Le BHD n°135 : Novembre, le mois sans tabac

Excellente initiative et campagne de santé publique lancée en 2016(par Marisol Touraine, précisément). Encore que, vu l’augmentation du prix des cigarettes, je ne sais pas trop si nos politiques ont réalisé les taxes (encore elles) qu’ils vont perdre…Mais bon, ce n’est pas mon propos du jour. Parce que figurez-vous que novembre 2018 ne fut pas que le mois sans tabac, mais également le moi sans tabac. Je vous vois déjà vous extasier, point n’en faut ! Bien évidemment et pour plagier une collègue, « il eut été préférable » de ne jamais introduire son doigt dans l’engrenage. Nul n’est parfait. Attention, j’ai dis : moi sans tabac, pas moi sans nicotine ! Car, malheureusement, je n’en suis pas à ma première tentative d’arrêt de la cigarette…Si j’exclue mes arrêts liés aux grossesses et allaitements (tout de même quatre), j’en suis tout de même à mon quatrième sevrage. La première fois, je n’ai pas dépassé les deux semaines, je me suis retrouvée avec une aphtose carabinée (des aphtes plein la bouche dont certains plus gros que des pois chiches, j’ai même dû en faire inciser un par le dentiste, une horreur !). Mon caractère s’en était cruellement ressenti, à un point tel, que mes enfants encourageaient ma reprise. Une fois, j’ai même tenu neuf mois (record absolu), mais ma prise de poids m’a fait céder…Que voulez-vous quand on est une ancienne obèse, le spectre de la culotte de cheval a de quoi rebuter les meilleures volontés…Mais là, zen attitude, j’avais décidé de profiter de ma mise au repos forcé (intervention chirurgicale) pour supprimer cet onéreux poison de ma vie. Je l’ai remplacé par la vapoteuse et je dois dire que, pour le moment, j’y trouve mon compte. Je peux toujours faire mes petits rituels sacrés qui consistent à faire mes petites pauses dehors (je n’ai jamais enfumé ni mon domicile ni ma voiture, question de principe). Je peux toujours inhaler ma chère menthe polaire et plus que tout, recevoir la dose de nicotine essentielle à mon équilibre nerveux (et celui de mon entourage). Je vérifie souvent que mon poids reste constant, c’est ma plus grande crainte, mais pour l’instant, tout va bien.

Alors, j’entends déjà les blablas concernant les dangers du vapotage… Saviez-vous que les plus grandes études pseudo-médicales qui dénigrent la cigarette électronique sont produites, comme par hasard, par des médecins rémunérés par les tabatiers…On croit rêver ! Alors, entendons-nous bien, je ne dis pas que fumer ou vapoter soit la panacée ! Je dis simplement que lorsqu’on est dépendant à une substance, il est nécessaire de veiller à ce qu’elle soit la moins nocive possible ! Je pourrais argumenter que, dans le cas présent, je choisis en connaissance de cause ma substance toxique. Alors qu’avec le Glyphosate, Monsanto et Bayer…Bienvenue au pays des écrans de fumée (justement), de la corruption et du lobby politico financier qui préfèrent empoisonner les foules en toute impunité tout en détruisant la planète allègrement…

Je trouve également, en ces temps de discordes et de révolte teintées de jaune, particulièrement jouissif de me dire que je ne contribuerai pas à enrichir les caisses de l’état avec mes petites clopes. Mon porte monnaie s’en réjouit, puisque, d’après mes calculs, ma nouvelle consommation est cinq fois moins onéreuse, youpi !

