L’amour en plein air

C’est un des fantasmes les plus fréquents et les plus populaires à la fois pour les hommes que pour les femmes. Un rapide survol des magazines féminins confirme cet engouement et prodigue tous les conseils nécessaires à la bonne réalisation de ce fantasme.

Les lieux

Un site canadien dresse une liste qui se veut exhaustive des lieux les plus chauds. Tout commence dans l’abribus, tard le soir en attendant le bus qui nécessairement n’arrive pas. Très sérieusement on conseille à la femme de porter une mini jupe et de s’asseoir sur les genoux de son amant, mine de rien, et voilà, le tour est joué!
On trouve ensuite les mérites des escaliers, des voitures décapotables, de la forêt, encore que, peu fréquentée le jeu en soit moins piquant. On pourra se rabattre sur les kermesses, les repas de noces et les places le jour du marché si on ne peut se passer de la foule. Un grand absent, le métro aux heures de pointe.
Pour les amateurs de sensations, on choisira de faire l’amour sous une pluie battante, et pourquoi pas l’orage, le rafting a aussi ses adeptes, de même que les parcs de stationnement, bien à l’abri entre deux voitures, quoi de meilleur en effet, excepté peut-être le motoneige si l’on en croit les commentaires enthousiastes de lectrices… Les puristes bouderont la tente de camping, trop banale, mais se laisseront titiller par les festivals western réputés fort ennuyeux par ailleurs.
Enfin, pour pimenter le tout, pourquoi ne pas jouer à l’écolière coquine et choisir une salle de classe? Ou ne gondole à Venise?

Ce tour d’horizon s’arrête enfin sur le parc zoologique, où parait-il la vue des singes en train de copuler pourrait donner des idées lubriques aux humains, toutefois, il est conseillé de ne pas se livrer à ses ébats amoureux sous le regard des animaux, qui sait…. Gare au gorille! eut sans doute conclu Georges Brassens…

Un fantasme?

Pourquoi ce fantasme tient-il une si grande place dans l’imaginaire érotique? En examinant les choses de façon vraiment terre à terre, ces lieux d’élection n’offrent ni confort intimité généralement indispensables à la jouissance féminine… Tout au contraire, on se met en danger d’être vu, on prend le risque d’exposer son corps à des inconvénients gênants: piqûres d’insectes, animaux indésirables, sable qui gratte, herbes, sol souillé, et autres contrariétés.
L’intérêt d’un fantasme, c’est bien sûr la transgression d’un interdit, l’idée de braver les convenances a un côté terriblement excitant. Mais il y a plus, alors que bien d’autres fantasmes demeurent sagement rangés dans les cartons de l’imaginaire, celui-ci ne s’en contente pas, le passage à l’acte est fréquent et devient ensuite une sorte de jalon dans un parcours érotique. On se vante d’avoir fait l’amour perché sur un arbre, ou dans une barque au milieu d’un lac, voire dans le bus… On devient héros ou héroïne d’une aventure érotique et on complète peu à peu son palmarès… 

Il semble aussi que ce fantasme soit propre aux amours débutantes car sa mise en œuvre requiert de la souplesse, de l’endurance et un fort appétit sexuel de chaque partenaire. Qui plus est, tant que l’on habite chez ses parents, il n’est pas toujours facile d’y recevoir son copain ou sa copine, les lieux extérieurs sont alors perçus comme propices ou non aux ébats amoureux. 

Passablement idéalisées, ces situations érotiques figurent en bonne place dans le paysage fantasmatique… Jusqu’à ce que bien sûr, une autre les remplace…

Auteur/autrice : Patrice Cudicio

Médecin

Sexualités: Le Magazine de toutes les sexualités

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