Boussac, alors sous-préfecture de la Creuse. C’est l’écrivain George Sand qui la fit connaître et entrer dans la légende. Edmond Du Sommerard fit l’acquisition de cette tapisserie, et en précisa l’origine (fin du 15ème siècle). Six pièces composent l’ensemble, cinq d’entre elles illustrent chacun des sens. La sixième « A mon seul désir » se distingue des autres. Des animaux fabuleux, lion et licorne, portent des armoiries, qui ont permis d’identifier le commanditaire Jean Le Viste, puissant personnage proche du roi Charles VII. Des animaux familiers, lapin, oiseaux, singe, habitent les fonds des tapisseries et créent un univers de rêve. Les symboles de l’amour et de l’érotisme foisonnent.

Ces thèmes ô combien ressassés n’offrent plus guère de surprises, piégés dans un discours «sexologiquement correct», composé original d’angélisme, de pruderie (et oui !) , teinté de quelque jargon psy pour agrémenter le tout, et placé sous l’aile largement complaisante de la science. Une avalanche de recettes toutes plus miraculeuses les unes que les autres, nous promettent le septième ciel en un temps record, et gare aux récalcitrantes, aux réfractaires à l’orgasme, on aura tôt fait de les classer irrécupérables et de leur conseiller avec une bonne dose de commisération méprisante de confier leurs troubles à un « psy. »

Et si on avait tout faux ? Et si on n’avait rien mais alors rien compris au plaisir féminin et encore moins à son désir…

Dans notre dossier, nous allons d’abord rappeler les bases qu’on a tendance à oublier, puis cheminer à travers différents contextes, anatomie, physiologie, mais aussi mode de pensée, langage, représentation, au passage, nous en profiterons pour tordre le cou à quelques idées toutes faites… Un fois compris le mécanisme psychologique initial, les quelques barrières qui subsistent ne résisteront pas longtemps face à la nouvelle énergie d’un désir tout neuf et prêt à conduire vers la plus totale jouissance.

Nous allons donc aborder ces différents sujets (suivre les liens)

Les différents niveaux de la sexualité

Le plaisir et le désir

Le désir fusionnel et le mythe de l’androgyne

La pensée analogique

Savoir ne suffit pas!

Sexualité et biologie

Un sujet qui fâche: le point G

Les entraves au désir

La thérapie 

Eros et Psyché, une histoire où l’amour triomphe

Ou comment le Mythe indique les chemins de l’extase.

Les histoires d’amour qui hantent les romans depuis des siècles, prennent leurs sources dans les récits mythiques. Aphrodite, Déesse de l’amour, y joue un rôle plus ou moins direct, toujours passionnel, mettant l’accent sur son exigence de pouvoir sur les cœurs et les désirs.
Les mythes présentent aussi des thèmes fantasmatiques intemporels. Enlèvement, rapt, amour les yeux bandés,vulnérabilité de l’amant ou de l’amante, dangerosité de la femme, transgression de l’interdit, tout est déjà là, prêt à franchir allègrement les siècles…
Psyché, qui signifie « âme » en grec ancien, est représentée sous les traits d’une ravissante jeune fille munie d’ailes de papillon, un peu à la manière dont on représente les fées dans les contes anglo-saxons. Voici son histoire, d’après le poète Latin Apulée (Métamorphoses IV).

Eros et Psyché par Batoni

 » Il était une fois un roi, père de trois filles, dont la cadette, Psyché, était d’une si parfaite beauté que les habitants du pays en négligeaient le culte d’Aphrodite pour venir l’adorer. Offensée, la déesse décide de punir la jeune fille, et envoie Eros, son fils, avec pour mission de lui inspirer une passion pour l’être le plus monstrueux qu’il trouverait. Mais les choses ne se passent pas comme prévu, Eros tombe éperdument amoureux de la belle princesse et désobéit à sa cruelle maman. Toutefois, il redoute, non sans raison la fureur d’Aphrodite, et, pour la ménager convainc Apollon d’envoyer un oracle au père de Psyché afin qu’il l’abandonne sur un rocher isolé, dans sa tenue funéraire qui n’est autre que sa robe de mariée.« 