Je ne crie pas victoire non plus ! Je sais mieux que personne qu’un ancien fumeur est toujours un fumeur potentiel et qu’il suffit parfois d’un événement traumatique pour retomber dans ses pires travers. J’ai, toujours en mémoire, l’affaire « Ophélie Bretnacher ». Cette étudiante disparue à Budapest en décembre 2008 et dont le corps a ensuite été retrouvé en février 2009 (l’affaire a été classée en Hongrie faute de preuves)… Je me souviendrai éternellement de son père déclarant devant les caméras qu’il avait arrêté de fumer à l’occasion de sa naissance et qu’il avait repris quelques jours après sa disparition…

La modestie sera donc de rigueur, tout autant que la persévérance, puisqu’à présent je dois d’une, poursuivre mon effort, et, de deux, diminuer petit à petit ma dose de nicotine. Tout ceci, dans l’espoir, qu’un jour lointain, peut-être, je puisse abandonner, à son tour, la cigarette électronique…

VVB

Le BHD n° 134 : Depuis la pièce d’à côté

Novembre, en un mouchoir de poche, des dates cruelles. Deux ans. Ton départ. Ton anniversaire. La cérémonie…

La pleine lune arrivant, je dors très mal et des tas d’images se bousculent dans ma tête. C’est quelque chose d’étrange les souvenirs…Ils arrivent à la fois flous et cotonneux, mais aussi nets et précis, c’est à n’y rien comprendre…La phrase de ton ami résonne toujours en moi comme au premier jour : «  Fort comme ton nom, Louis comme un roi » ! Et ton poème d’adieu…La mort n’est rien de Charles Péguy : « Pourquoi serais-je hors de vos pensées, simplement parce que je suis hors de votre vue »…

Sois tranquille Louis, comme l’an dernier, avec quelques amies, nous sommes allées célébrer ton anniversaire avec tes parents. Nous avons dégusté ton gâteau favori, tendrement préparé par ta mère. Un tabouret s’est transformé en piédestal pour ton chapeau préféré. Autour d’une coupe de champagne nous avons évoqué des souvenirs : ton charme ravageur auprès des filles, l’adolescent passionné de moto, l’enfant turbulent. Ton sens aigu des couleurs : le bleu cyan ou le rouge lie de vin. Ton sourire est sur toutes les photos. Nous parlons de tes amis de promos, des deux qui sont maintenant en couple…Je ne peux m’empêcher de penser que tu y es pour quelque chose…L’amour de ta vie n’a pas oublié ton anniversaire, elle n’a pas pu t’offrir ce que la vie est normalement censée offrir aux amoureux de ce monde.  Il est cependant indéniable qu’elle conserve en son cœur une partie de toi. D’ailleurs, puisqu’on en parle, tu as laissé une trace en toute personne t’ayant approché de près ou de loin. Je crois que c’est ce qu’on appelle l’aura…Et quelle aura !

Nous sommes revenus sur ton courage, sur ta rage incroyable de vivre…Savais-tu que ton militaire de frère t’avait désigné comme modèle de courage lors d’un discours professionnel. Ta mère a bien voulu me l’envoyer ce discours. Je l’ai lu et relu et je ne peux m’empêcher de faire le lien entre toi et les soldats. Que de similitudes…

Telle une gueule cassée, tu avais dû abandonner sur le champ de bataille un bout de visage et un bout de poumon à ton perfide rival. Tu as mené tellement de batailles. Tu as combattu des diagnostics. Tu es sorti vainqueur des plus sombres pronostics. Tu as adopté des tactiques et des stratégies en te jetant plein d’espoir dans des protocoles médicamenteux expérimentaux afin de déloger ton adversaire…Ta bravoure n’a faibli que lorsque les traitements se sont finalement alliés à la maladie pour te terrasser…Comme une injustice, admettre la supériorité technique de ton ennemi juré…Jusqu’au bout tu as tout fait pour protéger et soutenir tes troupes face à l’inévitable issue…Jusqu’à ce jour où tu as décidé de raccrocher, une dernière fois, ton costume de super héros au vestiaire…Chacun avait cru tes ressources inépuisables…Tu avais besoin de repos…

Ton frère a dit : « Le courage peut donc être anonyme, tout comme les héros », il a aussi cité Vauvenargues : « Le courage est la lumière et l’adversité »…La lumière est restée. Elle consiste à respecter tous les souhaits de ton poème…

VVB

Le BHD n°133 : Le livre de la jungle

C’est en me souvenant d’un article lu cet été que je me suis dit que je tenais peut-être un début de piste pour mon paradoxe entre croire en l’amour et ne pas croire à la rencontre…Ce pourrait être une histoire de confiance…

Je vous emmène faire un tour en Afrique voir un célèbre python sournois nommé Kaa et son tout aussi célèbre : « Aie confiance, crois en moi ! », tout ça pour mieux vous étrangler ! Là-bas, il existe aussi un proverbe qui dit : « La confiance pousse à la lenteur du cocotier, mais tombe aussi vite que la noix de coco »

Alors, la confiance qu’est-ce ?

