Désir et plaisir de la Femme: 2

Le désir fusionnel

Il vient du mythe de l’Androgyne pour ses origines les plus lointaines

Le Mythe de l’androgyne, tiré du Banquet de Platon (450 environ avant JC)

Socrate réunit autour de lui ceux de ses amis et disciples qui préfèrent le débat d’idées aux charmes érotiques des joueuses de flûtes, reines de la « troisième mi-temps » des banquets antiques.

Le philosophe leur propose de s’exprimer sur un thème déjà universel: l’amour…. Chacun donne son avis, puis le maître met à jour les contradictions et reformule la problématique.

Aristophane, quand vient son tour de s’exprimer, commence par vanter la puissance infinie d’Eros : « il me semble que les hommes ont tout à fait ignoré la puissance d’Éros; s’ils la connaissaient, ils lui construiraient des temples grandioses et des autels, lui feraient des sacrifices somptueux; pour le moment, rien de tel en son honneur, alors qu’il le faudrait par-dessus tout.

Il est, de tous les dieux, le plus philanthrope, le protecteur des humains, et médecin de maux qui, s’ils étaient guéris, le plus parfait bonheur en résulterait pour la race des hommes».

Puis, Aristophane d’expliquer l’origine de cette omnipotence de l’amour en revenant sur la nature originelle de l’homme. (C’est une des explication la plus courante à cette époque, on en retrouve d’ailleurs d’autres traces, notamment chez le philosophe Empédocle.)

L’androgyne

«D’abord il y avait trois genres, chez les hommes, et non pas deux comme aujourd’hui, le masculin et le féminin; un troisième était composé des deux autres: le nom en a subsisté, mais la chose a disparu : alors le réel androgyne, espèce et nom, réunissait en un seul être le principe mâle et le principe femelle; il n’en est plus ainsi, et le nom seul est demeuré, comme une injure. Ensuite, chaque homme avait la forme d’une sphère, avec le dos et les côtes en arc, quatre mains, autant de jambes, et deux faces reliées à un cou arrondi, tout à fait identiques; pour ces deux faces opposées, un seul crâne, mais quatre oreilles, les pudenda (zones sexuelles) en double, et tout le reste, que l’on peut imaginer, sur le même modèle. »

Cette étrange créature puisait dans sa triple nature une force terrible, si puissante qu’elle leur donna bientôt l’audace de défier les dieux de l’Olympe. Ces derniers, très susceptibles, prirent très mal ce défi mais hésitaient quant au châtiment. Les tuer purement et simplement était embarrassant, car, mis à part leur orgueil démesuré, ils honoraient les Dieux, leur construisaient des temples, chantaient leurs louanges… C’est alors que Zeus eut l’idée de les couper en deux !

« Je crois qu’il y a un moyen pour qu’il reste des hommes et que pourtant, devenus moins forts, ceux-ci soient délivrés de leur démesure; je m’en vais couper chacun en deux, ils deviendront plus faibles, et, du même coup, leur nombre étant grossi, ils nous seront plus utiles; deux membres leur suffiront pour marcher; et s’ils nous semblent récidiver dans l’impudence, je les couperai encore en deux, de telle sorte qu’il leur faudra avancer à cloche-pied.  » Sitôt dit, sitôt fait : Zeus coupa les hommes en deux, comme on coupe la pomme pour la faire sécher, ou l’oeuf dur avec un cheveu. Chacun ainsi divisé, il prescrivit à Apollon de lui tourner le visage, et sa moitié de cou du côté de la coupure, afin qu’à se bien voir ainsi coupé, I’homme prît le sens de la mesure; pour le reste qu’il le guérît ! »

Il fallut encore quelques divins bricolages pour voir les humains prendre leur forme définitive, car, ces moitiés n’étaient pas réussies, elles s’accrochaients désespérement les unes aux autres, et, séparées se laissaient dépérir, menaçant ainsi leur survie. 

Zeus qui ne manquait pas d’imagination décida alors de déplacer leur sexe afin qu’ils puissent s’accoupler, au lieu de se reproduire en ensemençant la terre à la manière des cigales qui pondent des oeufs…. Désormais, pour s’unir, la créature munie d’un pénis devrait se fondre avec celle munie d’un vagin, cette fusion les porterait à l’extase comme une sorte de rappel de leur nature initiale… 

Alors, si l’union se trouvait avoir lieu entre l’homme et la femme, des enfants en étaient le fruit, et si le mâle venait à s’unir au mâle, la satiété les séparait bientôt, et les renvoyait à leurs travaux et aux autres soins de la vie. De là vient l’amour que nous avons naturellement les uns pour les autres: il nous ramène à notre nature primitive, il fait tout pour réunir les deux moitiés et pour nous rétablir dans notre ancienne perfection.

Les hommes et les femmes depuis lors sont en quête de leur alter ego, et doivent gérer l’androgyne qui sommeille en eux, faire le meilleur usage de leurs talents féminins comme masculins.

Le Mythe de l’Androgyne a longtemps figuré en toile de fond des habitudes en matière de morale et de sexualité. En effet, si on a trouvé sa «moitié», pourquoi allez en chercher une autre? Sa moitié ne peut pas être du même sexe, donc pourquoi désirer un de ses représentants? 

C’est que, l’on peut se tromper et croire naïvement qu’on a trouvé ce que l’on cherche, avant de s’apercevoir que ce choix n’est pas satisfaisant. Dans la suite de son discours Aristophane explique sans sourciller que ce mythe demeure valide, même quand on a affaire à des gens volages, toujours en quête, d’hommes, de femmes, voire des deux….

On trouve aujourd’hui sur le net, des sites «gays» qui chaussent les cothurnes d’Aristophane pour justifier les désirs et les quêtes homosexuelles.

Si le « projet » fusionnel suffit à alimenter le désir de la femme, chez nombre d’entre elles se manifeste tôt ou tard le désir d’enfant. Les rapports sexuels sont alors justifiés car inscrits dans ce projet.

Ce n’est qu’après, aux alentours de la quarantaine, les attentes et désirs premiers sont satisfaits, que beaucoup de femmes entrent dans des stratégies d’évitement du rapport sexuel : migraine, fatigue, manque de temps…

Il existe toutefois des femmes qui continuent d’éprouver du désir tout au long de leur vie sans qu’il soit possible de définir des différentes physiques ou physiologiques par rapport à celles qui perdent leur désir.

La différence ne se situe pas sur ce plan, et il faut savoir que toutes les femmes peuvent accéder à une jouissance optimale lors des rapports sexuels.

Une découverte fondamentale permet d’identifier avec précision ce qui différencie les femmes désirantes des non désirantes. Cette découverte s’appuie sur des travaux portant sur le langage et la pensée analogique.

à suivre…

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