L’enlèvement de psyché par William Bouguereau

Psyché, toute vêtue de noir, attend, soumise et résignée d’être emportée par un monstre. Mais, ce n’est que l’innocent Zéphyr qui l’enlève et la transporte sur son souffle léger jusqu’en un mystérieux palais magique dont elle est la seule habitante. La nuit, Eros, son amant ayant pris forme humaine, la rejoint… Il lui fait promettre de ne pas chercher à le voir, ni à savoir qui il est, si elle rompt cette promesse, l’enfant qu’elle porte ne sera qu’un être mortel alors qu’elle peut donner le jour à un véritable dieu immortel.

Psyché s’ennuie un peu et implore son amant de lui permettre d’aller voir ses deux sœurs, il accepte de les faire venir au palais, mais exige à nouveau la totale discrétion de Psyché. Cependant, ses sœurs, malades de jalousie devant les richesses du palais et le bonheur de leur cadette, la persuadent qu’elle est en danger et que son amant est en fait un horrible monstre qui va tôt ou tard la dévorer…Elle et l’enfant qu’elle porte. La pauvre Psyché, folle d’angoisse va rompre sa promesse… Munie d’une lampe à huile et d’un poignard, elle attend que son amant soit endormi et le regarde. Elle s’émerveille de sa beauté, mais, maladroitement le blesse en faisant tomber sur sa peau une goutte d’huile brûlante de la lampe. La douleur éveille Eros qui s’enfuit, le palais magique disparaît à son tout. Les sœurs de Psyché, persuadées que le beau fugitif va se tourner vers elles, se jettent l’une après l’autre du haut du rocher, mais périssent écrasées, nul Zéphyr ne les sauve.

Psyché décide coûte que coûte de retrouver son amant, et part à sa recherche, mais elle ne rencontre qu’hostilité et finit par arriver chez Aphrodite qui l’accueille pour en faire son esclave et l’accabler de tourments. C’est ainsi qu’elle lui demande d’effectuer quatre tâches réputées impossibles, pourtant, chaque fois Psyché réussira.

La vengeance d’Aphrodite

Aphrodite répand sept sortes différentes de graines dans une pièce et ordonne à Psyché de les trier avant la tombée de la nuit. Une colonne de fourmis viendra l’aider. Elle exige ensuite que Psyché lui apporte un écheveau de la laine de moutons dorés réputés mangeurs d’hommes. Un roseau lui apprendra comment obtenir la laine des moutons endormis. Psyché devra ensuite remplir une jarre de l’eau du Styx, dans les montagnes d’Arcadie. Mais elle est terrifiée par les précipices, mais un aigle, qui a une dette envers Eros, ira chercher l’eau. Aphrodite exige enfin que son esclave aille chercher un flacon d’onguent chez Perséphone, la déesse des Enfers. Cette fois Psyché se désespère et elle tente de mettre fin à sa vie en se jetant du haut d’une tour. Sa détresse émeut les vieilles pierres et, la tour, prenant une voix humaine lui donne, des instructions pour surmonter l’épreuve.

«Arrête-toi, pauvre petite. Pourquoi veux-tu te détruire ? Si tu meurs, tu ne pourras plus jamais revenir dans le monde. Marche toujours vers l’Ouest jusqu’à ce que tu atteignes une. grotte cachée dans des rochers noirs. Entres-y et traverse le sombre couloir qui mène aux Enfers. Mais tu ne dois pas partir les mains vides : prends avec toi deux gâteaux au miel et mets deux petites pièces d’argent dans ta bouche. Sur ta route, ne parle à personne. Jette un gâteau à Cerbère, le chien à trois têtes, et il te laissera passer. Lorsque tu auras atteint les bords du Styx, laisse Charon lui-même prendre une pièce de monnaie dans ta bouche. Le cadavre d’un vieil homme flottera sur l’eau et te suppliera, les bras tendus, de le faire monter dans ta barque. Ne fais pas attention à lui. N’aide personne sur ton chemin, tu pourrais ainsi perdre ton gâteau et plus jamais tu ne reverrais la lumière du jour. Quand Perséphone aura rempli la boîte avec la pommade, ne l’ouvre pas. Rapporte-la fermée à Aphrodite. Au retour, offre une autre pièce à Charon et jette le deuxième gâteau au chien à trois têtes. Si tu suis très scrupuleusement tous mes conseils, ta mission sera couronnée de succès. »