Notre premier lot de confiance nous est offert par nos parents à la naissance. Un enfant a une confiance aveugle en ses parents (à la naissance sa vie dépend entièrement d’eux). Ils lui apprennent à avoir confiance en lui-même pour grandir, devenir de plus en plus autonome et pouvoir s’éloigner de plus en plus (l’étayage). La confiance que nous nous portons est ensuite renforcée ou ébranlée par l’image vraie ou supposée que nous avons de nous-mêmes ou que les autres (famille, amis, proches, enseignants) nous renvoient. Sans confiance en soi, il est difficile d’avoir confiance en l’autre…La confiance nait du lien. Wikipédia donne la définition suivante : « faire confiance signifie qu’on remet quelque chose de précieux à quelqu’un, en se fiant à lui, en s’abandonnant à sa bienveillance et à sa bonne foi ».

Dans mon fameux article, j’ai lu : « que sans confiance, il est impossible d’envisager l’avenir ; que c’est un saut dans le vide, un risque à prendre, parfois sans savoir ni pourquoi, ni comment ; que la confiance ne peut pas être quantifiée, ni exigée, ni décrétée. Que la confiance humaine contient en elle-même le germe de la trahison. Que la confiance entre deux partenaires permet de rendre le futur prévisible et maîtrisable »…Ou pas !

Ma confiance en moi est le fruit d’un long travail qui perdure encore. Elle n’est pas en acier inoxydable, mais, bon an, mal an, elle tient la route.  Je me permettrais une petite analogie avec le saut à l’élastique. J’ai eu confiance en mes petites jambes pour monter à l’échelle, en mon courage pour sauter dans le vide, mais si quelqu’un avait coupé l’élastique, je me serais écrasée au sol (encore), et, la rééducation aurait été encore plus longue et douloureuse que la fois précédente… Je crois que c’est ce qui me terrorise…Offrir ma confiance à des personnes qui ne la mérite pas…

Si je veux pouvoir croire en l’avenir, je dois faire confiance aux autres, enfin, à UN autre…Confiance, avenir, rencontre, espoir, ces mots semblent graviter autour de moi comme des satellites autour d’une planète…A quand le Big bang ? Et au sujet de ces portes qui doivent en principe s’ouvrir quand d’autres se ferment…Serait-il possible de voir au moins un atome d’espoir ou une minuscule lueur de changement (positif, bien évidemment) ?

VVB

 

https://www.cairn.info/revue-2010-1-page-53.htm

Le BHD n° 132 : Mardi philo

Je me dis que je dois avoir l’esprit quelque peu tordu pour trouver un point commun entre mes séances de kiné et le fait d’assister à une conférence. Je m’explique. Côté rééducation, j’en suis à la phase où je souffre de contractures. En effet, mes pauvres muscles qui étaient atrophiés pour cause de peu d’utilisations depuis deux ans, se retrouvent ratatinés et durs comme du béton. J’ai bien conscience qu’il s’agit d’un passage obligatoire et transitoire, néanmoins, à chaque fois que le kiné me faire faire des étirements, voici ce qu’il se passe : les premières secondes, la douleur est intense, je ne dois pas lutter contre elle, je dois juste respirer et laisser faire. Après quelques nouvelles secondes se produit un relâchement et le muscle gagne en longueur et en souplesse…Et là, le bienfait arrive et la douleur cède comme par magie.

Je n’en suis pas au stade de Sigourney Weaver dans Copycat (film où elle souffre d’une  terrible agoraphobie), mais j’admets que j’ai la trouille de quitter ma tanière…La vraie vie se situe en dehors de notre zone de confort…Cette phrase, combien de fois l’ai-je entendue ?

Poussée par la bienveillance d’une amie, j’ai décidé d’assister à une conférence de philosophie sur le thème de l’amour…Et c’est là que je souhaitais en venir. Tous mes signaux étaient en alerte à l’idée d’être avec des inconnus dans un lieu tout aussi inconnu…Mais passés les premiers instants, je me suis retrouvée enchantée et emportée par le sujet…

Ah, ce cher Alberoni découvert en formation de sexologie et complètement oublié depuis…Son « enamorato », mot italien et n’existant pas en français, mais qu’on pourrait éventuellement traduire par « le moment où l’on tombe amoureux »…Je croyais ne plus savoir ce que cet état procure à celui qui le vit…C’est bien, j’ai révisé ! J’avais oublié cette joie du cœur, l’émerveillement, l’enthousiasme, la béatitude (dans le sens noble du terme). Tout ce que l’on peut ressentir de beau, de magique dans le « fall in love »…

Je n’ai pas cédé au pessimisme de Sartre ou au mysogynisme de Schopenhauer, j’ai préféré croire à la rencontre amoureuse possible à tout âge, à ce saut dans le vide qui pourtant vous élève vers des cieux divins et enchantés…

J’y crois encore et toujours à ce grand amour partagé, bien évidemment. L’amour, j’y crois, malgré tout, malgré le divorce, malgré quelques relations décevantes et la remise en question de ces dernières années. Ce en quoi j’ai davantage de mal à croire, c’est à la rencontre…Question : est-ce nécessairement paradoxal ?

VVB

Le BHD n°131 : Je tourne en rond, je tourne en rond…

Ce billet ne passera sûrement pas à la postérité, mea culpa. Mais je ne fais pas semblant, je suis sincère. Pas le genre de la maison de faire croire que tout va bien, juste parce que c’est la norme. Zazie est avec moi : « Je tourne en rond, je tourne en rond ».Discussion avec un copain sur mon état mélancolique de ces dernières semaines…A ma décharge, j’étais plutôt coincée avec mon attelle du Capitaine Crochet, mais rendons-nous à l’évidence, la « contention » n’est pas que physique. C’est une réponse que ce copain m’a faite et qui me fait réagir. Je lui disais que j’ai peur de souffrir et lui voit les choses sur le versant opposé, en me répliquant que « j’ai peur d’être heureuse »….Arrrhhhh, cri de désespoir…

Je suis forcée d’admettre que d’une certaine manière, il est dans le vrai…J’ai visiblement confondu ce «ne rien attendre et ne rien espérer » avec le fait de me verrouiller dans mon petit monde sécure. Je suis dans une phase de rejet et d’évitements. « Ô qu’est-ce qu’il pique, ce hérisson, ô quelle est triste sa chanson »…Pas de confrontations, pas de souffrances inutiles ! Je m’enferme dans ma zone de confort, ou d’inconfort… Les épines ou piquants sont autant tournés vers l’extérieur à l’égard des autres qu’à l’intérieur me provocant des tourments. Je livre une bataille perpétuelle avec mes idées noires. Pas de gagnant, pas de perdant, juste des matchs nuls…Sûrement le fond du problème. Professionnellement, je suis aguerrie à calculer le bénéfice/risque de chaque situation. Mon éloignement temporaire avec le monde du travail me pousse certainement à reporter mes calculs sur le plan personnel. Prendre le risque de souffrir est-il plus avantageux que saisir une opportunité. Emotionnellement, je ne suis pas en mesure d’y répondre pour l’instant. Je suis sur « pause ». Du coup, je me rends bien compte que je suis devenue plutôt solitaire. La plupart de mes activités n’engage que moi et me tiennent éloigner de nouvelles rencontres. Je marche beaucoup, mais j’effectue toujours le même parcours. Je passe beaucoup de temps à lire, à écrire, à faire des recherches sur mon ordinateur. Je suis redevenue ce petit rat de bibliothèque que j’étais enfant. J’attends que les événements viennent à moi, tout en les craignant…

Justement, l’autre jour, tandis que je marchais sur mon chemin favori, j’ai croisé le regard d’un homme. Pas juste l’un de ces regards vides de quelqu’un qui vous croise sans vous voir, non, un vrai regard, suivi d’un sourire…J’en ai ressenti physiquement un moment de panique, j’ai eu la sensation que mon corps partait d’un côté, alors que mon cerveau partait de l’autre…Bizarre, étrange !