Le baiser d’Eros et Psyché par Canova

Dans le même temps, Eros qui regrette sa femme, s’approche du trône de Zeus et avoue qu’il a désobéi à sa mère. Il obtient la permission d’épouser Psyché. Mais cette dernière, vaincue une fois encore par sa curiosité, ne peut résister au désir d’ouvrir le flacon malgré l’interdiction de la tour. Le flacon ne contient pas de baume mais un sommeil mortel qui envahit l’imprudente, et c’est ainsi qu’Eros la retrouve. Le jeune Dieu la ramène à la vie en la frappant d’une flèche, puis il s’empresse de rentrer au palais pour tenter de convaincre sa mère de pardonner. 
Il faudra cependant l’intervention directe de Zeus pour qu’Aphrodite consente à oublier sa colère. Psyché est conduite jusqu’à la demeure des Dieux sur l’olympe ou Zeus lui offre un coupe d’ambroisie qui la rendra à son tour immortelle. L’enfant d’Eros et Psyché est une fille qui reçoit le nom de Volupté… »

Lire le mythe entre les lignes

Psyché reçoit le premier baiser de l’Amour, François Gérard 1798

Chaque détour de l’aventure de Psyché révèle des métaphores qui renvoient à une certaine vision du monde réel et imaginaire. Par exemple, l’acharnement de l’héroïne à vouloir retrouver son amour, et la récompense de ses efforts, évoque l’immortalité de l’âme qui triomphe des épreuves que ses erreurs ont engendré. La curiosité de Psyché la pousse sans arrêt à commettre des fautes qui, paradoxalement, vont lui permettre d’affronter sans cesse de nouvelles épreuves, jusqu’à atteindre la « perfection »…Le personnage de Psyché est une incarnation de l’âme avec ses élans, ses contradictions, ses secrets…La Psychologie se donne pour ambition d’explorer cet univers…

L’insatiable curiosité de Psyché est aussi une métaphore du désir amoureux sans cesse en éveil qui conduit à prendre des risques…
De nombreux détails évoquent quant à eux, un lien puissant entre « aimer » et « s’abandonner aveuglément au plaisir » pour atteindre le « bonheur ». Psyché, au début de son aventure est livrée à un « monstre », elle accepte son destin et se trouve alors transportée jusqu’en un séjour paradisiaque. On peut comprendre ce récit comme une métaphore de l’accession au plaisir : s’abandonner, se laisser aller, pour mieux s’envoler vers le « 7ème ciel ! ». Un peu plus tard, elle doit accepter de s’abandonner « aveuglément » à son amant, faire confiance à ses sensations et non à ses savoirs, pour que la magie de l’amour perdure.
Lire les aventures amoureuses de la mythologie conduit le lecteur curieux à travers les chemins de traverse . C’est un retour aux sources des fantasmes qui hantent depuis lors l’imaginaire érotique
.

Le couple et sa sexualité

La dissociation entre l’acte sexuel et la procréation rendue possible grâce à la contraception orale a donné à la sexologie actuelle ses raisons d’être, ses moyens et ses thérapies. La femme maîtrise désormais sa fécondité et peut faire valoir ses attentes sexuelles, à l’homme de faire ses preuves de partenaire compétent. Si l’équipement bio-physiologique masculin montre toute son efficacité dans la reproduction (érection facile, éjaculation rapide, phase réfractaire courte chez l’homme jeune), cela ne suffit pas. La médecine sexuelle vient donc prendre le relai et apporte des solutions médicamenteuses à ce que la sexologie pionnière a désigné en tant que troubles: éjaculation prématurée, dysérection. Cette nouvelle discipline chercher aujourd’hui à traiter les dysfonctions sexuelles féminines comme celles des hommes, ce qui montre une profonde méconnaissance de celles-ci.