J’ai dans la tête Birkin chantant Gainsbourg : « Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve… »…

Heureusement, depuis lundi, j’ai décroché le précieux sésame qui me donne l’autorisation pour de petits trajets en voiture. Retrouver une certaine forme de liberté et d’autonomie va me conduire vers davantage d’enthousiasme…Preuve s’il en est, je me suis inscrite pour assister à des conférences sur le thème de l’amour…

VVB

Le BHD n°130 : Chrysanthèmes et gilets jaunes

Je viens de décrocher l’autorisation faire de petits trajets en voiture. Ouf ! Il était temps car je tournais en rond chez moi, au propre comme au figuré. Je me sens comme une châtaigne au creux de sa bogue, dans une sorte de mélancolie cotonneuse, une infinie tristesse. Pourtant, je ne suis pas restée inactive, j’ai marché. Mes petites jambes ont parcouru 122,86 kilomètres depuis que je suis en arrêt. Malgré cela, je me sens recluse. Halloween oblige, je me sens Cendrillon au bal des déceptions. A force de ne plus rien attendre, je perds tout espoir de lendemains meilleurs et heureux…

Il faut dire que les nouvelles nationales sont peu réjouissantes : réforme de la sécurité sociale, chronique de la mort annoncé de l’hôpital public, prix des carburants…Des initiatives sont nées sur les réseaux sociaux afin que chacun puisse montrer au gouvernement le niveau de son mécontentement. Deux idées ont particulièrement retenu mon attention : celle de mettre son gilet jaune sur son tableau de bord et celle de ne rien acheter ni consommer le 17 novembre prochain. Je trouve qu’elles sont brillantes puisque d’une simplicité enfantine et à la portée de tous, ou presque. Elles sont, aussi complètement pacifiques. Je ne comprends absolument pas pourquoi s’en suit  un déferlement de protestations sur le fait qu’elles puissent être l’œuvre de tel ou tel parti politique. Et quand bien même, est-ce important ?

Aujourd’hui, l’information peut nous parvenir de deux façons. La première est celle diffusée largement par des journalistes à la solde de notre cher président, elle nous arrive version catapulte, sans notre accord réel et il nous suffit de l’absorber version éponge en mal de liquide…C’est passif et lobotomisant, mais simple de communication de masse. Les « ils l’ont dit à la télé »…Usant ! Une autre méthode existe, mais elle demande d’être actif, attentif et d’avoir le courage et l’audace de poursuivre quelques recherches personnelles…

A qui profite le crime, comme dirait Sherlock Holmes ? Si personne ne manifeste sa désapprobation, cela donne à croire au gouvernement que tout le monde acquiesce et qu’il peut continuer dans la voie qu’il a choisi…

Donc, en ce qui me concerne, loin de toute idéologie politique ou à la solde d’un quelconque parti, je vais arborer mon gilet jaune et me mettre en mode veille et hibernation le 17 novembre !…Ah oui, je vais également tenter de retrouver mon enthousiasme et ma bonne humeur…Ils ont dû tomber, par mégarde, quelque part entre les frasques (sans cesse renouvelées) de ma mère et mes inquiétudes sur mon avenir sentimental et professionnel…

VVB

Le BHD n°129: La fée bleue

Chacun d’entre nous a vu Pinocchio, avec Jiminy Cricket qui lui sert de conscience…

Alors, la conscience morale, késako ?

La bonne nouvelle : chaque être humain en est doté, c’est le fameux « je pense donc je suis » de Descartes. C’est ce qui, à priori, nous distingue des animaux, avec le rire. Quoique, je m’interroge néanmoins sur Weinstein et tous les prêtres pédophiles de l’Histoire de l’humanité…

Mauvaise nouvelle, il y a nécessité d’avoir conscience de soi-même, ce qui requiert un minimum d’intelligence (ne pas construire ses opinions sur de grossiers clichés). Autre pré requis : avoir conscience des autres, autrement dit, ne pas agir uniquement dans son petit intérêt personnel en sortant parfois la tête de son nombril.

Sans étudier tous les courants philosophiques, une petite définition s’impose : La conscience morale est la faculté de juger du bien ou du mal. Elle nous permet d’apprécier nos actions personnelles où elle agit comme un témoin. Elle permet aussi d’apprécier les actions d’autrui où là, elle agit plutôt comme un juge. On voit tout de suite que cela implique des notions d’obligation et de devoir, ainsi que de punition/récompense. Où ça se complique c’est qu’il « s’ensuit qu’une action bonne en soit peut être moralement mauvaise (si elle est faite dans une mauvaise intention) et inversement qu’une action mauvaise en elle-même peut être moralement bonne (si son auteur ignore qu’elle est mauvaise et à l’intention de bien faire) ».

Pour Kant, la conscience sert avant tout à penser. Il estime aussi que la plupart des gens n’ont pas le courage d’utiliser leur entendement (faculté de penser et de comprendre en utilisant sa raison) et préfèrent se réfugier derrière des préjugés.

La conscience est subjective puisqu’elle est intrinsèquement liée à nos idées, nos croyances et à ce que l’on ressent (nos émotions). Nous sommes libres de l’écouter ou pas, c’est ce que l’on appelle le libre-arbitre.

Maintenant, je vous soumets un problème pour lequel je cherche désespérément une réponse ! Prenons un individu A qui range sa conscience au fond d’un placard. Qui commet des actions uniquement dans son intérêt propre, qui ment sciemment et réduit sa horde à néant. Prenons, à présent un individu B dont la conscience morale est très prégnante, s’imposant de faire passer l’intérêt d’autrui avant le sien, essayant que ses actions soient justes et bienveillantes. Comment un individu C peut absoudre et faire passer les actions de l’individu A à la trappe, tout en accusant l’individu B de tous les maux de la terre ?

Que reste-t-il à l’individu B, à part sa propre conscience (très mince compensation) ? Peut-être le deuxième accord toltèque qui nous dit : « N’en faîtes jamais une affaire personnelle. Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité » (encore très mince).

 

http://www.cosmovisions.com/conscience-morale.htm

VVB

Le BHD n°128 : Une araignée au plafond

Avoir une fille, une sœur, une mère malade psychiatrique, c’est « comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber »…Vous voyez, cette grande roue du jeu du millionnaire, ben dans ma famille, c’est la roue de la lubie…Tirages pluriquotidiens…Sans oublier les jackpots…

Je vous livre, sans filtre,  certains actes et propos de ma mère : elle harcèle au téléphone tout son répertoire. Elle va adopter une tortue, ou plutôt un perroquet, ah non, une petite africaine, ou finalement un chat. Elle va remplacer Juppé et bosser avec Macron. Elle est sur un gros projet financier qui va nous obliger ma sœur et moi à démissionner de nos postes actuels pour bosser à ses côtés…

Nous sommes, tous, fatigués, excédés, désemparés…Ma sœur dit qu’elle nous aspire littéralement le cerveau, et c’est carrément ça ! Je ne vous dirais pas les propos injurieux, calomnieux, voire même libidineux et méchants dont elle peut nous abreuver…

J’ai eu la riche et inutile idée d’appeler son médecin traitant pour lui demander son aide, lui expliquer la situation, connaître les potentielles solutions à envisager devant ce vent de folie…J’en suis encore contrite et sur le cul !Voici ce qu’il m’a dit : « votre mère est euphorique, elle n’est pas consciente de sa maladie, vous devez faire preuve de patience »…Euh, comment dire…Lorsque je lui décris tous les faits et gestes de ma mère, il ose argumenter qu’il ne s’agit pas d’un délire puisqu’elle garde contact avec la réalité ? Pardon ? Donc, quand elle dira qu’elle va bosser avec Louis XIV, là, on ne sera plus dans la réalité, et, enfin, nous pourrons prendre les mesures qui s’imposent ? Il ose prétendre qu’il la surveille de près…Une consultation mensuelle de vingt minutes maximum, effectivement, c’est de la surveillance rapprochée…N’est-ce pas un non sens de dire dans la même phrase qu’elle n’est pas consciente de son état tout en étant dans la réalité ? Je ne suis pas médecin, encore moins psychiatre, mais à quel moment prend-on en compte l’enfer que vit l’entourage d’une personne comme elle ? Sa conclusion finale : délire hypomaniaque…Mais, on attend, on fait la politique de l’autruche, son traitement va sûrement finir par devenir efficace…