Une misère sexuelle!

Cette approche s’intéresse aux aspects pulsionnels qui caractérisent la sexualité de l’homme jeune, et fait l’impasse sur la dimension relationnelle, primordiale pourtant de la sexualité féminine. Ainsi, la misère sexuelle de nombreux couples provient d’une méconnaissance, d’une incompréhension de soi, aggravées par la représentation erronée que donne la presse féminine et les autres média de la sexualité sans parler de la pornographie. D’une part cette lecture tend à faire porter la responsabilité érotique à la femme, d’autre part, elle met en exergue un modèle masturbatoire de la sexualité. L’acte sexuel y devient une sorte de masturbation un peu améliorée où l’autre ne joue au final qu’un rôle d’objet assujetti à l’accomplissement d’une performance. Ces recettes ne sont d’aucune efficacité pour avoir une sexualité épanouie. Il faut donc apprendre à connaître, comprendre, se représenter et jouer de son sexe, organe de communication capable de transmettre sensations, émotions, et sentiments.

C’est évidemment moins simple que d’avaler une potion magique ou d’appliquer une de ces merveilleuses recettes qui font florés sur les réseaux sociaux…

La métaphore

Le sexe féminin (c’est aussi valable pour le masculin) doit être comparé à un instrument de musique. Il est complexe et doit être connu dans ses moindres détails. Puis il faut apprendre à s’en servir, à en jouer seul, à écouter avec attention sa musicalité. Enfin il faut s’accorder avec l’autre instrument, choisir une musique et se laisser emporter par ses émotions, ses sentiments. La perfection, l’extase sont atteintes lorsqu’on oublie l’instrument

C’est tout un apprentissage

L’ATTIRANCE

Quand on évoque l’attirance, on pense essentiellement à l’attirance sexuelle ou romantique

En fait il existe plusieurs formes d’attirance qui peuvent être isolées ou associées et qui n’ont pas un caractère sexuel ou romantique.

Petit tour d’horizon:

L’attirance esthétique: il nous est possible d’éprouver un attrait, une attirance pour la beauté physique d’une personne sans éprouver le désir d’avoir une relation plus intime, amoureuse ou sexuelle. 

Dans cette attirance esthétique, peuvent se mêler un intérêt pour sa façon de s’habiller, son style, sa façon d’être, de bouger.

L’attirance romantique: elle est un peu plus difficile à différencier de l’attirance sexuelle. Elle se manifeste par un fort désir de partager sa vie, de vivre un amour chaste, platonique.

L’attrait intellectuel: on est séduit par l’intelligence, la culture, voire les idées ou opinions.

L’attirance sensuelle fait intervenir une dimension sensorielle comme le désir de toucher un corps, de le sentir, d’entendre le son de sa voix.

L’attirance physique est souvent un mélange de sensuel et de sexuel en proportion variable selon chacun et chaque interaction.

Cette attirance physique est exclue des communautés qui de définissent comme a-romantiques ou a-sexuées.

L’attirance sexuelle inclus le désir, l’idée d’avoir des relations sexuelles, ce qui n’est pas le cas de l’attirance esthétique.

Il est également possible d’avoir des désirs sexuels pour une personne pour laquelle on n’a pas d’attirance esthétique.