Quand je vois tout le mal qu’elle est capable de faire en étant confinée chez elle juste avec un téléphone… Je peux dire que je suis super heureuse qu’elle n’ait pas voulu poursuivre sa rééducation pour son genou et qu’elle ait toujours refusé de surfer sur le web ! Si je puis dire, cela limite considérablement les dégâts…Mais pas les dommages collatéraux…

Je me souviens de la devise que nous avons ma sœur et moi…Il vaut mieux en rire qu’en pleurer…L’humour, ça masque la souffrance, ça permet de garder une certaine dignité et de prendre de la distance sur une situation où l’acceptation est la seule alternative…

VVB

Le BHD n°127 : Pas de bras, pas de chocolat !

Depuis une semaine, je tente une expérience complètement nouvelle pour moi. Je développe de nouvelles connexions cérébrales en utilisant seulement mon bras mineur (enfin à 98%). Chaque petite chose du quotidien devient un défi à relever et je suis en passe d’inventer de nouvelles disciplines olympiques : le fosbury du linge sur le fil, le « mettage » de culotte ou de soutien-gorge, l’enfilage de chaussettes à une main. Je vais devenir une adepte zen en pratiquant de menues tâches en pleine conscience : se brosser les dents, se moucher, plier et ranger du linge…Si, si, de la main gauche quand on est droitière exige une très grande concentration ! Chaque fois que je prends ma douche, me lave les cheveux ou m’habille, j’ai l’impression de sortir victorieuse d’une épreuve de Koh Lanta ! Je mise tout sur ma beauté intérieure et prends mes distances avec le Glamour…Ouais, en même temps, va séduire en pantalon à taille élastique et coiffée comme l’as de pique…

Je travaille mon sens de l’équilibre et m’exerce au contorsionnisme chaque fois que j’enfile mon attelle « coude au corps », cette amie intime et collante qui ne me quitte pas, même pour dormir, pour une durée minimum de trois semaines…Je serais bientôt championne de Body shake.

Vous supputez bien si vous avez deviné que j’ai, enfin, fait réparer cette aile blessée qui me faisait tant souffrir depuis deux longues années maintenant. Je n’ai pas lésiné sur la qualité du chirurgien. Poussée par la ténacité bienveillante de maman Sardine et de mon oncle, l’opérateur n’est rien moins que le grand ponte de toute la région…Mazette, rien que ça ! Je peux sans trahir le secret médical vous révéler une partie du diagnostic. J’avais une méga bursite. Donc, ce n’est pas un scoop, je suis une femme qui a des couilles ! J’ignorais simplement qu’elles étaient légèrement ectopiques. Pour l’instant mes suites opératoires sont proches de la perfection. Je suis chouchoutée, choyée, entourée, que ce soit par ma sœur, ma tante ou mes amis.

Ma sœur a pris spécialement des jours pour veiller tendrement et efficacement sur moi au retour du bloc et ces tous premiers jours où j’étais zombie sous morphine. Ma tante me concocte affectueusement de bons petits plats. Mon réfrigérateur n’a jamais été aussi plein. Et si j’ai le malheur de lui dire que j’avais fait une razzia chez Picard avant le jour J, elle me rétorque gentiment que, vu son âge, elle n’a pas d’ordre à recevoir. Mon oncle, avec sa générosité habituelle joue tantôt les chauffeurs tantôt les commissionnaires. Mes amis m’envoient des messages prévenants, bienveillants, drôles, moqueurs…Tout ceci, je l’affirme, contribue énormément à la convalescence.

Ce qui est délétère à la guérison, en revanche, c’est apprendre à ma dernière garde que je n’aurais pas de remplaçante. Malgré la maladie professionnelle, malgré l’arrêt long et programmé, les restrictions budgétaires vont pénaliser mes collègues. Je suis outrée, en colère et impuissante. Sans pour autant être coupable de quoique ce soit, je me sens responsable…

Les directions des hôpitaux se moquent éperdument de la santé physique et mentale de leurs agents. Nous ne sommes que des pions traités avec le plus grand mépris dans une indifférence totale.

Je réalise ma chance. Mon handicap n’est que temporaire. J’entends qu’il le reste, vraiment. Mon kinésithérapeute m’a bien fait comprendre l’intérêt sur le long terme d’une récupération progressive et totale d’une articulation  aussi importante que celle de l’épaule. C’est tout mon avenir que je joue, ça donne forcément à réfléchir…

La leçon est apprise et intégrée. Je m’en excuse dès à présent auprès de mes collègues. Mais, qu’on se le dise, je ne sacrifierais ni ma prochaine levrette, ni mon prochain salut de reine, ni même mon baptême de paramoteur sur l’autel des heures supplémentaires ! Je ne reviendrais que lorsque je serais guérie à 100% !

VVB

Le BHD n°126 : L’envol du Crapaud

Au royaume des mères, j’évoluais déjà sur des œufs avec mes notes catastrophiques en « coolitude », bons souvenirs, petits plats et bien entendu, éducation. Voilà maintenant que je prends un beau zéro pointé en choix de petit nom affectueux pour enfant ! Où est-ce que j’ai bien pu pêcher ce terme de « Crapaud » pour désigner mon p’tit dernier, et ce, alors même qu’il était encore tout humide de liquide amniotique, à l’instant même où je le serrais dans mes bras pour la première fois ? Prémonition ? Prédiction démoniaque ?

Rationnellement, on ne peut nier qu’un crapaud ne vole pas, quant à s’envoler, on imagine déjà le tour de force…Le phénomène est loin d’être aisé. Version cinéma cela pourrait donner : saison 3, épisode 22, séquence 67, scène 44. Version texte de loi, cela serait : dans le code machin truc, article 22351, section 14312, alinéa 7B, modifié par le journal officiel de l’an de grâce 2018…

Résumé des quatre dernières semaines : un petit Crapaud avait le fervent souhait de devenir apprenti menuisier chez les Compagnons- Premier coup de théâtre, plus de patron, plus de rentrée. De là, embarquement dans une royale galère, y ramer (quasiment seule)-Retrouver miraculeusement un nouveau patron-Accomplir toutes les formalités et tous les achats nécessaires-Embauche du Crapaud- Une semaine de travail-Apocalypse Now-« Ce n’est pas ce que je veux faire ! », « Je veux aller en seconde au lycée »-Abasourdissement général !-Passer tout un week-end à écouter, comprendre, accepter, soutenir-Se dire qu’à quinze ans, on a le droit de se tromper, que c’est SON choix, SA vie, SON avenir-Découvrir la frontière ténue entre obliger et encourager- Repenser à une maxime chère au cœur de  son père :  « C’est au pied du mur qu’on voit le mieux le mur »- A ce dicton de ma grand-mère : « Chaque jour sur le métier remettez votre ouvrage ».

Attaquer le problème à bras le corps : action-réaction-formalités-reformalités-déformalités« Faire et défaire, c’est toujours travailler ».

Je me suis sentie entre la maman kangourou qui bondit et rebondit au milieu d’un capharnaüm innommable et le fétu de paille bringuebalé au grès du vent par les choix de mon Crapaud. Je fus littéralement noyée sous les formalités et les attaques de colère d’un père peu enclin à accepter le choix en question !

Le Crapaud a finalement pris le chemin du lycée après un mois de flottement. Si tout va comme sur des roulettes nouvel essai d’envol dans trois ans après obtention du baccalauréat. Je n’aurais pas les félicitations du jury, il n’empêche que je me sens victorieuse d’avoir aplani et écrasé toutes les difficultés qui se sont dressées devant nous. Je peux dire, en toute modestie, que j’ai décroché une maîtrise en résolutions de problèmes et un doctorat ès « c’est kiki la plus balèze, ben c’est maman », et toc !

VVB