Quelques signes d’attirance esthétique:

1: Vous ressentez une sensation d’excitation, de fébrilité à la vue d’une personne

2: Vous aimez ses cheveux, ses yeux, son regard

3: Vous n’en avez jamais assez et passez votre temps à la regarder sur vos réseaux sociaux

4: En leur présence, le monde n’existe plus

5: Vous cherchez à les imiter: vêtements, cheveux, maquillage, tatouage, etc…

6: votre attirance ne s’exprime que sur le plan cérébral

Définir son attirance et la comparer à celle de son ou sa partenaire peut permettre d’éviter des malentendus et de mieux vivre sa relation de couple.

Sur une feuille de papier, dessinez chacun un « camembert ». Puis vous le découper en proportions selon les différentes sortes d’attrait. Enfin comparez les. Vous aurez ainsi une petite idée de votre compatibilité.

Déshabillez-moi, oui… mais pas tout de suite

Les rythmes du désir et du plaisir chez l’homme et chez la femme se jouent très rarement sur un accord parfait. Elles préfèrent le plus souvent la tendresse des préludes alors qu’ils cherchent malheureusement à prouver trop rapidement leurs performances.

Ce titre évoque bien sûr la chanson de Juliette Gréco. Il devrait être le refrain de toute composition amoureuse féminine. Aussi loin que l’on remonte dans la littérature érotique, de l’Art d’Aimer d’Ovide, du Kama Soutra, aux Contes des Mille et Une Nuits, cette même idée est retrouvée, avec constance: Faire l’amour à une femme ne se résume pas à la pénétration. Elle aime, désire une approche plus délicate, plus respectueuse. Elle apprécie les préliminaires d’autant plus que la relation est récente. Elle a horreur d’être réduite à un sexe. Le Kama Soutra nous dit: « L’homme approchera la jeune femme avec les ménagements qu’elle désire employant les procédés les plus aptes à lui inspirer confiance ».

NE JAMAIS CONSIDÉRER QUE CE QUI EST BON POUR SOI EST BON POUR L’AUTRE.

La première étape

La Maison Souquet Paris

Il s’agit de trouver un cadre agréable, propice à l’intimité, à un agréable, délicieux tête à tête comme un dîner. En général (il y a bien sûr des cas particuliers) l’acceptation d’un dîner permet d’envisager une suite…

Deuxième étape

Le déshabillage doit être très progressif (nous ne sommes pas des sauvages). Puis viennent les caresses, les baisers de la bouche, du visage, des cheveux. Tout en restant attentif aux réactions, il est possible de poursuivre par les seins. Toujours commencer par les parties du corps qui n’ont pas un caractère immédiatement sexuel. Il n’y a pas que les mains pour caresses, mais aussi la bouche, les lèvres, la langue. A la différence de la plupart des hommes, les zones érogènes de la femme sont innombrables: le lobe de l’oreille que l’on mordille, le cou que l’on respire, les épaules que l’on déguste, les hanches, le creux des reins, les fesses que l’on empoigne avec délicatesse, les pieds, les mains que l’on embrasse. Explorer son corps est un parcours délicieux. Car l’intensité du plaisir est aussi dans l’attente.

Troisième étape

Les caresses sexuelles peuvent commencer par les seins qui sont pris en main toujours avec délicatesse. De nombreuses femmes (pas toutes) aiment qu’on leur lèche, mordille, pince le bout des seins, souffle sur les mamelons. Quant aux caresses sexuelles, elles ne doivent surtout pas se limiter au clitoris qui est plus ou moins sensible selon les femmes. Il faut toujours commencer avec délicatesse; ensuite c’est selon…Les petites lèvres, l’entrée du vagin, la vulve ont leur propre sensibilité. Les caresses vaginales couplées avec celles de l’anus (pas avec le même doigt, question d’hygiène) peuvent être appréciées par certaines. Pas trop de fantaisies pour commencer, les diverses positions du Kama Soutra ne sont pas accessibles au commun des mortels!

Suite

S’il est bon de commencer par des mots tendres que l’on chuchote à l’oreille, le langage peut « verdir », devenir plus vulgaire voire grossier lorsque l’excitation s’intensifie (ce n’est pas une obligation). Avant la pénétration, le cunnilinctus est une gâterie souvent appréciée. L’anilinctus ou Feuille de Rose pour les poêtes ne doit pas être imposé, pas plus qu’il n’est souhaitable de lui imposer une fellation et encore moins une éjaculation dans sa bouche.

Quatrième étape

Lors de la pénétration, il ne faut jamais oublier que le sexe est aussi un instrument de communication. Le préservatif souvent indispensable lors des premières relations pourra faire partie du jeu. Mis en place par l’homme ou la femme, il est mieux d’essayer d’oublier sa présence. Avant tout mouvement, il est bon de se sentir l’un dans l’autre, l’un avec l’autre. S’accorder, trouver son rythme est essentiel. Faire l’amour n’est pas un concours, une performance à réaliser. Si l’orgasme de l’homme qui se conclue par l’éjaculation est assez facile et rapide à atteindre, celui de la femme est multiforme, plus complexe; il peut être plus difficile et plus lent obtenir. Les orgasmes multiples sont possibles mais pas systématiques. Par ailleurs il est inutile et absurde de rechercher à tout pris la jouissance simultanée qui nécessite une très grande connaissance de soi et de l’autre.

Après l’amour, les confidences…

La pire chose qu’un homme puisse faire après l’amour est de se retourner et de s’endormir sans dire un mot. Ou encore de fumer, d’aller se laver et de se rhabiller. Les quelques minutes qui suivent une relation sexuelle sont souvent très importantes pour la femme. Elles permettent d’exprimer sa tendresse, son affection, de partager vraiment son intimité. Elles sont propices au partage des émotions et confidences.

Avec la collaboration de F. Arnold Richez

« Contraintes » à faire l’amour!

Véronique témoigne: J’adore que mon copain m’attache pour me faire l’amour, je me sens entièrement à sa merci, en quelque sorte contrainte et cela me fait jouir très intensément.» avant de préciser: « Bien sûr c’est un jeu, parce que s’il cherchait à me contraindre réellement, alors là ça me ferait fuir…»

Roxanne avoue « j’admets que je ne jouis vraiment bien que si je suis attachée; si en plus j’ai les yeux bandés , alors là c’est top! Je peux me laisser aller à jouir , puisque je n’ai pas le choix! Ainsi contrainte, je peux aussi rêver, imaginer que c’est un beau prince charmant qui me fait l’amour, ou encore qu’il me prête à un complice… Autrement, je n’oserais jamais exprimer de tels désirs ajoute-t-elle pudiquement…»

Edouard raconte : « avec ma copine on a des jeux érotiques, et celui qu’elle préfère, c’est quand je la poursuis, l’attrape avant de l’attacher pour l’obliger à me prodiguer des caresses ou me faire une fellation. Cette situation l’excite au plus haut point et moi aussi. Mais précise Edouard, je ne suis pas un prédateur! j’admets que j’apprécie aussi beaucoup quand on inverse les rôles!»

Attacher, contraindre pour mieux jouir fait partie des jeux érotiques les plus appréciés des libertins. Ces pratiques n’ont absolument rien à voir avec un viol même si elles en organisent une forme de simulacre. Mais, elles permettent de passer outre certaines inhibitions. Certaines femmes s’interdisent psychologiquement le plaisir quand elles font l’amour avec leur partenaire, jouir c’est en quelque sorte se rendre, se soumettre, donner à l’autre un pouvoir ce qui, pour des raisons variées peut être inacceptable. Mais, cette inhibition a quelque chose de bien gênant puisqu’elle prive du plaisir! Donc, pour contourner l’obstacle, la femme choisit parfois de se la jouer «prisonnière à la merci de l’homme». Ce dernier en la privant de sa liberté, lui interdit de s’inhiber, elle peut donc jouir à l’insu de son plein gré!

Genres, un homme peut-il devenir femme?

La réponse n’est pas simple. Si on s’en tient à l’expression des gènes, c’est à dire aux phénotypes, notre apparence physique,( exception faite de quelques cas l’ambiguïté sexuelle d’origine génétique) il n’existe classiquement que deux sexes le masculin et le féminin, ou deux aspects corporels masculin et féminin. La majorité des sociétés a fonctionné ainsi depuis la nuit des temps, associant le genre à l’aspect physique. Il existe néanmoins des sociétés où a pu se développer un troisième genre: en Inde avec Hijras et en polynésie avec les RaeRae ou Manu. S’il n’y a pas de justification, il faut comprendre que dans des temps pas si lointain, la survie de l’espèce était l’objectif de toute société. Ne pouvait être reconnu par celle-ci que ceux qui y contribuaient. Les autres étaient marginalisés pour ne pas dire éliminés.

La construction du genre

La construction de l’individu est un processus complexe. Il y a bien sûr les gènes qui façonnent et déterminent notre apparence physique et des potentialités positives ou négatives. Ils ne s’exprimeront que dans certains contextes individuels (son histoire depuis sa naissance) et des influences socio culturelles. Nous ne ferons pas tous le même métier et nous n’aurons pas tous les mêmes maladies. J’ai été amené à découvrir grâce à l’hypnose (processus dissociatif) que je pratique et j’enseigne que notre cerveau n’enregistrait pas toutes les informations acquises depuis notre naissance au même endroit et ceux gràce à l’imagerie fonctionnelle cérébrale. Ainsi pour simplifier les informations concernant les éléments factuels comme notre apparence physique, notre anatomie, notre physiologie sont enregistrés dans certaines parties de notre cerveau et resteront pour l’essentielles conscientes. Nous savons que nous avons un penis, un vagin, une poitrine, etc… Mais c’est là où tout se complique! Notre corps n’est qu’une « habitation » pour notre esprit. Alors comment l’habite-t-on?

La construction symbolique

Nos sensations et émotions, nos affects sont enregistrés dans d’autres structures cérébrales. Elles vont déterminer nos représentations. Ces représentations sont très variables d’une personne à une autre. Elles ne sont pas conscientes. Nous pouvons ainsi avoir développé depuis notre enfance des sensations et émotions en rapport avec le genre féminin tout en habitant un corps masculin, la sensation d’être une femme dans un corps d’homme. Pour donner une image informatique: le « hard » est masculin et le « soft » féminin! L’interaction ou l’incongruence entre le contenant et le contenu va être plus ou moins source de problèmes en fonction de son acceptation personnelle et de celle de la société. C’est valable dans les deux sens. Quelque soit le sexe anatomique, nous possédons tous les deux genres. Mais en fonction de la position du curseur, nous pouvons nous orienter vers tel ou tel sexe. Il ne faut pas oublier que l’influence de l’environnement familial et socio-culturel, inscrit dans le temps va jouer aussi un rôle important.

Donc pour répondre à la question posée dans le titre. La réponse est NON, on ne devient pas, on EST d’un genre différent. Il existe une grande variété de genres: gay, trans, cis, etc…Nos sociétés ne sont pas adaptés à cette richesse.

L’hypnose

Il n’y a rien de bien mystérieux, elle existe sous divers noms depuis la nuit des temps. L’humain est un être de sens et d’émotions. Dès son enfance, il se construit en accumulant un nombre considérables d’informations qui vont aller enrichir nos différentes bases de données cérébrales. Il y a les éléments factuels qui resteront conscients et les affects inaccessibles en tant que tels et qualifiés d’inconscients. Seul le langage de l’hypnose permettra d’y avoir accès, mais sous une forme particulière, analogique, métaphorique, voire poétique. Une maladie comme l’eczéma qui a une forte composante psychosomatique pourra être l’expression d’un conflit avec un supérieur hiérarchique. La peau lésée sera en quelque sort la représentation symbolique, métaphore de l’agression. Le mariage non consommé est le plus souvent dû à une absence de représentation du vagin. La patiente en a le savoir (dessins anatomiques, mais pas la connaissance, l’expérience). En état d’hypnose, le conscient aura accès aux données contenues dans l’inconscient sous forme d’analogies ou de métaphores. En agissant sur ces dernières, le patient va trouver lui-même la solution à son problème. Ayant eu l’occasion d’accompagner un certain nombre de personne dans leur changement d’identité, l’hypnose leur a permis de mieux se comprendre et de s’accepter dans cette « originalité », cette différence.

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Hypnose et Sexologie

Il faut savoir que la plupart des difficultés sexuelles sont d’origine psychosomatique et même celles qui ont un caractère organique c-a-d physique sont aggravées par le psychisme. L’hypnose est sans aucun doute une des meilleures techniques en psychosomatique.

Comment fonctionne l’hypnose.

C’est un état particulier, dissociatif, qui permet au cerveau conscient d’avoir accès aux informations enregistrées dans le cerveau inconscient. Lorsque nous vivons un évènement quelqu’il soit notre cerveau va le décomposer avant de l’enregistrer. Les faits dont nous allons nous souvenir sont enregistrés dans le conscient, par contre toutes les sensations ou émotions associées le sont dans le cerveau inconscient (je simplifie). Le souvenir est donc toujours une reconstruction. Si le conscient s’exprime à travers des actes volontaires, l’inconscient le fait à l’aide d’analogie, de métaphore ou de symptôme. Si nous prenons l’exemple d’un eczéma. Il peut être l’expression cutanée d’un climat agressif dans son entreprise. Il faut bien comprendre que ces structures cérébrales qui contiennent les affects agissent sur le corps essentiellement en utilisant les neuro-transmetteurs (Adrénaline, Sérotonine, Dopamine, etc…).

En sexologie.

Beaucoup de mariages non-consommés (impossibilité d’avoir un rapport sexuel) sont provoqués par un vaginisme. La contraction involontaire de certains muscles du périnée va empêcher la pénétration ou la rendre très douloureuse. Si le conscient sait que le vagin existe, l’inconscient n’en a pas construit une représentation. Toute tentative de pénétration est vécue comme quelque chose qui va pénétrer dans le corps, comme une piqure et non dans une cavité du corps. D’où la contraction qui est un réflexe de défense. L’hypnose va permettre de modifier ses représentations. Et, en général, ce problème peut se résoudre en quelques semaines avec un bon hypnothérapeute. Il en est de même pour la jouissance, l’orgasme, fruit d’un mélange d’innée et d’acquis.

Les représentations.

Nous avons tous des représentations inconscientes de notre corps dans ses aspects physiques et psychologiques. Elles se sont construites depuis notre enfance, influencées par des facteurs familiaux, environnementaux et socio-culturels. Elles sont ainsi très variables d’une personne à une autre et d’une époque à l’autre. Ainsi dans le domaine de la sexualité, les représentations que nous en avons aujourd’hui sont différentes de celles d’il y a 10 ans, 20 ans, etc…Il en est de même pour l’hypnose qui doit s’adapter à son temps. L’hypnose éricksonienne peut être considérée comme dépassée ou pas adaptée à notre époque. Il en est de même pour de nombreuses psychothérapies qui pour être efficaces doivent être adaptées aux croyances et cognitions du patient. Pour résumer, il faut la bonne technique avec le bon patient.

Retour à l’hypnotisme

Il correspond plus à cet état modifié de conscience qui doit être pour le maximum d’efficacité être aussi profond que possible et adapté à chaque personne d’où sa difficulté; il est donc nécessaire pour le praticien d’en posséder une grande expérience. Je ne citerai pas les techniques à la « mode » apparentées à l’hypnose qui finiront par disparaître, remplacées la nouveauté. Ce qui n’est pas le cas de l’hypnotisme qui existe sous différentes formes depuis la nuit des temps: transes chamanismes, magnétisme, hypnotisme, hypnose ericksonienne, etc… Elles sont été efficaces tant qu’elles ont été adaptées à leur époque et aux connaissances et croyances du patient.

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